Aussi le Congrès Spirite et Spiritualiste international de 1889, qui réunit les adhésions de toutes les écoles d’occultisme fraternellement unies aux groupes spirites, comptat-il plus de 40.000 adhérents et environ 200 délégués spéciaux 1 .
Le spiritisme rencontra de nombreux détracteurs niant, sans vouloir les constater, tous les phénomènes. Mais bientôt les savants américains se déclarèrent convaincus, puis quelques savants anglais, entre autres Crookes, et enfin, malgré le traitement prescrit par la médecine pour les spirites qui sont considérés comme des hallucinés 2, un ancien interne des hôpitaux de Paris, préparateur au Muséum, le docteur Paul Gibier, vient de publier un livre dans lequel il se déclare convaincu. Il révèle en même temps l’existence très ancienne de tous ces phénomènes dans l’Inde 3.
Il faut voir l’article de critique consacré à Paul Gibier et à son livre dans la Revue scientifique pour comprendre la rage sourde des corps savants devant ces phénomènes.
Ne pouvant mettre en doute la sincérité des expériences irréfutables du savant anglais Crookes, la critique s’attaque à celles de Gibier. Elle le blâme de vouloir former une société pour l’étude des phénomènes et avoue que des savants s’en occupent en secret.
« M. Gibier appelle de ses vœux la formation d’une société pour étudier cette nouvelle branche de la physiologie psychologique, et paraît croire qu'il est chez nous
1. Compte rendu du Congrès Spirite et Spiritualiste international de 1889. Un grand vol. in-8° de 500 pages, prix 5 fr.
2. Article spiritisme de l’Encyclopédie des' Sciences médicales de
Dechambre.
3. Le Spiritisme, par le docteur Paul Gibier, Paris, in-t8.
I
— 1024 — le seul, sinon le premier, parmi les savants compétents, à s’intéresser à cette question. Que M. Gibier se rassure et soit satisfait. Un certain nombre de chercheurs très compétents, ceux mêmes qui ont commencé par le commencement et ont déjà mis un certain ordre dans le fouillis du surnaturel, s’occupent de cette question et continuent leur œuvre... sans en entretenir le public. »
[Revue scientifique, 13 nov. 1886, n° 20, pp. 631 et 632.)
Si jamais cette assertion était confirmée, cela jetterait un singulier jour sur les procédés de ceux qui pratiquent ces études expérimentales. Il me semblait pourtant que la divulgation était à l’ordre du jour?
Parmi les Magnétiseurs d’ardents champions soutenaient toujours la lutte. Robert, Donato, L. Moutin1 2 publiaient des œuvres ou produisaient des phénomènes publics. Reybaud parlait magnétisme à la salle des Capucines (1888). Durville retrouvait les lois de la polarité humaine, un peu après le docteur Chazarain cependant, enfin parlait et luttait activement.
Mais Y Hypnotisme faisait aussi de sérieux progrès. Les travaux de l’école de la Salpêtrière sur les Phases, ceux de l’école de Nancy ( Liébault et Bernheim) sur la Suggestion, ceux du docteur Luy s 2 sur les miroirs et les transferts des maladies, rapprochaient de plus en plus l’hypnotisme de l’aïeul tant dédaigné : le Magnétisme. v
On voit que cette époque est bien marquée par un réveil de ces études. Nous allons voir les positions respectives des diverses écoles en 1890.
1. L. Moutin, Manuel d'hypnotisme.
2. Luys.
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1889-1890
Pour bien montrer la vitalité du mouvement, nous allons énumérer les forces en présence en cette année 1890, pour la France seulement.
1° Individualités et écoles
Stanislas de Guaita est le représentant de l’école hermétiste et le successeur direct d’Elipbas Levi. Albert Jhouney, l'abbé Roca, René Caillié , George Montière se rattachent de près ou de loin à ce même courant/
Joséphin Péladan a pris dans la littérature une place importante unguibus et rostro ; catholique ultramontain, il défend la Magie, la plus transcendantale dans ses œuvres, au risque d’aveugler le cléricalisme par excès de lumière.
Le marquis de Saint-Yves d' Alvey dre réalise la Synarchie dans le plan social éloigné de toute lutte active et travaillant en dehors de tous les partis. Il se rattache par ses œuvres au courant synthétique, illustré par Bailly, Dutens, Court de Gébelin et Fabre d’Olivet. F -Ch. Rarlet représente de nos jours ce courant.
So the international Spiritist and Spiritualist Congress of 1889, which brought together the adherents of all the schools of occultism, fraternally united with the spiritist groups, numbered more than 40,000 members and around 200 special delegates 1.
Spiritism met with numerous detractors who denied, without wanting to verify them, all the phenomena. But soon the American scholars declared themselves convinced, then some English scholars, among others Crookes, and finally, despite the treatment medicine prescribes for spiritists, who are regarded as hallucinating 2, a former resident physician of the Paris hospitals, a preparator at the Muséum, Doctor Paul Gibier, has just published a book in which he declares himself convinced. He reveals at the same time the very ancient existence of all these phenomena in India 3.
One must see the critical article devoted to Paul Gibier and his book in the Revue scientifique to understand the muffled rage of the learned bodies before these phenomena.
Unable to cast doubt on the sincerity of the irrefutable experiments of the English scholar Crookes, the critic attacks those of Gibier instead. He blames him for wanting to form a society for the study of the phenomena, and admits that scholars are occupying themselves with it in secret.
« M. Gibier calls for the formation of a society to study this new branch of psychological physiology, and seems to believe that he is, among us,
1. Compte rendu du Congrès Spirite et Spiritualiste international de 1889. A large vol. in-8° of 500 pages, price 5 fr.
2. Article "spiritisme" from the Encyclopédie des Sciences médicales de Dechambre.
3. Le Spiritisme, by Doctor Paul Gibier, Paris, in-t8.
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the only one, if not the first, among the competent scholars, to take an interest in this question. Let M. Gibier be reassured and satisfied. A certain number of highly competent researchers, those very ones who began at the beginning and have already put a certain order into the tangle of the supernatural, are occupying themselves with this question and continuing their work... without keeping the public informed of it. »
(Revue scientifique, 13 Nov. 1886, n° 20, pp. 631 and 632.)
If this assertion were ever confirmed, it would cast a strange light on the methods of those who practice these experimental studies. It seemed to me, however, that disclosure was the order of the day?
Among the Magnetizers, ardent champions kept up the struggle without pause. Robert, Donato, L. Moutin1 2 published works or produced public phenomena. Reybaud lectured on magnetism at the salle des Capucines (1888). Durville rediscovered the laws of human polarity; a little after him, Doctor Chazarain nevertheless finally spoke up and struggled actively as well.
But Hypnotism, too, was making serious progress. The work of the school of the Salpêtrière on the Phases, that of the school of Nancy (Liébault and Bernheim) on Suggestion, that of Doctor Luys 2 on mirrors and the transference of diseases, were bringing hypnotism ever closer to its long-disdained ancestor: Magnetism.
One sees that this period is indeed marked by a revival of these studies. We shall now see the respective positions of the various schools in 1890.
1. L. Moutin, Manuel d'hypnotisme.
2. Luys.
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1889-1890
To show clearly the vitality of the movement, we shall enumerate the forces present in this year 1890, for France alone.
1° Individuals and schools
Stanislas de Guaita is the representative of the hermetic school and the direct successor of Éliphas Lévi. Albert Jhouney, the abbé Roca, René Caillié, George Montière are connected, closely or loosely, to this same current.
Joséphin Péladan has taken an important place in literature unguibus et rostro; an ultramontane Catholic, he defends Magic, the most transcendental in his works, at the risk of blinding clericalism through an excess of light.
The Marquis de Saint-Yves d'Alveydre realizes the Synarchy on the social plane, far removed from any active struggle and working outside all parties. Through his works he belongs to the synthetic current, illustrated by Bailly, Dutens, Court de Gébelin, and Fabre d'Olivet. F.-Ch. Barlet represents this current in our own day.
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