« Nirvana, est-il dit dans Isïs , signifie la certitude de l’immortalité individuelle en ESPRIT, non en AME; celleci étant une émanation finie, ses particules, composées de sensations humaines, de passions et d’aspirations vers quelque forme objective d’existence, doivent nécessairement se désintégrer avant que l’esprit immortel renfermé dans le MOI soit tout à fait affranchi et, par conséquent, assuré contre toute transmigration nouvelle. Et comment Ehonime pourrait-il atteindre cet état, aussi longtemps que l’UPADANA. ce désir de VIVRE et de vivre encore, n’aura pas disparu de l’Etre sentant, de l’AHANCARA revêtu, pourtant, d’un corps éthéré?
« C’est T Upadana ou désir intense qui produit la VOLONTÉ, qui développe la FORCE, et c'est cette dernière qui engendre la MATIERE, c’est-à-dire un objet ayant une forme. Ainsi le MOI désincarné, rien que parce qu’il a en lui ce désir qui ne meurt pas, fournit inconsciemment des conditions à ses propres générations successives, sous diverses formes ; ces dernières dépendent de son état mental et de son KARMA, c’est-à-dire des bonnes ou mauvaises actions de sa précédente existence, de ce qu’on appelle communément ses MÉRITES et ses DÉMÉRITES. »
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C’est donc l’ensemble de ces mérites et de ces démérites qui constitue pour l’homme sa Nécessité. Il en est peu qui sachent mener leur volonté à un développement tel qu’elle influe sur cette destinée; aussi les inclinations des astres « nécessitent-elles » pour la plupart des hommes.
« L’avenir se compose du passé; c'est-à-dire que la route que l’homme parcourt dans le temps, et qu'il modifie au moyen de la puissance libre de sa volonté, il l’a déjà parcourue et modifiée; de la même manière, pour me servir d’une image sensible, que la terre décrivant son orbite annuelle autour du soleil, selon le système moderne, parcourt les mêmes espaces, et voit se déployer autour d’elle à peu près les mêmes aspects: en sorte que, suivant de nouveau une route qu’il s’est tracée, l’homme pourrait, non seulement y reconnaître l’empreinte de ses pas, mais prévoir d’avance les objets qu’il va y rencontrer, puisqu’il les a déjà vus, si sa mémoire en conservait l’image et si cette image n’était point effacée par une suite nécessaire de sa nature et des lois providentielles qui la régissent.
« Le principe par lequel on posait que l’avenir n’est qu’un retour du passé ne suffisait pas pour en connaître même le canevas : on avait besoin d’un second principe qui était celui par lequel on établissait que la Nature est semblable partout et, par conséquent, que son action étant uniforme dans la plus petite sphère comme dans la plus grande, dans la plus haute comme dans la plus basse, on peut inférer de l’une à l’autre et prononcer par analogie.
« Ce principe découlait des dogmes antiques sur l’animation de l’Univers tant en général qu’en particulier: dogme consacré chez toutes les nations et d’après lequel on enseignait que non seulement le Grand Tout, mais les mondes innombrables qui en sont comme les membres, les Cieux et le Ciel des Cieux, les Astres et tous les Êtres
— 921 — qui les peuplent, jusqu’aux plantes mêmes et aux métaux, sont pénétrés par la même âme et mus parle même esprit. Stanley attribue ce dogme aux Chaldéens, Kircher aux Égyptiens et le savant rabbin Maimonides le fait remonter jusqu’aux Sabéens1.
Si nous voulons savoir quelle est l’origine de ces idées sur l’astrologie, nous verrons que, comme toutes les grandes sciences cultivées par l’antiquité, elle était répandue sur toute la surface de la Terre cnmme le prouve l’auteur que je ne puis me lasser d’invoquer :
« Laisse les fous agir et sans but et sans cause;
Tu dois, clans le présent, contempler l’avenir.
« Nirvana, it is said in Isis, signifies the certainty of individual immortality in SPIRIT, not in SOUL; the latter being a finite emanation, its particles, composed of human sensations, passions and aspirations toward some objective form of existence, must necessarily disintegrate before the immortal spirit contained within the SELF is entirely freed and, consequently, secured against any new transmigration. And how could Ehonime attain that state, so long as UPADANA, that desire to LIVE and to go on living, has not disappeared from the sentient Being, from AHANCARA, still clothed, however, in an ethereal body?
« It is Upadana, or intense desire, that produces the WILL, which develops FORCE, and it is the latter that engenders MATTER, that is to say an object having a form. Thus the disincarnate SELF, merely because it has within it this desire which does not die, unconsciously furnishes the conditions for its own successive generations, under various forms; the latter depend on its mental state and on its KARMA, that is to say on the good or bad actions of its previous existence, on what are commonly called its MERITS and its DEMERITS. »
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It is thus the totality of these merits and demerits that constitutes man's Necessity. Few there are who know how to bring their will to such a development that it influences this destiny; and so the inclinations of the stars "necessitate" for most men.
« The future is composed of the past; that is to say that the road which man travels through time, and which he modifies by means of the free power of his will, he has already traveled and modified; in the same way, to use a tangible image, as the earth, describing its annual orbit around the sun according to the modern system, traverses the same spaces, and sees unfold around it roughly the same aspects: so that, following once more a road it has traced for itself, man could, not only recognize therein the imprint of his steps, but foresee in advance the objects he is going to encounter there, since he has already seen them, if his memory preserved their image, and if that image were not effaced by a necessary consequence of his nature and of the providential laws that govern it.
« The principle by which it was posited that the future is only a return of the past did not suffice to know even its outline: a second principle was needed, which was that by which it was established that Nature is alike everywhere, and that, consequently, its action being uniform in the smallest sphere as in the greatest, in the highest as in the lowest, one can infer from the one to the other and pronounce by analogy.
« This principle flowed from the ancient dogmas on the animation of the Universe, both in general and in particular: a dogma held sacred among all nations, and according to which it was taught that not only the Great All, but the innumerable worlds which are as its members, the Heavens and the Heaven of Heavens, the Stars and all the Beings
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that people them, down to the very plants and metals, are penetrated by the same soul and moved by the same spirit. Stanley attributes this dogma to the Chaldeans, Kircher to the Egyptians, and the learned rabbi Maimonides traces it back to the Sabians 1.
If we wish to know what the origin of these ideas on astrology is, we shall see that, like all the great sciences cultivated by antiquity, it was spread over the whole surface of the Earth, as is proved by the author whom I cannot tire of invoking:
« Let fools act without aim and without cause;
You must, in the present, contemplate the future.
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