Papus

Traité méthodique de science occulte

Open to allPapus (Gérard Encausse), 1865–19161375 of 1375 segments translated · 459 pp17 passages withheld
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«Les animaux étant postérieurs aux plantes, les 'plantes postérieures aux minéraux, les minéraux postérieurs aux éléments, il s’ensuit que les éléments sont, au moins poulies minéraux, les plantes et les animaux, le principe dont ces corps émanent, dont ils sont le développement dans des degrés divers de modification, ou mieux, dont ils sont la répétition dans l’acception que nous donnons à ce mot et dont ce qui suit fera saisir la force et la justesse. »

Ainsi les éléments des anciens sont repris par Oken comme base de son étude sur la Nature ; les éléments ne sont pas compris de nos jours à leur valeur réelle, ainsi que l’a fort bien vu, du reste, Hegel.

« L’ancienne doctrine de la formation de toutes choses par quatre éléments selon Pythagore, Empédocle, Platon et Aristote ou par trois principes selon Paracelse, dit Hegel, n’a pas prétendu par là désigner empiriquement

— 893 — la pure matière primitive ; mais bien plus essentiellement la détermination idéale de la force qui individualise la ligure du corps ; et nous devons par là admirer avant tout l’elfort par lequel ces hommes, dans les choses sensibles qu’ils choisissaient pour signes, ne connurent et ne retinrent que la détermination générale de l’idée. Au contraire les physiciens empiriques modernes ont, de préférence, fondé leur gloire sur une tout autre manière d’envisager la question, procédant toujours à la recherche du particulier, au lieu de s’efforcer d’élever le particulier au général et de reconnaître celui-ci dans celui-là1. »

Mais comment rattacher cette idée ancienne des éléments aux travaux de la Chimie contemporaine?

Ainsi nous savons que l’eau est composée d’hydrogène et d’oxygène, deux corps simples, l’air de trois de ces corps simples, l’oxygène, l’azote et l’acide carbonique, la terre des quatre corps simples originaux, Hydrogène, Oxygène, Azote et Carbone. Quant au feu, l’oxygène pur semble être son élément primordial allié à un principe encore inconnu.

Un fait curieux c’est que la progression atomique range tous les corps chimiques en quatre séries gouvernées chacune par un des corps simples principaux.

La série monoatomique est représentée par l’Hydrogène.

La série diatomique est représentée par l’Oxygène.

La série triatomique est représentée par l’Azote.

La série tétratomique est représentée par le Carbone.

C’est encore Oken qui va nous donner la clef de ce problème :

« Les corps simples tels que V hydrogène (et l’azote ou l’hydrogène oxydé), l'oxygène et le carbone sont pour les

1. Hegel, Philosophie de la Nature, p. 24o.

— 894 — éléments ce que sont pour les corps organiques les parties

OU SYSTÈMES ANATOMIQUES1. »

Considérer les éléments comme des êtres complets ayant les corps simples comme organes, c’est àmon avis une des idées les plus hardies et les plus neuves qu’on ait exprimées au xix° siècle en philosophie chimique.

Il résulte de Là que la Chimie analytique c’est l’Anatomie de la Matière tandis que la Chimie synthétique en est la Physiologie.

Poursuivant ces données, Oken fait de nombreuses applications de détail. Pour montrer jusqu’à quelle hauteur de synthèse il conduit ses études nous donnerons seulement les deux extraits suivants, l’un sur les nerfs, l’autre sur les rapports des éléments dans les trois règnes.

★

* *

Les muscles étant la répétition des vaisseaux entourent les os, ainsi que ceux-ci l’intestin.

NERFS

La partie la plus élevée d’un organe principal, en se combinant avec les nerfs, se métamorphose en organe de sens.

1. Les vaisseaux combinés avec les nerfs sont l’organe du toucher ou le tact. Le toucher est un acte de cohésion dans la peau.

2. L'intestin devient l’organe du goût. La gustation est un acte chimique dans la langue.

3. Lé poumon devient l’organe de l’odorat. L'odorat est un acte électrique dans le nez.

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« The animals being posterior to the plants, the plants posterior to the minerals, the minerals posterior to the elements, it follows that the elements are, at least for the minerals, the plants and the animals, the principle from which these bodies emanate, of which they are the development in various degrees of modification, or better, of which they are the repetition, in the sense we give to this word, and of which what follows will make one grasp the force and the aptness. »

Thus the elements of the ancients are taken up again by Oken as the basis of his study on Nature; the elements are not understood in our day at their real value, as Hegel, moreover, has quite rightly seen.

« The ancient doctrine of the formation of all things by four elements, according to Pythagoras, Empedocles, Plato and Aristotle, or by three principles, according to Paracelsus, » says Hegel, « did not claim thereby to designate empirically

— 893 — the pure primitive matter; but rather, far more essentially, the ideal determination of the force which individualizes the figure of the body; and we must, in this, admire above all the effort by which these men, in the sensible things they chose as signs, knew and retained only the general determination of the idea. On the contrary, modern empirical physicists have, by preference, founded their glory upon an entirely different way of envisaging the question, always proceeding in search of the particular, instead of striving to raise the particular to the general and to recognize the latter in the former 1. »

But how is this ancient idea of the elements to be connected with the work of contemporary Chemistry?

Thus we know that water is composed of hydrogen and oxygen, two simple bodies; air, of three of these simple bodies, oxygen, nitrogen and carbonic acid; earth, of the four original simple bodies, Hydrogen, Oxygen, Nitrogen and Carbon. As for fire, pure oxygen seems to be its primordial element, allied to a still unknown principle.

A curious fact is that atomic progression ranges all chemical bodies into four series, each governed by one of the principal simple bodies.

The monatomic series is represented by Hydrogen.

The diatomic series is represented by Oxygen.

The triatomic series is represented by Nitrogen.

The tetratomic series is represented by Carbon.

It is again Oken who will give us the key to this problem:

« The simple bodies such as hydrogen (and nitrogen, or oxidized hydrogen), oxygen and carbon are, for the

1. Hegel, Philosophie de la Nature, p. 24o.

— 894 —

elements, what the parts, or ANATOMICAL SYSTEMS, are for organic bodies 1. »

To consider the elements as complete beings having the simple bodies as organs is, in my opinion, one of the boldest and newest ideas expressed in the xixth century in chemical philosophy.

It follows from this that analytical Chemistry is the Anatomy of Matter, while synthetic Chemistry is its Physiology.

Pursuing these data, Oken makes numerous applications of detail. To show to what height of synthesis he carries his studies, we shall give only the following two extracts, one on the nerves, the other on the relations of the elements in the three kingdoms.

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The muscles, being the repetition of the vessels, surround the bones, just as these surround the intestine.

NERVES

The highest part of a principal organ, in combining with the nerves, is metamorphosed into an organ of sense.

1. The vessels combined with the nerves are the organ of touch, or contact. Touch is an act of cohesion in the skin.

2. The intestine becomes the organ of taste. Gustation is a chemical act in the tongue.

3. The lung becomes the organ of smell. Smell is an electrical act in the nose.

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