Fetching
One moment.
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1ne savais pas tout, je ne serais pas le bon Dieu, le leur et le vôtre, quoi qu’ils en disent. Parbleu, ils en tirent la conséquence que la vie est un simple mécanisme produit par des forces complètement aveugles qui opèrent à l’aventure, sans savoir ce qu’elles font. C’est aussi bête que les religions dans lesquelles ils me représentent comme un fabricant de poteries, confectionnant un homme en terre glaise et soufflant dessus pour le faire mouvoir; aussi bête, mais pas davantage. Sauf l’aberration de l’aveugle mécanique, ils sont même plus près de la vérité. Certes, je ne méprise pas la mécanique. Je l’emploie même volontiers dans certaines parties de mes opérations. Il en est de même pour la physique et la chimie. Si je n’étais pas le grand mécanicien, le grand chimiste, le grand physicien, ni chimie, ni physique, ni mécanique n’existeraient, et si réellement je n’y voyais goutte, ainsi qu’ils le crient, les imbéciles, comment ferais-jepour leur ouvrir les yeux? Les malheureux ne se doutent pas qu’à chaque pas qu'ils font, c’est moi qu’ils découvrent, et qu’au bout de leur lorgnette, ils apercevront : quoi? le bon Dieu. — Qui sera attrapé ce jour-là? De toute éternité, j’en ris d’avance. Le directeur de la voie lactée et le sous-préfet du tourbillon jaune se mirent à rire, comme doit le faire tout subalterne, quand il voit le maître en gaîté.
2— Mais j’y pense, reprit le Seigneur, que faites-vous de leurs âmes, quand elles vous arrivent? J’espère que vous ne les mêlez pas à celles des mondes en bon état. — J’ai donné ordre de les parquer dans un endroit réservé, répondit le directeur. Là on s’efforce de nettoyer leurs immondices. Mais cette lessive est presque impossible, à tel point les idées fausses et les penchants vicieux sont enracinés dans ces êtres. Les uns se scandalisent de ce — 368 — qu’il n’y ait pas un enfer pour ceux qu’ils ont damnés; les autres s’indignent de ne pas trouver dans l’autre monde le paradis qu’on leur avait annoncé. Tous réclament à cor et à cri la réalisation de leurs chimères, et clabaudent contre vous, Père éternel, vous accusant de les avoir trompés. Quant à ceux qui ne croyaient à rien, ils prétendent qu’on ne les fourrera pas dedans, qu’ils ne sont pas morts du tout, et que tout cela n’est qu’un rêve. — Laissez ceux-là rêver tant qu’ils voudront, et donnez aux autres tout ce qn’ils demandent. — Quoi! Seigneur... — J’ai fait essayer ce procédé dans plusieurs univers, et il a parfaitement réussi. — Leur donner tous leurs paradis! s’écria le souspréfet. Mais vous n’imaginez pas, Père suprême, combien il y en a de stupides. — Plus leurs paradis sont stupides, plus vile ils en seront dégoûtés. Cela les déterminera à chercher mieux, et, de cette façon, ils arriveront à se faire de la vie éternelle une idée à peu près raisonnable.
3— Mais il en est qui rêvent de ne rien faire absolument pendant toute l’éternité, si ce n’est de contempler les douze apôtres et les quatre évangélistes, et d’entendre à perpétuité chanter le chœur des anges. — Eh bien ! qu’ils regardent les apôtres tant que cela leur fera plaisir, etqu’ils écoutent chanter les anges jusqu’à ce qu’ils en aient par-dessus les oreilles. Un jour viendra où ce seront eux qui hurleront en chœur: « Assez! assez! ouvrez la porte! que je m’en aille! » Vous les laisserez cuire dans leur paradis, quelques milliers d’années encore, pour leur apprendre à en inventer d’aussi ridicules ; après quoi vous leur donnerez la clé des champs, et je vous réponds qu’ils n’y reviendront plus. — 369 — — Et ceux qui réclament des houris, dans des jardins enchantés, sur la promesse d’un certain Mahomet? — Donnez-leur des jardins et des houris tant qu’ils en voudront. On se lasse de tout, même des jolies filles. Ayant ainsi réglé le sort des habitants de la terre, et fait tourner à notre profit nos plus déplorables erreurs, le Père de tous les êtres continua son inspection dans l’Empyrée. RÉSUMÉ GÉNÉRAL DU CHAPITRE Nous ne pouvons mieux résumer tout ce qui précède qu’en citant les conclusions de la section d’occultisme du Congrès de 1889, section dont nous eûmes l’honneur de diriger les débats. IIP SECTION OCCULTISME Théosophie. — ■ Kabbale . — Franc -Maçonnerie .
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1did not know everything, I should not be the good Lord, theirs as well as yours, whatever they may say about it. Egad, they draw from it the conclusion that life is a simple mechanism produced by wholly blind forces that operate at random, without knowing what they are doing. That is just as foolish as the religions in which they picture me as a potter, fashioning a man out of clay and blowing on him to set him in motion; just as foolish, but no more so. Apart from the aberration of blind mechanism, they are even nearer the truth. Certainly, I do not despise mechanics. I even employ it willingly in certain parts of my operations. The same holds for physics and chemistry. If I were not the great mechanic, the great chemist, the great physicist, neither chemistry, nor physics, nor mechanics would exist, and if I really could not see a thing, as the fools cry out that I cannot, how would I go about opening their eyes? The poor wretches have no idea that at every step they take, it is me they are discovering, and that at the end of their spyglass, they will perceive — what? The good Lord. — Who will be caught out that day? From all eternity, I laugh about it in advance." The director of the Milky Way and the sub-prefect of the yellow whirlwind began to laugh, as every subordinate must, when he sees the master in good humor.
2"But now that I think of it," the Lord went on, "what do you do with their souls when they reach you? I hope you don't mix them in with those from worlds in good standing." "I have given orders to pen them up in a reserved place," replied the director. "There we try to clean off their filth. But this laundering is nearly impossible, so deeply are false ideas and vicious inclinations rooted in these beings. Some are scandalized that — 368 — there is no hell for those they had damned; others are indignant at not finding, in the other world, the paradise they had been promised. All of them clamor loudly for the realization of their fancies, and rail against you, Eternal Father, accusing you of having deceived them. As for those who believed in nothing, they claim they will not be crammed in there, that they are not dead at all, and that all this is only a dream." "Let those ones dream as much as they like, and give the others everything they ask for." "What! Lord..." "I have had this method tried in several universes, and it has succeeded perfectly." "Give them all their paradises!" cried the sub-prefect. "But you cannot imagine, Supreme Father, how many stupid ones there are." "The more stupid their paradises are, the sooner they will be disgusted with them. That will lead them to seek something better, and, in that way, they will come to form a fairly reasonable idea of eternal life."
3"But there are those who dream of doing absolutely nothing for the whole of eternity, except contemplating the twelve apostles and the four evangelists, and hearing the choir of angels sing forever." "Well then! Let them look at the apostles for as long as it pleases them, and let them listen to the angels sing until they are sick to death of it. A day will come when it is they who will howl in chorus: 'Enough! Enough! Open the door! Let me get out of here!' You will let them stew in their paradise a few thousand years longer, to teach them not to invent such ridiculous ones; after which you will give them the run of the fields, and I promise you they will never come back. — 369 — "And those who demand houris, in enchanted gardens, on the promise of a certain Mohammed?" "Give them gardens and houris for as long as they want them. One tires of everything, even pretty girls." Having thus settled the fate of the inhabitants of the earth, and turned our most deplorable errors to our own profit, the Father of all beings continued his inspection of the Empyrean. GENERAL SUMMARY OF THE CHAPTER We cannot better sum up all that precedes than by citing the conclusions of the occultism section of the Congress of 1889, a section whose proceedings we had the honor of directing. IIIrd SECTION OCCULTISM Theosophy. — Kabbalah. — Freemasonry.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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