Papus

Traité méthodique de science occulte

Open to allPapus (Gérard Encausse), 1865–19161375 of 1375 segments translated · 459 pp17 passages withheld
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« Vous, autour de qui les moyens abondent, gâtés, énervés, rassasiés par ce qui vous est si abondamment offert, vous ne savez que recevoir et qu’engloutir et votre intelligence paresseuse étouffe d’obésité et meurt improductive.

« De grâce, un peu moins de science et un peu plus d’art, messieurs3. »

Voilà comment ce grand maître avait senti ces deux domaines dont je parlais tout à l’heure et il les avait dési1. Introduction à la Clinique de V Hôtel-Dieu, p. Xi.

2. Loc. cil., p. 38.

3. Loc. cit., p. 39.

993 — gnés sous les noms d’ Art de la Médecine, correspondant à l’Idéalisme, et de Science de la Médecine, correspondant au Réalisme.

Tous les penseurs, je le répète, ont compris cette distinction et la physiologie proclame encore l’unité de l’imagination et de la Science par la bouche de Claude Bernard quand il dit :

« La Science ne contredit pas les observations ni les données de l’Art, et je ne saurais admettra l’opinion de ceux qui prétendent que le positivisme scientifique doit tuer l’inspiration. Suivant moi, c’est le contraire qui arrivera nécessairement.

« J’ai la conviction que, quand la physiologie sera assez avancée, le poète, le philosophe et le physiologiste s’entendront tous1. »

De quelque manière qu’on juge Claude Bernard, il est impossible de ne pas lui reconnaître une merveilleuse sagacité dans la manière de conduire ses recherches. Il sentait admirablement la Vérité, et il est curieux de constater la justesse avec laquelle il a vu l’iniTtilité du matérialisme expérimentalement parlant :

«■ Si ce n’était m’écarter du but de ces recherches, je pourrais montrer facilement qu’en physiologie, le matérialisme ne conduit à rien et n’explique rien2. »

« Les propriétés matérielles des tissus constituent les moyens nécessaires à l’expression des phénomènes vitaux; mais, nulle part, ces propriétés ne peuvent nous donner la raison première de l’arrangement fonctionnel des appareils. La fibre du muscle ne nous explique, par la propriété qu’elle possède de se raccourcir, que le phénomène de la contraction musculaire ; mais cette pro1. Claude Bernard (Science expérimentale, p. 366).

2. Science expérimentale, p. 361 (Physiologie du cœur).

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priété de la contractilité, qui est toujours la même, ne nous apprend pas pourquoi il existe des appareils moteurs différents, construits les uns pour produire la voix, les autres pour effectuer la respiration, etc. ; et, dès lors, ne trouverait-on pas absurde de dire que les fibres musculaires de la langue et celles du larynx ont la propriété de parler ou de chanter, et celles du diaphragme la propriété de respirer? Il en est de même pour les fibres et cellules cérébrales; elles ont des propriétés générales d’innervalion et de conductibilité, mais on ne saurait leur attribuer pour cela la propriété de sentir, de penser, ou de vouloir.

« 11 faut donc bien se garder de confondre les propriétés de la matière avec les fonctions qu’elles accomplissent. » (Claude Bernard, la Science expérimentale , p. 429. Discours de réception à l’Académie française.)

J'ai voulu faire ces quelques citations pour montrer qu’on peut allier, sans être un halluciné, la matière à l’idée et la Science à l’Art; bien plus, que les Sciences générales qui sont du domaine de l’Occultisme doivent entrer pour beaucoup dans l’étude des Sciences spéciales dépendant du monde sensible.

La Science occulte a donc de ce fait une utilité pratique. Au reste, les applications qu’en a faites Louis Lucas suffiront, je pense, pour convaincre les plus incrédules.

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« You, around whom means abound, spoiled, unnerved, sated by what is so abundantly offered to you, you know only how to receive and to devour, and your lazy intelligence chokes with obesity and dies unproductive.

« For pity's sake, a little less science and a little more art, gentlemen3. »

That is how this great master had sensed these two domains of which I was just speaking, and he had desig1. Introduction à la Clinique de l'Hôtel-Dieu, p. Xi.

2. Loc. cit., p. 38.

3. Loc. cit., p. 39.

993 —

nated them by the names Art of Medicine, corresponding to Idealism, and Science of Medicine, corresponding to Realism.

All thinkers, I repeat, have understood this distinction, and physiology still proclaims the unity of imagination and Science through the mouth of Claude Bernard when he says:

« Science does not contradict the observations or the data of Art, and I could not accept the opinion of those who claim that scientific positivism must kill inspiration. In my view, the contrary will necessarily happen.

« I am convinced that when physiology is sufficiently advanced, the poet, the philosopher, and the physiologist will all understand one another1. »

Whatever way one judges Claude Bernard, it is impossible not to recognize in him a marvelous sagacity in the manner of conducting his research. He felt Truth admirably, and it is curious to note the accuracy with which he saw the uselessness of materialism, experimentally speaking:

«■ Were it not to stray from the purpose of this research, I could easily show that in physiology, materialism leads to nothing and explains nothing2. »

« The material properties of tissues constitute the necessary means for the expression of vital phenomena; but nowhere can these properties give us the first reason for the functional arrangement of the organs. The fiber of the muscle does not explain to us, by the property it possesses of shortening, anything beyond the phenomenon of muscular contraction; but this pro1. Claude Bernard (Science expérimentale, p. 366).

2. Science expérimentale, p. 361 (Physiologie du cœur).

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-perty of contractility, which is always the same, does not teach us why there exist different motor organs, some built to produce the voice, others to carry out respiration, etc.; and, from then on, would it not seem absurd to say that the muscle fibers of the tongue and those of the larynx have the property of speaking or singing, and those of the diaphragm the property of breathing? It is the same for the fibers and cells of the brain; they have general properties of innervation and conductibility, but one could not for that reason attribute to them the property of feeling, of thinking, or of willing.

« 11 must therefore take great care not to confuse the properties of matter with the functions they perform. » (Claude Bernard, la Science expérimentale, p. 429. Discours de réception à l'Académie française.)

I wanted to make these few citations to show that one can ally, without being a hallucinator, matter to idea and Science to Art; still more, that the general Sciences belonging to the domain of Occultism must enter for a great deal into the study of the special Sciences dependent on the sensible world.

Occult Science therefore has, by this very fact, a practical utility. For the rest, the applications that Louis Lucas has made of it will suffice, I think, to convince the most incredulous.

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