« Pouah! aurait dit un sceptique moderne. Mais en ouvrant ce modeste hiéroglyphe, on trouvait en dedans un œuf d’or pur, renfermant, sculptés dans des pierres précieuses, les Cabires, les Dieux révélateurs et leurs douze Maisons sacrées.
« Telle était l’exquise méthode suivant laquelle l’antique Sagesse renfermait pieusement dans la Parole et dans le Cœur la connaissance de la Vérité; et cette symbolique voilée, cet hermétisme à triple sceau devenait de plus en plus savant, à mesure que le degré de la Science se rapprochait davantage du divin mystère de la Vie universelle1. »
De tous côtés les sciences se butent au monde des causes premières et, faute de vouloir l’étudier scientifiquement, paralysent les progrès.
Ceci apparaît surtout clairement dans une des sciences les plus utiles à l’humauité,. science qu’on est contraint d’appeler encore un art : la Médecine.
La Médecine doit étudier de si près le monde invisible, les causes premières, que tôt ou tard elle atteint leur domaine.
Dans ces derniers temps elle s’est lancée tête baissée dans le Matérialisme, protestant avec juste raison contre les rêveries de la Métaphysique dans laquelle elle gravitait. L’anatomie pathologique a victorieusement répondu à l’appel des audacieux novateurs et, entassant découverte sur découverte, a fermé la bouche aux retardataires d. Saint-Yves d’Alveydre, ]>. 07 (Mission des Juifs).
— 991 partisans d’un animisme incompris ou d’un vitalisme sans portée pratique.
La topographie des centres nerveux découverte, l’alliance étroite de la clinique et des démonstrations physiologiques enfin opérée, la Médecine matérialiste pouvait être lière de son oeuvre et allait proclamer sa victoire quand ce monde de l’invisible qu’on avait relégué pour toujours fit de nouveau son apparition.
La suggestion à distance, indiscutable- malgré l’opposition systématique des retardataires, l’existence de plus en plus probable du fluide niée d’abord avec tant d’acharnement, les phénomènes produits par les spirites, étudiés et reconnus réels par les savants officiels 1 de tous pays, forcent, comme je l’ai déjà dit, les investigateurs impartiaux à aborder le domaine de l'immatériel et à augmenter par là les éléments de la future synthèse qui réunira le phénomène au noumène.
Or, je ne crains pas d’affirmer que, quels que soient les efforts entrepris pour édifier de nouvelles investigations, quels que soient les noms dont on décore les découvertes, on rentrera forcément dans le domaine de l’antique Science occulte.
Que peut-il résulter de tout cela? Une réaction contre le matérialisme plus grande encore qu’on n’en a jamais vu et, comme il est difficile d’atteindre un juste milieu, une réaction vers le Mysticisme.
C’est pourquoi je voudrais montrer que la Vérité ne sortira pas plus d’un extrême que de l’autre et faire comprendre à tous l’idée élevée contenue dans la phrase de Louis Lucas qui sert d’épigraphe à ce traité :
« Concilier la profondeur clés vues théoriques anciennes
1. En Angleterre, Crookes; en Allemagne, Zœlner; en France le
L)1' Gibier. (Voy. l'Occult. contemp .)
— 992 — avec la rectitude et la puissance de l' expérimentation moderne. Tout est là.
Quand je pose ainsi les deux domaines dans lesquels doivent graviter la Médecine, l’Idéalisme et le Matérialisme, qu’on ne croie pas que ce sont là rêveries tirées de mon imagination. Tous les maîtres ont seiiti cette distinction, et ceux qui affirment que l’hypothèse n’a rien à voir en science méconnaissent cette belle remarque de Trousseau :
« Dès que vous avez un fait, un seul fait, appliquez-y tout ce que vous possédez d’intelligence, clierchez-y les côtés saillants, voyez ce qui est en lumière, laissez-vous aller aux hypothèses, courez au-devant s’il le faut1. »
Le professeur Trousseau avait bien compris l’inutilité des études médicales pour la plupart de ceux qui s’y livrent avec les méthodes contemporaines et ce sont des pages entières qu’il me faudrait citer, si je voulais montrer à quel point il s’en irrite :
« Comment se fait-il donc que l’intelligence devienne plus paresseuse à mesure que les notions scientifiques se multiplient, contente de recevoir etde jouir, peu soucieuse d’élaborer et d’enfanter2? »
« Pah! a modern skeptic would have said. But on opening this modest hieroglyph, one found within a pure gold egg, containing, carved in precious stones, the Cabiri, the revealer-Gods, and their twelve sacred Houses.
« Such was the exquisite method by which ancient Wisdom piously enclosed within the Word and within the Heart the knowledge of Truth; and this veiled symbolism, this triple-sealed hermeticism became ever more learned as the degree of Science drew closer to the divine mystery of universal Life1. »
On every side the sciences run up against the world of first causes and, for lack of wanting to study it scientifically, paralyze progress.
This appears especially clearly in one of the sciences most useful to humanity, a science one is still forced to call an art: Medicine.
Medicine must study the invisible world, the first causes, so closely that sooner or later it reaches their domain.
In these latter times it has thrown itself headlong into Materialism, protesting with good reason against the reveries of the Metaphysics in which it had been gravitating. Pathological anatomy has victoriously answered the call of the bold innovators and, piling discovery upon discovery, has silenced the laggard
d. Saint-Yves d'Alveydre, )>. 07 (Mission des Juifs).
— 991
partisans of a misunderstood animism or of a vitalism without practical bearing.
The topography of the nerve centers discovered, the close alliance of clinical observation and physiological demonstrations at last achieved, materialist Medicine could be proud of its work and was about to proclaim its victory when this world of the invisible, which had been banished forever, made its appearance once again.
Suggestion at a distance, indisputable despite the systematic opposition of the laggards, the increasingly probable existence of the fluid, denied at first with such stubbornness, the phenomena produced by the Spiritists, studied and recognized as real by official scholars 1 of every country, force, as I have already said, impartial investigators to approach the domain of the immaterial and thereby to increase the elements of the future synthesis that will unite the phenomenon to the noumenon.
Now, I do not fear to affirm that, whatever efforts may be undertaken to build new investigations, whatever names are used to dress up the discoveries, one will necessarily fall back into the domain of ancient occult Science.
What can result from all this? A reaction against materialism greater still than has ever been seen and, since it is difficult to reach a just mean, a reaction toward Mysticism.
That is why I should like to show that Truth will emerge no more from one extreme than from the other, and to make everyone understand the lofty idea contained in the phrase of Louis Lucas that serves as the epigraph to this treatise:
« To reconcile the depth of ancient theoretical views
1. In England, Crookes; in Germany, Zœllner; in France, le L)1' Gibier. (See l'Occult. contemp.)
— 992 —
with the rectitude and the power of modern experimentation. That is the whole of it. »
When I thus set out the two domains in which Medicine must gravitate, Idealism and Materialism, let no one believe that these are reveries drawn from my own imagination. All the masters have sensed this distinction, and those who claim that hypothesis has nothing to do with science fail to recognize this fine remark of Trousseau's:
« As soon as you have a fact, a single fact, apply to it all the intelligence you possess, seek out its salient points, see what is illuminated, let yourself go toward hypotheses, run ahead of them if need be1. »
Professor Trousseau had well understood the uselessness of medical studies for most of those who pursue them by contemporary methods, and there are whole pages I would have to quote if I wished to show how much it irritates him:
« How does it happen, then, that the intelligence grows lazier as scientific facts multiply, content to receive and to enjoy, little concerned to elaborate and to bring forth2? »
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