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11. Edouard Schuré, les Grands lniliés. 2. Un livre rabbinique, le Scpher Toldos Jcschu, affirme l'existence du Christ et prétend qu'il avait volé la véritable prononciation du tétragramme (mn>) ; de là ses miracles; ce symbole indique que Jésus, de l’avis même des Juifs kabbalistes, est un grand initié. — 622 — Les Esséniens seuls possédaient cette tradition, c’est de chez eux que sort le Christianisme. Au moment où les disciples de l’Essénien Jésus viennent annoncer au monde la venue du Sauveur, du Christ, de singuliers adversaires surgissent tout à coup. Saint Pierre se trouve en présence de Simon le Magicien, initié à la Science occulte, faisant une partie des miracles accomplis autrefois par le Christ et venant de son côté prêcher la Gnose. En face de la révélation des Esséniens se dresse celle des mystères d’Egypte ; la tradition sort à la fois des deux sanctuaires qui la renfermaient. Les critiques fort savants qui se sont occupés de la Gnose avouent qu’ils n’en peuvent découvrir l'origine, et supposent que c’est un ramassis de quelques doctrines courantes. Ce que nous avons dit permettra de saisir ce mystère. Les Gnostiques affirment aussi que c’est d’abord le principe Xptsircç ou Chrislos qui s’est manifesté ; mais remontant à des sources qui ont conservé plus purement la tradition, ils établissent toute la filiation de ce Ghristos.
2Il y aurait un bien beau travail à faire en comparant renseignement de la Gnose avec la traduction correcte de la Bible d’une part et l’Apocalypse d’autre part, on y trouverait, sous des noms différents, l’étude des mêmes principes, on y retrouverait l’enseignement profond des mystères primitifs. Moïse, Pythagore, Platon, Zoroastre ont puisé leurs connaissances dans ces mystères ; aussi la Gnose renfermet-elle du Platonisme, du Judaïsme, du Christianisme et de la religion persane même. Ce n’est pas le Gnosticisme, essentiellement synthétique, qui vient de ces cultes, ce sont eux qui proviennent de la même source. — 623 — La Gnose est donc l’essai de l’Université d’Égypte cherchant à remplacer le Polythéisme, primitivement émané d’elle, par une nouvelle révélation, plus ésotérique encore dans ses bases que le Christianisme qui venait de naître. Les Esséniens envoient Jésus comme révélateur, l’Égvpte lui oppose Apollonius de Tyane, aussi puissant par ses miracles, le véritable fondateur de la Gnose. Simon le Mage ne sera qu’un continuateur, éminent il est vrai, d’Apollonius. Quelques années après la mort de, Jésus, la tradition se trouve donc possédée par trois courants bien nets. 1° Le Courant essénien : ésotérisme kabbalistique ( venant de l'Egypte par Moïse). 2° Le Courant égyptien : ésotérisme primitif ( venant directement des mystères sacrés ; essai d'une nouvelle révélation ). 3° Le Courant polythéiste : exotérisme apparent
3( reste de l'ancienne révélation égyptienne, par Orphée ). 11 nous faut résumer rapidement l’histoire de ces trois courants. § 4. — LA GNOSE Le courant essénien manifesté par le Christianisme est celui qui devait prendre par la suite la plus grande importance politique, tout en perdant presque totalement .les clefs de la tradition. A la suite de Jésus, ses disciples continuent son œuvre et lui assurent l’immortalité en donnant consciemment leur vie pour elle. Une loi peu connue enseigne en effet que tout individu qui meurt injustement pour son idée devient l’âme même de cette idée qui se constitue de ce fait un être réel, quoique invisible ; aussi les marChristianisme Gnosticisme Néo-platonisme École d’Alexandiie — 624 — lyrs assurent-ils le succès d’un mouvement d'autant plus rapidement qu’ils sont plus nombreux. Saint Jean, relégué à Pathmosen dehors de toute lutte active après une carrière tout apostolique, écrit le livre de la Révélation, l'Apocalypse, et meurt peu après (101). Saint Pierre et saint Paul, les deux réalisateurs pratiques du Christianisme, surtout le second, étaient déjà morts martyrs depuis l’an 67 après une lutte acharnée contre les deux doctrines rivales, le Polythéisme et le Gnosticisme.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
11. Édouard Schuré, les Grands Initiés. 2. A rabbinic book, the Sepher Toldos Jeschu, affirms the existence of Christ and claims that he had stolen the true pronunciation of the tetragrammaton (mn>); hence his miracles; this symbol indicates that Jesus, in the very opinion of the kabbalist Jews, is a great initiate. — 622 — The Essenes alone possessed this tradition; it is from among them that Christianity issues. At the moment when the disciples of the Essene Jesus come to announce to the world the coming of the Savior, of the Christ, singular adversaries suddenly arise. Saint Peter finds himself in the presence of Simon the Magician, initiated into Occult Science, performing some of the miracles formerly performed by the Christ, and coming for his own part to preach the Gnosis. Facing the revelation of the Essenes stands that of the mysteries of Egypt; the tradition issues at once from the two sanctuaries that contained it. The very learned critics who have concerned themselves with the Gnosis admit that they cannot discover its origin, and suppose that it is a hodgepodge of a few current doctrines. What we have said will make it possible to grasp this mystery. The Gnostics also affirm that it was first the principle Christos (Xptsircç), or Christos, that manifested itself; but tracing back to sources that have more purely preserved the tradition, they establish the whole lineage of this Christos.
2There would be a fine piece of work to be done in comparing the teaching of the Gnosis with the correct translation of the Bible on the one hand and the Apocalypse on the other; there one would find, under different names, the study of the same principles, one would find again the profound teaching of the primitive mysteries. Moses, Pythagoras, Plato, Zoroaster drew their knowledge from these mysteries; thus the Gnosis contains within itself Platonism, Judaism, Christianity, and even the Persian religion. It is not Gnosticism, essentially synthetic, that comes from these cults; rather it is they that proceed from the same source. — 623 — The Gnosis is thus the attempt of the University of Egypt, seeking to replace Polytheism, which had primitively emanated from it, with a new revelation, more esoteric still in its foundations than the Christianity that had just been born. The Essenes send forth Jesus as revealer; Egypt opposes to him Apollonius of Tyana, equally powerful through his miracles, the true founder of the Gnosis. Simon Magus will be only a continuator, an eminent one it is true, of Apollonius. A few years after the death of Jesus, the tradition is thus found possessed by three quite distinct currents. 1° The Essene Current: kabbalistic esoterism (coming from Egypt through Moses). 2° The Egyptian Current: primitive esoterism (coming directly from the sacred mysteries; an attempt at a new revelation). 3° The Polytheistic Current: apparent exoterism
3(remnant of the ancient Egyptian revelation, through Orpheus). 11 (a scanning garble for "Il," i.e., "We") must now briefly summarize the history of these three currents. § 4. — THE GNOSIS The Essene current manifested through Christianity is the one that was afterward to take on the greatest political importance, while losing almost entirely the keys of the tradition. Following Jesus, his disciples carry on his work and secure his immortality by consciously giving their lives for it. A little-known law teaches, in fact, that every individual who dies unjustly for his idea becomes the very soul of that idea, which thereby constitutes itself into a real, though invisible, being; thus martyrs secure the success of a movement all the more rapidly the more numerous they are. Christianity Gnosticism Neo-Platonism School of Alexandria — 624 — Saint John, relegated to Patmos, outside all active struggle, after a wholly apostolic career, writes the book of Revelation, the Apocalypse, and dies shortly after (101). Saint Peter and Saint Paul, the two practical founders of Christianity, especially the latter, had already died as martyrs since the year 67, after a bitter struggle against the two rival doctrines, Polytheism and Gnosticism.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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