Papus

Traité méthodique de science occulte

Open to allPapus (Gérard Encausse), 1865–19161375 of 1375 segments translated · 459 pp17 passages withheld
page 419

Si j’avais affaire à un de ces mille théoriciens qui croient chacun bouleverser l’univers parce qu’ils ont eu une idée souvent vieille comme le monde et neuve uniquement pour eux, je ne protesterais pas comme je le fais contre l’oubli du nom d’un homme.

Mais c’est un savant que j’ai découvert et que je suis peut-être le premier à remettre au jour, c’est un praticien autant qu’un théoricien qui joint une expérience personnelle à chacune des hypothèses qu’il avance, c’est un homme qui a fait plusieurs découvertes, entre autres le Biotrr^tt-e, dont une seule servirait à faire entrer un ambitieux dans les sociétés savantes officielles, c’est un homme dont le nom est soigneusement caché et les idées soigneusement pillées par ceux qui connaissent ses œuvres.

Pourquoi ses ouvrages tirés à de nombreux exemplaires sontils introuvables?

J’ai mis deux ans à me procurer la Chimie nouvelle. Pourquoi? *

Quelques savants modernes profiteraient-ils de l’oubli qui s’est fait autour de lui pour le copier? Lisez avec conscience la Chimie nouvelle, puis parcourez les théories soi-disant nouvelles sur la

1. Louis Lucas, Chimie nouvelle , p. 18.

1003 — philosophie des sciences depuis la thermo-chimie jusqu’aux calculs récents sur l'éther, et vous pourrez vérifierla plupart des faits que je me permets d’avancer.

La critique scientifique qui fait de si belles choses devrait bien s’adresser aux œuvres de Louis Lucas. Elle verrait qu’il s’est trompé quelquefois, ce qui arrive à tout écrivain, errare humanum est, mais elle serait bien forcée d’avouer qu’il a eu raison le plus souvent.

Vous avez des laboratoires bien montés, vérifiez ses expériences chimiques et biologiques, montrez celles qui ne réussissent pas; mais montrez aussi celles qui sont vraies et tâchez de les explique»- autrement que lui.

D’ailleurs vous n’avez rien à craindre, Louis Lucas est mort en 1863 et il ne vous fera pas concurrence la première fois que vous vous présenterez à une place honorifique.

Du reste, si vous persistez à taire son nom et ses œuvres, l’étranger le fera, je l’espère. L’occultisme devient de plus en plus puissant, et Louis Lucas se vante avec orgueil d’être un disciple de ces alchimistes1 à qui il a consacré une de ses plus belles œuvres2.

Au point de vue des sciences occultes, Louis Lucas a retrouvé la force universelle désignée sous tant de noms (ignis, lumière astrale, magnés, azoth, etc., etc.).

11 a désigné cette force sous le nom de mouvements , et il étudie ses lois sous le nom de lois de la série dont la sqrie trinitaire est la base. Une fois ses lois connues, il aborde l’expérience en les appliquant.

Après avoir fait ressortir les contradictions et les erreurs théoriques des savants modeimes sur les questions générales, il applique ses découvertes dans les cas où la science balbutie et, quand il le faut, il appuie son dire d’une expérience inédite ou d’un appareil nouveau.

Il n’emploie aucun terme symbolique, ses ouvrages sont écrits dans la langue des savants de son époque.

Toutefois plusieurs choses rendent l’étude de ses œuvres désagréable à la critique. En premier lieu, le nombre énorme de faits cités dans ses livres et les connaissances qu’il possédait dans plusieurs branches très différentes du savoir humain (particulièrement en chimie et en musique) nécessitent une certaine instruction générale; enfin, les railleries et les critiques mordantes dont il accable

1. Médecine nouvelle, t. Ior, p. 15.

2. Le Roman alchimique.

certains savants le font traiter de dément par ceux à qui elles sont adressées.

Il avoue toutefois son admiration pour les vrais savants qu’il cite avec joie et ne réserve ses attaques que pour les pédantes médiocrités qui encombrent la science contemporaine.

Il a débuté en publiant, en 1849, une Révolution dans la musique , essai d' application à la musique d'une théorie philosophique, par Louis Lucas rédacteur en chef du journal le Dix décembre, précédée d’une préface par Théodore de Banville et suivie du traité d’Euclide et du dialogue de Plutarque sur la musique'.

machine-assisted · checkedpage 419

If I were dealing with one of those thousand theoreticians who each believe they are overturning the universe because they have had an idea that is often as old as the world and new only to themselves, I would not protest as I am doing against the forgetting of a man's name.

But this is a scholar whom I have discovered and whom I am perhaps the first to bring back to light; he is as much a practitioner as a theoretician, who joins personal experience to each of the hypotheses he advances; he is a man who made several discoveries, among others the Biotrr^tt-e, a single one of which would suffice to gain an ambitious man entry into the official learned societies; he is a man whose name is carefully hidden and whose ideas are carefully plundered by those who know his works.

Why are his works, printed in numerous copies, nowhere to be found?

It took me two years to obtain the Chimie nouvelle. Why? *

Do certain modern scholars perhaps take advantage of the oblivion that has settled around him in order to copy him? Read the Chimie nouvelle in good conscience, then survey the so-called new theories on the

1. Louis Lucas, Chimie nouvelle, p. 18.

1003 —

philosophy of the sciences, from thermo-chemistry up to the recent calculations on the ether, and you will be able to verify most of the facts that I allow myself to put forward.

Scientific criticism, which does such fine things, ought certainly to turn its attention to the works of Louis Lucas. It would see that he was sometimes mistaken, as happens to every writer — errare humanum est — but it would be well forced to admit that he was right more often than not.

You have well-equipped laboratories; verify his chemical and biological experiments, point out the ones that do not succeed; but also point out the ones that are true, and try to explain them otherwise than he did.

Besides, you have nothing to fear: Louis Lucas died in 1863 and will not compete with you the first time you present yourself for an honorary position.

Moreover, if you persist in keeping silent about his name and his works, foreigners will speak of them, I hope. Occultism is becoming ever more powerful, and Louis Lucas proudly boasts of being a disciple of those alchemists1 to whom he devoted one of his finest works2.

From the point of view of the occult sciences, Louis Lucas rediscovered the universal force designated under so many names (ignis, astral light, magnes, azoth, etc., etc.).

11 gave this force the name of movements, and he studies its laws under the name of laws of the series, of which the trinitarian series is the basis. Once its laws are known, he approaches experiment by applying them.

After bringing out the contradictions and theoretical errors of modern scholars on general questions, he applies his discoveries to cases where science stammers and, when necessary, backs up his statement with an unpublished experiment or a new apparatus.

He uses no symbolic terms; his works are written in the language of the scholars of his time.

Nevertheless, several things make the study of his works unpleasant for the critic. In the first place, the enormous number of facts cited in his books and the knowledge he possessed in several very different branches of human learning (particularly in chemistry and in music) require a certain general education; and finally, the mockery and the biting criticisms with which he overwhelms

1. Médecine nouvelle, t. Ior, p. 15.

2. Le Roman alchimique.

certain scholars cause him to be treated as a madman by those to whom they are addressed.

He nonetheless avows his admiration for the true scholars whom he cites with joy, and reserves his attacks only for the pedantic mediocrities that clutter contemporary science.

He made his debut by publishing, in 1849, a Révolution dans la musique, an essay applying a philosophical theory to music, by Louis Lucas, editor-in-chief of the journal Le Dix Décembre, preceded by a preface by Théodore de Banville and followed by Euclid's treatise and Plutarch's dialogue on music.

Commentary
page 419 ·

No commentary for this page under the selected tracks.

There is commentary on page 1.