Fetching
One moment.
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1Après la mort le repos commence donc, repos dans lequel sont réalisés tous les désirs de bonheur imaginés par l’être qui vient de naître à la vie psychique. Chacun se crée donc un Paradis à sa fantaisie entre chaque incarnation. Dans cet état l’être arrivé à un certain degré de supériorité intellectuelle pourrait se souvenir, si l’on en croit la tradition ésotérique, de ses deux ou trois existences précédentes. Ce n’est que quand cet être a évolué à travers toutes les races dans toutes les planètes d’une chaîne, ce n’est qu’au moment où la dernière planète entre en repos et où l’Univers lui-même va s’anéantir dans le grand sommeil qui précédera sa renaissance, que l’être humain peut avoir conscience de toutes ses incarnations antérieures et en mesurer les mérites et les démérites, source de son avenir dans l’éternité qui commence pour lui ! Cette idée de l’évolution progressive met fin à toutes les conceptions plus ou moins profondes des théologies sur le — 361 Ciel et l’Enfer. Aussi ne saurions-nous mieux terminer ce chapitre que par la spirituelle critique des divers Paradis faite par l’auteur de Nos Bêtises , le philosophe Eugène Nus. LE PÈRE ÉTERNEL EN TOURNÉE — Tiens! dit le bon Dieu au directeur général de la voie lactée, qu’est-ce que c’est que cette petite machine, làbas ? Je ne l’avais pas encore aperçue.
2— Seigneur, répondit le haut fonctionnaire, il y a quelques milliers de siècles que vous n'êtes venu visiter ces parages, et, depuis ce temps, nos soleils ont fait des petits. — Celui-là me paraît assez mal conformé, fit observer le Père éternel. — Ce n’est pas, il est vrai, le mieux venu de la famille, et il va de mal en pis, depuis que l’homme y a poussé. — Ah! ah ! fit le bon Dieu. — J’ai même été sur le point de supprimer radicalement cette espèce qui provient évidemment d’un germe défectueux. — Ne soyons pas radicaux, dit le Créateur de toutes choses. — Je sais, Père suprême, que vous n’aimez pas les moyens violents. Pourtant, je n’ai pas voulu prendre sur moi de laisser circuler une houle qui donne le mauvais exemple aux autres, sans demander l’avis du grand conseil des constellations. Toutes, sauf le Scorpion, ont opiné pour la patience. — Il en faut, et beaucoup, soupira l’auteur des mondes. Voilà une éternité que j’attends Inachèvement de mon œuvre, et elle recommence tous les matins. Il paraît que je ne me reposerai jamais. — 362 — ■ — Il y eii a cependant qui assurent là-bas que vous n’avez travaillé qu’une semaine dans tout le cours de votre existence, et qu’à partir du premier dimanche, vous vous êtes croisé les bras. — On voit bien que ces gens-là n’ont pas l’immensité à remplir. Qui a pu leur débiter de pareilles bourdes? • — Un homme qui prétend que vous lui avez parlé dans un buisson de feu.
3— Je n’ai, de ma vie, parlé à qui que ce soit dans un buisson que par la voix des chardonnerets et des merles, et je n’ai vu de buissons de feu que dans les décors d’opéra. Cet individu a abusé de la simplicité de ses frères. S’ils ont inventé beaucoup de choses comme celles-là sur mon compte, voilà un petit avorton de planète à la surface de laquelle on doit se faire une singulière idée de moi. — C’est bien là ce qui me révolte. J’ai beau leur envoyer de temps en temps des professeurs capables, choisis par moi dans les mondes voisins, pour éclairer leurs sentiments et redresser leurs idées, ils me les renvoient pendus, empoisonnés, brûlés, écartelés, martyrisés de toutes les façons. * — Diable! — Les plus acharnés, les plus enragés de tous sont les prêtres. — Ah! s’ils ont des prêtres, s’écria le bon Dieu, je ne m’étonne plus de rien. ■ — Ils en ont de toutes les couleurs : des blancs, des noirs, des gris, des jaunes, des verts, des rouges, des bleus... Je passe les nuances intermédiaires. Je ne sais pas de quels arômes est formé ce damné soleil, un petit soleil de troisième classe, il est vrai ; tous ses enfants sont atteints de cette maladie dans leur jeunesse. Nous venons de guérir Jupiter à force de purgations. Saturne est encore — 363 —
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1After death, rest thus begins — a rest in which all the desires for happiness imagined by the being newly born into psychic life are realized. Each one thus creates for himself a Paradise to his own fancy between each incarnation. In this state, the being who has reached a certain degree of intellectual superiority could remember, if the esoteric tradition is to be believed, two or three of his previous existences. It is only when this being has evolved through all the races on all the planets of a chain, only at the moment when the last planet enters its rest and the Universe itself is about to be annihilated in the great sleep that will precede its rebirth, that the human being can become conscious of all his prior incarnations and measure their merits and demerits, the source of his future in the eternity that begins for him! This idea of progressive evolution puts an end to all the more or less profound conceptions of the theologies concerning — 361 Heaven and Hell. Nor could we better close this chapter than with the witty critique of the various Paradises made by the author of Nos Bêtises, the philosopher Eugène Nus. THE ETERNAL FATHER ON TOUR "Well now!" said the good Lord to the general director of the Milky Way, "what is that little contraption over there? I hadn't noticed it before."
2"Lord," replied the high official, "it has been some thousands of centuries since you last came to visit these parts, and since then our suns have had little ones." "That one looks rather poorly formed to me," observed the Eternal Father. "It is not, it is true, the best turned-out of the family, and it goes from bad to worse, ever since man sprang up on it." "Ah! Ah!" said the good Lord. "I was even on the point of radically suppressing this species, which evidently comes from a defective germ." "Let us not be radical," said the Creator of all things. "I know, Supreme Father, that you do not care for violent measures. Still, I did not wish to take it upon myself to let a rabble circulate that sets a bad example for the others, without asking the opinion of the great council of the constellations. All of them, save Scorpio, voted for patience." "Patience is needed, and a great deal of it," sighed the author of the worlds. "Here is an eternity that I have been awaiting the completion of my work, and it begins all over again every morning. It seems I shall never rest." — 362 — "There are those down there, however, who maintain that you worked only one week in the whole course of your existence, and that, from the first Sunday on, you folded your arms." "One can plainly see that those people have no immensity to fill. Who could have fed them such nonsense?" "A man who claims that you spoke to him from a burning bush."
3"I have never, in my life, spoken to anyone from within a bush except through the voice of goldfinches and blackbirds, and I have never seen burning bushes except in opera sets. That fellow has abused the simplicity of his brothers. If they have invented many things like that about me, that is a sorry little runt of a planet, on the surface of which people must have a singular idea of me." "That is exactly what revolts me. However often I send them capable teachers, chosen by me from the neighboring worlds, to enlighten their feelings and set their ideas straight, they send them back to me hanged, poisoned, burned, drawn and quartered, martyred in every way." "The devil!" "The fiercest, the most rabid of all, are the priests." "Ah! If they have priests," cried the good Lord, "I am no longer astonished at anything." "They have them in every color: white ones, black ones, gray ones, yellow ones, green ones, red ones, blue ones... I pass over the intermediate shades. I do not know what aromas this cursed sun is made of — a small sun of the third class, it is true; all its children are afflicted with this disease in their youth. We have just cured Jupiter by dint of purgations. Saturn is still — 363 —
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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