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11. M. Adolphe Franck (de l’Instilut) a fait dans les n°s 41, 42 et 43 de l' Alliance Scientifique (juin, juillet, août 1890) une fort importante étude sur ces trois sectes. 2. Fabre d’Olivet, 1. 1, § 3, p. 37. 3. Fabre d’Olivet, op. cil., t. I, p. 38. — 438 ï). — LA VERSION GRECQUE. Les Esséniens. Ptolémée, fils de Lagus, eut l’idée de faire traduire le Seplier pour le placer dans la Bibliothèque d’Alexandrie. Le monarque fit appel au souverain pontife Eléazar qui envoya une copie du Seplier. Mais il fallait trouver des traducteurs. C’est alors qu’on s’adressa aux Esséniens du mont Moria qui jouissaient d’une réputation méritée de science et de sainteté.
2Ces sectaires (les Esséniens du mont Moria) vivaient en anachorètes, retirés dans des cellules séparées, s’occupant, comme je l’ai déjà dit, de l’étude de la Nature. Le Sepher était, selon eux, composé d’esprit et de corps : par le corps ils entendaient le sens matériel de la langue hébraïque ; par l’esprit, le sens spirituel perdu pour le vulgaire1. Pressés entre la loi religieuse qui leur défendait la communication des mystères divins, et l’autorité du prince qui leur ordonnait de traduire le Sepher, ils surent se tirer d’un pas si hasardeux; car, en donnant le corps de ce livre, il obéirent à l'autorité civile ; et en retenant l’esprit, à leur conscience. Us firent une version verbale aussi exacte qu’ils purent dans l’expression restreinte et corporelle; et pour se mettre encore plus à l’abri des reproches de profanation, ils se servirent du texte et de la version samaritains en beaucoup d’endroits, et toutes les fois que le texte hébraïque ne leur offrait pas assez d’obscurité2. Les traducteurs furent d’abord, ainsi que l’assure le 1. Josephe, De Bello Jud., 1. II, c. xn. Phil. De vila eontem.pl. Budd. In - Irod. ad phil. hebr. 2. Fabre d’üiivet, op. cit., p. 40. — 439 — Thalinud, au nombre de cinq. Ils s’occupèrent seulement de la traduction des livres de Moïse sans s’inquiéter des additions d’Esdras.
3Mais les Juifs répandus en Égypte et dans la Grèce ayant oublié le dialecte araméen dans lequel étaient écrits leurs Targums adoptèrent la traduction grecque de la Bibliothèque d’Alexandrie et joignirent à ce travail une traduction des additions d’Esdras. Us envoyèrent le tout à Jérusalem pour être approuvé. Le sanhédrin accueillit leur demande, et, comme ce tribunal se trouvait alors composé de soixante-dix juges, conformément à la loi1, cette version en reçut le nom de Version des Septante , c’est-à-dire approuvé par les Septante 2. Telle est l’origine de la Bible. C’est une copie en langue grecque des écritures hébraïques, où les formes matérielles du Sepber de Moïse sont assez bien conservées pour que ceux qui ne voient rien au delà n'en puissent pas soupçonner les formes spirituelles 3. 6. — LE CHRISTIANISME. La Vulgate de saint Jérôme. C’est alors que la Providence voulant changer la face du monde, suscita Jésus. La diffusion rapide du christianisme secoue un peu la torpeur des Juifs. Le texte grec étant considéré par les apôtres comme « inspiré », de violentes discussions s’élevèrent dans les deux camps. C’est à ce moment que naquirent une série de protestantismes décorés du nom d’hérésies et 1. Sepher, 1. IV, c. n, v, xvi. Elias Levita, in Thisbi. 2. Fabre d’Olivet, op. cit ., p. 41. 3. Fabre d’Olivet, p. 41. — MO professés par Valentin, Basilide, Marcion, Appelles, Bardesane et Manès.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
11. M. Adolphe Franck (of the Institute) made a very important study of these three sects in issues n°s 41, 42, and 43 of l'Alliance Scientifique (June, July, August 1890). 2. Fabre d'Olivet, 1. 1, § 3, p. 37. 3. Fabre d'Olivet, op. cit., t. I, p. 38. — 438 ï). — THE GREEK VERSION. The Essenes. Ptolemy, son of Lagus, conceived the idea of having the Sepher translated in order to place it in the Library of Alexandria. The monarch appealed to the high priest Eleazar, who sent a copy of the Sepher. But translators had to be found. It was then that they turned to the Essenes of Mount Moriah, who enjoyed a well-earned reputation for learning and holiness.
2These sectaries (the Essenes of Mount Moriah) lived as anchorites, withdrawn into separate cells, occupying themselves, as I have already said, with the study of Nature. The Sepher was, according to them, composed of spirit and of body: by the body they understood the material sense of the Hebrew language; by the spirit, the spiritual sense lost to the common people1. Caught between the religious law, which forbade them the communication of the divine mysteries, and the authority of the prince, who commanded them to translate the Sepher, they knew how to extricate themselves from so hazardous a step; for, in giving the body of this book, they obeyed civil authority; and in withholding the spirit, they obeyed their conscience. They made a verbal version as exact as they could within the restricted and corporeal expression; and to shield themselves still further from reproaches of profanation, they made use of the Samaritan text and version in many places, and every time the Hebrew text did not offer them enough obscurity2. The translators were, at first, as the 1. Josephus, De Bello Jud., 1. II, c. xn. Phil. De vita contempl. Budd. Introd. ad phil. hebr. 2. Fabre d'Olivet, op. cit., p. 40. — 439 — Talmud assures us, five in number. They occupied themselves only with the translation of the books of Moses, without concerning themselves with Ezra's additions.
3But the Jews scattered throughout Egypt and Greece, having forgotten the Aramaic dialect in which their Targums were written, adopted the Greek translation from the Library of Alexandria, and joined to this work a translation of Ezra's additions. They sent the whole to Jerusalem for approval. The Sanhedrin welcomed their request, and, since that tribunal was then composed of seventy judges, in accordance with the law1, this version received from it the name of the Version of the Seventy, that is, approved by the Seventy2. Such is the origin of the Bible. It is a copy in the Greek language of the Hebrew scriptures, in which the material forms of the Sepher of Moses are well enough preserved that those who see nothing beyond them cannot even suspect the spiritual forms3. 6. — CHRISTIANITY. The Vulgate of Saint Jerome. It was then that Providence, wishing to change the face of the world, raised up Jesus. The rapid spread of Christianity shook, a little, the torpor of the Jews. The Greek text being regarded by the apostles as "inspired," violent discussions arose in both camps. It was at this moment that a series of protestantisms arose, decorated with the name of heresies, and 1. Sepher, 1. IV, c. n, v, xvi. Elias Levita, in Thisbi. 2. Fabre d'Olivet, op. cit., p. 41. 3. Fabre d'Olivet, p. 41. — MO professed by Valentinus, Basilides, Marcion, Apelles, Bardesanes, and Manes.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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