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1Qu’avons-nous fait à l’heure actuelle? Nous avons disséqué ces êtres minéraux, nous avons fouillé la constitution de l'élément Eau , et nous avons mis dans des bocaux séparés les deux organes ou corps simples constituants : l’hydrogène et l’oxygène, et ainsi pour tous les autres. Nous avons constitué, sous le nom de chimie, une anatomie du règne minéral; quand nous en serons à la physiologie nous reconnaîtrons que les alchimistes étaient encore nos maîtres. Cette alliance des sciences physiques et des sciences naturelles, nous la trouverons, si nous voulons bien la 1. Cette correspondance étant basée sur les propriétés physiques des éléments ne répond pas en tous points aux rapports établis par l’ésotérisme. XVI chercher, dans les livres de ces vieux fous qui s’occupaient de Magie. Toujours la Magie. On avouera que j’y liens ; mais j’aurais peine à faire autrement si je ne veux pas sortir de mon sujet. ★ * * LA SCIENCE OCCULTE On désigne par ce nom de Magie les pratiques en apparence surnaturelles exercées par les thaumaturges, initiés des temples de l’Inde ou de l’Egypte. La science enseignée dans ces temples était cachée aux profanes, de là son nom de Science occulte. La Science occulte, avons-nous dit, peut être conçue comme un corps de doctrine enseigné dans les Universités de l’Égypte et transmis d'âge en âge, non sans subir de sérieuses mutilations. Cette définition soulève de suite de très nombreuses objections.
2Nos études classiques nous ont habitués à considérer les hommes éminents de l’antiquité comme de doux rêveurs, faisant beaucoup de philosophie et adorant aveuglément une foule de dieux aussi divers que les étoiles du ciel. Aussi cette idée d’un corps de doctrine à tournure scientifique, d’une organisation hiérarchique de l’enseignement dans le monde païen, d’une transmission de cet enseignement à travers les âges, etc., bouleverse-t-elle nos conceptions à un tel point que, malgré tout, nous ne voulons y prêter aucune attention. Voilà pourquoi nous avons consacré la plus grande partie de notre travail à accumuler en divers chapitres tout ce que nous avons pu trouver de positif à ce sujet. XVII Les prolégomènes (chapitres 1 et 2) sont consacrés à l’étude de ce corps de doctrine à tournure synthétique, basé sur le raisonnement par analogie. Cette science existe, mais elle est du tout au tout différente de la nôtre par ses résultats. Ce serait folie que de rechercher dans l’ antiquité l’existence des appareils perfectionnés que nous possédons aujourd’hui ; aussi M. Franck a-t-il cent fois raison de s’élever, dans la lettre qu’il nous fait l’honneur de nous adresser, contre cette tendance à considérer la Science occulte comme l’origine et le point fatal d’arrivée de toutes nos connaissances. Mais en revanche, l’application de la méthode analogique à nos découvertes actuelles pourra produire des résultats fort curieux et surtout fort inattendus.
3Si l’on n’accorde aux anciens que le mérite d’avoir connu les principes généraux de nos sciences, ce serait faire une injustice que de ne pas insister sur l’admirable façon dont était pratiquée l’unité de l’enseignement dans ce monde dit païen. On sait bien que chaque peuple et même chaque cité avait ses dieux et ses prêtres, on sait encore que ces prêtres étaient des savants, ingénieurs, astronomes, ou médecins; maison ignore trop que ces savants étaient tous rattachés à un même centre et se reconnaissaient tous grâce à une langue sacrée connue dans tous les temples alors existants. Chacun de ces temples représente une faculté régionale, une école préparatoire de philosophie, de droit, d’art ou de médecine. Mais toutes ces écoles sont reliées à une université qui seule confère les hauts grades, c’est-à-dire donne les connaissances nécessaires pour la direction des peuples ou des forces subtiles de la nature. Quelle preuve pouvons-nous donner de cette assèrtion ? XVIII Ouvrez le premier livre d’histoire venu, le plus élémentaire des dictionnaires biographiques et cherchez où Lycurgue est allé apprendre l’art de gouverner les hommes : en Égypte ; où Pythagore est allé acquérir sa science prodigieuse ; en Égypte ; où Platon a connules fondements de son admirable philosophie : en Égypte. Voilà la réponse à notre question de tout à l’heure.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1What have we done at the present time? We have dissected these mineral beings, we have probed the constitution of the element Water, and we have put into separate flasks the two organs or simple constituent bodies: hydrogen and oxygen, and so on for all the others. We have constituted, under the name of chemistry, an anatomy of the mineral kingdom; when we come to its physiology, we shall recognize that the alchemists were still our masters. This alliance of the physical sciences and the natural sciences we shall find, if we care to 1. This correspondence, being based on the physical properties of the elements, does not answer in every point to the relations established by esotericism. XVI seek it, in the books of those old fools who occupied themselves with Magic. Always Magic. I will admit that I cling to it; but I would find it hard to do otherwise if I do not wish to stray from my subject. ★ * * OCCULT SCIENCE By this name of Magic are designated the seemingly supernatural practices exercised by the thaumaturges, initiates of the temples of India or of Egypt. The science taught in these temples was hidden from the uninitiated, hence its name of Occult Science. Occult Science, we have said, may be conceived as a body of doctrine taught in the Universities of Egypt and transmitted from age to age, not without undergoing serious mutilation. This definition at once raises very numerous objections.
2Our classical studies have accustomed us to regard the eminent men of antiquity as gentle dreamers, given over to a great deal of philosophy and blindly worshipping a crowd of gods as numerous as the stars of the sky. And so this idea of a body of doctrine of a scientific cast, of a hierarchical organization of teaching in the pagan world, of a transmission of this teaching across the ages, etc., upsets our conceptions to such a point that, in spite of everything, we do not wish to pay it any attention. That is why we have devoted the greater part of our work to gathering, in various chapters, everything positive we have been able to find on this subject. XVII The prolegomena (chapters 1 and 2) are devoted to the study of this body of doctrine of a synthetic cast, based on reasoning by analogy. This science exists, but it is utterly and entirely different from ours in its results. It would be folly to seek in antiquity the existence of the perfected apparatus we possess today; and so M. Franck is a hundred times right to rise up, in the letter with which he honors us, against this tendency to regard Occult Science as the origin and the fatal terminus of all our knowledge. But, on the other hand, the application of the analogical method to our present-day discoveries may produce results that are most curious and, above all, most unexpected.
3If we grant the ancients only the merit of having known the general principles of our sciences, it would be an injustice not to insist upon the admirable manner in which the unity of teaching was practiced in this so-called pagan world. It is well known that each people, and even each city, had its own gods and its own priests; it is further known that these priests were scholars, engineers, astronomers, or physicians; but it is too little known that these scholars were all attached to one and the same center, and all recognized one another by means of a sacred language known in all the temples then existing. Each of these temples represents a regional faculty, a preparatory school of philosophy, of law, of art, or of medicine. But all these schools are linked to a single university, which alone confers the higher degrees — that is, which alone gives the knowledge necessary for the direction of peoples or of the subtle forces of nature. What proof can we give of this assertion? XVIII Open the first history book that comes to hand, the most elementary of biographical dictionaries, and inquire where Lycurgus went to learn the art of governing men: to Egypt; where Pythagoras went to acquire his prodigious learning: to Egypt; where Plato came to know the foundations of his admirable philosophy: to Egypt. There is the answer to the question we asked a moment ago.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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