Papus

Traité méthodique de science occulte

Open to allPapus (Gérard Encausse), 1865–19161375 of 1375 segments translated · 459 pp17 passages withheld
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il est assez difficile de donner une idée de cette action « consciente » sur le corps astral. Jules Lermina dans sa nouvelle A Brûler développe littérairement cette donnée. Mais nous allons emprunter à un excellent livre

1. Un médium devenu grand prophète dans la Société Théosophique, Mme Blavalsky, nie toute action possible de la prière en Magie. La tradition occidentale et surtout Paracelse se gardent bien de commettre une telle erreur de doctrine.

— 862 — du Dr Gibier, l' Analyse des choses , un récit qui expose clairement les sensations que peut éprouver le mage sortant consciemment du corps astral.

UNE SORTIE EN CORPS ASTRAL

M. H... est un grand jeune homme blond, d’une trentaine d’années, dont le père était Écossais et la mère Russe. C’est un artiste graveur de talent. Son père était doué de facultés « médianimiques » très puissantes. Sa mère était également médium. Bien que né dans un milieu spiritualiste, il ne s’est pas occupé de spiritisme et n’a éprouvé rien d’anormal jusqu’au moment où il a subi ce qu’il appelle l’accident au sujet duquel il vint me consulter au commencement de 1887.

« Il y a peu de jours, me dit-il, je rentrais chez moi, le soir, vers dix heures, lorsque je fus saisi tout à coup d’un sentiment de lassitude étrange que je ne m’expliquais pas. Décidé, néanmoins, à ne pas me coucher de suite, j’allumai ma lampe et la laissai sur la table de nuit, près de mon lit. Je pris un cigare, le présentai à la flamme de mon carcel, et j’en aspirai quelques bouffées, puis je m’étendis sur une chaise longue.

« Au moment où je me laissais aller nonchalamment à la renverse pour appuyer ma tête sur le coussin du sofa, je sentis que les objets environnants tournaient, j’éprouvai comme un étourdissement, un vide; puis, brusquement, je me trouvai transporté au milieu de ma chambre. Surpris de ce déplacement dont je n’avais pas eu conscience, je regardai autour de moi, et mon étonnement s’accrut bien autrement.

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« Tout d’abord, je me vis étendu sur le sofa, mollement, sans raideur, seulement ma main gauche se trouvait élevée au-dessus de moi, le coude étant appuyé, et tenait mon cigare allumé dont la lueur se voyait dans la pénombre produite par l’abat-jour de ma lampe. La première idée qui me vint fut que je m’étais, sans doute, endormi et que ce que j’éprouvais était le résultat d’un rêve. Néanmoins, je m’avouais que jamais je n’en avais eu de semblable et qui me parût si intensivement la réalité. Je dirai plus : j’avais l’impression que jamais je n’avais été autant dans la réalité. Aussi, me rendant compte qu'il ne pouvait être question d’un rêve, la deuxième pensée qui se présenta soudainement à mon imagination fut que j’étais mort. Et, en même temps, je me rappelai que j’avais entendu dire qu’il y a des esprits, et je pensai que j’étais devenu esprit moi-même. Tout ce que j’avais pu apprendre sur ce sujet se déroula longuement, mais en moins de temps qu’il n’en faut pour y songer, devant ma vue intérieure. Je me souviens très bien d’avoir été pris alors comme d’une sorte d’angoisse et de regret de choses inachevées ; ma vie m’apparut comme dans une formule...

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It is rather difficult to give an idea of this "conscious" action upon the astral body. Jules Lermina, in his short story À Brûler, develops this notion in literary form. But we shall borrow from an excellent book

1. A medium who became a great prophet in the Theosophical Society, Mme Blavatsky, denies any possible action of prayer in Magic. The Western tradition, and especially Paracelsus, take great care not to commit such an error of doctrine.

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by Dr. Gibier, l'Analyse des choses, an account which clearly sets forth the sensations that the mage may experience when consciously leaving the astral body.

A DEPARTURE IN THE ASTRAL BODY

Mr. H... is a tall, fair-haired young man, about thirty years of age, whose father was Scottish and whose mother was Russian. He is a talented engraver. His father was endowed with very powerful "mediumistic" faculties. His mother was likewise a medium. Although born into a spiritualist milieu, he had not concerned himself with spiritism and had experienced nothing abnormal until the moment when he underwent what he calls the accident, concerning which he came to consult me at the beginning of 1887.

« A few days ago, » he told me, « I was coming home, in the evening, around ten o'clock, when I was suddenly seized by a strange feeling of lassitude that I could not explain. Nevertheless determined not to go to bed at once, I lit my lamp and left it on the night table, near my bed. I took a cigar, held it to the flame of my carcel lamp, and drew a few puffs from it, then stretched out on a chaise longue.

« At the moment when I let myself go nonchalantly backward to rest my head on the sofa cushion, I felt the surrounding objects turning, I felt a kind of dizziness, a void; then, abruptly, I found myself transported to the middle of my room. Surprised by this displacement, of which I had had no awareness, I looked around me, and my astonishment grew considerably.

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« At first, I saw myself stretched out on the sofa, limply, without stiffness, only my left hand was raised above me, the elbow resting, and held my lit cigar, whose glow could be seen in the half-light produced by my lamp's shade. The first idea that came to me was that I had, no doubt, fallen asleep, and that what I was experiencing was the result of a dream. Nevertheless, I admitted to myself that I had never had one like it, one that seemed to me so intensely real. I will say more: I had the impression that I had never been so much in reality. So, realizing that it could not be a question of a dream, the second thought that suddenly presented itself to my imagination was that I was dead. And, at the same time, I remembered having heard that there are spirits, and I thought that I had myself become a spirit. Everything I had been able to learn on this subject unfolded at length, but in less time than it takes to think of it, before my inner sight. I remember quite well having then been seized by a kind of anguish and regret for unfinished things; my life appeared to me as though in a formula…

Commentary
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