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1Depuis l’an 33 jusqu’à l’édit de Milan (313) qui fait du cliristia- . I nisme la religion officielle de l’Empire définitivement formulée par le concile de Nicée en 325, ce ne sont que luttes âpres contre les j hérésies et longues suites de persécutions. Néron (64-68), Domitien (95), Trajan (106), Marc-Aurèle (166177), Septime Sevère (199-204), Maximin (235-238), Dèce (250- I 252), Valérius (258-260), Aurélien (275), Dioclétien (303-313) cherchent par tous les moyens politiques en leur pouvoir à étouffer la nouvelle doctrine, mais sans y parvenir. D’autre part les hérésies sans cesse naissantes qu’il faut combattre à tous moments ; voilà certes plus de raisons qu’il n’en faut pour justifier la perte rapide de la tradition ésotérique par les chrétiens. Cette tradition est cependant encore bien vivante, quoique voilée : 1° Dans la partie mythologique et tout exotérique de la légende du Christ; 2° Dans les livres sacrés, surtout dans ceux de saint Jean ; 3° Dans le culte, révélation des mystères des Esséniens, et par ! suite de ceux des Egyptiens eux-mêmes. Mais le caractère dominant du Christianisme sera toujours le côté politique et militant. De nombreux schismes prendront naissance par la suite, des hérésies nouvelles seront sans cesse un sujet d’ardentes polémiques pour les défenseurs de la nouvelle foi ; le culte suivra en cela la loi fatale qui semble poursuivre tout mouvement religieux ou philosophique.
2La tradition survivra bien à tous ces bouleversements et à toutes ' ces luttes ; mais elle sera perdue pour ses détenteurs de même que le sens du Sepher est perdu pour les Juifs. Ce n’est donc pas là que nous pourrons en suivre la transmission totale. Nous n’avons que quelques mots à dire du courant polythéiste. La destruction de l’Université mère d’Égypte par la louve \ — 625 — romaine c’était la ruine de toute l’organisation secrète des initiations et des facultés régionales. En vain Apulée (120-190) dévoile-t-d dans l’admirable symbole de Psyché 1 l’ésotérisme de la révélation d’Orphée après avoir été s’instruire aux sources primitives en se faisant initier aux mystères d’Osiris. En vain Ammonius Saccas fonde -t-il en 193 cette célèbre École d'Alexandrie, dernier rempart d’un monde qui jette une lueur grandiose avant de s’abîmer dans le néant, le courant polythéiste illustré par Plotin (205-270), Porphyre (233-304), Jamblique (325), Proclus (480), etc., est délinitivement anéanti en 529 sous l'influence des progrès du christianisme triomphant. Une philosophie, aussi élevée soit-elle d’ailleurs, est toujours impuissante à lutter contre un culte sérieusement organisé. Ce n’est donc pas non plus dans ce courant que nous pourrons suivre la tradition ésotérique. Nous y trouverons cependant de précieuses indications sur le rituel secret des mystères anciens, mais rien de plus. Que nous reste-t-il donc à considérer? La Gnose. LA GNOSE
3La Gnose est essentiellement un ensemble de connaissances acquises par des voies mystérieuses échappant généralement aux procédés d’instruction connus. Le courant gnostique apparaît tout à coup au commencement du second siècle et prend de suite une très grande importance. Révélation des enseignements ésotériques tenus jusque-là enfermés dans les sanctuaires, la Gnose vient allier le Polythéisme dans son essence aux mystères les plus profonds révélés par le christianisme. Les gnostiques allient les procédés de calcul mystiques employés dans la Kabbale, aux déductions philosophiques d’où sont dérivées les religions diverses. Jésus avait trouvé dans Apollonius un sérieux rivai ; mais Jésus, vainqueur de la fatalité par son mépris pour la mort, n’avait pas eu de peine à garder la victoire, supérieur en vertu à Apollonius, malgré les austérités et la haute initiation de ce dernier. Saint Pierre trouva un adversaire bien redoutable pour lui dans i. L’Ane d’Or d'Apulée. 40 — 626 — Simon le Mage qu'on considère généralement comme le créateur de la Gnose conjointement, avec Cérinthe. La doctrine révélée par ces deux hommes supérieurs renferme intégralement toutes les données de l’ésotérisme; aussi voit-elle son succès s’accroître de plus en plus en même temps que les sectes diverses se créent poursuivant chacune un point particulier de la tradition.
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1From the year 33 until the Edict of Milan (313), which made Christianity the official religion of the Empire, definitively formulated by the Council of Nicaea in 325, there is nothing but bitter struggles against heresies and long successions of persecutions. Nero (64-68), Domitian (95), Trajan (106), Marcus Aurelius (166177), Septimius Severus (199-204), Maximinus (235-238), Decius (250-252), Valerian (258-260), Aurelian (275), Diocletian (303-313) sought by every political means in their power to stifle the new doctrine, but without succeeding. On the other hand, the ceaselessly arising heresies that had to be combated at every moment; here surely are more reasons than are needed to justify the rapid loss of the esoteric tradition among the Christians. This tradition is, however, still very much alive, though veiled: 1° In the mythological and wholly exoteric part of the legend of Christ; 2° In the sacred books, especially those of Saint John; 3° In the cult, revelation of the mysteries of the Essenes, and consequently of those of the Egyptians themselves. But the dominant character of Christianity will always be its political and militant side. Numerous schisms will arise afterward; new heresies will ceaselessly be a subject of ardent controversy for the defenders of the new faith; the cult will follow, in this, the fatal law that seems to pursue every religious or philosophical movement.
2The tradition will indeed survive all these upheavals and all these struggles; but it will be lost to its own holders, just as the meaning of the Sepher is lost to the Jews. It is not there, then, that we shall be able to trace its total transmission. We have only a few words to say about the polytheistic current. The destruction of the mother University of Egypt by the — 625 — Roman she-wolf was the ruin of the entire secret organization of the initiations and the regional faculties. In vain does Apuleius (120-190) unveil, in the admirable symbol of Psyche 1, the esoterism of the revelation of Orpheus, after having gone to be instructed at the primitive sources by having himself initiated into the mysteries of Osiris. In vain does Ammonius Saccas found, in 193, that celebrated School of Alexandria, the last rampart of a world that casts a grandiose glow before sinking into nothingness; the polytheistic current, illustrated by Plotinus (205-270), Porphyry (233-304), Iamblichus (325), Proclus (480), etc., is definitively annihilated in 529 under the influence of the advances of triumphant Christianity. A philosophy, however elevated it may be, is always powerless to fight against a seriously organized cult. It is therefore not in this current either that we shall be able to follow the esoteric tradition. We shall find in it, however, precious indications concerning the secret ritual of the ancient mysteries, but nothing more. What, then, is left for us to consider? The Gnosis. THE GNOSIS
3The Gnosis is essentially a body of knowledge acquired through mysterious paths, generally escaping known methods of instruction. The gnostic current appears quite suddenly at the beginning of the second century, and at once assumes very great importance. A revelation of the esoteric teachings hitherto kept locked within the sanctuaries, the Gnosis comes to ally Polytheism in its essence with the most profound mysteries revealed by Christianity. The Gnostics combine the mystical calculation methods employed in the Kabbalah with the philosophical deductions from which the various religions derive. Jesus had found in Apollonius a serious rival; but Jesus, victor over fate through his contempt for death, had had no trouble keeping the victory, superior in virtue to Apollonius, despite the austerities and lofty initiation of the latter. Saint Peter found a formidable adversary for himself in i. The Golden Ass of Apuleius. 40 — 626 — Simon Magus, generally regarded as the creator of the Gnosis together with Cerinthus. The doctrine revealed by these two superior men contains, in its entirety, all the data of esoterism; thus its success grows ever greater at the same time as the various sects arise, each pursuing a particular point of the tradition.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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