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11° Point la moindre méthode. — On parle de la Kabbale, puis une page plus loin de Darwin, puis dix lignes plus loin de l’Inde primitive, puis de l’Histoire de Jésus et ainsi de suite. — 750 — 2° Un amas étonnant ci' affirmations dont quelques-unes sont tirées de textes cités, dont d’autres ne sont appuyées sur rien. 3° Des contractions multiples et fondamentales surtout dans son dernier ouvrage : The secret doctrine. 4° Des injures violentes contre les savants et les chrétiens; puis plus loin l’apologie de ces mêmes savants ; mais pas des chrétiens. De tous ces livres se dégage une doctrine difficile à préciser, mélange de Gnosticisme, de Bouddhisme, de Spiritisme, de Kabbale dont certaines parties sont dues à Origène, d’autres à une encyclopédie thibétaine dont on commence à traduire des fragments en Europe. Cette doctrine est présentée sous le nom de Théosophie. Au début de nos études nous avons été attiré vers cette société que nous croyions sérieuse, mais bientôt nous fûmes suffisamment éclairé et nous sommes parti, suivant l’exemple de tous les écrivains d’occultisme qui se sont retirés un à un du guêpier.
2Ce qui attire malgré tout vers cette théosophie c’est l’élévation des doctrines professées. 11 n’existe pas de meilleur résumé de cette doctrine que la lettre suivante publiée dans le Bouddhisme ésotérique de A. P. Sinnett ; nous la donnons in extenso comme complément de ce que nous avons dit au sujet de la tradition occidentale qui s'est conservée intacte , quoi qu’en disent les membres de cette société. Lettre d'un Indou initié à un Européen. Je profite, cher monsieur, de mes premiers moments de loisir pour répondre formellement à votre lettre du 17 dernier en vous rendant compte des résultats de ma — 751 — conférence avec nos chefs, au sujet de la proposition que vous me faites dans cette lettre, et en donnant en même temps satisfaction à toutes vos questions. J’ai d’abord à vous remercier de la part de toute la section de notre affiliation, qui, tout particulièrement intéressée à la prospérité de l’Inde, vous exprime sa gratitude pour votre offre de secours dont l’importance et la nécessité ne peuvent être mises en doute. Poursuivant notre filiation ésotérique à travers les vicissitudes delà civilisation indienne depuis un passé bien éloigné, nous avons pour notre patrie un amour si profond, si passionné, qu’il a survécu même à l’influence généralisatrice, cosmopolisante (pardonnez-moi si le mol n’est pas anglais) de nos études des lois secrètes de la Nature.
3Je ressens donc, comme tout autre Indien patriote, la plus profonde gratitude de chaque parole, de chaque action bienveillante pour l’Inde. Aussi, soyez sûr que, convaincus comme nous le sommes tous, que la décadence de l'Inde est due en grande partie à l’étouffement de son ancien esprit, et que le seul recours en grâce qui puisse la redresser dans son ancienne altitude intellectuelle et morale doit être cherché dans cette âme, dans cette force de régénération nationale, soyez sûr, dis-je, que chacun de nous serait disposé, tout naturellement et sans se faire prier, à développer une société comme celle dont nous discutons maintenant le programme. Cette bonne disposition serait absolue, si cette société projetée ne devait être entachée d’aucun mobile égoïste et si son objet réel était de ressusciter la Science antique et de tendre à réhabiliter notre pays aux yeux du monde entier. Croyez cela, cher monsieur, sans plus amples protestations. Mais vous savez, comme tout homme qui alu l’histoire, — 752 — que les patriotes ont beau sentir leur cœur éclater d’émotion, si les circonstances sont contre eux. Il est arrivé bien souvent qu’aucune puissance humaine, pas même la furie ni la force du patriotisme le plus passionné, n’a été capable de détourner une destinée de fer de sa course marquée ; et, comme des torches plongées dans l’eau, les nations se sont engouffrées dans les ténèbres de la ruine.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
11° Not the least method whatsoever. — One speaks of the Kabbalah, then a page further on of Darwin, then ten lines further on of primitive India, then of the History of Jesus, and so on. — 750 — 2° An astonishing heap of assertions, some of which are drawn from cited texts, others of which are supported by nothing. 3° Multiple and fundamental contradictions, especially in her last work: The secret doctrine. 4° Violent abuse against scholars and Christians; then further on the apology of these same scholars; but not of the Christians. From all these books there emerges a doctrine difficult to pin down, a mixture of Gnosticism, of Buddhism, of Spiritism, of Kabbalah, of which certain parts are due to Origen, others to a Tibetan encyclopedia of which fragments are beginning to be translated in Europe. This doctrine is presented under the name of Theosophy. At the beginning of our studies we were drawn toward this society, which we believed to be serious, but we were soon sufficiently enlightened and we departed, following the example of all the writers on occultism who have withdrawn one by one from the hornet's nest.
2What draws one, in spite of everything, toward this theosophy is the loftiness of the doctrines professed. 11 (a scanning garble for "Il," i.e., "There") exists no better summary of this doctrine than the following letter, published in the Esoteric Buddhism of A. P. Sinnett; we give it in full as a complement to what we have said concerning the Western tradition that has been preserved intact, whatever the members of this society may say of it. Letter from an Initiated Hindu to a European. I take advantage, dear sir, of my first moments of leisure to reply formally to your letter of the 17th ultimo, giving you an account of the results of my — 751 — conference with our chiefs, concerning the proposal you make to me in that letter, and at the same time giving satisfaction to all your questions. I have first to thank you on behalf of the whole section of our affiliation, which, being especially interested in the prosperity of India, expresses to you its gratitude for your offer of assistance, the importance and necessity of which cannot be doubted. Pursuing our esoteric lineage through the vicissitudes of Indian civilization from a very distant past, we bear for our homeland a love so deep, so passionate, that it has survived even the generalizing, cosmopolitanizing (forgive me if the word is not English) influence of our studies of the secret laws of Nature.
3I feel, then, like every other patriotic Indian, the deepest gratitude for every word, every benevolent action for India. Also, be assured that, convinced as we all are that the decadence of India is due in large part to the stifling of its ancient spirit, and that the only recourse of grace that can restore it to its former intellectual and moral height must be sought in this soul, in this force of national regeneration, be assured, I say, that each of us would be disposed, quite naturally and without needing to be asked, to develop a society such as the one whose program we are now discussing. This good disposition would be absolute, if this projected society were to be tainted by no selfish motive whatsoever, and if its real object were to revive Ancient Science and to strive to rehabilitate our country in the eyes of the whole world. Believe this, dear sir, without any further protestations. But you know, as does every man who has read history, — 752 — that patriots may well feel their hearts burst with emotion, yet if circumstances are against them nothing avails. It has very often happened that no human power, not even the fury nor the strength of the most passionate patriotism, has been able to turn aside an iron destiny from its marked course; and, like torches plunged into the water, nations have plunged into the darkness of ruin.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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