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12° Appuyons bien sur cette importante vérité : la langue hébraïque, déjà corrompue par un peuple grossier, et d’intellectuelle qu’elle était à son origine, ramenée à ses éléments les plus matériels, fut entièrement perdue après la captivité de Babylone. C’est un fait historique dont il est impossible de douter de quelque scepticisme qu’on tasse profession. La Bible le montre % le Thalmud l’affirme6, c’est le sentiment des plus fameux rabbins7; Walton ne t. Brolinbroke, Voltaire, Fréret, Boulanger, etc. 2. Saint Basile, Epist. ad. Child. Saint Clément d’Alexandrie, Slrom. I. Tertull, De habit mulier, c. xxxv. Saint Irénée, 1. XXXIII, c. xxv, etc. 3. Esdras IV, c. xiv. Ce livre est regardé comme apocryphe. 4. Becli. sem., Hist. crit., 1. I, c. x. 5. Ivehem, c. vm. 6. Thàlm., Duot, c. iv. 7. Elias, Kimhi, Ephod, etc. peut le nier'; le meilleur critique qui ait écrit sur cette matière, Richard Simon, ne se lasse point de le répéter'. Ainsi donc, près de six siècles avant Jésus-Christ les Hébreux, devenus des Juifs, 11e parlaient ni n’entendaient plus leur langue originelle. Us se servaient d’un dialecte syriaque, appelé qraméen, formé par la réunion de plusieurs idiomes de l’Assyrie et de la Phénicie, et assez différent du iiabathéen qui, selon d’IIerbelôt, était le pur ehaldaïque1 2 3. A . — LES VERSIONS DU SEPHER. Les Targums. — La version samaritaine.
2C’est à partir de ce moment que le Sepher fut toujours paraphrasé dans les Synagogues. On sait qu’après la lecture de chaque mot il y avait un interprète chargé de l’expliquer au peuple en langue vulgaire. De là vinrent les Targums , rédaction de ces diverses paraphrases4 5. Trois sectes naquirent alors au sein des Juifs, d’après les différentes valeurs attribuées aux mots. 1° Les Pharisiens se prétendant seuls détenteurs de la loi orale ne voulaient admettre que le sens mystique de l’écriture. Ils croyaient à l’immortalité de l’âme et à la résurrection '. 2° Les Sadducéens ne voulaient admettre que le sens le plus vulgaire et professaient le matérialisme. 3° Entre ces deux sectes, une autre formée par des hommes de la plus haute vertu, vivant en ermites loin des 1. Prolog. III el XII. 2. Hist. crit., 1. I, c. vin, xvi, xvn, etc., etc. 3. Biblioth. ori., p. ai 4. 4. Fabre d’Olivet, Op. cit., p. 35. 5. Fabre d’Olivet, op. cit., p. 3G. villes : les Esséniens, retirés autour du mont Moria, admettaient dans l’écriture deux sens, un exotérique poulies profanes, un ésotérique pour les initiés1.
3« Je prie le lecteur curieux des secrets antiques de faire attention à ce nom (d'Esséniens) ; car s’il est vrai, comme tout l’atteste, que Moïse ait laissé une loi orale, c’est parmi les Esséniens qu elle s’est conservée. Les Pharisiens, qui se flattaient si hautement de la posséder, n’en avaient que les seules apparences, ainsi que Jésus le leur reproche à chaque instant. C’est de ces derniers que descendent les Juifs modernes, à l’exception de quelques vrais savants dont la tradition secrète remonte jusqu’à celle des Esséniens. Les Sadducéens ont produit les lvaraïtes actuels autrement appelés Scripturairès 2 3 . Les Samaritains ne restaient pas inactifs de leur côté. Encore plus incapables que les Juifs d'entendre la langue sacrée, ils avaient fait une version du Sepher en langue vulgaire avant même que les Targums eussent pris naissance. Cette version est, par suite, la première qui ail été faite, nous la possédons aujourd’hui en entier. Après les victoires d’Alexandre le Grand sur Gyrus tout tomba au pouvoir des Grecs. Les Juifs sont placés sous le joug des Selleucides. « La langue grecque, portée en tout lieu par les conquérants, modifie de nouveau l’idiome de Jérusalem et l’éloigne de plus en plus de l’hébreu. Le Sepher de Moïse, déjà défiguré par les paraphrases chaldaïques, va disparaître tout à fait dans la version des Grecs :i. »
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
12° Let us insist firmly on this important truth: the Hebrew language, already corrupted by a coarse people, and, from being intellectual as it was at its origin, reduced to its most material elements, was entirely lost after the Babylonian captivity. This is a historical fact impossible to doubt, whatever skepticism one professes. The Bible shows it %, the Talmud affirms it6, it is the sentiment of the most famous rabbis7; Walton cannot t. Brolinbroke, Voltaire, Fréret, Boulanger, etc. 2. Saint Basile, Epist. ad. Child. Saint Clément d'Alexandrie, Strom. I. Tertull, De habit mulier, c. xxxv. Saint Irénée, 1. XXXIII, c. xxv, etc. 3. Esdras IV, c. xiv. This book is regarded as apocryphal. 4. Becli. sem., Hist. crit., 1. I, c. x. 5. Ivehem, c. vm. 6. Thàlm., Duot, c. iv. 7. Elias, Kimhi, Ephod, etc. deny it'; the best critic who has written on this subject, Richard Simon, never tires of repeating it'. Thus, then, nearly six centuries before Jesus Christ, the Hebrews, having become Jews, 11e (a scanning misread of "ne") spoke nor understood their original language any longer. They used a Syriac dialect, called Aramaic, formed by the combination of several idioms of Assyria and Phoenicia, and rather different from the Nabataean, which, according to d'Herbelot, was the pure Chaldaic1 2 3. A. — THE VERSIONS OF THE SEPHER. The Targums. — The Samaritan version.
2It is from this moment on that the Sepher was always paraphrased in the Synagogues. It is known that after the reading of each word there was an interpreter charged with explaining it to the people in the vulgar tongue. From this came the Targums, the compilation of these various paraphrases4 5. Three sects then arose within the Jewish people, according to the different values attributed to the words. 1° The Pharisees, claiming to be the sole keepers of the oral law, would admit only the mystical sense of scripture. They believed in the immortality of the soul and in the resurrection'. 2° The Sadducees would admit only the most common sense and professed materialism. 3° Between these two sects, another, formed of men of the highest virtue, living as hermits far from the 1. Prolog. III and XII. 2. Hist. crit., 1. I, c. vin, xvi, xvn, etc., etc. 3. Biblioth. ori., p. ai 4. 4. Fabre d'Olivet, Op. cit., p. 35. 5. Fabre d'Olivet, op. cit., p. 3G. cities: the Essenes, withdrawn around Mount Moriah, admitted two senses in scripture, an exoteric one for the profane, an esoteric one for the initiates1.
3"I ask the reader curious about ancient secrets to pay attention to this name (of Essenes); for if it is true, as everything attests, that Moses left behind an oral law, it is among the Essenes that it has been preserved. The Pharisees, who so loudly boasted of possessing it, had only the outward appearances of it, as Jesus reproaches them at every turn. It is from these latter that modern Jews descend, with the exception of a few true scholars whose secret tradition goes back to that of the Essenes. The Sadducees produced the present-day Karaites, otherwise called Scripturalists2 3. The Samaritans, for their part, did not remain inactive. Even more incapable than the Jews of understanding the sacred language, they had made a version of the Sepher in the vulgar tongue even before the Targums had come into being. This version is, consequently, the first that was ever made; we possess it today in its entirety. After the victories of Alexander the Great over Cyrus, everything fell into the power of the Greeks. The Jews are placed under the yoke of the Seleucids. "The Greek language, carried everywhere by the conquerors, further modifies the idiom of Jerusalem and removes it further and further from Hebrew. The Sepher of Moses, already disfigured by the Chaldaic paraphrases, is about to disappear altogether in the version of the Greeks:i."
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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