Fetching
One moment.
Fetching
One moment.
1Cette question, si simple au premier aspect, est cependant assez difficile à résoudre. Ouvrons les dictionnaires sérieux, parcourons les graves compilations des rares savants qui ont daigné traiter ce sujet. La conclusion est assez facile à poser: Pierre Philosophale, transmutation des métaux, égale Ignorance , Fourberie , Folie. Si pourtant nous [réfléchissons qu’en somme, pour parler draps, mieux vaut aller au drapier qu’au docteur ès lettres,- l’idée nous viendra peut-être de voir ce que pensent les alchimistes de la question. Or, au milieu des obscurités voulues et des symboles nombreux qui remplissent leurs traités, il est un point sur lequel ils sont tous d’accord, c’est la définition et les qualités delà Pierre Philosophale. La Pierre Philosophale parfaite est une poudre rouge qui a la propriété de transformer toutes les impuretés de la nature.
2On croit généralement quelle ne peut servir, d’après les alchimistes, qu’à changer du plomb ou du mercure en or. C’est une erreur. La théorie alchimique dérive de sources bien trop spéculatives pour localiser ainsi ses effets. L’évolution étant une des grandes lois de la nature, ainsi que l’enseignait il y a plusieurs siècles l’hermétisme, la Pierre Philosophale fait e'yo/werrapidement ce que les formes naturelles mettent de longues années à produire, voilà pourquoi elle agit, disent les adeptes, sur les règnes végétal et animal aussi bien que sur le règne 'minéral et peut s’appeler médecine des trois règnes. La Pierre Philosophale est une poudre qui peut affecter plusieurs couleurs différentes suivant son degré de perfection mais qui, pratiquement, n’en possède que deux, blanche ou rouge. A La véritable Pierre Philosophale est rouge. Cette poudre rouge possède trois vertus : 1° Elle transforme en or le mercure ou le plomb en fusion sur lesquels on en dépose une pincée; je dis en or et non en un métal qui s’en approche plus ou moins comme l’a cru, je ne sais pourquoi» un savant contemporain1. 2° Elle constitue un dépuratif énergique pour le sang et guérit rapidement, prise à l’intérieur, quelque maladie que ce soit ; 3° Elle agit de même sur les plantes en les faisant croître, mûrir et fructifier en quelques heures. Voilà trois points qui paraîtront bien fabuleux à beaucoup de gens, mais les alchimistes sont tous d’accord à ce sujet.
3Il suffit du reste de réfléchir pour voir que ces trois propriétés n’en constituent qu’une seule : renforcement de l’activité vitale. La Pierre Philosophale est donc tout simplement une condensation énergique de la Vie 2 dans une petite quantité de matière et elle agit comme un ferment sur le corps en présence desquels on la met. Il suffit d’un peu de ferment pour faire « lever » une grande masse de pain ; de même, il suffit d’un peu de Pierre Philosophale pour développer la vie contenue dans une matière quelconque, minérale, végétale ou animale. Voilà pourquoi les alchimistes appellent leur pierre : médecine des trois règnes. Nous savons maintenant' ce qu’est cette pierre philosophale, assez pour en reconnaître la description dans une histoire symbolique, et là doivent se borner nos ambitions. FABRICATION DE LA PIERRE PHILOSOPHALE 3 Voyons maintenant sa fabrication. Voici quelles sont les opérations essentielles : Tirer du mercure vulgaire un ferment spécial appelé par les alchimistes Mercure des philosophes. Faire agir ce ferment sur l’argent pour en tirer également un ferment. Faire agir le ferment du mercure sur l’or pour en tirer aussi du ferment. f. M. Berthelot. 2. Voy., dans le chapitre ni, l’Etude sur la Vie universelle. 3. Voy. le Traité de Cyliani à la fin de cette étude. — 648 —
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1This question, so simple at first sight, is nevertheless rather difficult to resolve. Let us open the serious dictionaries, let us go through the weighty compilations of the rare scholars who have deigned to treat this subject. The conclusion is fairly easy to state: Philosopher's Stone, transmutation of metals, equals Ignorance, Trickery, Folly. If, however, we reflect that, after all, when it comes to cloth, it is better to go to the draper than to the doctor of letters, the idea may perhaps occur to us to see what the alchemists themselves think of the question. Now, amid the deliberate obscurities and the numerous symbols that fill their treatises, there is one point on which they all agree: the definition and the properties of the Philosopher's Stone. The perfect Philosopher's Stone is a red powder that has the property of transforming all the impurities of nature.
2It is generally believed that it can serve, according to the alchemists, only to change lead or mercury into gold. This is a mistake. Alchemical theory derives from sources far too speculative to localize its effects in this way. Evolution being one of the great laws of nature, as hermeticism taught many centuries ago, the Philosopher's Stone causes to evolve rapidly what natural forms take long years to produce; this is why, the adepts say, it acts upon the vegetable and animal kingdoms just as it does upon the mineral kingdom, and may be called the medicine of the three kingdoms. The Philosopher's Stone is a powder that can take on several different colors depending on its degree of perfection, but which, in practice, possesses only two: white or red. The true Philosopher's Stone is red. This red powder possesses three virtues: 1° It transforms into gold the mercury or lead in fusion upon which a pinch of it is deposited; I say into gold, and not into some metal that more or less resembles it, as a contemporary scholar has believed, I know not why1. 2° It constitutes an energetic purifier for the blood and cures rapidly, taken internally, whatever illness it may be; 3° It likewise acts upon plants, making them grow, ripen, and bear fruit within a few hours. Here are three points that will seem quite fabulous to many people, but the alchemists all agree on this subject.
3It suffices, moreover, to reflect a little to see that these three properties constitute but a single one: the reinforcement of vital activity. The Philosopher's Stone is thus quite simply an energetic condensation of Life 2 within a small quantity of matter, and it acts as a ferment upon the body in whose presence it is placed. It takes only a little ferment to make a great mass of dough "rise"; likewise, it takes only a little Philosopher's Stone to develop the life contained within any matter whatsoever, mineral, vegetable, or animal. This is why the alchemists call their stone: the medicine of the three kingdoms. We now know what this philosopher's stone is, enough to recognize its description within a symbolic history, and there our ambitions must stop. MANUFACTURE OF THE PHILOSOPHER'S STONE 3 Let us now consider its manufacture. Here are the essential operations: Draw from common mercury a special ferment called by the alchemists the Mercury of the philosophers. Make this ferment act upon silver so as to draw from it likewise a ferment. Make the mercury's ferment act upon gold so as to draw from it also a ferment. f. M. Berthelot. 2. See, in chapter iii, the Étude sur la Vie universelle. 3. See the Traité de Cyliani at the end of this study. — 648 —
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
No commentary for this page.