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1Les Pères de l’Eglise cherchent à répondre de leur mieux à toutes ces attaques par des explications ambiguës; l’un d’eux, saint Jérôme, voulut remédier aux défauts de la version des hellénistes et, croyant remonter à la source du mal, se mit à apprendre l’hébreu. Un toile général s’éleva à cette nouvelle dans toute l’Eglise chrétienne. Saint Jérome continue son travail tout en s’inclinant devant ses adversaires. C’est alors que le traducteur s’aperçoit que les Juifs eux-mêmes ont perdu le sens de l’hébreu et n’ont pour tout lexique que cette version des hellénistes qu’il voulait justement réformer. C’était un cercle vicieux. Quel est donc le résultat du travail de saint Jérôme? Une nouvelle traduction de la Bible grecque, faite dans un latin un peu moins barbare que les traductions précédentes, et confrontée avec le texte hébraïque, sous le rapport des formes littérales. Saint Jérôme ne pouvait pas faire davantage. Eût-il pénétré dans les principes les plus intimes de l’hébreu ; le génie de cette langue se fût-il dévoilé à ses yeux, il aurait été contraint par la force des choses, ou de se taire, ou de se renfermer dans la version des hellénistes. Cette version jugée le fruit d’une inspiration divine, dominait les esprits de telle sorte, qu’il fallait se perdre comme Marcion, ou la suivre dans son obscurité nécessaire. Voilà quelle est la traduction latine qu’on appelle ordinairement la Vulgate '.
2Les versions que ces trois religions (catholique, musulmane, judaïque) possèdent, sont toutes faites dans l’esprit 1. F. d’Ohvet, p. 41, (. 1. 441 de celle des hellénistes qui leur a servi de modèle : c’està-dire qu’elles livrent, avec les formes extérieures de l’ouvrage de Moïse, seulement le sens le plus grossier et le plus matériel, celui que ce thêocrate avait destiné à servir de voile au sens spirituel dont il réservait la connaissance aux initiés *. 7. — FABRE D OLIVET. La traduction correcte. Depuis saint Jérôme jusqu’à nos jours c’est sur ces textes de traductions erronées d’un livre dont le sens est toujours ignoré des clergés que s’élevèrent toutes les discussions. On voit de suite leur inanité, on voit l’erreur des savants qui accusent d’ignorance et de naïveté les prêtres, forcés de défendre des textes ridicules dont aucune idée n’a jamais germé dans le cerveau du fondateur de la tradition occidentale, le prêtre égyptien Moïse.
3tl a fallu les immenses travaux de Fabre d’Olivet pour retrouver une partie des trésors perdus et le clergé a tellement l’amour de ses erreurs qu’il a récompensé ce savant en mettant son œuvre a l’index1 2. C’est là un grand honneur pour d’Olivet comme pour tous ceux sur qui daignefrapper la sainte congrégation au xix° siècle. Être mis à Y Index à notre époque par cette sainte collection d’ignorants fanatiques, c’est en effet obtenir un brevet de savoir et d’indépendance d’autant plus méritoire qu’il est accordé de meilleure grâce. Quoi qu’il en soit, résumons les travaux de d’Olivet par ce qu’il en dit lui-même. « Dans quelque langue qu’on tourne la Bible c’est tou1. Fabre d’Olivet, Lang, hcl . restil., L II, p. 7. 2. Voy. le Dict. Bouillet, article, Fabre d'Olivet. — U2 jours la version des hellénistes qu’on traduit, puisque c’est elle qui sert de lexique à tous les traducteurs de l’hébreu. « Il est impossible de sortir jamais de ce cercle vicieux si l’on n’acquiert une connaissance vraie et parfaite de la langue hébraïque. Mais comment acquérir cette connaissance? Comment?
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1The Fathers of the Church seek to respond as best they can to all these attacks with ambiguous explanations; one of them, Saint Jerome, wished to remedy the defects of the Hellenists' version and, believing he was going back to the source of the evil, set about learning Hebrew. A general outcry arose at this news throughout the whole Christian Church. Saint Jerome continued his work while nonetheless bowing before his adversaries. It was then that the translator perceived that the Jews themselves had lost the meaning of Hebrew, and had, for their whole lexicon, only this Hellenists' version that he precisely wished to reform. It was a vicious circle. What, then, was the result of Saint Jerome's work? A new translation of the Greek Bible, made in a Latin somewhat less barbarous than the previous translations, and checked against the Hebrew text, as regards its literal forms. Saint Jerome could do no more. Had he penetrated the most intimate principles of Hebrew; had the genius of that language unveiled itself to his eyes, he would have been compelled, by the very force of things, either to fall silent, or to confine himself within the Hellenists' version. This version, deemed the fruit of divine inspiration, dominated men's minds to such a degree that one had either to lose oneself like Marcion, or to follow it into its necessary obscurity. Such is the Latin translation ordinarily called the Vulgate'.
2The versions possessed by these three religions (Catholic, Muslim, Jewish) are all made in the spirit 1. F. d'Olivet, p. 41, (. 1. 441 of the Hellenists' version, which served them as a model: that is, they hand down, along with the outward forms of Moses's work, only the coarsest and most material sense, the one this theocrat had intended to serve as a veil over the spiritual sense whose knowledge he reserved for the initiates *. 7. — FABRE D'OLIVET. The correct translation. From Saint Jerome down to our own day, it is upon these texts of erroneous translations of a book whose meaning is always unknown to the clergies that all the disputes have arisen. One sees at once their futility, one sees the error of the scholars who accuse the priests of ignorance and naïveté, priests forced to defend ridiculous texts of which no idea ever sprang from the brain of the founder of the Western tradition, the Egyptian priest Moses.
3It took the immense labors of Fabre d'Olivet to recover part of the lost treasures, and the clergy so loves its errors that it rewarded this scholar by placing his work on the Index1 2. This is a great honor for d'Olivet, as it is for all those upon whom the holy congregation deigns to strike in the xixe century. To be placed on the Index in our own day by this holy collection of fanatical ignoramuses is indeed to obtain a certificate of knowledge and independence, all the more meritorious for being granted with such good grace. Be that as it may, let us sum up d'Olivet's labors in what he himself says of them. "In whatever language one turns the Bible, it is always 1. Fabre d'Olivet, Lang. héb. restit., t. II, p. 7. 2. See the Dict. Bouillet, article, Fabre d'Olivet. — U2 always the Hellenists' version that one translates, since it is that which serves as the lexicon for all translators of Hebrew. "It is impossible ever to escape this vicious circle unless one acquires a true and perfect knowledge of the Hebrew language. But how is this knowledge to be acquired? How?"
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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