Si vous vous alliez au Destin, si vous méprisez ses avis mystérieux, vous êtes fatalement perdu.
Cet exemple fera comprendre au mieux l’action de chacune des trois forces qui dirigent l’Univers. Dans une pièce d’un jeune auteur de grand talent, M. L. Hennique, intitulée Amour et jouée à l’Odéon, le dernier acte tout entier roule sur l’action de ces trois forces. Cette action est merveilleusement mise en scène.
Fabre d’Olivet, dans son Histoire philosophique du genre humain, montre l’évolution de ces forces dans l’histoire et tire de leur action de précieux enseignements. L’histoire de Jeanne d’Arc ne peut s’expliquer en entier que d’après la Doctrine de la Providence, du Destin et de la Volonté humaine .
Le point primordial à noter c’est que ces trois forces sont égales, et que l’Homme est aussi libre que la Fatalité et que la Providence et peut obéir ou désobéir à son gré. Cette doctrine permet d’expliquer un grand nombre de problèmes religieux.
L’alliance de la volonté humaine avec la Providence en vue d’une œuvre mystique, c’est la Magie blanche.
L’alliance de cette volonté avec le Destin, c’est la Sorcellerie. Voilà pourquoi les doctrines exclusivement fatalistes de l’Inde ne présentent qu’un seul des côtés delà question; voilà pourquoi les auteurs qui se rattachent à cette école dédaignent la prière, le plus puissant mode d’action de l’homme sur la Providence.
Voilà, d’après Fabre d’Olivet lui-même, l’application de cette théorie des trois forces aux lois sociales et au problème de l’origine du mal. George Montière a donné d’importants développements sur ce dernier point dans une étude comparative publiée dans l 'Initiation (2° année).
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a L’homme, créé libre pour être une des grandes puissances de l’univers, est précipité de son état glorieux, avant qu’il ait atteint son complément. Il est obligé de se diviser pour racheter sa faute et élaborer sa propre nature. Placé sur la terre, il a contre lui le Destin qu’il s’est fait et qu'il va se faire, et n’a pour aide, pour soutien immédiat dans ce grand travail, que la Providence divine. De là trois principes de politique générale toujours en contact :
« La Providence qui, par sa nature céleste, tend toujours à l’unité. Elle devient en politique le principe des théocraties, elle donne toutes les idées religieuses et préside à la fondation de tous les cultes; il n’est rien d’intellectuel qui 11e vienne d’elle, elle est la vie de tout ; son but est l’empire universel;
« Le Destin, qui donne la forme et la conséquence de tous les principes mis en action. Il n’y a rien de légitime hors de lui. 11 est le principe des monarchies et le triomphe de la nécessité;
« Enfin la Volonté de l’homme, qui possède un mouvement d’action et de progression ; sans elle rien ne se perfectionnerait. Elle est le principe des républiques, le triomphe de la liberté, et la réalisation de tout ce qui peut être tant en bien qu’en mal.
« Ainsi chaque fois que les peuples sont trop opprimés par le Destin, ou trop corrompus par la Volonté de l’homme, il faut qu’il y ait réaction par la Providence, pour éviter la ruine totale des Etats, et l’interruption du travail de l’homme universel. »
Voyez maintenant l’application de cette sorte de prophétie par connaissance des principes sociaux, dont j’ai parlé tout à l’heure, dans le résumé suivant:
« Chaque fois que les hommes, emportés par une ambition et une cupidité sans bornes, sont parvenus à
— 915 — établir un point central d’où ils peuvent développer les combinaisons de ce funeste binaire, signalé comme la ruine de tous les États par les sages de l’antiquité, il faut que le monde entier soit bouleversé dans ses rapports sociaux.
If you ally yourself with Destiny, if you scorn its mysterious warnings, you are fatally lost.
This example will best make understood the action of each of the three forces that direct the Universe. In a play by a young author of great talent, Mr. L. Hennique, entitled Amour and performed at the Odéon, the entire last act turns upon the action of these three forces. This action is marvelously staged.
Fabre d'Olivet, in his Histoire philosophique du genre humain, shows the evolution of these forces throughout history and draws precious lessons from their action. The story of Joan of Arc can be explained fully only according to the Doctrine of Providence, of Destiny, and of the human Will.
The primordial point to note is that these three forces are equal, and that Man is as free as Fatality and as Providence, and can obey or disobey at will. This doctrine makes it possible to explain a great number of religious problems.
The alliance of the human will with Providence, with a view to a mystical work, is white Magic.
The alliance of this will with Destiny is Sorcery. That is why the exclusively fatalistic doctrines of India present only one side of the question; that is why the authors attached to this school disdain prayer, the most powerful mode of man's action upon Providence.
Here, according to Fabre d'Olivet himself, is the application of this theory of the three forces to social laws and to the problem of the origin of evil. George Montière has given important developments on this last point in a comparative study published in l'Initiation (2° année).
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a « Man, created free so as to be one of the great powers of the universe, is cast down from his glorious state before he has attained his fulfillment. He is obliged to divide himself in order to redeem his fault and to elaborate his own nature. Placed upon the earth, he has against him the Destiny he has made for himself and is going to make for himself, and has for aid, for immediate support, in this great labor, only divine Providence. Hence three principles of general politics, always in contact:
« Providence, which, by its celestial nature, always tends toward unity. In politics it becomes the principle of theocracies; it gives all religious ideas and presides over the founding of every cult; there is nothing intellectual that 11e (a scanning garble for "ne," i.e. "not") comes from it; it is the life of everything; its goal is universal empire;
« Destiny, which gives form and consequence to all principles put into action. There is nothing legitimate outside of it. 11 (a scanning garble for "Il," i.e. "It") is the principle of monarchies and the triumph
of necessity;
« Finally, man's Will, which possesses a motion of action and of progression; without it nothing would perfect itself. It is the principle of republics, the triumph of liberty, and the realization of everything that can be, both for good and for ill.
« Thus, each time that peoples are too oppressed by Destiny, or too corrupted by man's Will, there must be a reaction by Providence, to avoid the total ruin of States, and the interruption of the labor of universal man. »
See now the application of this kind of prophecy through the knowledge of social principles, of which I spoke a moment ago, in the following summary:
« Each time that men, carried away by boundless ambition and greed, have succeeded in
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establishing a central point from which they can develop the combinations of this fatal binary, denounced by the sages of antiquity as the ruin of every State, the whole world must be thrown into upheaval in its social relations.
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