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1M. Matter, qui a fait une fort belle élude historique sur le Gnosticisme, le divise en cinq groupes principaux différant entre eux par certaines considérations doctrinales, à peu près comme les diverses sectes chrétiennes de nos jours. Ces groupes sont : 1° Le groupe primitif ou palestinien fondé, ce qui est curieux, presque entièrement par des Juifs (non esséniens) : Simon le Mage Ménandre Dosithée Cérinthe appartiennent à ce groupe. 2° Le groupe syriaque que Saturnin et Bardesane d'Édesse représentèrent. 3° Le groupe égyptien , celui qui dérive le plus directement des mystères, celui qui renferme la tradition secrète plus que tous les autres. La théorie kabbalistique pure des Abraxas lui est personnelle. Ses représentants les plus illustres ont donné naissance à des groupes imposants, ce sont : 1° Basilide. — Mage, initié à tous les mystères. 2° Valentin. — Chrétien possédant l’ésotérisme complet. Révélation de la tradition dans ses plus importantes divisions. 3° Les Ophites. — Dérivent du système précédent. 4° Le groupe sporadique avec Carpocrate. — 627 — 5° Le groupe asiatique, un des plus importants par son ardeur à soutenir la lutte, illustré par Cerdon et Marcion. Cette variété de doctrines vient de ce que chaque initié, chaque faculté régionale devenus libres de leur serment de silence cherchèrent à retrouver la totalité de la tradition, avec le peu qu’ils possédaient par eux-mêmes, de la Science Occulte.
2C’est pour cela que le groupe égyptien directement dérivé de la source primitive est le plus avancé comme connaissances et possède presque intégralement la tradition. Alors que le Polythéisme s’effondra sans rien laisser que ses livres et ses légendes, le Gnosticisme ne fut jamais anéanti. Quand le courant du Christianisme politiquement vainqueur s’empara de la direction intellectuelle de l’Occident, la Gnose persista à l’état de tradition secrète transmise dans les mystères des associations occultes. Nous allons la retrouver sous le nom de Philosophie hermétique dans tout le moyen âge ; les Templiers qui avaient été se faire initier au lieu d'origine étaient aussi desGnostiques, de même que les Francs-Maçons le seront plus tard à leur insu. De toutes les voies par lesquelles s’est conservée la tradition le Gnosticisme est donc l’une des plus puissantes. Nous allons donner à ce propos deux études récentes de M. Jules Stany Doinel, un fervent apôtre de ces doctrines à notre époque, bien plus compétent que nous-même en ces questions. La première de ces études expose le système de Valentin, l'autre montre pièces en main la survivance de la Gnose comme culte au xi° siècle. Le lecteur nous saura gré, nous l’espérons, de ces deux extraits. LA GNOSE DE VALENTIN A mes frères et mes sœurs de l’Église Guostique répandus dans les ténèbres de ce monde Hylique. I J’aborde la gnose de Valentin.
3C’est la gnose complète. Je l’aborde avec foi, enthousiasme et tremblement, car je sens que l'heure est venue où la Doctrine longtemps muette, longtemps cachée, longtemps persécutée, va jeter — 628 — sur les hommes de cette fin de siècle sa clarté salutaire et libératrice. Je remercie Papus de m’avoir ouvert Y Initiation, pour cet apostolat gnostique. Le jour n’est pas loin où je pourrai avec l’aide des Saints Eons exposer en public, devant les hommes de bonne volonté du grand et noble Paris, l’Évangile pour lequel ont vécu, lutté, souffert, pleuré, versé leur sang, les martyrs, les apôtres, les docteurs et les initiés depuis Simon |le Mage jusqu’au glorieux Albigeois. Notre âge est vraiment privilégié. Il voit refleurir la Kabbale, la Théosophie, l’Initiation, l’Astrologie, la Science occulte. Il assiste à un réveil prodigieux. Toute une constellation d’esprits éminents resplendit dans son ciel psychique. Des revues, des journaux, des livres, répandent la lumière de l’Orient sur notre terre occidentale. L’absolu se manifeste. N’est-il pas juste que la gnose qui a rayonné pendant plusieurs siècles et qui s’est presque éteinte, reparaisse à son tour dans le firmament des âmes? Je ne suis qu’une voix qui la proclame, cette voix ne résonnera pas dans le désert. Mais que tout profane s’écarte. Nous ne jetons pas les perles d’Ophir devant les Hyliques ignorants. II Le principe de la Gnose est celui-ci :
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1M. Matter, who has written a very fine historical study of Gnosticism, divides it into five principal groups, differing among themselves in certain doctrinal considerations, much as the various Christian sects do today. These groups are: 1° The primitive, or Palestinian, group, founded, curiously enough, almost entirely by Jews (non-Essenes): Simon Magus Menander Dositheus Cerinthus belong to this group. 2° The Syriac group, represented by Saturninus and Bardesanes of Edessa. 3° The Egyptian group, the one that derives most directly from the mysteries, the one that contains the secret tradition more than all the others. The pure kabbalistic theory of the Abraxas is peculiar to it. Its most illustrious representatives gave rise to imposing groups, namely: 1° Basilides. — A magus, initiated into all the mysteries. 2° Valentinus. — A Christian possessing the complete esoterism. Revelation of the tradition in its most important divisions. 3° The Ophites. — Derive from the preceding system. 4° The sporadic group with Carpocrates. — 627 — 5° The Asiatic group, one of the most important for its ardor in sustaining the struggle, illustrated by Cerdo and Marcion. This variety of doctrines comes from the fact that each initiate, each regional faculty, once freed from their oath of silence, sought to recover the totality of the tradition, with the little of Occult Science that they themselves possessed.
2This is why the Egyptian group, directly derived from the primitive source, is the most advanced in knowledge and possesses the tradition almost in its entirety. Whereas Polytheism collapsed, leaving nothing behind but its books and its legends, Gnosticism was never annihilated. When the current of politically victorious Christianity seized the intellectual direction of the Occident, the Gnosis persisted in the state of a secret tradition, transmitted within the mysteries of occult associations. We shall find it again under the name of Hermetic Philosophy throughout the whole Middle Ages; the Templars, who had gone to be initiated at the place of origin, were also Gnostics, just as the Freemasons will later be, unbeknownst to themselves. Of all the paths by which the tradition has been preserved, Gnosticism is thus one of the most powerful. We shall give in this connection two recent studies by M. Jules Stany Doinel, a fervent apostle of these doctrines in our time, far more competent than we are ourselves in these matters. The first of these studies sets forth the system of Valentinus; the other shows, documents in hand, the survival of the Gnosis as a cult in the eleventh century. The reader will, we hope, be grateful to us for these two extracts. THE GNOSIS OF VALENTINUS To my brothers and sisters of the Gnostic Church scattered in the darkness of this Hylic world. I I approach the gnosis of Valentinus.
3This is the complete gnosis. I approach it with faith, enthusiasm, and trembling, for I feel that the hour has come when the Doctrine, long mute, long hidden, long persecuted, is about to cast — 628 — upon the men of this end of the century its salutary and liberating light. I thank Papus for having opened L'Initiation to me, for this gnostic apostolate. The day is not far off when I shall be able, with the help of the Holy Aeons, to expound in public, before the men of good will of great and noble Paris, the Gospel for which martyrs, apostles, doctors, and initiates have lived, fought, suffered, wept, and shed their blood, from Simon Magus down to the glorious Albigensian. Our age is truly privileged. It sees the Kabbalah, Theosophy, Initiation, Astrology, Occult Science flower again. It witnesses a prodigious awakening. A whole constellation of eminent minds shines forth in its psychic sky. Reviews, newspapers, books spread the light of the Orient over our western earth. The absolute manifests itself. Is it not fitting that the gnosis, which shone forth for many centuries and which had nearly gone out, should reappear in its turn in the firmament of souls? I am but a voice proclaiming it; this voice shall not resound in the desert. But let every profane person stand aside. We do not cast the pearls of Ophir before the ignorant Hylics. II The principle of the Gnosis is this:
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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