et fécond principe de l’IMITATION, le plus important pour l’intelligence de l’antiquité religieuse. Ils ignorent que, dans les sciences antiques de l’Orient, et dans les nôtres, au moyen âge, Limitation venait des objets mêmes, qu’ils fussent en nature ou représentés; et portait sur tous les genres de conformité qui pouvaient exister entre les objets et les choses : tels que le nom, la forme, la couleur, l’action, les mœurs, le nombre, le caractère, la dépendance, l’usage, etc., en vertu de l’association des idées. (C’est précisément de cette imitation que saint Clément a voulu parler.) Ils ne savent pas ce que c’est que la signature ; et ils ne connaissent pas I’efficacité que, en raison de cette signature , les objets et leurs images possédaient ; et, faute de sentir l’importance de cette connaissance, ils laissent passer, sans les remarquer, une foule de choses qui mériteraient d’être examinées. Aussi j’affirme, très sérieusement, qu’aucune découverte, en fait de religions anciennes, n’a eu lieu jusqu'à ce jour. L’étude approfondie des idées antiques peut seule nous mettre au courant de la formation des religions anciennes, et d’une foule de choses que nous ne comprenons pas, faute de moyens de les expliquer. Mais il est impossible de raisonner avec des personnes qui ne possèdent aucun des éléments de la question; on ne peut pas s’entendre : et cependant ce sont là les juges dont il me faut subir les arrêts.
Je vais exposer quelques observations à l’égard du symbole oriental.
Chez nous, l’on considère généralement le symbole comme une image représentant allégoriquement une idée morale. Le symbole diffère de l’emblème, en ce que le symbole est seul et isolé, tandis que l’emblème est composé. Le symbole appartient originairement à l’écriture du langage; il désigne une idée : l’emblème se rattache à la représentation scénique; il montre une pensée en action. Ainsi un chien reproduit l’idée de la fidélité ; une colombe , deï innocence ; mais une femme au teint livide, dont le sein est déchiré par des serpents, est l’emblème de Y envie : car il semble qu’on ait voulu imiter l’effet qu’un sentiment violent produit sur la physionomie. Le symbole provient souvent d’un rapport réel ou supposé entre l’objet et la chose signifiée : au lieu que l’emblème n’a quelquefois qu’un rapport très indirect, et plutôt senti que démontré, avec la pensée qu’on veut peindre; mais on le représente avec tous ses accessoires pour mieux caractériser la pensée.
Cette explication du symbole et de l’emblème suffit pour rendre compte des représentations figurées qu’on trouve sur les monuments de la Grèce et de Rome, et sur les monuments construits dans l’an-
— 944 — cien monde, d’après le modèle des édifices romains ; tels que les basiliques et les palais des rois.
Mais cette explication est insuffisante lorsqu’il s’agit des symboles et des emblèmes appartenant aux édifices et aux religions de l’Orient ; principalement à ceux qui se rapportent au culte du peuple égyptien.
Dans l’Orient, le symbole religieux n’était pas seulement l’expression d’une idée ; c’était encore une cause active, une puissance qui, suivant l’intention de celui qui la mettait en usage, effectuait ou détruisait la chose qu’elle représentait, dans le temps présent, ou dans un temps plus ou moins éloigné.
Figurer un emblème divin, c’était intéresser les divinités à sa propre cause, par un culte convenable et approprié : car rien ne plaisait tant aux dieux, à ce qu’on croyait, que d’imiter l’organisation du monde céleste : on supposait que le dieu était appelé par son image et venait s’y placer.
Ainsi dans l’Orient, figurer un symbole de victoire, c’était produire la victoire, rendre victorieux : un symbole de puissance donnait la puissance à celui qui le portait, et l’ôtait à celui contre lequel il était dirigé.
Tout cela avait lieu en vertu des grands principes du lien universel \ de Y imitation, de l'efficacité et de la fatalité, principes immenses qui sont l’âme de toutes les religions et de tous les cultes.
Dans beaucoup de cas, l’imitation n’avait lieu que d’un peu loin, et ne portait que sur certains points.
and fruitful principle of IMITATION, the most important for understanding religious antiquity. They do not know that, in the ancient sciences of the Orient, and in our own, in the Middle Ages, imitation proceeded from the objects themselves, whether these were natural or represented; and bore upon every kind of conformity that could exist between objects and things: such as name, form, color, action, manners, number, character, dependence, use, etc., by virtue of the association of ideas. (It is precisely this imitation that Saint Clement meant to speak of.) They do not know what a signature is; and they are unaware of the efficacy that, by reason of this signature, objects and their images possessed; and, for lack of feeling the importance of this knowledge, they let pass, without noticing them, a host of things that would deserve to be examined. So I affirm, quite seriously, that no discovery, as regards ancient religions, has taken place up to this day. The thorough study of ancient ideas alone can bring us up to date on the formation of ancient religions, and of a host of things we do not understand, for lack of means to explain them. But it is impossible to reason with persons who possess none of the elements of the question; there is no understanding one another: and yet these are the judges whose sentences I must submit to.
I shall set forth a few observations regarding the Oriental symbol.
Among us, the symbol is generally regarded as an image allegorically representing a moral idea. The symbol differs from the emblem in that the symbol is single and isolated, whereas the emblem is composite. The symbol belongs originally to the writing of language; it designates an idea: the emblem is connected with scenic representation; it shows a thought in action. Thus a dog reproduces the idea of fidelity; a dove, that of innocence; but a woman of livid complexion, her breast torn by serpents, is the emblem of Envy: for it seems that there was an attempt to imitate the effect that a violent feeling produces upon the countenance. The symbol often arises from a real or supposed relation between the object and the thing signified: whereas the emblem sometimes has only a very indirect relation, felt rather than demonstrated, with the thought one wishes to depict; but it is represented with all its accessories, so as better to characterize the thought.
This explanation of the symbol and of the emblem suffices to account for the figured representations found on the monuments of Greece and of Rome, and on the monuments built in the an-
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cient world, after the model of Roman edifices; such as the basilicas and the palaces of kings.
But this explanation is insufficient when it comes to the symbols and emblems belonging to the edifices and religions of the Orient; principally to those relating to the cult of the Egyptian people.
In the Orient, the religious symbol was not merely the expression of an idea; it was also an active cause, a power which, according to the intention of the one who made use of it, effected or destroyed the thing it represented, in present time, or in a time more or less distant.
To figure a divine emblem was to interest the divinities in one's own cause, through a suitable and appropriate cult: for nothing pleased the gods so much, it was believed, as to have the organization of the celestial world imitated: it was supposed that the god was summoned by his image and came to take his place within it.
Thus in the Orient, to figure a symbol of victory was to produce victory, to render victorious: a symbol of power gave power to whoever bore it, and took it away from whomever it was directed against.
All this took place by virtue of the great principles of the universal bond, of imitation, of efficacy and of fatality — immense principles which are the soul of all religions and of all cults.
In many cases, imitation took place only from somewhat afar, and bore only upon certain points.
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