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1Chimie générale. — Les alkalis et les acides étaient parfaitement connus des anciens. Le sel alkali signifie proprement ce sel tiré, par l’action du feu, d’une plante égyptienne appelée Kali; mais comme on en tire aussi, quoiqu’en moins grande quantité, des autres végétaux, les chimistes entendent par ce mot tous les sels qui, comme celui de cette plante, attirent les acides. Aristote en parle et dit « qu’en Ombrie les cendres de joncs et de roseaux brûlés, cuites dans l’eau, donnent une grande quantité de sels » 2. 1. Profectus est in Egyptum Orphæus, Mus eus, Dædulus, Homerus, Lycurgus, Solon, Plato, Pythagoras, Eudoxus, Democritus Abderites ; hi in Ægypto cette perceperunt omnia quæ apud Græcos fecere admirabilia. (Diod. Sicul., lib. I, p. 86). (Hannoviæ 1604, 2 vol. in-fol., édit. Wechel). Voyez aussi Dutens, p. 178. 2. Aristoteles, Meteor, lib. II, c. ni. — 25 — Théophraste avait observé la même chose en Ombrie1. C’était au « mélange des alkalis avec les acides » que Platon attribuait la cause des effervescences2. Salomon sur le même sujet cite comme exemple « l’effet du vinaigre sur le nitre » des anciens3. Pline, Slrabon, Vitruve, Dioscorides, nous prouvent encore que les Égyptiens connaissaient « toutes les différentes manières de faire le sel, le nitre et l’alun ainsi que le sel ammoniac 4 5 6.
2Chimie médicinale. — Le litharge d’argent, la rouille de fer, l’alun calciné étaient employés pour guérir les ulcères, les coupures, les furoncles, les fluxions des yeux, etc. Les Égyptiens savaient extraire l’huile et préparer l’opium dont ils faisaient usage pour calmer les grandes douleurs du corps., ou bannir de la mémoire les grands chagrins3. Homère paraît avoir eu ce dernier en vue lorsqu’il dit qu’Hélène fit prendre à Télémaque d’une drogue qui avait ces propriétés G.- Enfin, pour terminer sur ce sujet, rappelons que d’après Dioscorides les emplâtres et les collyres des Égyptiens c étaient faits avec le « plomb brûlé, la céruse, le vert-degris et l’antimoine brûlé » tout comme en 1890. Chimie industrielle. — On sait aujourd’hui partout que les anciens connaissaient au mieux la métallurgie, aussi n’en parlerons-nous pas. 1. Plinius, lib. XXXI, c. vii. 2. Plato, Timæus, Hancm passionum causse ücida qualitas appelatus. 3. Proverb., c. xxv, v. 20. 4. Plin., lib. XXXI, c. vu; lib, XXXI, c; xxn et 46; lib. XXXV, c. xv; Strabon, lib. XVII, p. 552-556 (édit. Casaille); Vitius, lib. VIII, c. ni.; Dioscorides, lib. V, c. cxxiîi. 5. Diod. Sicul., lib. I, p. 87-88; Plin., lib. XXI, c. xxi. 6. Odyssea, <J. V. 221. — 26 — Citons pour mémoire le procédé «• pour tirer le vif argent du cinabre, qui est une description exacte de la distillation’ ».
3Le cristal taillé devait leur çtre connu si l’on en' croit l’empereur Adrien écrivant au consul en lui envoyant « trois coupes d’un verre très curieux qui, comme le col d’un pigeon, avait la propriété de réfléchir différentes- couleurs, étant vues dans un sens différent2 ». Enfin voici ce que dit Dulens à ce propos (p. 182) : « Cet art de contrefaire les pierres précieuses n’était pas particulier aux Egyptiens seuls ; les Grecs, qui le tenaient à la vérité de ces grands maîtres, étaient aussi fort entendus dans cette branche de la chimie; ils savaient donner à un cristal composé les teintures des différentes pierres fines qu’ils voulaient imiter. Pline 3, Théophraste4 et plusieurs autres en citent quelques exemples que je rapporte ci-dessous et dont les plus remarquables étaient leurs succès à imiter parfaitement les rubis, les hyacinthes, les émeraudes et les saphirs 5. » Au point de vue encore plus utile les Egyptiens avaient « l'art de faire éclore des œufs de poule, d’oie, ou de toute autre volaille, en toutes saisons et par différents moyens 6 7. La bière leur était parfaitement connue comme le montrent Diodore de Sicile1, Pline8 et Dioscorides9. 1. Dioscorides, lib. V, c. ex, et Vilrurius, lib. VII, c. vin. 2. Flav. Vopiscus Syracusius ex Adrian. Imperatur. Epistol. in Saturnino. Augustæ. Histor. Scriptor, p. 723, édit. 8. 3. Plin. Hist. Nat., lib. XXXVI, c. xxv.i, sect. LXVII. 4. Throphrastes, De Lapidibus. Plin., lib. LVII, c. ix, sect. XXXVIII.
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1General Chemistry. — Alkalis and acids were perfectly known to the ancients. The alkali salt properly means that salt drawn, by the action of fire, from an Egyptian plant called Kali; but as one also draws it, though in smaller quantity, from other plants, chemists mean by this word all the salts which, like that of this plant, attract acids. Aristotle speaks of it and says 'that in Umbria the ashes of burnt rushes and reeds, cooked in water, yield a great quantity of salts' 2. 1. Profectus est in Aegyptum Orpheus, Musaeus, Daedalus, Homerus, Lycurgus, Solon, Plato, Pythagoras, Eudoxus, Democritus Abderites; hi in Aegypto cuncta perceperunt omnia quae apud Graecos fecere admirabilia. (Diod. Sicul., lib. I, p. 86). (Hannoviae 1604, 2 vols. in-fol., edit. Wechel). See also Dutens, p. 178. 2. Aristoteles, Meteor., lib. II, c. iii. — 25 — Theophrastus had observed the same thing in Umbria.1 It was to the 'mixture of alkalis with acids' that Plato attributed the cause of effervescence.2 Solomon, on the same subject, cites as an example 'the effect of vinegar on niter' among the ancients.3 Pliny, Strabo, Vitruvius, Dioscorides further prove to us that the Egyptians knew 'all the different ways of making salt, niter, and alum, as well as sal ammoniac' 4 5 6.
2Medicinal Chemistry. — Silver litharge, iron rust, and calcined alum were used to heal ulcers, cuts, boils, discharges of the eyes, etc. The Egyptians knew how to extract oil and prepare opium, which they made use of to calm great bodily pains, or to banish great sorrows from the memory.3 Homer seems to have had this latter use in mind when he says that Helen gave Telemachus a drug possessing these properties.G Finally, to close this subject, let us recall that, according to Dioscorides, the Egyptians' plasters and eye-salves were made with 'burnt lead, white lead, verdigris, and burnt antimony' — just as in 1890. Industrial Chemistry. — It is known everywhere today that the ancients had an excellent knowledge of metallurgy, so we shall not speak of it. 1. Plinius, lib. XXXI, c. vii. 2. Plato, Timaeus, Hanc passionum causae acida qualitas appellatus. 3. Proverb., c. xxv, v. 20. 4. Plin., lib. XXXI, c. vii; lib. XXXI, c. xxii et 46; lib. XXXV, c. xv; Strabo, lib. XVII, p. 552-556 (edit. Casaub.); Vitruvius, lib. VIII, c. iii.; Dioscorides, lib. V, c. cxxiii. 5. Diod. Sicul., lib. I, p. 87-88; Plin., lib. XXI, c. xxi. 6. Odyssea, δ, v. 221. — 26 — Let us note, for the record, the process 'for drawing quicksilver from cinnabar, which is an exact description of distillation.'
3The cut crystal must have been known to them, if we believe the emperor Hadrian, writing to the consul while sending him 'three cups of a most curious glass which, like a pigeon's neck, had the property of reflecting different colors when seen from a different angle2.' Finally, here is what Dutens says on this subject (p. 182): 'This art of counterfeiting precious stones was not peculiar to the Egyptians alone; the Greeks, who indeed derived it from these great masters, were also quite skilled in this branch of chemistry; they knew how to give a composite crystal the tints of the different fine stones they wished to imitate. Pliny3, Theophrastus4, and several others cite a few examples of this, which I report below, and the most remarkable of which were their successes in perfectly imitating rubies, hyacinths, emeralds, and sapphires5.' From a still more useful point of view, the Egyptians had 'the art of hatching eggs of the hen, the goose, or any other fowl, in every season and by different means 6 7. Beer, too, was perfectly known to them, as Diodorus of Sicily1, Pliny8, and Dioscorides9 show. 1. Dioscorides, lib. V, c. cx, et Vitruvius, lib. VII, c. viii. 2. Flav. Vopiscus Syracusius ex Adrian. Imperator. Epistol. in Saturnino. Augustae Histor. Scriptor, p. 723, edit. 8. 3. Plin. Hist. Nat., lib. XXXVI, c. xxvi, sect. LXVII. 4. Theophrastes, De Lapidibus. Plin., lib. LVII, c. ix, sect. XXXVIII.
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