« Ceci était une partie de la doctrine enseignée dans les mystères et dont on défendait la divulgation aux profanes. Selon cette doctrine, dont on peut reconnaître d’assez fortes traces dans Platon, la Volonté, évertuée par la foi, pouvait subjuguer la Nécessité elle-même, commander à la Nature et opérer des miracles. Elle était le principe sur lequel reposait la magie des disciples de Zoroastre. Jésus, en disant paraboliquement qu’au moyen de la foi on pouvait ébranler les montagnes, ne faisait que suivre la tradition théosophique, connue de tous les sages. « La droiture du cœur et la foi triomphent de tous les obstacles, disait Ivong-Tzée; tout homme peut se rendre égal aux sages et aux héros dont les nations révèrent la mémoire, disait Meng-Tzée; ce n’est jamais le pouvoir qui manque, c’est la volonté; pourvu qu’on veuille, on réussit1. »
Ces idées des théosophes chinois se retrouvent dans les écrits des Indiens, et même dans ceux de quelques Européens, qui, comme je l’ai déjà fait observer, n’avaient point assez d’érudition pour être imitateurs.
I. Fabre d’Olivet, Vers dorés, p. 254.
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« Plus la volonté est grande, dit Bœhme, plus l’être est grand, plus il est puissamment inspiré. » La volonté et la liberté sont une même chose *.
« C’est la source de la lumière, la magie qui fait quelque chose de rien. La volonté qui va résolument devant soi, est la foi; elle modèle sa propre forme en esprit, et se soumet toutes choses; par elle une âme reçoit le pouvoir de porter son influence dans une autre âme, et de la pénétrer dans ses essences les plus intimes. Lorsqu’elle agit avec Dieu, elle peut renverser les montagnes, briser les rochers, confondre les complots des impies, souffler sur eux le désordre et l’effroi; elle peut opérer tous les prodiges, commander aux cieux, à la mer, enchaîner la mort même; tout lui est soumis. On ne peut rien nommer qu’elle ne puisse commander au nom de l’Éternel. L’âme qui exécute ces grandes choses ne fait qu’imiter les prophètes et les saints, Moïse, Jésus et les apôtres. Tous les élus ont une semblable puissance. Le mal disparaît devant eux. Rien ne saurait nuire à celui en qui Dieu demeure*. »
Les rapports du monde visible au monde invisible avaient été appliqués à tous ces êtres spirituels, et les mages leur avaient donné des noms au moyen desquels ils prétendaient les appeler.
Leur aide ne servait qu’à une chose : c’est à concentrer autour de l’adepte une plus grande quantité de Force universelle, de Mouvement, au moyen de laquelle il pouvait produire des résultats proportionnés à l’intensité de ses facultés psychiques.
« Le cerveau humain est un générateur inépuisable de force cosmique de la qualité la plus raffinée, qu’il tire de l’énergie inférieure de la nature brute; l’adepte com1. Jacob Bœhme, Question 6.
— 907 — plet a fait de lui-même un centre rayonnant de virtualités d’où naîtront corrélations sur corrélations à travers les âges à venir. Telle est la clef du mystérieux pouvoir qu’il possède de projeter et de matérialiser dans le monde visible les formes que son imagination a construites dans l’invisible avec la matière cosmique inerte. L’adepte ne crée rien de nouveau; il ne fait qu’employer, en les manipulant, des matériaux que la nature a en magasin autour de lui, la matière première qui durant les éternités a passé à travers toutes les formes. Il n’a qu’à choisir celle dont il a besoin, et la rappeler à l'existence objective. Ceci ne semblerait-il pas à l’un de vos savants biologistes le rêve d’un fou1? »
Le secret de toute action magique réside donc dans l’alliance de l'idée avec un élémental au moyen de la lumière astrale servant de force générale.
On donne ainsi naissance à un nouvel être constitué :
De l’idée comme âme ;
Du fluide astral comme médiateur ;
De l’élémenlal comme corps.
Cet être, création humaine, agit dans la Nature comme l’homme, création divine, agit dans l’Univers.
« This was part of the doctrine taught in the mysteries, the divulging of which to the profane was forbidden. According to this doctrine, of which fairly strong traces can be recognized in Plato, the Will, strengthened by faith, could subjugate Necessity itself, command Nature, and work miracles. It was the principle upon which the magic of the disciples of Zoroaster rested. Jesus, when he said in parable that by means of faith one could move mountains, was only following the theosophic tradition, known to all the sages. "Uprightness of heart and faith triumph over all obstacles," said Lao-Tzu; "every man can make himself equal to the sages and the heroes whose memory the nations revere," said Meng-Tzu; "it is never power that is lacking, it is will; provided one wills it, one succeeds 1." »
These ideas of the Chinese theosophists are found again in the writings of the Indians, and even in those of a few Europeans, who, as I have already had occasion to observe, did not have enough erudition to be imitators.
I. Fabre d'Olivet, Vers dorés, p. 254.
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« The greater the will, » says Boehme, « the greater the being, the more powerfully it is inspired. » The will and freedom are one and the same thing*.
« It is the source of light, the magic that makes something out of nothing. The will that goes resolutely forward is faith; it molds its own form in spirit, and subjects all things to itself; through it a soul receives the power to carry its influence into another soul, and to penetrate it in its most intimate essences. When it acts with God, it can overturn mountains, break rocks, confound the plots of the wicked, breathe disorder and terror upon them; it can work every prodigy, command the heavens, the sea, chain even death itself; everything is subject to it. Nothing can be named that it cannot command in the name of the Eternal. The soul that performs these great things does but imitate the prophets and the saints, Moses, Jesus and the apostles. All the elect possess a like power. Evil vanishes before them. Nothing can harm him in whom God dwells*. »
The relations of the visible world to the invisible world had been applied to all these spiritual beings, and the magi had given them names by means of which they claimed to be able to call them.
Their help served only one purpose: to concentrate around the adept a greater quantity of universal Force, of Movement, by means of which he could produce results proportional to the intensity of his psychic faculties.
« The human brain is an inexhaustible generator of cosmic force of the most refined quality, which it draws from the lower energy of raw nature; the com-
1. Jacob Bœhme, Question 6.
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plete adept has made of himself a radiating center of virtualities from which will be born correlations upon correlations across the ages to come. Such is the key to the mysterious power he possesses of projecting and materializing, in the visible world, the forms that his imagination has constructed in the invisible with inert cosmic matter. The adept creates nothing new; he only employs, by manipulating them, materials that nature has in store around him, the primal matter which throughout the eternities has passed through every form. He has only to choose the one he needs, and recall it to objective existence. Would this not seem, to one of your learned biologists, the dream of a madman 1? »
The secret of every magical action thus lies in the alliance of the idea with an elemental, by means of the astral light serving as general force.
One thus gives birth to a new constituted being:
Of the idea as soul;
Of the astral fluid as mediator;
Of the elemental as body.
This being, a human creation, acts in Nature as man, a divine creation, acts in the Universe.
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