À l’instant de l’accident tous les travaux s’arrêtent; les cellules de revêtement, même les cellules tout obèses et remplies de graisse, se réveillent de leur torpeur. Une vie nouvelle les envahit, elles redeviennent subitement jeunes pour la défense de l’organe menacé, les cellules plates se gonflent, les noyaux se dédoublent et de nouveaux défenseurs prennent naissance, les cellules obèses transforment rapidement leur graisse, les cellules pétrifiées abandonnent les sels calcaires et toutes, devenues capables de se mouvoir, redevenues en un instant cellules embryonnaires , quittent leur place, et vont grossir le nombre des combattants déjà engagés dans la bataille.
Il n’y a plus là ni muscles, ni membranes, ni cartilages, ni vaisseaux, ni nerfs, il n’y a plus que des cellules embryonnaires libres, des soldats munis du maximum des moyens de défense et qui luttent jusqu’à la mort pour sauver les organes menacés.
Si la victoire vient couronner les efforts des défenseurs, si, à force de lutter, les corps étrangers sont enfin expulsés, tout le monde se met au travail et la réparation des endroits lésés se fait progressivement.
Alors les cellules, mobilisées pour le combat, reprennent leur place, elles se fixent à un endroit, s’aplatissent de nouveau pour former des membranes, se remplissent de sels calcaires pour former des os, l’organe se refait dans sa forme primitive1 si la blessure n’est pas trop profonde, et peu à peu la vie tranquille d’autrefois recommence comme si de rien n’était, et cela continuera jusqu’à la mort de l’individu, à moins de nouvel accident.
Qui donc a dirigé cette défense? Est-ce la conscience ?
Est-ce la volonté ?
1. Fait inexpliqué et inexplicable pour la scieuce actuelle.
— 798 —
Certes non.
C’est malgré la volonté, à l’insu de la conscience que cette admirable action s’est produite; à peine l’homme a-t-il ressenti par des douleurs vagues le travail qui s’est fait en son doigt, l’Inconscient a tout dirigé, l’Inconscient a vaincu, l’Inconscient a refait l’organe dans sa forme première ; ce qui montre qu’il y a eu lui la mémoire des formes. Qui donc après cela vient dire que l’Inconscient n’est pas intelligent? Qui donc vient nier l’existence indépendante et individuelle de cette force quasi divine qui a accompli tous ces miracles ? Qui donc vient proclamer que le hasard des affinités chimiques a tout fait et qu’il n’y a pas lieu de faire intervenir là un élément intelligent, quoique métaphysique? Qui donc ne veut tirer aucun enseignement de cet admirable phénomène?
Celui qui l’a découvert, celui qui l’a étudié dans tous ses détails, celui qui le connaît mieux que personne : le savant matérialiste!
Cette force mystérieuse que nous venons de voir en action est celle qui produira la plupart des phénomènes magiques, celle dont les actions hors de l’être rempliront les savants d’étonnement à tel point qu’ils nieront jusqu’à l’évidence des laits alors que son action dans l’être humain, action toule miraculeuse et vraiment magique, est à peine considérée dans ses détails par eux.
Tout cela revient à dire que le visible n’est que la manifestation, la matérialisation de l’invisible.
Quand je parle, puis-je faire autre chose que de matérialiser le principe invisible, l’idée, qui est dans mon cerveau?
— 799 —
J’habille cette entité spirituelle d’un vêtement matériel, vêtement de couleur différente suivant le pays pour lequel j’écris; vêtement qui sera l’anglais, l’allemand, l’italien ou le chinois, peu importe, l’habit peut varier de couleur, l’entité sera toujours identique à elle-même, voilà pourquoi on pourra traduire cette idée en diverses langues, c'est-à-dire lui faire changer à volonté la couleur de son vêtement, l’idée reste entière et toujours semblable à elle-même.
Mon verbe est donc l’habit que je donne à mon idée.
Or il est une maladie curieuse: Y aphasie, qui vient nous montrer l’indépendance des deux organes, celui qui conçoit l’idée et celui qui la matérialise.
At the instant of the accident all work stops; the covering cells, even the wholly obese cells filled with fat, awaken from their torpor. A new life invades them, they suddenly become young again for the defense of the threatened organ, the flat cells swell, the nuclei divide and new defenders come into being, the obese cells rapidly transform their fat, the petrified cells abandon their calcareous salts, and all of them, having become capable of movement, having become in an instant embryonic cells once more, leave their place, and go to swell the number of combatants already engaged in the battle.
There are no longer any muscles there, nor membranes, nor cartilages, nor vessels, nor nerves; there are only free embryonic cells, soldiers equipped with the maximum means of defense, who fight to the death to save the threatened organs.
If victory crowns the defenders' efforts, if, through struggling, the foreign bodies are at last expelled, everyone sets to work and the repair of the injured places proceeds progressively.
Then the cells, mobilized for combat, resume their place, they fix themselves at a spot, flatten themselves once more to form membranes, fill themselves with calcareous salts to form bones, the organ remakes itself in its original form 1 if the wound is not too deep, and little by little the tranquil life of before resumes as though nothing had happened, and this will continue until the death of the individual, barring a new accident.
Who, then, directed this defense? Was it consciousness? Was it the will?
1. A fact unexplained and inexplicable for present-day science.
— 798 —
Certainly not.
It is despite the will, unbeknownst to consciousness, that this admirable action took place; scarcely had the man felt, through vague pains, the work that was being done in his finger, than the Unconscious had directed everything, the Unconscious had conquered, the Unconscious had remade the organ in its original form; which shows that there existed within it the memory of forms. Who, then, after this, comes to say that the Unconscious is not intelligent? Who, then, comes to deny the independent and individual existence of this quasi-divine force which accomplished all these miracles? Who, then, comes to proclaim that the chance of chemical affinities did everything, and that there is no occasion to bring in here an intelligent element, even a metaphysical one? Who, then, wishes to draw no lesson from this admirable phenomenon?
The one who discovered it, the one who studied it in all its details, the one who knows it better than anyone: the materialist scientist!
This mysterious force that we have just seen in action is the one that will produce most magical phenomena, the one whose actions outside the being will fill scientists with astonishment to such a degree that they will deny even the evidence of the facts, while its action within the human being, an action wholly miraculous and truly magical, is scarcely considered in its details by them.
All this amounts to saying that the visible is only the manifestation, the materialization of the invisible.
When I speak, can I do anything other than materialize the invisible principle, the idea, which is in my brain?
— 799 —
I clothe this spiritual entity in a material garment, a garment of different color according to the country for which I write; a garment that will be English, German, Italian or Chinese, no matter, the garment may vary in color, the entity will always remain identical to itself; that is why this idea can be translated into various languages, that is to say made to change, at will, the color of its garment, while the idea remains whole and always similar to itself.
My word, then, is the garment that I give to my idea.
Now there is a curious malady: aphasia, which comes to show us the independence of the two organs, the one that conceives the idea and the one that materializes it.
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