« D’après le système des émanations on concevait l’unité absolue en Dieu comme l’âme spirituelle de l’Univers, le principe de l’existence, la lumière des lumières; on croyait que cette Unité créatrice, inaccessible à l’entendement même, produisait par émanation une diffusion de lumière qui, procédant du centre à la circonférence, allait en perdant insensiblement de son éclat et de sa pureté, à mesure qu’elle s’éloignait de sa source jusqu’aux continsses ténèbres dans lesquelles elle finissait par se confondre, en sorte que ses rayons diver-
— 937 gents, devenant de moins en moins spirituels, et d’ailleurs repoussés par les ténèbres, se condensaient en se mêlant avec elles et, prenant une forme matérielle, formaient toutes les espèces d’êtres que le Monde renferme.
a Ainsi l’on admettait entre l’Etre suprême et l’homme une chaîne incalculable d’êtres intermédiaires dont les perfections décroissaient en proportion de leur éloignement du Principe créateur.
« Tous les philosophes et tous les sectaires, qui admirent cette hiérarchie spirituelle, envisagèrent sous des rapports qui leur étaient propres, les êtres différents dont elle était composée. Les mages des Perses, qui y voyaient des génies plus ou moins parfaits, leur donnaient des noms relatifs à leurs perfections et se servaient ensuite de ces noms mêmes pour les évoquer : de là vint la magie des Persans que les Juifs ayant reçue par traditions durant leur captivité à Babylone, appelèrent Kabbale. Cette magie se mêla à l’astrologie parmi les Chaldéens qui considéraient les astres comme des êtres animés appartenant à la chaîne universelle des émanations divines; elle se lia en Égypte aux mystères de la Nature et se renferma dans les sanctuaires, où les prêtres l’enseignaient sous l’écorce des symboles et des hiéroglyphes. Pythagore, en concevant cette hiérarchie spirituelle comme une progression géométrique, envisagea les êtres qui la composent sous des rapports harmoniques, et fonda par analogie les lois de l’Univers sur celles de la musique. Il appela harmonie le mouvement des sphères célestes et se servit des ^nombres pour exprimer les facultés des êtres différents, leurs relations et leurs influences. Hiéroclès fait mention d’un livre sacré attribué à ce philosophe, dans lequel il appelait la Divinité le Nombre des Nombres.
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« Platon, qui considéra, quelques siècles après, ces mêmes êtres comme des idées et des types, cherchait à pénétrer leur nature, à se les soumettre par la dialectique et la force de la pensée.
« Synésius, qui réunissait la doctrine de Pythagore à celle de Platon, appelait Dieu tantôt le Nombre des Nombres et tantôt l’Idée des Idées. Les gnostiques donnaient aux êtres intermédiaires le nom d’Éons. Ce nom, qui signifie en égyptien un Principe de Volonté, se développant par une faculté plastique, inhérente, s’est appliqué en grec à une durée infinie h »
1. Fabre d'Olivel, Fers dorés de Pythagore.
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1 . La réduction photographique a fait perdre presque toute sa valeur à celte composition. En voici les éléments :
A gauche. — L’Occident et la Science dominés par la Lune ; en bas, usines et machines ; plus haut, un cours dans une école occidentale ; plus haut, les professeurs occidentaux, représentants des diverses branches de la Science qui domine la figure et donne la main à la Foi.
A droite. — L’Orient et la Foi dominés parle Soleil; en bas. le Sphinx et les Pyramides, puis la nature inviolée ; plus haut un « guru » oriental instruisant le « tschela » en plein air (opposé de l’école occidentale); plus haut les prêtres des divers cultes indou, égyptien, musulman, chrétien, représentants des diverses branches de la Foi qui domine la figure et donne la main à la Science.
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Divers pantacles ésotériques
« According to the system of emanations, absolute unity was conceived in God as the spiritual soul of the Universe, the principle of existence, the light of lights; it was believed that this creative Unity, inaccessible even to the understanding, produced by emanation a diffusion of light which, proceeding from the center to the circumference, went on losing insensibly something of its brilliance and its purity as it moved away from its source, down to the densest darkness in which it ended by being lost, so that its diverging
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rays, becoming less and less spiritual, and moreover repelled by the darkness, condensed by mingling with it, and, taking on a material form, formed all the species of beings that the World contains.
Thus, between the supreme Being and man, an incalculable chain of intermediate beings was admitted, whose perfections diminished in proportion to their distance from the creative Principle.
« All the philosophers and all the sectarians who admitted this spiritual hierarchy envisaged, under aspects proper to themselves, the different beings of which it was composed. The magi of the Persians, who saw in it genii more or less perfect, gave them names relating to their perfections, and then made use of these very names to evoke them: hence came the magic of the Persians which the Jews, having received it by tradition during their captivity at Babylon, called Kabbalah. This magic became mingled with astrology among the Chaldeans, who regarded the stars as animate beings belonging to the universal chain of divine emanations; it became linked in Egypt with the mysteries of Nature, and was enclosed within the sanctuaries, where the priests taught it beneath the husk of symbols and hieroglyphs. Pythagoras, conceiving this spiritual hierarchy as a geometric progression, envisaged the beings composing it under harmonic aspects, and founded by analogy the laws of the Universe upon those of music. He called harmony the movement of the celestial spheres, and made use of numbers to express the faculties of the different beings, their relations and their influences. Hierocles mentions a sacred book attributed to this philosopher, in which he called the Divinity the Number of Numbers.
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« Plato, who considered, some centuries later, these same beings as ideas and types, sought to penetrate their nature, to master them by dialectic and the force of thought.
« Synesius, who united the doctrine of Pythagoras to that of Plato, called God now the Number of Numbers, now the Idea of Ideas. The Gnostics gave to the intermediate beings the name of Aeons. This name, which signifies in Egyptian a Principle of Will, developing through an inherent plastic faculty, came to be applied in Greek to an infinite duration h. »
1. Fabre d'Olivel, Fers dorés de Pythagore.
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1 . Photographic reduction has caused this composition to lose almost all its value. Here are its elements:
On the left. — The West and Science, dominated by the Moon; below, factories and machines; higher up, a class in a Western school; higher still, the Western professors, representatives of the various branches of Science, which dominates the figure and gives its hand to Faith.
On the right. — The East and Faith, dominated by the Sun; below, the Sphinx and the Pyramids, then unspoiled nature; higher up an Eastern « guru » instructing the « tschela » in the open air (the opposite of the Western school); higher still the priests of the various cults, Hindu, Egyptian, Mohammedan, Christian, representatives of the various branches of Faith, which dominates the figure and gives its hand to Science.
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Various esoteric pantacles
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