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1Cependant la protestation plus ou moins vague, plus ou moins flottante du sentiment contre l'athéisme , le positivisme et le pessimisme me parait insuffisante . On ne connaît pas Dieu, et si je puis parler ainsi, on ne le possède pas et l'on n’est pas possédé par lui, tant quon ne va pas au fond des choses, dont il est non seulement l'auteur et le législateur, mais la suprême réalité, la dernière essence, dans lesquelles il réside et qu il enveloppe en nous enveloppant nous-mêmes. C est dans ces profondeurs que vous et vos collaborateurs de l’Initiation, en appelant à votre aide toutes les formes du mysticisme, celles de l’Orient comme celles de ï Occident, celles de T Inde comme celles de l’Europe, vous aimez à vous abîmer l Ces profondeurs ont leurs ténèbres et leurs dangers : je ne serais pas sincère si je vous disais que vous réussissez toujours à les éviter et que notamment la liberté humaine n’est jamais compromise avec vous ni les exigences de la vie et de la science proprement dite. Mais j e préfère de beaucoup ces audacieuses spéculations à la myopie du positivisme, au néant de la science athée et au désespoir plus ou moins hypocrite du pessimisme. Elles sont à mes yeux comme un appel énergique au sérieux de la vie, au réveil du sens du divin. Elles me représentent un X salutaire révulsif pour Vante humaine engourdie, menacée de s’ éteindre.
2Je ne puis donc que vous engager , sous les réserves que je viens de faire, à persévérer dans la voie que vous parcourez avec tant d’ardeur , où malgré votre jeunesse vous avez déjà acquis tant d’autorité. Mon intention est de vous y suivre avec un intérêt toujours croissant. Ad. FRANCK. Paris, le -13 février 1891. 9 INTRODUCTION A L'ÉTUDE DE L’OCCULTISME [ Les plus grands des hommes de génie qu’ont vus naître les derniers siècles se sont intéressés à ce monde du merveilleux représenté par la Magie. Sans parler des Anciens, tous épris d’amour du mystère, il est facile de vérifier notre assertion dans l'œuvre mystique du Dante, construite d’après les clefs septénaires de la Kabbale ; dans les manuscrits de cet artiste prodigieux, doublé d’un savant éminent, qui fut Léonard de Vinci; dans les œuvres purement magiques de Shakespeare, Macbeth , Hamlet ou la Tempête ; dans les écrits de Goethe avouant qu’il s’est beaucoup occupé d’alchimie, et jusque dans la musique du grand Richard Wagner à qui le monde des enchantements a livré tous ses secrets. Et notre liste serait fort longue si nous voulions citer un à un tous ceux de notre siècle qui furent attirés par cette étude, depuis Balzac jusqu’à Edgar Poe. Et qu’on ne vienne pas dire que les littérateurs ou XII
3les philosophes seuls ont pris goût à ces rêveries. Newton n’a-t-il pas passé plusieurs années de sa vie à la recherche d’un mystère de la Kabbale chrétienne : le chiffre 666? Képler n’avoue- t-il pas que c’est la méthode analogique qui, par le rapprochement entre les lois musicales et l’astronomie, l’a conduit à son admirable découverte? Enfin Bacon, le défenseur de la méthode expérimentale, ne s’est-il pas occupé d’astrologie ? Il est vrai qu’on prétend communément que tous les grands hommes perdent la tête sur la fin de leur vie. Pourquoi ? Parce qu’ils s’intéressent à ces études. Pour nous, qu’un préjugé de plus ou de moins n’effraye guère, cette recherche indique surtout le besoin qu’a l’esprit humain de raisonner la foi et d’appliquer -aux données sentimentales les froides méthodes de la science. La Science occulte prétend réaliser cet idéal. Qu’est-ce que la Science occulte ? Un corps de doctrine enseigné dans les Universités d’Egypte et transmis d'âge en âge, non sans subir de sérieuses mutilations. Ce qui constitue essentiellement la Science occulte, ce sont moins ses enseignements que sa méthode d’investigation.
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1However, the more or less vague, more or less wavering protest of feeling against atheism, positivism, and pessimism seems to me insufficient. One does not know God — and if I may put it so, one does not possess him and is not possessed by him — so long as one does not go to the bottom of things, of which he is not only the author and the legislator, but the supreme reality, the ultimate essence, in which he resides and which he envelops while enveloping us ourselves. It is in these depths that you and your collaborators of L'Initiation, calling to your aid every form of mysticism, those of the East as well as those of the West, those of India as well as those of Europe, love to lose yourselves! These depths have their darkness and their dangers: I would not be sincere if I told you that you always succeed in avoiding them, and in particular that human freedom is never compromised with you, nor the demands of life and of science properly speaking. But I much prefer these bold speculations to the myopia of positivism, to the nothingness of atheistic science, and to the more or less hypocritical despair of pessimism. They appear to me as an energetic appeal to the seriousness of life, to the awakening of the sense of the divine. They represent to me a X salutary revulsive for the benumbed human soul, threatened with extinction.
2I can therefore only urge you, under the reservations I have just made, to persevere in the path you are pursuing with such ardor, in which, despite your youth, you have already acquired so much authority. My intention is to follow you in it with an ever-growing interest. Ad. FRANCK. Paris, 13 February 1891. 9 INTRODUCTION TO THE STUDY OF OCCULTISM The greatest of the men of genius whom the recent centuries have seen born have taken an interest in this world of the marvelous represented by Magic. Without speaking of the Ancients, all enamored of the love of mystery, it is easy to verify our assertion in the mystical work of Dante, constructed according to the sevenfold keys of the Kabbalah; in the manuscripts of that prodigious artist, doubled with an eminent scholar, who was Leonardo da Vinci; in the purely magical works of Shakespeare, Macbeth, Hamlet, or The Tempest; in the writings of Goethe, who admits that he occupied himself a great deal with alchemy, and even in the music of the great Richard Wagner, to whom the world of enchantments delivered all its secrets. And our list would be very long if we wished to cite one by one all those of our century who were drawn to this study, from Balzac to Edgar Poe. And let no one come and say that men of letters or XII
3it is not the philosophers alone who have taken a liking to these reveries. Did Newton not spend several years of his life in search of a mystery of the Christian Kabbalah: the number 666? Does Kepler not confess that it was the analogical method which, by drawing together the laws of music and astronomy, led him to his admirable discovery? And did Bacon, the defender of the experimental method, not himself occupy his time with astrology? It is true that it is commonly claimed that all great men lose their heads toward the end of their lives. Why? Because they take an interest in these studies. As for us, whom one prejudice more or less scarcely frightens, this research indicates above all the need felt by the human mind to reason out faith and to apply the cold methods of science to the data of sentiment. Occult Science claims to realize this ideal. What is Occult Science? A body of doctrine taught in the Universities of Egypt and transmitted from age to age, not without undergoing serious mutilation. What essentially constitutes Occult Science is less its teachings than its method of investigation.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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