Fetching
One moment.
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1explique ensuite à ses élèves dans le sermon sur la montagne, et dont il révèle le troisième sens tout à fait secret seulement à l’un d'eux, son disciple favori saint Jean, l’auteur de Y Apocalypse. Cette méthode nous montre qu’un des caractères de la Science d’alors était de cacher les enseignements, de les voiler. 3° La Science cachait aux profanes ses enseignements [Scientia occultans). Enfin : 4° C’était avant tout la Science du caché ( Scientia occultati ), ainsi que nous allons le voir. Une étude même superficielle des écrits scientifiques que nous ont laissés les anciens permet de constater que si leurs connaissances atteignaient la production des mêmes effets que les nôtres, elles en différaient cependant beaucoup quant à la méthode et à la théorie. Pour savoir ce qu’on apprenait dans les temples, il nous faut chercher les restes de ces enseignements dans les matériaux que nous possédons et qui nous ont été en grande partie conservés par les alchimistes. Nous ne nous inquiéterons pas de l’origine plus ou moins apocryphe (d’après les savants modernes) de ces écrits. Us existent et cela doit nous suffire. Si nous parvenons à découvrir une méthode qui explique le langage symbolique des alchimistes et en même temps les histoires symboliques anciennes de la conquête de la Toison d’Or, de la Guerre de Troie, du Sphinx, nous pourrons sans crainte affirmer que nous tenons un morceau de la science antique. Voyons tout d’abord la façon dont les modernes traitent un phénomène naturel pour mieux connaître par opposition la méthode antique. — G5 —
2Que diriez-vous d’un homme qui vous décrirait un livre ainsi : « Le livre que vous m’avez donné à étudier est placé sur « la cheminée à deux mètres quarante-neuf centimètres « de la table où je suis, il pèse trois cent quarante-cinq « grammes huit décigrammes, il est formé de cent qua- « rante-deux petites feuilles de papier sur lesquelles « existent cent dix-huit mille deux cent quatre-vingts ca- « raclères d’imprimerie, qui ont usé quatre-vingt-dix « grammes d’encre noire. » Voilà la description expérimentale du phénomène. Si cet exemple vous choque, ouvrez les livres de science moderne et voyez s’ils ne répondent pas exactement comme méthode à la description du Soleil ou de Saturne par l'astronome qui décrit la place, le poids, le volume et la densité des astres, ou à la description du spectre solaire par le physicien qui compte le nombre des raies ! Ce qui vous intéresse dans le livre ce n’est pas le côté matériel, physique, mais bien ce que l’auteur a voulu exprimer par ces signes, ce qu’il y a de caché sous leur forme, le côté métaphysique pour ainsi dire. Cet exemple suffît à montrer la différence entre les méthodes anciennes et les méthodes modernes. Les premières, dans l’élude du phénomène, s’occupent toujours du côté général de la question, les aulres restent a priori cantonnées dans le domaine du fait. Pour montrer que tel est bien l’esprit de la méthode antique, je rapporte un passage très significatif de Fabre d'Olivet sur les deux façons d’écrire l’histoire 1 . 1. Je fais mes excuses au lecteur pour les citations dont je surcharge ce traité; mais je suis obligé de m’appuyer à chaque pas sur des bases solides. Ce que j’avance parait si improbable à beaucoup, et j’ignore pourquoi, que le nombre de preuves servira à peine à combattre une incrédulité de parti pris.
3« Car il faut bien se souvenir que l’histoire allégorique de ces temps écoulés, écrite dans un autre esprit que l’histoire positive qui lui a succédé, ne lui ressemblait en aucune manière et que c’est pour les avoir confondues qu’on est tombé dans de si graves erreurs. C’est une observation très importante que je fais ici de nouveau. Cette histoire, confiée à la mémoire des hommes, ou conservée parmi les archives sacerdotales des temples en morceaux détachés de poésie, ne considérait les choses que du côté moral, ne s’occupait jamais des individus, et voyait agir les masses; c’est-à-dire les peuples, les corporations, les sectes, les doctrines, les arts même et les sciences, comme autant d’êtres particuliers qu’elle désignait par un nom générique. « Ce n’est pas, sans doute, que ces masses ne pussent avoir un chef qui en dirigeait les mouvements. Mais ce chef, regardé comme l’instrument d’un esprit quelconque, était négligé par l’histoire qui ne s’attachait jamais qu’à l’esprit. Un chef succédait à un autre chef, sans que l’histoire allégorique en fît la moindre mention. Les aventures de tous étaient accumulées sur la tête d’un seul. C’était la chose morale dont on examinait la marche, dont on décrivait la naissance, les progrès ou la chute. La succession des choses remplaçait celle des individus. L’histoire positive, qui est devenue la nôtre, suit une méthode entièrement différente, les individus sont tout pour elle : elle note avec une exactitude scrupuleuse les dates, les faits que l’autre dédaignait. Les modernes se moqueraient de cette manière allégorique des anciens, s’ils la croyaient possible, comme je suis persuadé que les anciens se seraient moqués de la méthode des modernes, s’ils avaient pu en entrevoir la possibilité dans l’avenir. Comment approuverait-on ce qu’on ne connaît pas? On
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1explains afterward to his disciples in the sermon on the mount, and whose third, wholly secret meaning he reveals only to one of them, his favorite disciple Saint John, the author of the Apocalypse. This method shows us that one of the characteristics of the Science of that time was to hide its teachings, to veil them. 3° The Science hid its teachings from the uninitiated (Scientia occultans). Finally: 4° It was, above all, the Science of the hidden (Scientia occultati), as we shall now see. Even a superficial study of the scientific writings the ancients have left us allows us to note that, while their knowledge attained the production of the same effects as ours, it nevertheless differed greatly from it in method and in theory. To know what was taught in the temples, we must seek the remains of that teaching in the materials we possess, which have been preserved for us, in large part, by the alchemists. We shall not concern ourselves with the more or less apocryphal origin (according to modern scholars) of these writings. They exist, and that must suffice for us. If we manage to discover a method that explains the symbolic language of the alchemists, and, at the same time, the ancient symbolic stories of the conquest of the Golden Fleece, of the War of Troy, of the Sphinx, we shall be able to affirm without fear that we hold a piece of ancient science. Let us first see the way in which moderns treat a natural phenomenon, so as to better understand, by contrast, the ancient method. — G5 —
2What would you say of a man who described a book to you thus: « The book you gave me to study is placed on « the mantelpiece, two meters forty-nine centimeters « from the table where I am; it weighs three hundred forty-five « grams eight decigrams; it is made up of one hundred for- « ty-two small sheets of paper, on which « exist one hundred eighteen thousand two hundred eighty ca- « racters of print, which have used up ninety « grams of black ink. » There is the experimental description of the phenomenon. If this example shocks you, open the books of modern science and see whether they do not answer, as method, in exactly the same way to the description of the Sun or of Saturn by the astronomer who describes the place, the weight, the volume, and the density of the heavenly bodies, or to the description of the solar spectrum by the physicist who counts the number of lines! What interests you in the book is not its material, physical side, but rather what the author wished to express by these signs, what lies hidden beneath their form, the metaphysical side, so to speak. This example suffices to show the difference between ancient methods and modern methods. The former, in the study of a phenomenon, always concern themselves with the general side of the question; the latter remain, a priori, confined within the domain of the fact. To show that such is indeed the spirit of the ancient method, I quote a very significant passage from Fabre d'Olivet on the two ways of writing history 1. 1. I apologize to the reader for the citations with which I overload this treatise; but I am obliged, at every step, to lean upon solid foundations. What I put forward seems so improbable to many, and I know not why, that the number of proofs will scarcely suffice to overcome a deliberate incredulity.
3« For it must be well remembered that the allegorical history of those bygone times, written in a spirit quite other than the positive history that succeeded it, did not resemble it in any way, and that it is for having confused the two that men have fallen into such grave errors. This is a very important observation which I make here once again. This history, entrusted to the memory of men, or preserved among the priestly archives of the temples in detached fragments of poetry, considered things only from their moral side, never concerned itself with individuals, and saw the masses act; that is to say, the peoples, the corporations, the sects, the doctrines, even the arts and the sciences, as so many particular beings which it designated by a generic name. « It is not, doubtless, that these masses could not have a leader who directed their movements. But this leader, regarded as the instrument of some spirit or other, was neglected by history, which never attached itself to anything but the spirit. One leader succeeded another leader, without allegorical history making the least mention of it. The adventures of all were heaped upon the head of one alone. It was the moral thing whose course was examined, whose birth, progress, or fall was described. The succession of things replaced that of individuals. Positive history, which has become our own, follows an entirely different method; individuals are everything to it: it notes, with scrupulous exactness, the dates, the facts that the other disdained. Moderns would mock this allegorical manner of the ancients, if they believed it possible, just as I am persuaded that the ancients would have mocked the method of the moderns, if they could have glimpsed its possibility in the future. How can one approve what one does not know? One
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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