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1Cependant, comme cette question de spiritisme intéresse beaucoup de nos lecteurs, je vais reproduire une conférence dans laquelle j’abordai l’action du corps astral dans la production de ces phénomèmes encore peu connus. LE ROLE DU PÉRISPRIT DANS LES PHÉNOMÈNES SPIRITES Conférence faite à la Société spirite. Mesdames, Messieurs, Leymarie m’a prié de prendre ce soir la parole devant vous. Je dois donc vous demander toute votre indulgence pour la faiblesse de l’auteur, eu égard au sujet traité. Combien de fois ne vous est-il pas arrivé, après avoir raconté un phénomène quelconque, d’entendre une foule de gens vous dire : « Oh! je vous en prie, menez-moi dans votre groupe, faites apparaître mon père défunt et je serai un apôtre de vos doctrines! » Ce qui constitue le caractère bien spécial du spiritisme, ce sont ses expériences pratiques, et cependant ces expériences mêmes sont un de ses plus grands dangers au point de vue de la vulgarisation. Il semble tout naturel, au premier abord, de convaincre les incrédules par le fait. Toutefois l’expérience nous a bien souvent montré que certaines personnes étaient d’une influence telle sur ces phénomènes que leur seule présence suffisait à tout arrêter. Ces remarques s’appliquent surtout aux cercles nouvellement formés dans lesquels des faits remarquables se produisent habituellement ; et là, les phénomènes diminuent d’intensité à mesure que les nouveaux venus sont plus nombreux. A quoi cela tient-il ? 849 —
2Je vais essayer, Mesdames et Messieurs, de vous donner à ce sujet une théorie dont je vous serai reconnaissant de vérifier vous-mêmes la portée pratique dans vos expériences postérieures. Cette théorie n’est certes pas nouvelle ; elle forme la base même de l’antique magie dont, vous le savez, le spiritisme est une résurrection partielle. LE PÉIUSPRIT Allan Kardec insiste avec raison sur l’étude du périsprit ; c’est, en effet, par celte étude, qu’il faut commencer celle du spiritisme lui-même si l’on veut bien comprendre ses enseignements. Le périsprit est ce principe chargé d’assurer les rapports entre le corps et l’âme. Que veulent dire ces mots pour les physiologistes contemporains? Vous n’ignorez pas combien notre siècle a horreur, peut-être à tort, de la métaphysique. Nous devons suivre les goûts du siècle et définir, non plus pour vous, spirites, qui savez tout cela, mais pour les contemporains, ces mots : corps — périsprit — âme. Le corps n’a pas besoin d’être étudié longuement, son existence n’étant heureusement pas niée par nos savants. L’âme demande au contraire de longs développements si l’on veut s’en faire une idée même générale. Nous n’avons pas le loisir de traiter cette question ; contentons-nous de dire que nous appelons âme ce principe qui se manifeste à nous par la conscience en un ternaire : Mémoire — Intelligence — Volonté. Ce dernier terme surtout nous est fort utile, car il indique bien pour les physiologistes ce que nous entendons par l’âme. Les organes soumis à rinfiuence de notre 34 — 850 —
3volonté sont en effet bien nettement séparés dans le corps humain de ceux qui échappent totalement à cette influence, comme le cœur, le foie, les intestins, etc., etc. Quelle est donc cette force qui gouverne notre cœur, qui répare, à l'insu de notre conscience , les pertes de F organisme au fur et à mesure du travail produit? Cette force c’est celle que le sang charrie partout, c’est la vie. Est-il vrai que la vie soit contenue dans le sang? Une expérience élémentaire le prouve : empêchez le sang d’arriver à un organe, vous savez tous que cet organe mourra. Qu’on ne vienne pas parler ici de l’action du système nerveux ; la paralysie nous montre qu’un membre continue à vivre alors que la volonté n’a plus d’influence sur lui. Le corps — la vie — la volonté constituent donc trois entités distinctes ayant chacune leur domaine bien spécial, scientifiquement parlant. Mais comment la volonté peut-elle se manifester? Seulement quand le cerveau reçoit convenablement l’irrigation sanguine. Que le sang vienne en effet à quitter subitement le cerveau sous l’influence d’une saignée ou de toute autre cause et, de suite, l’évanouissement se produit, c’est-à-dire la rupture des relations entre le corps et la volonté. Inversement, si un vaisseau se brise et que le sang arrive en trop grande quantité, la rupture des rapports normaux se produit aussi, mais cette fois par apoplexie. C’est donc bien le sang, c’est-à-dire la vie, qui établit ^ les rapports entre le corps et la volonté. Vous allez me demander à quoi bon toutes ces digressions et pourquoi je juge à propos de vous parler médecine au lieu de traiter mon sujet. N’ayez crainte, Mesdames et Messieurs, si j’ai tourné le dos à la question principale, c’est pour mieux la saisir tout à l’heure, et la preuve en — 851 —
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1However, since this question of spiritism greatly interests many of our readers, I shall reproduce a lecture in which I addressed the action of the astral body in the production of these still little-known phenomena. THE ROLE OF THE PERISPIRIT IN SPIRITIST PHENOMENA Lecture given at the Spiritist Society. Ladies and Gentlemen, Leymarie has asked me to take the floor before you this evening. I must therefore ask your full indulgence for the author's weakness, given the subject treated. How many times has it not happened to you, after recounting some phenomenon, to hear a host of people say to you: 'Oh! please, take me into your group, make my deceased father appear and I shall be an apostle of your doctrines!' What constitutes the very special character of spiritism is its practical experiments, and yet these very experiments are one of its greatest dangers from the standpoint of popularization. It seems quite natural, at first glance, to convince unbelievers by the fact itself. Nevertheless, experience has very often shown us that certain persons had such an influence on these phenomena that their mere presence sufficed to stop everything. These remarks apply especially to newly formed circles in which remarkable facts habitually occur; and there, the phenomena diminish in intensity as the newcomers become more numerous. What is this due to? 849 —
2I shall try, Ladies and Gentlemen, to give you on this subject a theory whose practical bearing I shall be grateful to you for verifying yourselves in your later experiments. This theory is certainly not new; it forms the very basis of ancient magic, of which, as you know, spiritism is a partial resurrection. THE PERISPIRIT Allan Kardec rightly insists on the study of the perispirit; it is, indeed, by this study that one must begin that of spiritism itself if one wishes to understand its teachings properly. The perispirit is that principle charged with ensuring the relations between the body and the soul. What do these words mean for contemporary physiologists? You are not unaware how much our century has a horror, perhaps wrongly, of metaphysics. We must follow the tastes of the century and define, no longer for you, spiritists, who know all this, but for our contemporaries, these words: body — perispirit — soul. The body does not need to be studied at length, its existence fortunately not being denied by our scholars. The soul, on the contrary, calls for lengthy developments if one wishes to form even a general idea of it. We do not have the leisure to treat this question; let us content ourselves with saying that we call soul that principle which manifests itself to us through consciousness in a ternary: Memory — Intelligence — Will. This last term especially is very useful to us, for it indicates well, for physiologists, what we mean by the soul. The organs subject to the influence of our 34 — 850 —
3will are indeed quite clearly separated, in the human body, from those that entirely escape this influence, such as the heart, the liver, the intestines, etc., etc. What, then, is this force that governs our heart, that repairs, without our consciousness knowing it, the organism's losses as fast as the work is done? This force is the one that the blood carries everywhere; it is life. Is it true that life is contained in the blood? An elementary experiment proves it: prevent blood from reaching an organ, and you all know that organ will die. Let no one come here to speak of the action of the nervous system; paralysis shows us that a limb continues to live even when the will no longer has any influence over it. The body — life — the will thus constitute three distinct entities, each having its own quite specific domain, scientifically speaking. But how can the will manifest itself? Only when the brain properly receives the blood's irrigation. Should the blood indeed suddenly leave the brain under the influence of a bloodletting or of any other cause, fainting immediately occurs, that is to say the rupture of relations between the body and the will. Conversely, if a vessel breaks and blood arrives in too great a quantity, the rupture of normal relations likewise occurs, but this time through apoplexy. It is therefore indeed the blood, that is to say life, that establishes the relations between the body and the will. You are going to ask me what all these digressions are for and why I judge it fitting to speak to you of medicine instead of treating my subject. Have no fear, Ladies and Gentlemen; if I have turned my back on the main question, it is in order to grasp it better in a moment, and the proof of this — 851 —
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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