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One moment.
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1Quelle était cette langue? Moïse l’employa-t-il ? C’est ce qu’il nous faut voir maintenant. Nous ne pouvons avoir de sérieuses données sur la langue sacrée des Égyptiens qu’en parcourant les théories différentes énoncées pour expliquer l’origine du langage et les langues mères de l'humanité, ou plutôt des races actuelles. Cette question de l’origine de la Parole est une de celles sur lesquelles les positivistes ont avancé les hypothèses les plus imaginaires, hypothèses considérées comme des certitudes peu après avoir été formulées. Les contes de fées racontés à ce sujet dans les livres modernes d’Anthropologie ne méritent même pas la peine d’être pris un seul moment en considération par un lecteur qui a parcouru les travaux de Court de Gébelin 1 et de son disciple, devenu lui-même un maître de première force, Fabre d’Olivef. Autant nous admirons les travaux de la Science positiviste appliquée à l’Anatomie et à la Physiologie, autant nous sommes opposé aux conceptions creuses qui prennent le manteau de l’expérimentation pour égarer les chercheurs. Voici une des meilleures explications qui aient été fournies sur l’origine de la Parole. Cette étude est de Fabre d’Olivet. Nous y joignons quelques remarques de Claude de Saint- Martin, le célèbre théosophe. graphiques , la langue copte, l'interprétation amphigourique des monuments; et tous ces noms si ridiculement déchiffrés, tels que : le roi Soleil-Junon, et Ilemenkakaka et Thotmês et Tmantot et Amoun-Maî Ramsès et Phtha-î-méné et Pipi ou Epip (au choix) et Amenhichopchf, etc. C’est toujours à peu près ainsi qu’agissent les corps savants lorsqu’ils se laissent conduire par certains membres influents. De Brière, Op. cit., p. 51. . 1. Court de Gébelin, le Monde primitif 2. Fabre d’Olivet, la Langue hébraïque restituée.
2— 417 — Quel plus beau sujet de recherches pour le penseur que celui de l’origine des langues humaines? Il est curieux de voir deux hommes d’une pénétration et d’une érudition remarquables, Claude de Saint-Martin, le philosophe inconnu, et Fabre d’Olivet1, arriver par des voies différentes à des conclusions presque identiques au sujet de cette importante question. Tous deux se révoltent contre le système des sensualistes, repris dans ces derniers temps par les positivistes, affirmant que les langues sont le résultat arbitraire des caprices humains, et tous deux ont été conduits dans leur étude parla connaissance profonde de la langue hébraïque. Qui faut-il croire? Ceux qui ne savent à peine qu’une ou deux langues modernes sans connaître leurs origines, ou ceux qui se sont élevés par l’étude de toutes les langues antiques jusqu’à la connaissance des trois langues mères, le Chinois, le Sanscrit et l’Hébreu2, ceux qui de l’origine des races humaines proclament l’existence d’une RAISON élevée? « De quelque manière que l’on envisage l’origine du genre humain, le germe radical de la pensée n’a pu lui être transmis que par un signe, et ce signe suppose une idée mère3. « Oui, si je ne suis point trompé par la faiblesse de mon talent, je ferai voir que les mots qui composent les langues, en général, et ceux de la langue hébraïque en particulier, loin d’être jetés au hasard et formés par l’explosion d’un caprice arbitraire, comme on l’a prétendu, sont, au contraire, produits par une raison profonde; je 1. Fabre d’Olivet, Lang., hêb. rest. Voy. aussi Claude de Saint-Martin, le Crocodile. 2. Fabre d’Olivet, Lang. héb. rest., Dissertation, introd. 3. Saint-Martin, les Signes et les Idées (dans le Crocodile). 27
3prouverai qu’il n’en est pas un seul qu’on ne puisse, au moyen d’une analyse grammaticale bien faite, ramener à des éléments fixes, d’une nature immuable pour le fond, quoique variable à l’infini pour la forme. « Ces éléments, tels que nous pouvons les examiner ici, constituent cette partie du discours à laquelle j’ai donné le nom de Signe. Ils comprennent, je l’ai dit, la voix, le geste et les caractères tracés1. « Remontons encore plus haut et nous allons voir l’origine de ces Signes : « J’ai désigné comme éléments de la Parole la voix, le geste et les caractères tracés ; comme moyens, le son, le mouvement et la lumière ; mais ces éléments et ces moyens existeraient vainement, s’il n’existait pas en même temps une puissance créatrice, indépendante d’eux, qui se trouve intéressée à s’en emparer et capable de les mettre en œuvre. Cette puissance, c’est la Volonté. « Je m’abstiens de nommer son principe ; car outre qu'il serait difficilement conçu, ce n’est pas ici le lieu d’en parler. Mais l’existence de la Volonté ne saurait être niée, même parle sceptique le plus déterminé, puisqu’il ne pourrait la révoquer en doute sans le vouloir, et par conséquent sans la reconnaître. « Or, la voix articulée, et le geste affirmatif ou négatif, ne sont et ne peuvent être que l’expression de la Volonté. C’est elle, c’est la Volonté, qui, s’emparant du son et du mouvement, les force à devenir ses interprètes, et à réfléchir au dehors ses affections intérieures. « Cependant si la Volonté est une, toutes ses affections, quoique diverses, doivent être identiques, c’est-à-dire être respectivement les mêmes pour tous les individus qui les '. Fabre d’OIivet, la Lang. hèb. restituée. 419 —
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1What was this language? Did Moses use it? That is what we must now see. We cannot have serious data on the sacred language of the Egyptians except by going through the different theories put forward to explain the origin of language and the mother tongues of humanity, or rather of the present races. This question of the origin of Speech is one of those on which the positivists have advanced the most imaginary hypotheses, hypotheses considered as certainties shortly after being formulated. The fairy tales told on this subject in modern books of Anthropology do not even deserve to be taken into consideration for a single moment by a reader who has gone through the works of Court de Gébelin 1 and of his disciple, who himself became a master of the first rank, Fabre d'Olivet. As much as we admire the works of positivist Science applied to Anatomy and to Physiology, so much are we opposed to the hollow conceptions that put on the cloak of experimentation to lead researchers astray. Here is one of the best explanations that have been furnished on the origin of Speech. This study is by Fabre d'Olivet. We add to it some remarks by Claude de Saint-Martin, the celebrated theosopher. graphics, the Coptic language, the amphigoric interpretation of the monuments; and all these names so ridiculously deciphered, such as: the king Sun-Juno, and Ilemenkakaka and Thotmês and Tmantot and Amoun-Maî Ramses and Phtha-î-méné and Pipi or Epip (take your pick) and Amenhichopchf, etc. It is always in much this way that learned bodies act when they let themselves be led by certain influential members. De Brière, Op. cit., p. 51. . 1. Court de Gébelin, le Monde primitif 2. Fabre d'Olivet, la Langue hébraïque restituée.
2— 417 — What finer subject of research for the thinker than that of the origin of human languages? It is curious to see two men of remarkable penetration and erudition, Claude de Saint-Martin, the unknown philosopher, and Fabre d'Olivet1, arrive by different paths at almost identical conclusions on this important question. Both revolt against the system of the sensualists, taken up again in these latter times by the positivists, affirming that languages are the arbitrary result of human caprices, and both were led in their study by a profound knowledge of the Hebrew language. Whom must one believe? Those who scarcely know one or two modern languages without knowing their origins, or those who have risen through the study of all the ancient languages to the knowledge of the three mother tongues, Chinese, Sanskrit and Hebrew2, those who from the origin of the human races proclaim the existence of an elevated REASON? 'Whatever way one regards the origin of the human race, the radical germ of thought could only have been transmitted to it by a sign, and this sign presupposes a mother idea3. 'Yes, if I am not deceived by the weakness of my talent, I shall show that the words which compose languages, in general, and those of the Hebrew language in particular, far from being thrown out at random and formed by the explosion of an arbitrary caprice, as has been claimed, are, on the contrary, produced by a profound reason; I 1. Fabre d'Olivet, Lang., hêb. rest. See also Claude de Saint-Martin, le Crocodile. 2. Fabre d'Olivet, Lang. héb. rest., Dissertation, introd. 3. Saint-Martin, les Signes et les Idées (dans le Crocodile). 27
3I shall prove that there is not a single one which one cannot, by means of a well-executed grammatical analysis, bring back to fixed elements, of an immutable nature as to substance, though infinitely variable as to form. 'These elements, such as we can examine them here, constitute that part of discourse to which I have given the name Sign. They comprise, as I have said, the voice, the gesture and the traced characters1. 'Let us go back further still and we shall see the origin of these Signs: 'I have designated as elements of Speech the voice, the gesture and the traced characters; as means, sound, movement and light; but these elements and these means would exist in vain, if there did not exist at the same time a creative power, independent of them, which finds itself interested in seizing hold of them and capable of putting them to work. This power is the Will. 'I refrain from naming its principle; for besides that it would be difficult to conceive, this is not the place to speak of it. But the existence of the Will cannot be denied, even by the most determined skeptic, since he could not call it into doubt without willing it, and consequently without recognizing it. 'Now, articulated voice, and the affirmative or negative gesture, are and can be nothing but the expression of the Will. It is the Will, which, seizing hold of sound and movement, forces them to become its interpreters, and to reflect outwardly its inner affections. 'However if the Will is one, all its affections, though diverse, must be identical, that is to say be respectively the same for all individuals who feel them '. Fabre d'OIivet, la Lang. hèb. restituée. 419 —
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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