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1— 328 — Le monde invisible est donc formé par des esprits plus ou moins avancés, bons ou méchants, ignorants ou savants, ayant à leur disposition des fluides plus ou moins puissants au moyen desquels ils peuvent entrer en relations avec les vivants. Ces relations s’établissent en général au moyen d’objets matériels que les esprits font mouvoir en se servant de leur périsprit combiné avec les fluides des assistants et surtout de l’être humain qui sert de médium. Pour qu’un esprit se communique, il faut qu’il ait à sa disposition le périsprit d’un vivant et des organes matériels. C’est en alliant son périsprit à lui avec celui du médium que l’esprit peut se servir des objets matériels. Ces objets matériels peuvent être des meubles (tables, chaises, etc.), qu’il met en mouvement. C’est le moyen généralement employé (phénomènes physiques). D’autres fois l’esprit agit directement sur le médium endormi et se sert des organes matériels du médium pour se manifester. Dans ce cas on voit le médium changer l’expression générale de sa physionomie, le timbre de la voix habituelle change également .; c’est un esprit qui parle en se servant du larynx et des organes du médium en son lieu et place (phénomènes psychiques, incarnations ). D’autres fois encore l’esprit peut se montrer aux vivants en condensant autour de lui de la matière. Il se matérialise (phénomènes fluidiques, matérialisations ; voyez les expériences à ce sujet de William Crookes). Enfin dans d’autres cas l’esprit laisse des traces visibles de sa venue. Des objets matériels sont apportés à travers les murailles, des écritures sont directement projetées dans des ardoises ou sur du papier, et une foule d’autres phénomènes du même genre sont produits. Ce sont là les principaux moyens qu’emploient les « es- — 329 —
2prits désincarnés » pour communiquer avec les vivants et pour montrer la réalité de leur existence. Les personnes peu au courant de tous ces phénomènes se demanderont, en lisant ces lignes, si décidément ce ne sont pas des aliénés dangereux à qui est confiée la tâche d’exposer ici les idées des membres du congrès. Quelques mots sont nécessaires pour rassurer ces susceptibles personnes. Voir des choses que le commun des mortels ne voit pas journellement, entendre des paroles quand on est seul, voir apparaître des revenants et croire à leur réalité, ce sont là des signes évidents de dérangement cérébral pour nos bons médecins. Ils ont raison s’ils veulent rester sur le terrain scientifique, et c’est aux spirites à leur répondre sur ce même terrain. Voilà pourquoi tous ceux qui ont étudié sincè- rement ces phénomènes ont pris soin de remplacer les organes humains par des instruments enregistreurs purement mécaniques. Là plus d’hallucination possible : le curseur qui grave des courbes sur le noir de fumée, ou la plaque sensibilisée qui enregistre une image, ne peuvent être hallucinés. Nous insistons longuement sur ces sortes de preuves, et c’est bien volontairement. Il n’v a pas en effet d’autre argument à opposer aux médecins contemporains, qui savent tous que l’hallucination d’un aliéné devient une réalité quand elle est contrôlée par des appareils mécaniques. Toute personne qui à l’heure actuelle nie systématiquement les phénomènes du spiritisme (quelle qu’en puisse être du reste l’explication) fait preuve d’ignorance ou de mauvaise foi. — 330 —
3★ * * Revenons maintenant aux théories que nous avons abandonnées pour faire cette digression. Nous avons montré les principales données de la doctrine spirite sur l’homme. Il nous reste peu de chose à dire. V Univers est conçu comme formant une série d’étapes que parcourt l’esprit qui se perfectionne. Les espaces interplanétaires sont peuplés d’esprits désincarnés, et les différentes planètes de tous les systèmes sont peuplées d’esprits incarnés dans des corps plus ou moins parfaits suivant leur élévation. L’unité de tous les univers et de toutes les humanités est ainsi proclamée par le spiritisme. La question de Dieu est traitée d’une manière différente par presque toutes les écoles. Aussi nous abstiendronsnous d’entrer dans aucun détail à ce sujet, nous bornant à constater que la presque unanimité des spirites croit à l’existence de Dieu. L’exposé très succinct d’ailleurs que nous venons de faire du spiritisme montre de suite quelles sont ses grandes qualités et quels sont aussi ses défauts. Ses qualités proviennent de la simplicité, de la limpidité même avec lesquelles peuvent s’expliquer tous ces phénomènes inconnus des savants. Elles proviennent plus encore que de toute autre cause de la réalité absolue des 'phénomènes . C’est là le point où le spiritisme est vraiment invulnérable. Les académies ont beau dire que ceux qui s’occupent de ces sciences sont fous, MM. L. Hahn et L. Thomas — 331
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1— 328 — The invisible world is thus formed of spirits more or less advanced, good or wicked, ignorant or learned, having at their disposal fluids more or less powerful, by means of which they can enter into relations with the living. These relations are generally established by means of material objects, which the spirits set in motion, making use of their perispirit combined with the fluids of those present, and above all of the human being who serves as medium. In order for a spirit to communicate, it must have at its disposal the perispirit of a living person and material organs. It is by uniting its own perispirit with that of the medium that the spirit can make use of material objects. These material objects may be pieces of furniture (tables, chairs, etc.), which it sets in motion. This is the means generally employed (physical phenomena). At other times, the spirit acts directly upon the sleeping medium, and makes use of the medium's material organs to manifest itself. In this case one sees the medium's general expression change, and the timbre of his usual voice likewise changes; it is a spirit that speaks, making use of the larynx and organs of the medium in its place and stead (psychic phenomena, incarnations). At other times, again, the spirit may show itself to the living by condensing matter around itself. It materializes (fluidic phenomena, materializations; see the experiments on this subject by William Crookes). Finally, in other cases, the spirit leaves visible traces of its coming. Material objects are brought through walls, writings are directly projected onto slates or paper, and a host of other phenomena of the same kind are produced. These are the principal means employed by the « dis- — 329 —
2incarnate spirits » to communicate with the living, and to show the reality of their existence. People little familiar with all these phenomena will wonder, on reading these lines, whether it is decidedly not dangerous lunatics to whom the task has been entrusted of setting forth here the ideas of the members of the congress. A few words are needed to reassure these sensitive people. To see things the common run of mortals do not see every day, to hear voices when one is alone, to see ghosts appear and to believe in their reality — these are, for our good physicians, obvious signs of cerebral derangement. They are right, if they wish to remain on scientific ground, and it is up to the spiritists to answer them upon that same ground. This is why all those who have sincerely studied these phenomena have taken care to replace the human organs with purely mechanical recording instruments. There, no hallucination is possible: the stylus that traces curves upon lampblack, or the sensitized plate that records an image, cannot be hallucinated. We insist at length upon this kind of proof, and quite deliberately. There is, indeed, no other argument to oppose to present-day physicians, who all know that the hallucination of a lunatic becomes a reality once it is verified by mechanical instruments. Any person who, at the present time, systematically denies the phenomena of spiritism (whatever the explanation may otherwise be) gives proof of ignorance or of bad faith. — 330 —
3★ * * Let us now return to the theories we abandoned to make this digression. We have shown the principal data of the spiritist doctrine on man. Little remains for us to say. The Universe is conceived as forming a series of stages through which the perfecting spirit passes. The interplanetary spaces are peopled with disincarnate spirits, and the various planets of every system are peopled with spirits incarnate within bodies more or less perfect according to their elevation. The unity of all the universes and of all the humanities is thus proclaimed by spiritism. The question of God is treated differently by almost every school. And so we shall refrain from entering into any detail on this subject, confining ourselves to noting that the near-unanimity of spiritists believe in the existence of God. The very succinct account we have just given of spiritism shows at once what its great qualities are, and what its defects are also. Its qualities stem from the simplicity, the very limpidity, with which all these phenomena, unknown to scientists, can be explained. They stem, even more than from any other cause, from the absolute reality of the phenomena. This is the point at which spiritism is truly invulnerable. The academies may well say that those who occupy themselves with these sciences are mad; MM. L. Hahn and L. Thomas — 331
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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