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One moment.
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1autel contre autel et tradition contre tradition : c’était Samarie. « Mais enfin après quatre siècles de désastres un jour plus doux semble luire sur Israël. Le sceptre théocratique est partagé : les Hébreux se donnent un roi, et leur empire, quoique resserré par de puissants voisins, ne resie pas sans éclat. Ici un nouvel écueil se montre. La prospérité va faire ce que n'ont pu les plus effroyables revers. La mollesse assise sur le trône s’insinue jusque dans les derniers rangs du peuple. Quelques froides chroniques, quelques allégories mal comprises, des chants de vengeance et d’orgueil, des chansons de volupté, décorés des noms de Josué, de Rutli, de Samuel, de David, de Salomon, usurpent la place du Sepher. Moïse esl négligé et ses lois sont méconnues. Les dépositaires de scs secrets, investis par le luxe, en proie à toutes les tentatives de l’avarice, vont oublier leurs serments. La Providence lève le bras sur ce peuple indocile, le frappe au moment où il s’y attendait le moins. Il s’agite dans des cpnvulsions intestines, il se déchire. Dix tribus se séparent et gardent le nom (Y Israël. Les deux autres tribus prennent le nom de Juda. Une haine irréconciliable s'élève entre ces deux peuples rivaux; ils dressent autel contre autel, trône contre trône. Samarie et Jérusalem ont chacun leur sanctuaire. La sûreté du Sepher naît de cette division ’. » 3. — EsmtAs. Les additions au Sepher. — Perte de la langue sacrée. Chaque peuple invoqua en effet le Sepher à l'appui de ses prétentions, mais aucun ne possédait plus ce livre. 1. Fabre d’OIivet, Lang. hib. rest., p. 30, l. I.
2C’est par un hasard providentiel que l’œuvre de Moïse est retrouvée au fond d’un vieux coffre et qu 'Esdras comprend peu après tout le parti qu’il peut tirer du livre sacré. Samarie avait été détruite, les tribus dispersées; le Sepher avait groupé autour de lui les Juifs de Jérusalem emmenés soixante-dix ans en captivité. Aussi quand Esdras, accomplissant une seconde fois l’œuvre de Moïse, obtient la liberté des Juifs et les ramène à Jérusalem, il lui faut renverser une foule d’obstacles sans cesse renaissants. Samarie était secrètement reconstituée, grâce à des éléments hétérogènes, par Babylone pour s’opposer à Jérusalem. Une copie du Sepher hébraïque avait été envoyée avec un prêtre dévoué à la cour. Esdras vint à bout de tout. Frappant ses adversaires d’anathème, il réunit une imposante assemblée de rabbins, constituant la Grande Synagogue, qui .approuve l’anathème et prête son aide au réformateur pour donner un caractère moins archaïque aux lettres du livre sacré, lettres déchiffrées avec peine parles Juifs revenant de captivité. Esdras joint au Sepher un recueil fait par lui-même et ainsi se constitue la Bible des Juifs. La grande Synagogue, qui avait déjà décidé la création des points voyelles dans l’usage vulgaire de l’écriture, approuva ce recueil. Deux points sont dès maintenant importants à établir : 1° La preuve qu’Esdras n’est pas lui-même l’auteur du Sepher de Moïse ; 2° La perte de la connaissance réelle des caractères hébraïques du Sepher de Moïse par les Juifs à leur retour de captivité. • « 1° Cette révision et ces additions ont donné lieu de — 435 —
3penser, par la suite, qu’Esdras avait été l’auteur de toutes les écritures de la Bible. Non seulement les philosophistes modernes ont embrassé cette opinion 1 qui favorisait leur scepticisme, mais plusieurs Pères de l’Église, et plusieurs savants l’ont soutenue avec feu, la croyant plus conforme à leur haine contre les Juifs2; ils s’appuyaient surtout d’un passage attribué à Esdras lui-même3. « Je pense avoir assez prouvé par le raisonnement que le Sepher de Moïse ne pouvait être une supposition ni une compilation de morceaux détachés, car on ne suppose ni ne compile jamais des ouvrages de cette nature ; et quant à son intégrité du temps d'Esdras, il existe une preuve de fait qu’on ne peut récuser : c’est le texte samaritain. On sent bien, pour peu qu’on réfléchisse, que dans la situation où se trouvaient les choses, les Samaritains, ennemis mortels des Juifs, frappés d’anathème par Esdras, n’auraient jamais reçu un livre dont Esdras aurait été l'auteur. Ils se sont bien gardés de recevoir les autres écritures, et c’est aussi ce qui peut faire douter de leur authenticité4 ». 2° Appuyons bien sur cette importante vérité : la langue hébraïque, déjà corrompue par un peuple grossier, et d’intellectuelle qu’elle était à son origine, ramenée à ses éléments les plus matériels, fut entièrement perdue après la captivité de Babylone. C’est un fait historique dont il est impossible de douter de quelque scepticisme qu’on tasse profession. La Bible le montre % le Thalmud l’affirme6, c’est le sentiment des plus fameux rabbins7; Walton ne t. Brolinbroke, Voltaire, Fréret, Boulanger, etc. 2. Saint Basile, Epist. ad. Child. Saint Clément d’Alexandrie, Slrom. I. Tertull, De habit mulier, c. xxxv. Saint Irénée, 1. XXXIII, c. xxv, etc. 3. Esdras IV, c. xiv. Ce livre est regardé comme apocryphe. 4. Becli. sem., Hist. crit., 1. I, c. x. 5. Ivehem, c. vm. 6. Thàlm., Duot, c. iv. 7. Elias, Kimhi, Ephod, etc.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1altar against altar and tradition against tradition: this was Samaria. 'But at last after four centuries of disasters a gentler day seems to dawn on Israel. The theocratic scepter is divided: the Hebrews give themselves a king, and their empire, though hemmed in by powerful neighbors, is not without splendor. Here a new pitfall appears. Prosperity will do what the most frightful reverses could not. Softness enthroned insinuates itself down to the lowest ranks of the people. A few cold chronicles, a few poorly-understood allegories, songs of vengeance and pride, songs of voluptuousness, decorated with the names of Joshua, of Ruth, of Samuel, of David, of Solomon, usurp the place of the Sepher. Moses is neglected and his laws misunderstood. The custodians of his secrets, corrupted by luxury, prey to every temptation of avarice, are about to forget their oaths. Providence raises its arm over this unruly people, strikes it at the moment it least expects it. It is convulsed by internal upheavals, it tears itself apart. Ten tribes separate and keep the name of Israel. The other two tribes take the name of Judah. An irreconcilable hatred rises between these two rival peoples; they set up altar against altar, throne against throne. Samaria and Jerusalem each have their own sanctuary. The safety of the Sepher is born of this division.' » 3. — EZRA. The additions to the Sepher. — Loss of the sacred language. Each people indeed invoked the Sepher in support of its claims, but none possessed this book any longer. 1. Fabre d'OIivet, Lang. hib. rest., p. 30, l. I.
2It is by a providential chance that Moses's work is rediscovered at the bottom of an old chest and that Ezra shortly afterward understands all the advantage he can draw from the sacred book. Samaria had been destroyed, the tribes dispersed; the Sepher had gathered around it the Jews of Jerusalem carried off seventy years into captivity. So when Ezra, accomplishing a second time the work of Moses, obtains the freedom of the Jews and brings them back to Jerusalem, he must overturn a crowd of ceaselessly recurring obstacles. Samaria had been secretly reconstituted, thanks to heterogeneous elements, by Babylon in order to oppose Jerusalem. A copy of the Hebrew Sepher had been sent along with a priest devoted to the court. Ezra overcame everything. Striking his adversaries with anathema, he assembled an imposing gathering of rabbis, constituting the Great Synagogue, which approves the anathema and lends its aid to the reformer to give a less archaic character to the letters of the sacred book, letters deciphered with difficulty by the Jews returning from captivity. Ezra joins to the Sepher a collection made by himself and thus the Bible of the Jews is constituted. The Great Synagogue, which had already decided on the creation of vowel points in the ordinary use of writing, approved this collection. Two points are henceforth important to establish: 1° The proof that Ezra is not himself the author of Moses's Sepher; 2° The loss of real knowledge of the Hebrew characters of Moses's Sepher by the Jews on their return from captivity. • '1° This revision and these additions have given rise to — 435 —
3think, subsequently, that Ezra had been the author of all the writings of the Bible. Not only have modern philosophists embraced this opinion 1, which favored their skepticism, but several Fathers of the Church, and several scholars, have upheld it fervently, finding it more in keeping with their hatred against the Jews2; they relied above all on a passage attributed to Ezra himself3. 'I believe I have proven sufficiently by reasoning that Moses's Sepher could not be a fabrication nor a compilation of detached fragments, for one never fabricates nor compiles works of this nature; and as to its integrity at the time of Ezra, there exists a proof of fact that cannot be challenged: it is the Samaritan text. One senses readily, on the least reflection, that given the situation of affairs at the time, the Samaritans, mortal enemies of the Jews, struck with anathema by Ezra, would never have accepted a book of which Ezra had been the author. They took great care not to accept the other writings, and this too casts doubt on their authenticity4'. 2° Let us insist firmly on this important truth: the Hebrew language, already corrupted by a coarse people, and from being intellectual as it was at its origin, reduced to its most material elements, was entirely lost after the Babylonian captivity. This is a historical fact impossible to doubt, whatever skepticism one may profess. The Bible shows it %, the Talmud affirms it6, it is the sentiment of the most famous rabbis7; Walton cannot t. Brolinbroke, Voltaire, Fréret, Boulanger, etc. 2. Saint Basile, Epist. ad. Child. Saint Clément d'Alexandrie, Slrom. I. Tertull, De habit mulier, c. xxxv. Saint Irénée, 1. XXXIII, c. xxv, etc. 3. Esdras IV, c. xiv. This book is regarded as apocryphal. 4. Becli. sem., Hist. crit., 1. I, c. x. 5. Ivehem, c. vm. 6. Thàlm., Duot, c. iv. 7. Elias, Kimhi, Ephod, etc.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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