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1lyrs assurent-ils le succès d’un mouvement d'autant plus rapidement qu’ils sont plus nombreux. Saint Jean, relégué à Pathmosen dehors de toute lutte active après une carrière tout apostolique, écrit le livre de la Révélation, l'Apocalypse, et meurt peu après (101). Saint Pierre et saint Paul, les deux réalisateurs pratiques du Christianisme, surtout le second, étaient déjà morts martyrs depuis l’an 67 après une lutte acharnée contre les deux doctrines rivales, le Polythéisme et le Gnosticisme. Depuis l’an 33 jusqu’à l’édit de Milan (313) qui fait du cliristia- . I nisme la religion officielle de l’Empire définitivement formulée par le concile de Nicée en 325, ce ne sont que luttes âpres contre les j hérésies et longues suites de persécutions. Néron (64-68), Domitien (95), Trajan (106), Marc-Aurèle (166- 177), Septime Sevère (199-204), Maximin (235-238), Dèce (250- I 252), Valérius (258-260), Aurélien (275), Dioclétien (303-313) cherchent par tous les moyens politiques en leur pouvoir à étouffer la nouvelle doctrine, mais sans y parvenir. D’autre part les hérésies sans cesse naissantes qu’il faut combattre à tous moments ; voilà certes plus de raisons qu’il n’en faut pour justifier la perte rapide de la tradition ésotérique par les chrétiens. Cette tradition est cependant encore bien vivante, quoique voilée : 1° Dans la partie mythologique et tout exotérique de la légende du Christ; 2° Dans les livres sacrés, surtout dans ceux de saint Jean ; 3° Dans le culte, révélation des mystères des Esséniens, et par ! suite de ceux des Egyptiens eux-mêmes. Mais le caractère dominant du Christianisme sera toujours le côté politique et militant. De nombreux schismes prendront naissance par la suite, des hérésies nouvelles seront sans cesse un sujet d’ardentes polémiques pour les défenseurs de la nouvelle foi ; le culte suivra en cela la loi fatale qui semble poursuivre tout mouvement religieux ou philosophique. La tradition survivra bien à tous ces bouleversements et à toutes ' ces luttes ; mais elle sera perdue pour ses détenteurs de même que le sens du Sepher est perdu pour les Juifs. Ce n’est donc pas là que nous pourrons en suivre la transmission totale.
2romaine c’était la ruine de toute l’organisation secrète des initiations et des facultés régionales. En vain Apulée (120-190) dévoile-t-d dans l’admirable symbole de Psyché 1 l’ésotérisme de la révélation d’Orphée après avoir été s’instruire aux sources primitives en se faisant initier aux mystères d’Osiris. En vain Ammonius Saccas fonde -t-il en 193 cette célèbre École d'Alexandrie, dernier rempart d’un monde qui jette une lueur grandiose avant de s’abîmer dans le néant, le courant polythéiste illustré par Plotin (205-270), Porphyre (233-304), Jamblique (325), Proclus (480), etc., est délinitivement anéanti en 529 sous l'influence des progrès du christianisme triomphant. Une philosophie, aussi élevée soit-elle d’ailleurs, est toujours impuissante à lutter contre un culte sérieusement organisé. Ce n’est donc pas non plus dans ce courant que nous pourrons suivre la tradition ésotérique. Nous y trouverons cependant de précieuses indications sur le rituel secret des mystères anciens, mais rien de plus. Que nous reste-t-il donc à considérer? La Gnose. LA GNOSE La Gnose est essentiellement un ensemble de connaissances acquises par des voies mystérieuses échappant généralement aux procédés d’instruction connus. Le courant gnostique apparaît tout à coup au commencement du second siècle et prend de suite une très grande importance. Révélation des enseignements ésotériques tenus jusque-là enfermés dans les sanctuaires, la Gnose vient allier le Polythéisme dans son essence aux mystères les plus profonds révélés par le christianisme. Les gnostiques allient les procédés de calcul mystiques employés dans la Kabbale, aux déductions philosophiques d’où sont dérivées les religions diverses. Jésus avait trouvé dans Apollonius un sérieux rivai ; mais Jésus, vainqueur de la fatalité par son mépris pour la mort, n’avait pas eu de peine à garder la victoire, supérieur en vertu à Apollonius, malgré les austérités et la haute initiation de ce dernier. Saint Pierre trouva un adversaire bien redoutable pour lui dans i. L’Ane d’Or d'Apulée. 40
3— 626 — Simon le Mage qu'on considère généralement comme le créateur de la Gnose conjointement, avec Cérinthe. La doctrine révélée par ces deux hommes supérieurs renferme intégralement toutes les données de l’ésotérisme; aussi voit-elle son succès s’accroître de plus en plus en même temps que les sectes diverses se créent poursuivant chacune un point particulier de la tradition. M. Matter, qui a fait une fort belle élude historique sur le Gnosticisme, le divise en cinq groupes principaux différant entre eux par certaines considérations doctrinales, à peu près comme les diverses sectes chrétiennes de nos jours. Ces groupes sont : 1° Le groupe primitif ou palestinien fondé, ce qui est curieux, presque entièrement par des Juifs (non esséniens) : Simon le Mage Ménandre Dosithée Cérinthe appartiennent à ce groupe. 2° Le groupe syriaque que Saturnin et Bardesane d'Édesse représentèrent. 3° Le groupe égyptien , celui qui dérive le plus directement des mystères, celui qui renferme la tradition secrète plus que tous les autres. La théorie kabbalistique pure des Abraxas lui est personnelle. Ses représentants les plus illustres ont donné naissance à des groupes imposants, ce sont : 1° Basilide. — Mage, initié à tous les mystères. 2° Valentin. — Chrétien possédant l’ésotérisme complet. Révélation de la tradition dans ses plus importantes divisions. 3° Les Ophites. — Dérivent du système précédent. 4° Le groupe sporadique avec Carpocrate. — 627 —
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1lyrs assure the success of a movement all the more rapidly the more numerous they are. Saint John, relegated to Patmos, outside all active struggle after a wholly apostolic career, writes the book of Revelation, the Apocalypse, and dies shortly afterward (101). Saint Peter and Saint Paul, the two practical realizers of Christianity, especially the latter, had already died as martyrs since the year 67, after a fierce struggle against the two rival doctrines, Polytheism and Gnosticism. From the year 33 until the Edict of Milan (313), which made Christianity the official religion of the Empire, definitively formulated by the Council of Nicaea in 325, there is nothing but bitter struggles against heresies and long chains of persecutions. Nero (64-68), Domitian (95), Trajan (106), Marcus Aurelius (166-177), Septimius Severus (199-204), Maximinus (235-238), Decius (250-252), Valerian (258-260), Aurelian (275), Diocletian (303-313) sought by every political means in their power to stifle the new doctrine, but without succeeding. On the other hand the ceaselessly arising heresies that had to be combated at every moment — there are certainly more than enough reasons to justify the rapid loss of the esoteric tradition by the Christians. This tradition is nevertheless still very much alive, though veiled: 1° In the mythological and wholly exoteric part of the legend of Christ; 2° In the sacred books, especially those of Saint John; 3° In the cult, revelation of the mysteries of the Essenes, and consequently of the Egyptians themselves. But the dominant character of Christianity will always be its political and militant side. Numerous schisms will subsequently arise, new heresies will ceaselessly be a subject of ardent controversy for the defenders of the new faith; the cult will follow in this the fatal law that seems to pursue every religious or philosophical movement. The tradition will indeed survive all these upheavals and all these struggles; but it will be lost to its holders, just as the meaning of the Sepher is lost to the Jews. It is not there, therefore, that we shall be able to follow its total transmission.
2Roman [Empire], it was the ruin of the entire secret organization of the initiations and regional faculties. In vain does Apuleius (120-190) unveil, in the admirable symbol of Psyche 1, the esotericism of the revelation of Orpheus, after having gone to instruct himself at the primitive sources by having himself initiated into the mysteries of Osiris. In vain does Ammonius Saccas found, in 193, this famous School of Alexandria, the last rampart of a world that casts a grandiose glow before sinking into nothingness; the polytheistic current, illustrated by Plotinus (205-270), Porphyry (233-304), Iamblichus (325), Proclus (480), etc., is definitively annihilated in 529 under the influence of the advances of triumphant Christianity. A philosophy, however elevated it may otherwise be, is always powerless to struggle against a seriously organized cult. This, then, is likewise not the current in which we shall be able to follow the esoteric tradition. We shall nonetheless find in it valuable indications concerning the secret ritual of the ancient mysteries, but nothing more. What then remains for us to consider? The Gnosis. THE GNOSIS The Gnosis is essentially a body of knowledge acquired through mysterious ways generally escaping known methods of instruction. The Gnostic current appears quite suddenly at the beginning of the second century and at once takes on very great importance. A revelation of the esoteric teachings kept until then locked within the sanctuaries, the Gnosis comes to ally Polytheism in its essence with the most profound mysteries revealed by Christianity. The Gnostics ally the mystical methods of calculation employed in the Kabbalah with the philosophical deductions from which the various religions are derived. Jesus had found in Apollonius a serious rival; but Jesus, victor over fatality through his contempt for death, had had no difficulty in retaining the victory, superior in virtue to Apollonius, despite the austerities and the lofty initiation of the latter. Saint Peter found a far more formidable adversary for himself in i. L'Âne d'Or d'Apulée. 40
3— 626 — Simon the Magus, generally considered the creator of the Gnosis jointly with Cerinthus. The doctrine revealed by these two superior men contains integrally all the data of esotericism; thus its success grows ever greater, at the same time as the various sects are created, each pursuing a particular point of the tradition. M. Matter, who has produced a very fine historical study on Gnosticism, divides it into five main groups, differing among themselves by certain doctrinal considerations, much as the various Christian sects do today. These groups are: 1° The primitive or Palestinian group, founded, curiously enough, almost entirely by Jews (non-Essene): Simon the Magus, Menander, Dositheus, Cerinthus belong to this group. 2° The Syriac group, which Saturninus and Bardesanes of Edessa represented. 3° The Egyptian group, the one that derives most directly from the mysteries, the one that retains the secret tradition more than all the others. The pure kabbalistic theory of the Abraxas belongs to it alone. Its most illustrious representatives gave rise to imposing groups, namely: 1° Basilides. — Magus, initiated into all the mysteries. 2° Valentinus. — Christian possessing complete esotericism. Revelation of the tradition in its most important divisions. 3° The Ophites. — Derive from the preceding system. 4° The sporadic group with Carpocrates. — 627 —
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