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1Ces traités dont la rédaction remonte en effet environ au second siècle de notre ère, n’avaient pour but que de soulager un peu la mémoire et d’aider la transmission orale. Ils étaient divisés en deux grandes classes : 1° Ceux qui traitaient du monde invisible, de l’âme et de ses pouvoirs ; de la psychurgie ; 2° Ceux qui traitaient de l’application des pouvoirs de l’àme à la nature ; delà théurgie et de l' alchimie. Des premiers, surtout philosophiques, nous possédons quelques fragments entièrement traduits par M. Louis Ménard L Des seconds nous possédons une foule de traités constituant les ouvrages d'Alchimie proprement dits. On s’accorde généralement à croire que toute la partie pratique de l’Occultisme est venue en Europe par les Arabes. Les Arabes n’ont apporté chez nous les sciences qu’ils avaient reçues des gnostiques restés en Egypte, que longtemps après la prédication de la Gnose en Europe. Or la Gnose comprenait une partie magique. Qu’on se rappelle les miracles d’Apollonius de Tyane, de Simon le Magicien et des autres gnostiques célèbres et l’on découvrira la véritable origine de cette philosophie hermétique, origine qui paraît si obscure au premier abord. L’Alchimie représente donc bien la voie de transmission de la Science Occulte à travers l’Occident, voilà pourquoi nous allons maintenant nous occuper des travaux et des théories de ceux qui s’intitulaient les fils d’Hermès. Nous aurons donc à voir successivement : 1° Le but exotérique des alchimistes. La pierre philosophale. Sa réalité et ce qu’on peut dire de sa préparation. 2° Les textes sur lesquels les alchimistes basent leurs opinions philosophiques. — La Table d’Emeraude et ses explications. 3° L’explication des histoires symboliques qu’on trouve dans les traités d’Alchimie. 4° Gomme exemple de ces applications nous donnerons m extenso la pratique de la préparation de la pierre philosophale écrite en style symbolique au xix0 siècle par Gyliani (vers 1831). 5° Enfin nous terminerons par quelques mots sur l’Alchimie à notre époque et ses partisans actuels. t. Louis Ménard, Hermès Trismégiste, 1 vol. in-8° couronné par l’Académie.
2II QU’ENTEND-ON PAH PIERRE PHILOSOPHALE? Cette question, si simple au premier aspect, est cependant assez difficile à résoudre. Ouvrons les dictionnaires sérieux, parcourons les graves compilations des rares savants qui ont daigné traiter ce sujet. La conclusion est assez facile à poser: Pierre Philosophale, transmutation des métaux, égale Ignorance , Fourberie , Folie. Si pourtant nous [réfléchissons qu’en somme, pour parler draps, mieux vaut aller au drapier qu’au docteur ès lettres,- l’idée nous viendra peut-être de voir ce que pensent les alchimistes de la question. Or, au milieu des obscurités voulues et des symboles nombreux qui remplissent leurs traités, il est un point sur lequel ils sont tous d’accord, c’est la définition et les qualités delà Pierre Philosophale. La Pierre Philosophale parfaite est une poudre rouge qui a la propriété de transformer toutes les impuretés de la nature. On croit généralement quelle ne peut servir, d’après les alchimistes, qu’à changer du plomb ou du mercure en or. C’est une erreur. La théorie alchimique dérive de sources bien trop spéculatives pour localiser ainsi ses effets. L’évolution étant une des grandes lois de la nature, ainsi que l’enseignait il y a plusieurs siècles l’hermétisme, la Pierre Philosophale fait e'yo/werrapidement ce que les formes naturelles mettent de longues années à produire, voilà pourquoi elle agit, disent les adeptes, sur les règnes végétal et animal aussi bien que sur le règne 'minéral et peut s’appeler médecine des trois règnes. La Pierre Philosophale est une poudre qui peut affecter plusieurs couleurs différentes suivant son degré de perfection mais qui, pratiquement, n’en possède que deux, blanche ou rouge.
3La véritable Pierre Philosophale est rouge. Cette poudre rouge possède trois vertus : 1° Elle transforme en or le mercure ou le plomb en fusion sur lesquels on en dépose une pincée; je dis en or et non en un métal qui s’en approche plus ou moins comme l’a cru, je ne sais pourquoi» un savant contemporain1. 2° Elle constitue un dépuratif énergique pour le sang et guérit rapidement, prise à l’intérieur, quelque maladie que ce soit ; 3° Elle agit de même sur les plantes en les faisant croître, mûrir et fructifier en quelques heures. Voilà trois points qui paraîtront bien fabuleux à beaucoup de gens, mais les alchimistes sont tous d’accord à ce sujet. Il suffit du reste de réfléchir pour voir que ces trois propriétés n’en constituent qu’une seule : renforcement de l’activité vitale. La Pierre Philosophale est donc tout simplement une condensation énergique de la Vie 2 dans une petite quantité de matière et elle agit comme un ferment sur le corps en présence desquels on la met. Il suffit d’un peu de ferment pour faire « lever » une grande masse de pain ; de même, il suffit d’un peu de Pierre Philosophale pour développer la vie contenue dans une matière quelconque, minérale, végétale ou animale. Voilà pourquoi les alchimistes appellent leur pierre : médecine des trois règnes. Nous savons maintenant' ce qu’est cette pierre philosophale, assez pour en reconnaître la description dans une histoire symbolique, et là doivent se borner nos ambitions. FABRICATION DE LA PIERRE PHILOSOPHALE 3 Voyons maintenant sa fabrication. Voici quelles sont les opérations essentielles : Tirer du mercure vulgaire un ferment spécial appelé par les alchimistes Mercure des philosophes. Faire agir ce ferment sur l’argent pour en tirer également un ferment. Faire agir le ferment du mercure sur l’or pour en tirer aussi du ferment. f. M. Berthelot. 2. Voy., dans le chapitre ni, l’Etude sur la Vie universelle. 3. Voy. le Traité de Cyliani à la fin de cette étude.
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1These treatises, whose composition indeed dates back to about the second century of our era, had as their sole purpose to relieve the memory somewhat and to aid oral transmission. They were divided into two great classes: 1° Those dealing with the invisible world, with the soul and its powers; with psychurgy; 2° Those dealing with the application of the powers of the soul to nature; hence theurgy and alchemy. Of the first, mostly philosophical, we possess a few fragments entirely translated by M. Louis Ménard. Of the second we possess a multitude of treatises constituting the works of Alchemy properly so called. It is generally agreed that the whole practical part of Occultism came to Europe by way of the Arabs. The Arabs brought us the sciences they had received from the gnostics who remained in Egypt only long after the preaching of the Gnosis in Europe. Now the Gnosis included a magical part. Let one recall the miracles of Apollonius of Tyana, of Simon the Magician and of the other famous gnostics, and one will discover the true origin of this hermetic philosophy, an origin that seems so obscure at first sight. Alchemy thus indeed represents the path of transmission of Occult Science across the West; that is why we shall now concern ourselves with the works and theories of those who styled themselves the sons of Hermes. We shall accordingly have to consider successively: 1° The exoteric aim of the alchemists. The philosopher's Stone. Its reality and what can be said of its preparation. 2° The texts on which the alchemists base their philosophical opinions. — The Emerald Table and its explanations. 3° The explanation of the symbolic stories found in the treatises on Alchemy. 4° As an example of these applications we shall give in full the practice of the preparation of the philosopher's Stone written in symbolic style in the xix0 century by Cyliani (around 1831). 5° Finally we shall conclude with a few words on Alchemy in our own time and its present-day partisans. t. Louis Ménard, Hermès Trismégiste, 1 vol. in-8° couronné par l'Académie.
2II WHAT IS MEANT BY THE PHILOSOPHER'S STONE? This question, so simple at first glance, is nevertheless rather difficult to resolve. Let us open the serious dictionaries, let us peruse the weighty compilations of the rare scholars who have deigned to treat this subject. The conclusion is fairly easy to reach: Philosopher's Stone, transmutation of metals, equals Ignorance, Trickery, Folly. Yet if we reflect that, in the end, to speak plainly, one had better go to the draper than to the doctor of letters, the idea may perhaps occur to us to see what the alchemists themselves think of the question. Now, amid the deliberate obscurities and the numerous symbols that fill their treatises, there is one point on which they are all in agreement: it is the definition and the properties of the Philosopher's Stone. The perfect Philosopher's Stone is a red powder that has the property of transforming all the impurities of nature. It is generally believed that it can serve, according to the alchemists, only to change lead or mercury into gold. This is an error. The alchemical theory derives from sources far too speculative to localize its effects in this way. Evolution being one of the great laws of nature, as hermeticism taught many centuries ago, the Philosopher's Stone rapidly brings about what natural forms take long years to produce; this is why it acts, say the adepts, upon the vegetable and animal kingdoms just as well as upon the mineral kingdom, and may be called the medicine of the three kingdoms. The Philosopher's Stone is a powder that can take on several different colors depending on its degree of perfection, but which, practically speaking, has only two, white or red.
3The true Philosopher's Stone is red. This red powder possesses three virtues: 1° It transforms into gold the mercury or lead in fusion upon which a pinch of it is deposited; I say into gold and not into a metal that more or less approaches it, as a contemporary scholar has believed, for reasons I do not know1. 2° It constitutes an energetic purifier for the blood and cures rapidly, taken internally, whatever illness it may be; 3° It likewise acts upon plants, making them grow, ripen and bear fruit within a few hours. These are three points that will seem quite fabulous to many people, but the alchemists are all in agreement on this subject. It suffices, moreover, to reflect a little to see that these three properties constitute but a single one: the reinforcement of vital activity. The Philosopher's Stone is thus simply an energetic condensation of Life 2 within a small quantity of matter, and it acts like a ferment upon the bodies in whose presence it is placed. A little ferment suffices to make a large mass of bread 'rise'; likewise, a little Philosopher's Stone suffices to develop the life contained within any matter whatsoever, mineral, vegetable or animal. This is why the alchemists call their stone: medicine of the three kingdoms. We now know what this philosopher's stone is, enough to recognize its description within a symbolic story, and there our ambitions must stop. PREPARATION OF THE PHILOSOPHER'S STONE 3 Let us now see its preparation. Here are the essential operations: To draw from common mercury a special ferment called by the alchemists the Mercury of the philosophers. To make this ferment act upon silver so as to draw likewise a ferment from it. To make the ferment of the mercury act upon gold so as to draw ferment from it as well. f. M. Berthelot. 2. See, in chapter iii, the Study on Universal Life. 3. See the Treatise of Cyliani at the end of this study.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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