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1— 439 — Thalinud, au nombre de cinq. Ils s’occupèrent seulement de la traduction des livres de Moïse sans s’inquiéter des additions d’Esdras. Mais les Juifs répandus en Égypte et dans la Grèce ayant oublié le dialecte araméen dans lequel étaient écrits leurs Targums adoptèrent la traduction grecque de la Bibliothèque d’Alexandrie et joignirent à ce travail une traduction des additions d’Esdras. Us envoyèrent le tout à Jérusalem pour être approuvé. Le sanhédrin accueillit leur demande, et, comme ce tribunal se trouvait alors composé de soixante-dix juges, conformément à la loi1, cette version en reçut le nom de Version des Septante , c’est-à-dire approuvé par les Septante 2. Telle est l’origine de la Bible. C’est une copie en langue grecque des écritures hébraïques, où les formes matérielles du Sepber de Moïse sont assez bien conservées pour que ceux qui ne voient rien au delà n'en puissent pas soup- çonner les formes spirituelles 3. 6. — LE CHRISTIANISME. La Vulgate de saint Jérôme. C’est alors que la Providence voulant changer la face du monde, suscita Jésus. La diffusion rapide du christianisme secoue un peu la torpeur des Juifs. Le texte grec étant considéré par les apô- tres comme « inspiré », de violentes discussions s’élevèrent dans les deux camps. C’est à ce moment que naquirent une série de protestantismes décorés du nom d’hérésies et 1. Sepher, 1. IV, c. n, v, xvi. Elias Levita, in Thisbi. 2. Fabre d’Olivet, op. cit ., p. 41. 3. Fabre d’Olivet, p. 41. — MO
2professés par Valentin, Basilide, Marcion, Appelles, Bardesane et Manès. Les Pères de l’Eglise cherchent à répondre de leur mieux à toutes ces attaques par des explications ambiguës; l’un d’eux, saint Jérôme, voulut remédier aux défauts de la version des hellénistes et, croyant remonter à la source du mal, se mit à apprendre l’hébreu. Un toile général s’éleva à cette nouvelle dans toute l’Eglise chrétienne. Saint Jérome continue son travail tout en s’inclinant devant ses adversaires. C’est alors que le traducteur s’aperçoit que les Juifs eux-mêmes ont perdu le sens de l’hébreu et n’ont pour tout lexique que cette version des hellénistes qu’il voulait justement réformer. C’était un cercle vicieux. Quel est donc le résultat du travail de saint Jérôme? Une nouvelle traduction de la Bible grecque, faite dans un latin un peu moins barbare que les traductions précédentes, et confrontée avec le texte hébraïque, sous le rapport des formes littérales. Saint Jérôme ne pouvait pas faire davantage. Eût-il pénétré dans les principes les plus intimes de l’hébreu ; le génie de cette langue se fût-il dévoilé à ses yeux, il aurait été contraint par la force des choses, ou de se taire, ou de se renfermer dans la version des hellénistes. Cette version jugée le fruit d’une inspiration divine, dominait les esprits de telle sorte, qu’il fallait se perdre comme Marcion, ou la suivre dans son obscurité nécessaire. Voilà quelle est la traduction latine qu’on appelle ordinairement la Vulgate '. Les versions que ces trois religions (catholique, musulmane, judaïque) possèdent, sont toutes faites dans l’esprit 1. F. d’Ohvet, p. 41, (. 1. 441
3de celle des hellénistes qui leur a servi de modèle : c’est- à-dire qu’elles livrent, avec les formes extérieures de l’ouvrage de Moïse, seulement le sens le plus grossier et le plus matériel, celui que ce thêocrate avait destiné à servir de voile au sens spirituel dont il réservait la connaissance aux initiés *. 7. — FABRE D OLIVET. La traduction correcte. Depuis saint Jérôme jusqu’à nos jours c’est sur ces textes de traductions erronées d’un livre dont le sens est toujours ignoré des clergés que s’élevèrent toutes les discussions. On voit de suite leur inanité, on voit l’erreur des savants qui accusent d’ignorance et de naïveté les prêtres, forcés de défendre des textes ridicules dont aucune idée n’a jamais germé dans le cerveau du fondateur de la tradition occidentale, le prêtre égyptien Moïse. tl a fallu les immenses travaux de Fabre d’Olivet pour retrouver une partie des trésors perdus et le clergé a tellement l’amour de ses erreurs qu’il a récompensé ce savant en mettant son œuvre a l’index1 2. C’est là un grand honneur pour d’Olivet comme pour tous ceux sur qui daignefrapper la sainte congrégation au xix° siècle. Être mis à Y Index à notre époque par cette sainte collection d’ignorants fanatiques, c’est en effet obtenir un brevet de savoir et d’indépendance d’autant plus méritoire qu’il est accordé de meilleure grâce. Quoi qu’il en soit, résumons les travaux de d’Olivet par ce qu’il en dit lui-même. « Dans quelque langue qu’on tourne la Bible c’est tou- 1. Fabre d’Olivet, Lang, hcl . restil., L II, p. 7. 2. Voy. le Dict. Bouillet, article, Fabre d'Olivet.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1— 439 — Talmud, five in number. They occupied themselves only with the translation of the books of Moses without concerning themselves with Ezra's additions. But the Jews scattered throughout Egypt and Greece, having forgotten the Aramaic dialect in which their Targums were written, adopted the Greek translation of the Library of Alexandria and joined to this work a translation of Ezra's additions. They sent the whole to Jerusalem to be approved. The Sanhedrin welcomed their request, and, as this tribunal was then composed of seventy judges, in accordance with the law1, this version received from it the name Version of the Seventy, that is to say approved by the Seventy 2. Such is the origin of the Bible. It is a copy in the Greek language of the Hebrew writings, in which the material forms of Moses's Sepher are quite well preserved, so that those who see nothing beyond them cannot suspect their spiritual forms 3. 6. — CHRISTIANITY. The Vulgate of Saint Jerome. It was then that Providence, wishing to change the face of the world, raised up Jesus. The rapid spread of Christianity shakes somewhat the torpor of the Jews. The Greek text being regarded by the apostles as 'inspired,' violent discussions arose in the two camps. It was at this moment that there arose a series of protestantisms decorated with the name of heresies and 1. Sepher, 1. IV, c. n, v, xvi. Elias Levita, in Thisbi. 2. Fabre d'Olivet, op. cit ., p. 41. 3. Fabre d'Olivet, p. 41. — MO
2professed by Valentinus, Basilides, Marcion, Apelles, Bardesanes and Manes. The Fathers of the Church seek to respond as best they can to all these attacks with ambiguous explanations; one of them, Saint Jerome, wished to remedy the defects of the Hellenists' version and, believing he was going back to the source of the evil, set himself to learn Hebrew. A general outcry arose at this news throughout the whole Christian Church. Saint Jerome continues his work while yielding somewhat to his adversaries. It is then that the translator perceives that the Jews themselves have lost the meaning of Hebrew and have for their whole lexicon only this version of the Hellenists which he precisely wished to reform. It was a vicious circle. What then is the result of Saint Jerome's work? A new translation of the Greek Bible, made in a Latin somewhat less barbarous than the preceding translations, and checked against the Hebrew text, as regards its literal forms. Saint Jerome could not do more. Had he penetrated into the most intimate principles of Hebrew; had the genius of this language been unveiled to his eyes, he would have been constrained by the force of circumstances either to fall silent, or to confine himself within the Hellenists' version. This version, deemed the fruit of a divine inspiration, dominated minds to such a degree that one had to go astray like Marcion, or follow it into its necessary obscurity. Such is the Latin translation ordinarily called the Vulgate. The versions that these three religions (Catholic, Muslim, Judaic) possess are all made in the spirit 1. F. d'Ohvet, p. 41, (. 1. 441
3of that of the Hellenists which served them as a model: that is to say that they deliver, along with the exterior forms of Moses's work, only the coarsest and most material sense, the one that this theocrat had intended to serve as a veil for the spiritual sense whose knowledge he reserved for the initiates *. 7. — FABRE D'OLIVET. The correct translation. From Saint Jerome down to our own days it is on these texts of erroneous translations of a book whose meaning has always been unknown to the clergies that all the discussions have arisen. One sees at once their futility, one sees the error of the scholars who accuse of ignorance and naivety the priests, forced to defend ridiculous texts of which no idea ever germinated in the brain of the founder of the Western tradition, the Egyptian priest Moses. It took the immense labors of Fabre d'Olivet to recover a part of the lost treasures, and the clergy has so great a love for its errors that it rewarded this scholar by placing his work on the Index1 2. This is a great honor for d'Olivet, as for all those on whom the holy congregation deigns to strike in the xix century. To be placed on the Index in our day by this holy collection of fanatical ignoramuses is indeed to obtain a certificate of knowledge and independence all the more meritorious for being granted with better grace. However that may be, let us summarize d'Olivet's labors in his own words. 'In whatever language one turns the Bible it is always 1. Fabre d'Olivet, Lang, hcl . restil., L II, p. 7. 2. Voy. le Dict. Bouillet, article, Fabre d'Olivet.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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