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One moment.
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1matière évolue à travers les règnes de la nature et les races humaines vers l’Esprit. Cette évolution, connue de toute l’antiquité dans l’Inde, vient à peine d’être découverte par les savants occidentaux. Mais réciproquement l’esprit hwolue vers la matière dans des conditions déterminées. L’évolution n’a jamais lieu sur la même planète dans un même âge. Ainsi l’animal est bien un végétal évolué, mais jamais, au grand jamais, on ne peut voir sur la terre un végétal devenir animal. Cette transformation s’opère dans le monde invisible, entre les grands cycles, et porte non sur le corps lui-même, mais sur ce qui fabriquera le nouveau corps matériel. De même que l’homme, chaque système solaire naît, vit, pense et meurt. Les âges exacts d’un Univers sont mathématiquement déterminés par les Brahmanes indiens. Les personnes désireuses d’approfondir ces questions pourront prendre connaissance de toute la littérature qui traite de ces questions1. La place nous manque pour détailler davantage et nous renvoyons le lecteur aux conclusions des six sections d’occultisme, où il trouvera tous les détails complémentaires. RÉSUMÉ Terminons ici l’exposé des théories générales des diverses écoles représentées au Congrès. Comme il est facile de le voir, les théories du spiritisme sont les mêmes que celles de l’occultisme; mais en moins détaillé. La portée des enseignements du spiritisme est par suite plus grande, puisqu’il peut être compris par un bien plus grand nombre de personnes. Les enseignements, même théo- 1. Surtout l'Essai sur la Philosophie bouddhique d’Augustin Chaboseau.
2— 360 — riques, de l’occultisme sont, de par leur complication même, réservés aux cerveaux pliés à toutes les difficultés des conceptions abstraites. Mais au fond c’est une doctrine identique qu’enseignent les deux grandes écoles. Nous venons de nous occuper beaucoup des rapports des vivants et des morts. Il serait temps de revenir à notre étude véritable et de voir quelle destinée attend l’âme après la mort. L’être, une fois désincarné, n’a pas à subir de jugement de la part d’un Dieu plus ou moins anthropomorphe. Ses actions et ses pensée constituent l’origine d’un mouvement déterminé par lui-même. Après la mort le repos commence donc, repos dans lequel sont réalisés tous les désirs de bonheur imaginés par l’être qui vient de naître à la vie psychique. Chacun se crée donc un Paradis à sa fantaisie entre chaque incarnation. Dans cet état l’être arrivé à un certain degré de supériorité intellectuelle pourrait se souvenir, si l’on en croit la tradition ésotérique, de ses deux ou trois existences précédentes. Ce n’est que quand cet être a évolué à travers toutes les races dans toutes les planètes d’une chaîne, ce n’est qu’au moment où la dernière planète entre en repos et où l’Univers lui-même va s’anéantir dans le grand sommeil qui précédera sa renaissance, que l’être humain peut avoir conscience de toutes ses incarnations antérieures et en mesurer les mérites et les démérites, source de son avenir dans l’éternité qui commence pour lui ! Cette idée de l’évolution progressive met fin à toutes les conceptions plus ou moins profondes des théologies sur le — 361
3Ciel et l’Enfer. Aussi ne saurions-nous mieux terminer ce chapitre que par la spirituelle critique des divers Paradis faite par l’auteur de Nos Bêtises , le philosophe Eugène Nus. LE PÈRE ÉTERNEL EN TOURNÉE — Tiens! dit le bon Dieu au directeur général de la voie lactée, qu’est-ce que c’est que cette petite machine, là- bas ? Je ne l’avais pas encore aperçue. — Seigneur, répondit le haut fonctionnaire, il y a quelques milliers de siècles que vous n'êtes venu visiter ces parages, et, depuis ce temps, nos soleils ont fait des petits. — Celui-là me paraît assez mal conformé, fit observer le Père éternel. — Ce n’est pas, il est vrai, le mieux venu de la famille, et il va de mal en pis, depuis que l’homme y a poussé. — Ah! ah ! fit le bon Dieu. — J’ai même été sur le point de supprimer radicalement cette espèce qui provient évidemment d’un germe défectueux. — Ne soyons pas radicaux, dit le Créateur de toutes choses. — Je sais, Père suprême, que vous n’aimez pas les moyens violents. Pourtant, je n’ai pas voulu prendre sur moi de laisser circuler une houle qui donne le mauvais exemple aux autres, sans demander l’avis du grand conseil des constellations. Toutes, sauf le Scorpion, ont opiné pour la patience. — Il en faut, et beaucoup, soupira l’auteur des mondes. Voilà une éternité que j’attends Inachèvement de mon œuvre, et elle recommence tous les matins. Il paraît que je ne me reposerai jamais.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1matter evolves through the kingdoms of nature and the human races toward Spirit. This evolution, known throughout antiquity in India, has only just been discovered by Western scholars. But reciprocally, spirit evolves toward matter under determined conditions. Evolution never takes place on the same planet in the same age. Thus the animal is indeed an evolved plant, but never, absolutely never, can one see on earth a plant become an animal. This transformation takes place in the invisible world, between the great cycles, and bears not on the body itself, but on that which will fabricate the new material body. Just as man does, every solar system is born, lives, thinks and dies. The exact ages of a Universe are mathematically determined by the Indian Brahmins. Persons desirous of going deeper into these questions may acquaint themselves with all the literature that deals with these questions1. Space fails us to detail further and we refer the reader to the conclusions of the six sections of occultism, where he will find all the complementary details. SUMMARY Let us end here the exposition of the general theories of the various schools represented at the Congress. As is easy to see, the theories of spiritism are the same as those of occultism, but less detailed. The scope of spiritism's teachings is consequently greater, since it can be understood by a far greater number of people. The teachings, even theo- 1. Especially the Essai sur la Philosophie bouddhique by Augustin Chaboseau.
2— 360 — theo-retical, of occultism are, by their very complication, reserved for minds bent to all the difficulties of abstract conceptions. But basically it is an identical doctrine that the two great schools teach. We have just been much occupied with the relations of the living and the dead. It would be time to return to our true study and see what destiny awaits the soul after death. The being, once disincarnated, does not have to undergo judgment on the part of a more or less anthropomorphic God. His actions and his thoughts constitute the origin of a movement determined by himself. After death rest thus begins, a rest in which are realized all the desires of happiness imagined by the being who has just been born to psychic life. Each one thus creates for himself a Paradise to his fancy between each incarnation. In this state the being who has reached a certain degree of intellectual superiority could remember, if we are to believe esoteric tradition, two or three of his previous existences. It is only when this being has evolved through all the races on all the planets of a chain, it is only at the moment when the last planet enters repose and when the Universe itself is about to annihilate itself in the great sleep that will precede its rebirth, that the human being can become conscious of all his previous incarnations and measure their merits and demerits, source of his future in the eternity that begins for him! This idea of progressive evolution puts an end to all the more or less profound conceptions of theologies on the — 361
3Heaven and Hell. Nor could we better close this chapter than with the witty critique of the various Paradises made by the author of Nos Bêtises, the philosopher Eugène Nus. THE ETERNAL FATHER ON TOUR — Well now! said the good Lord to the general director of the Milky Way, what is that little machine over there? I hadn't noticed it yet. — Lord, replied the high official, it has been several thousand centuries since you came to visit these parts, and, since that time, our suns have had little ones. — That one seems rather poorly formed, observed the Eternal Father. — It is not, it's true, the best-turned-out of the family, and it's going from bad to worse, ever since man sprang up on it. — Ah! ah! said the good Lord. — I even came close to radically suppressing this species, which evidently comes from a defective germ. — Let us not be radical, said the Creator of all things. — I know, Supreme Father, that you do not like violent means. Yet I did not want to take it upon myself to let a swell circulate that sets a bad example for the others, without asking the opinion of the great council of the constellations. All of them, except Scorpio, voted for patience. — Patience is needed, and plenty of it, sighed the author of the worlds. Here is an eternity that I have been waiting for the completion of my work, and it starts over again every morning. It seems I shall never rest.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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