Fetching
One moment.
Fetching
One moment.
1III INFLUENCE DE LA KABBALE SUR LA PHILOSOPHIE Cette partie du livre de M. Franck est forcément très remarquable. La profonde érudition de Fauteur ne pouvait manquer de lui fournir de précieuses sources et des rapprochements instructifs et nombreux au sujet de l’influence de la Kabbale dans les systèmes philosophiques postérieurs. La doctrine de Platon est d’abord envisagée à ce point de vue. Après quelques points de contact, M. Franck conclut à l’impossibilité de la création de la Kabbale par des disciples de Platon. Mais le contraire ne serait-il pas possible? Si, ainsi que nous lavons dit à propos de l’antiquité de la tradition, la Kabbale n’est que la traduction hébraïque de ces vérités traditionnelles enseignées dans tous les temples et surtout en Égypte, qu’y a-t-il d'impossible à ce que Platon ne se soit fortement inspiré non pas de la Kabbale elle-même, telle que nous la connaissons aujourd’hui, mais de cette philosophie primordiale origine de la Kabbale? Qu’allaient donc faire tous ces philosophes grecs en Égypte et qu’apprenaient-ils dans l’Initiation aux mystères d’Isi s ? C’est là un point que la critique universitaire devrait bien éclaircir. Imbu de son idée de l’origine de la Kabbale au commencement t. Voy. à ce sujet le travail de Stanislas de Guaita dans le Lotus et Louis Lucas, Chimie nouvelle, Introduction. - 553 —
2de l’ère chrétienne, M. Franck compare avec la tradition la philosophie néo-platonicienne d.' Alexandrie, et conclut que ces doctrines sont sœurs et émanées d'une même origine. L’étude de la doctrine de Philon , dans ses rapports avec la Kabbale, ne montre pas non plus l'origine de la tradition (chap. m). Le Gnosticisme, analysé dans le chapitre suivant, présente de remarquables similitudes avec la Kabbale, mais n’en peut être non plus l’origine. C’est la religion des Perses qui est pour M. Franck le rara avis tant cherché, le point de départ de la doctrine kabbalistique. Or, il suffit de parcourir le chapitre ix d'un livre trop peu connu de nos savants : la Mission des Juifs de Saint-Yves d’Alveydre pour y trouver résumée au mieux l’application de la tradition ésotérique aux divers cultes antiques, y compris celui de Zoroastre. Mais ce sont là des points d’histoire qui ne seront universitairement connus que dans quelque vingt ans, aussi attendons-nous avec patience cette époque. Nous avons dit déjà l’opinion des occultistes contemporains sur l’origine de la Kabbale. Inutile donc d’y revenir. Rappelons seulement l’influence de la tradition ésotérique sur Orphée, Pytbagore, Platon, Aristote et toute la philosophie grecque d’une part, sur Moïse, Ézéchiel et les prophètes hébreux de l’autre, sans compter l’école d’Alexandrie, les sectes gnostiques et le christianisme ésotérique dévoilée dans V Apocalypse de saint Jean ; rappelons tout cela, et disons rapidement quelques mots de l’influence qu’a pu exercer la tradition sur la philosophie moderne. Les Alchimistes, les Rose-Croix et les Templiers sont trop connus comme kabbalistespour en parler autrement. Il suffît à ce propos de signaler la grande réforme philosophique produite par VArs Magna de Raymond Lulle. Spinosa a beaucoup étudié la Kabbale, et son système se ressent au plus haut point de cette étude, ainsi que du reste l’a fort bien vu M. Franck. Un point d’histoire moins connu, c’est que Leibniz a été initié aux traditions ésotériques par Mercure Yan Helmont, le fils du célèbre occultiste, savant remarquable lui-même. L’auteur de la Monadologie a été aussi en rapports très suivis avec les Rose-Croix. La philosophie allemande touche du reste par bien des points à la Science Occulte, c’est un fait connu de tous les critiques. Signalons en dernier lieu la Franc-Maçonnerie qui possède encore de nombreuses données kabbalistiques.
3CONCLUSION Nous avons voulu, tout en analysant l'œuvre remarquable et désormais indispensable de M. Franck, résumer chemin faisant l’opinion des Kabbalistes contemporains sur cette importante question. Nous ne différons d’opinion avec M. Franck que sur l’origine de cette tradition. Les savants contemporains ont une tendance à placer au second siècle de notre être le point de départ de la Science Occulte dans toutes ses branches. C’est l’avis de notre auteur au sujet de la Kabbale, c’est aussi l’avis d’un autre savant éminent, M. Berthelot, au sujet de l’alchimie1 2. Ces opinions viennent de la difficulté qu’éprouvent les critiques autorisés à consulter les sources véritables de l’Occultisme. Un symbole n’est pas considéré comme une preuve de la valeur d’un manuscrit; mais prenons patience et l’une des plus intéressantes branches de la Science, l’Archéologie, fournira bientôt de précieuses indications dans cette voie aux chercheurs sérieux. • Quoi qu'on en dise, l’Occultisme a bien besoin d’être un peu étudié par nos savants; ceux-ci apportent dans cette étude leurs préjugés, leurs convictions toutes faites; mais ils apportent aussi des qualités bien rares et bien précieuses : leur érudition et leur amour de la méthode. Il est désolant pour les chercheurs consciencieux de constater l’ignorance étrange que beaucoup de partisans de la Science Occulte ont de nos sciences exactes. Il faut cependant mettre hors de cause à ce sujet les Kabbalistes contemporains comme Stanislas de Guaita, Joséphin Péladan, Albert Jhouney. La Science Occulte ne forme que le degré synthétique, métaphysique de notre science positive et ne peut vivre sans son appui, ainsi que l’a montré, dans le n° 8 de Y Initiation* , un savant doublé d’un remarquable occultiste, M. F. Ch. Barlet. La réédition du livre de M. Franck constitue donc un véritable événement pour la révélation des doctrines qui nous sont chères à tous, et nous ne pouvons que remercier bien vivement l’auteur du courage et de la patience qu’il a déployés dans l’étude de si arides 1. Berthelot, Des Origines de l'Alcliimie , 1886, in-8°. 2. Cours méthodique de' Science Occulte.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1III INFLUENCE OF THE KABBALAH ON PHILOSOPHY This part of M. Franck's book is necessarily very remarkable. The author's profound erudition could not fail to furnish him with precious sources and numerous instructive comparisons concerning the influence of the Kabbalah on later philosophical systems. Plato's doctrine is examined first from this point of view. After a few points of contact, M. Franck concludes that it is impossible for the Kabbalah to have been created by disciples of Plato. But might not the contrary be possible? If, as we have said regarding the antiquity of the tradition, the Kabbalah is nothing but the Hebrew translation of these traditional truths taught in all the temples and especially in Egypt, what is there impossible about Plato having drawn strong inspiration not from the Kabbalah itself, as we know it today, but from that primordial philosophy which is the origin of the Kabbalah? What then were all these Greek philosophers going to Egypt for, and what did they learn in the Initiation into the mysteries of Isis? This is a point that university criticism ought to clarify. Imbued with his idea of the origin of the Kabbalah at the beginning t. See on this subject the work of Stanislas de Guaita in Lotus, and Louis Lucas, Chimie nouvelle, Introduction. - 553 —
2of the Christian era, M. Franck compares with the tradition the neo-Platonic philosophy of Alexandria, and concludes that these doctrines are sisters and emanated from the same origin. The study of Philo's doctrine, in its relations with the Kabbalah, likewise does not show the origin of the tradition (chap. m). Gnosticism, analyzed in the following chapter, presents remarkable similarities with the Kabbalah, but cannot be its origin either. It is the religion of the Persians which is, for M. Franck, the long-sought rara avis, the point of departure of kabbalistic doctrine. Now, it suffices to go through chapter ix of a book too little known to our scholars: la Mission des Juifs by Saint-Yves d'Alveydre, to find there best summarized the application of the esoteric tradition to the various ancient cults, including that of Zoroaster. But these are points of history that will not be academically recognized for some twenty years yet, so let us wait patiently for that time. We have already given the opinion of contemporary occultists on the origin of the Kabbalah. No need, then, to return to it. Let us merely recall the influence of the esoteric tradition on Orpheus, Pythagoras, Plato, Aristotle and all of Greek philosophy on the one hand, on Moses, Ezekiel and the Hebrew prophets on the other, not to mention the school of Alexandria, the gnostic sects, and the esoteric Christianity unveiled in Saint John's Apocalypse; having recalled all this, let us say quickly a few words about the influence that the tradition may have exerted on modern philosophy. The Alchemists, the Rose-Croix and the Templars are too well known as kabbalists to need further comment. It suffices in this connection to point out the great philosophical reform produced by the Ars Magna of Raymond Lulle. Spinoza studied the Kabbalah a great deal, and his system shows the mark of this study to the highest degree, as M. Franck himself has clearly seen. A less well-known point of history is that Leibniz was initiated into the esoteric traditions by Mercure van Helmont, the son of the celebrated occultist, himself a remarkable scholar. The author of the Monadology was also in close and continuous relations with the Rose-Croix. German philosophy, moreover, touches Occult Science at many points, a fact known to all critics. Let us note lastly Freemasonry, which still possesses numerous kabbalistic data.
3CONCLUSION In analyzing the remarkable and henceforth indispensable work of M. Franck, we have wished to summarize along the way the opinion of contemporary Kabbalists on this important question. We differ in opinion from M. Franck only on the origin of this tradition. Contemporary scholars have a tendency to place at the second century of our era the point of departure of Occult Science in all its branches. This is the opinion of our author regarding the Kabbalah; it is also the opinion of another eminent scholar, M. Berthelot, regarding alchemy1 2. These opinions arise from the difficulty that authorized critics have in consulting the true sources of Occultism. A symbol is not regarded as proof of the value of a manuscript; but let us be patient, and one of the most interesting branches of Science, Archaeology, will soon furnish precious indications along this path to serious researchers. • Whatever may be said of it, Occultism has real need of being studied a little by our scholars; the latter bring to this study their prejudices, their ready-made convictions; but they also bring qualities that are quite rare and quite precious: their erudition and their love of method. It is distressing for conscientious researchers to observe the strange ignorance that many partisans of Occult Science have of our exact sciences. One must, however, exempt from this reproach contemporary Kabbalists such as Stanislas de Guaita, Joséphin Péladan, Albert Jhouney. Occult Science forms only the synthetic, metaphysical degree of our positive science and cannot live without its support, as has been shown, in n° 8 of l'Initiation*, by a scholar coupled with a remarkable occultist, M. F. Ch. Barlet. The reissue of M. Franck's book thus constitutes a true event for the revelation of doctrines dear to us all, and we can only warmly thank the author for the courage and patience he has displayed in the study of such arid 1. Berthelot, Des Origines de l'Alchimie , 1886, in-8°. 2. Cours méthodique de' Science Occulte.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
No commentary for this page.