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124 Lycurgue, Solon, Pytliagore, Platon, vous verrez mentionner leur voyage en Egypte, à tous, et leur séjour dans les temples pour compléter leur instruction1. Le procédé de préparation des momies indique de profondes connaissances chimiques et n’a pu être retrouvé. Il en est de même du ciment employé alors pour les monuments. Afin de résumer au mieux le chapitre de Dutens consacré à la chimie des anciens, je diviserai cette énumération en trois parties : 1° Chimie générale; 2° Chimie médicinale; 3° Chimie industrielle. Si je cite toujours Dutens c’est que j’ai vérifié ses citations dans les textes et qu’il a passé la plus grande partie de sa vie dans ces recherches. Je juge inutile de refaire son travail et je croirais malhonnête de ne pas rendre à ce savant ce qui lui est dû, d’autant plus que ses immenses travaux sont presque inconnus. Chimie générale. — Les alkalis et les acides étaient parfaitement connus des anciens. Le sel alkali signifie proprement ce sel tiré, par l’action du feu, d’une plante égyptienne appelée Kali; mais comme on en tire aussi, quoiqu’en moins grande quantité, des autres végétaux, les chimistes entendent par ce mot tous les sels qui, comme celui de cette plante, attirent les acides. Aristote en parle et dit « qu’en Ombrie les cendres de joncs et de roseaux brûlés, cuites dans l’eau, donnent une grande quantité de sels » 2. 1. Profectus est in Egyptum Orphæus, Mus eus, Dædulus, Homerus, Lycurgus, Solon, Plato, Pythagoras, Eudoxus, Democritus Abderites ; hi in Ægypto cette perceperunt omnia quæ apud Græcos fecere admirabilia. (Diod. Sicul., lib. I, p. 86). (Hannoviæ 1604, 2 vol. in-fol., édit. Wechel). Voyez aussi Dutens, p. 178. 2. Aristoteles, Meteor, lib. II, c. ni. — 25 —
2Théophraste avait observé la même chose en Ombrie1. C’était au « mélange des alkalis avec les acides » que Platon attribuait la cause des effervescences2. Salomon sur le même sujet cite comme exemple « l’effet du vinaigre sur le nitre » des anciens3. Pline, Slrabon, Vitruve, Dioscorides, nous prouvent encore que les Égyptiens connaissaient « toutes les différentes manières de faire le sel, le nitre et l’alun ainsi que le sel ammoniac 4 5 6. Chimie médicinale. — Le litharge d’argent, la rouille de fer, l’alun calciné étaient employés pour guérir les ulcères, les coupures, les furoncles, les fluxions des yeux, etc. Les Égyptiens savaient extraire l’huile et préparer l’opium dont ils faisaient usage pour calmer les grandes douleurs du corps., ou bannir de la mémoire les grands chagrins3. Homère paraît avoir eu ce dernier en vue lorsqu’il dit qu’Hélène fit prendre à Télémaque d’une drogue qui avait ces propriétés G.- Enfin, pour terminer sur ce sujet, rappelons que d’après Dioscorides les emplâtres et les collyres des Égyptiens c étaient faits avec le « plomb brûlé, la céruse, le vert-degris et l’antimoine brûlé » tout comme en 1890. Chimie industrielle. — On sait aujourd’hui partout que les anciens connaissaient au mieux la métallurgie, aussi n’en parlerons-nous pas. 1. Plinius, lib. XXXI, c. vii. 2. Plato, Timæus, Hancm passionum causse ücida qualitas appelatus. 3. Proverb., c. xxv, v. 20. 4. Plin., lib. XXXI, c. vu; lib, XXXI, c; xxn et 46; lib. XXXV, c. xv; Strabon, lib. XVII, p. 552-556 (édit. Casaille); Vitius, lib. VIII, c. ni.; Dioscorides, lib. V, c. cxxiîi. 5. Diod. Sicul., lib. I, p. 87-88; Plin., lib. XXI, c. xxi. 6. Odyssea, <J. V. 221. — 26 —
3Citons pour mémoire le procédé «• pour tirer le vif argent du cinabre, qui est une description exacte de la distillation’ ». Le cristal taillé devait leur çtre connu si l’on en' croit l’empereur Adrien écrivant au consul en lui envoyant « trois coupes d’un verre très curieux qui, comme le col d’un pigeon, avait la propriété de réfléchir différentes- couleurs, étant vues dans un sens différent2 ». Enfin voici ce que dit Dulens à ce propos (p. 182) : « Cet art de contrefaire les pierres précieuses n’était pas particulier aux Egyptiens seuls ; les Grecs, qui le tenaient à la vérité de ces grands maîtres, étaient aussi fort entendus dans cette branche de la chimie; ils savaient donner à un cristal composé les teintures des différentes pierres fines qu’ils voulaient imiter. Pline 3, Théophraste4 et plusieurs autres en citent quelques exemples que je rapporte ci-dessous et dont les plus remarquables étaient leurs succès à imiter parfaitement les rubis, les hyacinthes, les émeraudes et les saphirs 5. » Au point de vue encore plus utile les Egyptiens avaient « l'art de faire éclore des œufs de poule, d’oie, ou de toute autre volaille, en toutes saisons et par différents moyens 6 7. La bière leur était parfaitement connue comme le montrent Diodore de Sicile1, Pline8 et Dioscorides9. 1. Dioscorides, lib. V, c. ex, et Vilrurius, lib. VII, c. vin. 2. Flav. Vopiscus Syracusius ex Adrian. Imperatur. Epistol. in Saturnino. Augustæ. Histor. Scriptor, p. 723, édit. 8. 3. Plin. Hist. Nat., lib. XXXVI, c. xxv.i, sect. LXVII. 4. Throphrastes, De Lapidibus. Plin., lib. LVII, c. ix, sect. XXXVIII. 5. Seneca, Epist. 90, De Democrito. 6. Aristoteles, Hist. Anima., lib. VI, c. ii et Flav. Vopiscus, Satnrni, p. 727. 7. Diod. Sicul., lib. I, p. 17 et 31. 8. Plin., lib. XIII, c. v. 9. Plin., lib. II, c. ex et cix.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
124 Lycurgus, Solon, Pythagoras, Plato — you will find, in every case, their journey to Egypt mentioned, and their stay in the temples to complete their instruction1. The process for preparing mummies indicates profound chemical knowledge and could not be rediscovered. The same is true of the cement then used for monuments. To sum up as best as possible the chapter of Dutens devoted to the chemistry of the ancients, I shall divide this enumeration into three parts: 1° General chemistry; 2° Medicinal chemistry; 3° Industrial chemistry. If I constantly cite Dutens, it is because I have verified his citations against the texts, and because he spent the greater part of his life on this research. I judge it useless to redo his work, and I would think it dishonest not to render to this scholar what is his due, all the more since his immense labors are almost unknown. General chemistry. — Alkalis and acids were perfectly well known to the ancients. The alkali salt properly means that salt drawn, by the action of fire, from an Egyptian plant called Kali; but since it is also drawn, though in smaller quantity, from other plants, chemists mean by this word all the salts which, like that of this plant, attract acids. Aristotle speaks of it and says « that in Umbria the ashes of burnt rushes and reeds, cooked in water, yield a great quantity of salts » 2. 1. Profectus est in Egyptum Orphæus, Mus eus, Dædulus, Homerus, Lycurgus, Solon, Plato, Pythagoras, Eudoxus, Democritus Abderites ; hi in Ægypto cette perceperunt omnia quæ apud Græcos fecere admirabilia. (Diod. Sicul., lib. I, p. 86). (Hannoviæ 1604, 2 vol. in-fol., édit. Wechel). Voyez aussi Dutens, p. 178. 2. Aristoteles, Meteor, lib. II, c. ni. — 25 —
2Theophrastus had observed the same thing in Umbria1. It was to the « mixture of alkalis with acids » that Plato attributed the cause of effervescences2. Solomon, on the same subject, cites as an example « the effect of vinegar on niter » among the ancients3. Pliny, Strabo, Vitruvius, Dioscorides further prove to us that the Egyptians knew « all the different ways of making salt, niter, and alum, as well as sal ammoniac 4 5 6. Medicinal chemistry. — Silver litharge, iron rust, calcined alum were used to heal ulcers, cuts, boils, eye discharges, etc. The Egyptians knew how to extract oil and prepare opium, which they used to calm great bodily pains, or to banish great sorrows from memory3. Homer seems to have had this latter use in mind when he says that Helen had Telemachus take a drug possessing these properties G.- Finally, to close on this subject, let us recall that, according to Dioscorides, the plasters and eye-salves of the Egyptians were made with « burnt lead, white lead, verdigris, and burnt antimony » — just as in 1890. Industrial chemistry. — It is known everywhere today that the ancients were thoroughly acquainted with metallurgy, and so we shall not speak of it. 1. Plinius, lib. XXXI, c. vii. 2. Plato, Timæus, Hancm passionum causse ücida qualitas appelatus. 3. Proverb., c. xxv, v. 20. 4. Plin., lib. XXXI, c. vii; lib, XXXI, c; xxn et 46; lib. XXXV, c. xv; Strabon, lib. XVII, p. 552-556 (édit. Casaille); Vitius, lib. VIII, c. ni.; Dioscorides, lib. V, c. cxxiîi. 5. Diod. Sicul., lib. I, p. 87-88; Plin., lib. XXI, c. xxi. 6. Odyssea, <J. V. 221. — 26 —
3Let us mention, for the record, the process « for extracting quicksilver from cinnabar, which is an exact description of distillation' ». Cut crystal must have been known to them, if we are to believe Emperor Hadrian, writing to the consul and sending him « three cups of a most curious glass which, like a pigeon's neck, had the property of reflecting different colors, according as it was viewed from a different angle2 ». Enfin voici ce que dit Dutens à ce propos (p. 182) : « This art of counterfeiting precious stones was not peculiar to the Egyptians alone; the Greeks, who in truth learned it from these great masters, were also very skilled in this branch of chemistry; they knew how to give to a compound crystal the tints of the various fine stones they wished to imitate. Pline 3, Théophraste4 et plusieurs autres en citent quelques exemples que je rapporte ci-dessous et dont les plus remarquables étaient leurs succès à imiter parfaitement les rubis, les hyacinthes, les émeraudes et les saphirs 5. » From an even more useful point of view, the Egyptians possessed « the art of hatching the eggs of hens, geese, or any other fowl, in every season and by different means 6 7. Beer was perfectly well known to them, as Diodorus Siculus1, Pline8 et Dioscorides9 show. 1. Dioscorides, lib. V, c. ex, et Vilrurius, lib. VII, c. vin. 2. Flav. Vopiscus Syracusius ex Adrian. Imperatur. Epistol. in Saturnino. Augustæ. Histor. Scriptor, p. 723, édit. 8. 3. Plin. Hist. Nat., lib. XXXVI, c. xxv.i, sect. LXVII. 4. Throphrastes, De Lapidibus. Plin., lib. LVII, c. ix, sect. XXXVIII. 5. Seneca, Epist. 90, De Democrito. 6. Aristoteles, Hist. Anima., lib. VI, c. ii et Flav. Vopiscus, Satnrni, p. 727. 7. Diod. Sicul., lib. I, p. 17 et 31. 8. Plin., lib. XIII, c. v. 9. Plin., lib. II, c. ex et cix.
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