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1— 731 § 5. — LA LÉGENDE D’HIRAM THÉORIES PHILOSOPHIQUES DE LA FRANC-MAÇONNERIE La légende d’Hiram. Si les Francs-Maçons ont perdu la clef de la tradition qu’ils devaient conserver, les symboles incompris de cette tradition subsistent néanmoins intacts dans les loges qui ne se rattachent pas au Rite français. Nous passerons quelques-uns de ces symboles en revue dans les chapitres suivants. Pour l’instant nous allons résumer tout ce qui précède en publiant la légende d'Hiram et ses enseignements. Cette étude faite en 1888 dans une revue d’occultisme nous valut les félicitations les plus chaleureuses de la part de la Chaîne d’ Union, l’organe officieux de la Franc-Maçonnerie en France. SYMBOLES DE LA FRANC-MAÇONNERIE La légende d'Hiram. L'acacia m’est connu! ■ Les symboles de la Science Occulte conservés jusqu’à nos jours par la Franc-Maçonnerie peuvent être divisés en deux classes. Les uns, comme les tableaux des loges, les hiéroglyphes, les couleurs, les cérémonies, ne sont plus compris par la plupart des affiliés que dans leur sens le plus grossier, quand ils sont compris. Les autres, renfermés dans quelques récits comme ceux de la mort d’Hiram ou de J. -B. Molay, sont encore entendus dans plusieurs de leurs significations. C’est d’un de ces derniers symboles, la légende d’Hiram, que nous allons nous occuper. L’origine de cette légende est assez intéressante, car elle marque l’origine réelle de la Franc-Maçonnerie moderne. La voici d’après Ragon : « Cette même année (1646) une société de Rose-Croix, formée d’après les idées de la nouvelle Atlantis de Bacon, s’assemble dans la salle de réunion des freemasons à Londres. Asmhole et les — 732 —
2autres frères de la Rose-Croix, ayant reconnu que le nombre des ouvriers de métier était surpassé par celui des ouvriers de l’intelligence, parce que le premier allait chaque jour en s’affaiblissant., tandis que les derniers augmentaient continuellement, pensèrent que le moment était venu de renoncer aux formules de réception de ces ouvriers, qui ne consistaient qu’en quelques cérémonies à peu près semblables à celles usitées parmi tous les gens de métier, lesquelles avaient, jusque-là, servi d’abri aux initiés pour s’adjoindre des adeptes. Ils leur substituèrent, au moyen des traditions orales dont ils se servaient pour leurs aspirants aux sciences occultes, un mode écrit d’initiation calqué sur les anciens mystères et sur ceux de l’Egypte et de la Grèce, et le premier grade initiatique fut écrit tel, à peu près, que nous le connaissons. Ce premier degré ayant reçu l’approbation des initiés, le grade de compagnon fut rédigé en 1648 ; et celui de maître peu de temps après; mais la décapitation de Charles Ier en 1649 et le parti que prit Asmhole en faveur des Stuarts, apportèrent de grandes modifications à ce troisième et dernier grade devenu biblique, tout en lui laissant pour base ce grand hiéroglyphe de la nature symbolisée vers la fin de décembre *. » Ceci semble au premier abord contredire certaines de mes affirmations antérieures au sujet de l’origine de la doctrine maçonnique 1 2; mais en réfléchissant un peu il est aisé d’y voir au contraire la confirmation de mon dire. Quelle est en effet la filière par laquelle cette nouvelle société de 1648 se rattache à l’antique Science occulte d’une part, aux templiers de l’autre ? * Lisez la biographie d’ Asmhole et vous allez retrouvér dans cet homme admirable un égyptologue érudit et bien mieux un herrnétiste remarquable, un descendant de Jean Dée, l’alchimiste de Londres auteur de la Monas hieroglyphica. Asmhole est un initié des alchimistes, et comme tel il maniera le symbole de main de maître. Voyez, d’autre part, cette mention des Rose-Croix, les véritables, ceux-là, qui président à la naissance de la Franc-Maçonnerie, et vous reconnaîtrez sans peine en eux ces mystérieux inconnus que les « frères » devaient tant méconnaître plus tard. Ne nous écartons cependant pas du sujet qui nous intéresse et 1. Ragon, Orthodoxie maçonnique, p. 29. 2. Théosophes et francs-maçons (n° 5 du Lotus).
3revenons à la légende d’Hiram dont nous connaissons le principal auteur : ElieAsmhole. Gomment la légende d’Hiram se distingue-t-elle d’un conte de fée quelconque et pourquoi pouvons-nous la désigner sous le nom d’histoire symbolique ? Une histoire symbolique est un récit combiné de telle sorte que l’évolution des personnages indique exactement l’évolution de la Nature. Des mythologues modernes ont eu beau jeu à montrer que toute? les histoires se rapportant aux divinités Indoues, Égyptiennes, Grecques, Romaines et même au Christ des chrétiens n’étaient que des peintures plus ou moins parfaites de la marche du Soleil. De là le nom de mythes solaires donné à tous ces récits. Ceci est vrai à condition de ne pas y voir exclusivement ce sens astronomique, et la méthode de la Science Occulte, l’Analogie, va nous éclairer complètement à ce sujet. La légende d’Hiram étant une histoire symbolique, voyons la raison d’être de ce genre de symbole, et nous pourrons d’autant mieux comprendre les développements que nous en tirerons dans la suite. S’il est vrai qu’une même loi gouverne tous les phénomènes de la Nature, exposer un de ces phénomènes, c’est exposer tous les autres. Voilà les bases de l’analogie. Prenons trois exemples pour expliquer ceci : l’évolution d'un grain de blé, la marche du soleil, la fabrication de la pierre philosophale, et voyons si ces trois faits ne sont pas gouvernés par la même loi. Le grain de blé est destiné à produire un épi tout entier. A peine est-il planté dans la terre qu’une lutte violente s’engage entre le germe qu’il contient et les éléments extérieurs. Un moment tout est pourri, le grain de blé semble mort pour toujours ; c’est précisément à ce moment qu’il est plus vivant que jamais. Du sein de cette pourriture, de cette noirceur, de ce chaos s’élève le nouvel être se dirigeant vers la lumière ; c’en est fait, le grain de blé vient de se rendre immortel dans les nombreux rejetons qu’il va produire. Le soleil est destiné à donner la vie à tous les êtres planétaires qui gravitent autour de lui, ainsi qu’à ce qui les couvre. A peine a-t-il commencé sa course fécondante qu’une lutte violente s’engage sur terre entre ses bonnes influences et les frimas. L’hiver triomphe bientôt. Plus de soleil bienfaisant, il est mort peut-être pour toujoui’s !
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1— 731 § 5. — THE LEGEND OF HIRAM PHILOSOPHICAL THEORIES OF FREEMASONRY The legend of Hiram. If the Freemasons have lost the key to the tradition they were meant to preserve, the symbols, misunderstood, of this tradition nonetheless survive intact within the lodges that are not attached to the French Rite. We shall review some of these symbols in the following chapters. For now, let us summarize all that precedes by publishing the legend of Hiram and its teachings. This study, made in 1888 in an occult-studies review, earned us the warmest congratulations on the part of the Chaîne d'Union, the semi-official organ of Freemasonry in France. SYMBOLS OF FREEMASONRY The legend of Hiram. The acacia is known to me! The symbols of Occult Science preserved down to our own day by Freemasonry may be divided into two classes. Some, like the tableaux of the lodges, the hieroglyphs, the colors, the ceremonies, are no longer understood by most of the affiliated except in their crudest sense, when they are understood at all. The others, contained within a few narratives such as those of the death of Hiram or of J.-B. Molay, are still understood in several of their meanings. It is with one of these latter symbols, the legend of Hiram, that we shall now concern ourselves. The origin of this legend is rather interesting, for it marks the real origin of modern Freemasonry. Here it is, according to Ragon: « That same year (1646) a society of Rose-Croix, formed according to the ideas of Bacon's new Atlantis, assembles in the meeting hall of the freemasons at Londres. Asmhole et les — 732 —
2other Rose-Croix brothers, having recognized that the number of trade workers was being surpassed by that of workers of the intellect, because the former kept growing fewer day by day while the latter kept continually increasing, judged that the moment had come to give up the reception formulas of these workers, which consisted only of a few ceremonies rather similar to those in use among all trade guilds, which had, until then, served as a shelter for the initiates to bring in adepts. They substituted for them, by means of the oral traditions they used for their aspirants to the occult sciences, a written mode of initiation modeled on the ancient mysteries and on those of Egypt and Greece, and the first initiatory degree was written, roughly, as we know it. This first degree having received the approval of the initiates, the degree of companion was drawn up in 1648; and that of master shortly afterward; but the beheading of Charles Ier in 1649, and the side that Asmhole took in favor of the Stuarts, brought about great modifications to this third and last degree, which became biblical, while still leaving it, as its basis, that great hieroglyph of nature symbolized toward the end of December. » This seems, at first glance, to contradict some of my earlier assertions concerning the origin of Masonic doctrine 1 2; but on a little reflection it is easy to see in it, on the contrary, the confirmation of what I have said. What indeed is the thread by which this new society of 1648 connects, on the one hand, to the ancient Occult Science, and, on the other, to the Templars? * Read the biography of Asmhole and you will find in this admirable man a learned Egyptologist and, better still, a remarkable hermetist, a descendant of Jean Dée, the London alchemist, author of the Monas hieroglyphica. Asmhole is an initiate of the alchemists, and as such he wields the symbol with a master's hand. Note, on the other hand, this mention of the Rose-Croix, the true ones, those who preside over the birth of Freemasonry, and you will readily recognize in them those mysterious unknowns whom the « brothers » were later to misunderstand so greatly. Let us not, however, stray from the subject that concerns us, and 1. Ragon, Orthodoxie maçonnique, p. 29. 2. Théosophes et francs-maçons (n° 5 du Lotus).
3let us return to the legend of Hiram, whose principal author we know: Elie Asmhole. How does the legend of Hiram differ from any ordinary fairy tale, and why can we designate it under the name of symbolic history? A symbolic history is a narrative combined in such a way that the evolution of the characters exactly indicates the evolution of Nature. Modern mythologists have had an easy time showing that all the stories relating to the Hindu, Egyptian, Greek, Roman and even the Christian divinities were but more or less perfect depictions of the course of the Sun. Hence the name solar myths given to all these tales. This is true on condition that one does not see in it exclusively this astronomical sense, and the method of Occult Science, Analogy, will fully enlighten us on this subject. The legend of Hiram being a symbolic history, let us examine the raison d'être of this kind of symbol, and we shall all the better be able to understand the developments we shall draw from it further on. If it is true that a single law governs all the phenomena of Nature, to expound one of these phenomena is to expound all the others. Such are the foundations of analogy. Let us take three examples to explain this: the evolution of a grain of wheat, the course of the sun, the making of the philosopher's stone, and let us see whether these three facts are not governed by the same law. The grain of wheat is destined to produce a whole ear. Scarcely is it planted in the earth than a violent struggle begins between the germ it contains and the outer elements. For a moment everything rots; the grain of wheat seems dead forever; it is precisely at this moment that it is more alive than ever. From the bosom of this rot, of this blackness, of this chaos rises the new being, heading toward the light; it is done, the grain of wheat has just made itself immortal in the numerous offshoots it will produce. The sun is destined to give life to all the planetary beings that revolve around it, as well as to whatever covers them. Scarcely has it begun its fecundating course than a violent struggle begins on earth between its beneficent influences and the frost. Winter soon triumphs. No more beneficent sun; it is dead, perhaps forever!
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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