Fetching
One moment.
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1de nos deux hommes, comme on pourrait le supposer. Je tiens seulement compte de ce fait, que, dans le premier cas, il y a simplement émission de force irréfléchie, sans que cette dernière soit volontairement transformée en une forme plus haute d’énergie mentale; et dans l’autre cas, c’est justement le contraire qui a lieu. N’allez pas me prendre cependant pour un nébuleux métaphysicien, car voici l’idée que je désire formuler. \ Quand un cerveau travaille d’une manière véritablement scientifique, la conséquence de sa plus haute activité intellectuelle est le développement, l’évocation d’une forme sublimée de l’énergie mentale, et cette dernière peut prodùire dans l’activité cosmique des résultats illimités. D’autre part, le cerveau qui, sous l’influence d’une science purement mnémotechnique, ne sait pas créer, et n’agit que d’une manière automatique, ne détient ou n'accumule en lui-même qu’un certain équivalent d’énergie brute qui est improductive, soit pour l’individu soit pour l’humanité. La cervelle humaine est un générateur inépuisable d’une force cosmique de la qualité la plus délicate, et supérieure à toutes les énergies brutales de la nature physique. L’adepte complet est un centre de rayonnement d’où s’irradient des puissances, des potentialités qui, de corrélation en corrélation, plongent jusque dans les cycles des temps à venir. Voilà la clef du mystère de la propriété qu’a le cerveau humain de projeter et de rendre sensibles, dans le monde i visible, les formes que sa puissance créatrice a générées et fait surgir des éléments du monde invisible. L’adepte ne crée rien de nouveau, mais il utilise, il met en œuvre les matériaux que la nature a amassés autour — 756 —
2de lui et qui, pendant des éternités, ont revêtu toutes les formes possibles. Il n’a qu’à choisir ce qu’il lui faut et qu’à donner à sa pensée l’existence objective. Vos savants occidentaux prendraient certainement tout ce qui précède pour un rêve d’halluciné. ' Vous dites qu’il y a peu de branches de la science qui ne vous soient plus ou moins familières, et que vous croyez faire un certain bien, grâce aux capacités qu’ont pu vous faire acquérir de longues années d’études. Sans doute ; mais voulez-vous me permettre de vous esquisser encore plus clairement la différence entre les procédés de vos sciences appelées exactes, quoique bien souvent par pure politesse, et les méthodes des nôtres? Ces dernières, comme vous le savez, repoussent le vulgaire et toute vérification devant des assemblées mixtes : aussi M. Tyndall les range-t-il parmi les fictions de la poésie, ce qui indiquerait que la science des choses physiques est condamnée sans appel à une prose absolue. Parmi nous, pauvres philanthropes inconnus, aucun phénomène d’aucune de ces sciences n’est intéressant que par rapport à sa capacité de produire des effets moraux, qu’en raison directe de son utilité humaine. Or, qu’y a-t-il de plus entièrement indifférent à tous et à tout, de moins nécessaire à qui et à quoi que ce soit, si ce n’est à d’égoïstes recherches pour son propre avancement, que celte science matérialiste des faits, dans son isolement dédaigneux de tout ce qu’elle ignore? Je vous demande ce que les lois de Faraday, de Tyndall et de bien d’autres ont à faire avec la philanthropie, dans leur abstraction de toute relativité avec le genre humain considéré comme un tout intelligent? ■/ — 757 —
3Quel souci ont-elles de l’homme, de l’atome isolé du grand tout et de la grande harmonie? Quand parfois elles sont pour lui d’une utilité plus ou moins pratique n'est-ce pas par hasard? Dans votre credo occidental, l’énergie cosmique est chose éternelle et incessante, la matière est indestructible ; et vos faits scientifiques sont cloués sur cette borne. En douter, c’est être traité d’ignorant; le nier c’est passer pour un bigot, pour un dangereux lunatique ; prétendre perfectionner un pareil credo, c’est s’exposer à l’épithète d’impertinent, d’outrecuidant, si ce n’est de charlatan. Pourtant, toute cette nomenclature de faits scientifiques n’a jamais pu fournir aux expérimentateurs une seule preuve que, dans sa mystérieuse conscience, la nature préfère que la matière soit plus destructible sous la forme organique que sous la forme inorganique. Aucun fait matériel et matériellement observé n’a jamais pu infirmer que cette nature travaille lentement, mais incessamment, vers l’apparition de la vie consciente, dont la matière inerte n’est que le voile. De là la profonde ignorance de vos hommes de science au sujet de la dispersion et de la concentration de l’énergie cosmique sous des aspects hyperphysiques ; de là leurs divisions au sujet des théories de Darwin ; de là leur incertitude relativement au degré de vie consciente, renfermée dans les éléments, dans les états distincts de la substance ; de là nécessairement, le dédain suffisant de toute insuffisance pour tout phénomène qui se permet de ne pas appartenir à leur classification, et pour la seule idée que des mondes de forces semi-intellectuelles et, à fortiori , intelligentes, sont à l’œuvre dans les hauteurs et dans les profondeurs cachées de la nature. Passons à un autre exemple. Nous, Orientaux, nous — 758 —
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1of our two men, as one might suppose. I take account only of this fact, that, in the first case, there is simply an emission of unreflective force, without this latter being voluntarily transformed into a higher form of mental energy; and in the other case, it is precisely the opposite that occurs. Do not, however, take me for some hazy metaphysician, for here is the idea I wish to formulate. When a brain works in a truly scientific manner, the consequence of its highest intellectual activity is the development, the evocation, of a sublimated form of mental energy, and this latter can produce, within cosmic activity, unlimited results. On the other hand, the brain that, under the influence of a purely mnemonic science, does not know how to create, and acts only in an automatic manner, holds or accumulates within itself only a certain equivalent of raw energy that is unproductive, whether for the individual or for humanity. The human brain is an inexhaustible generator of a cosmic force of the most delicate quality, and superior to all the brute energies of physical nature. The complete adept is a center of radiation from which powers, potentialities, irradiate, which, from correlation to correlation, plunge even into the cycles of times to come. Such is the key to the mystery of the property the human brain has of projecting and rendering sensible, in the visible world, the forms that its creative power has generated and caused to arise from the elements of the invisible world. The adept creates nothing new, but he utilizes, he puts to work, the materials that nature has amassed around — 756 —
2him and which, throughout eternities, have taken on every possible form. He has only to choose what he needs and to give his thought objective existence. Your Western scholars would certainly take all of the foregoing for the dream of a madman. You say that there are few branches of science that are not more or less familiar to you, and that you believe you do a certain good, thanks to the capacities that many years of study have enabled you to acquire. No doubt; but will you permit me to sketch out still more clearly for you the difference between the procedures of your so-called exact sciences — though often only out of pure politeness — and the methods of our own? These latter, as you know, reject the vulgar and any verification before mixed assemblies: thus M. Tyndall ranks them among the fictions of poetry, which would indicate that the science of physical things is condemned without appeal to an absolute prose. Among us, poor unknown philanthropists, no phenomenon of any of these sciences is of interest except in proportion to its capacity to produce moral effects, in direct proportion to its human usefulness. Now, what is there more entirely indifferent to all and to everything, less necessary to whom or to whatever it may be, except to selfish researches for one's own advancement, than this materialist science of facts, in its disdainful isolation from all it does not know? I ask you what the laws of Faraday, of Tyndall and of many others have to do with philanthropy, in their abstraction from all relativity with the human race considered as an intelligent whole? ■/ — 757 —
3What concern have they for man, for the atom isolated from the great whole and the great harmony? When they are sometimes of some practical use to him, is it not by chance? In your Western creed, cosmic energy is an eternal and unceasing thing, matter is indestructible; and your scientific facts are nailed to this boundary-stone. To doubt it is to be treated as ignorant; to deny it is to pass for a bigot, for a dangerous lunatic; to claim to perfect such a creed is to expose oneself to the epithet of impertinent, of presumptuous, if not of charlatan. And yet all this catalogue of scientific facts has never been able to furnish experimenters a single proof that, in its mysterious consciousness, nature prefers matter to be more destructible in organic form than in inorganic form. No material fact, materially observed, has ever been able to invalidate that this nature works slowly, but unceasingly, toward the appearance of conscious life, of which inert matter is but the veil. Hence the profound ignorance of your men of science concerning the dispersion and concentration of cosmic energy under hyperphysical aspects; hence their divisions concerning the theories of Darwin; hence their uncertainty regarding the degree of conscious life contained within the elements, within the distinct states of substance; hence necessarily the sufficient disdain of every insufficiency for every phenomenon that permits itself not to belong to their classification, and for the mere idea that worlds of semi-intellectual and, a fortiori, intelligent forces are at work in the heights and in the hidden depths of nature. Let us pass to another example. We, Orientals, we — 758 —
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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