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1LETTRE DE M. AD. FRANCK, DE L’INSTITUT A Monsieur Papus, directeur de T Initiation . Monsieur, Je vous suis très reconnaissant de la manière dont vous avez rendu compte dans l 'Initiation de mon vieux livre de la Kabbale. J’ai été d’autanL plus susceptible à vos éloges qu’ils attestent une connaissance approfondie et un grand amour du sujet. Mais ce qui m’a charmé dans votre article, ce n’est pas seulement la part personnelle que vous m’y faites, c’est la manière dont vous rattachez mon modeste volume à toute une science fondée sur le symbolisme et la méthode ésotérique. Je n'ai pu, en vous lisant, m’empêcher de penser à Louis XIV, conservant à Versailles le modeste rendez-vous de chasse de son père en l’encadrant dans un immense palais. Bien que mon esprit, que vous qualifiez d’universitaire, mais qui veut simplement rester fidèle aux règles de la critique, se refuse à vous suivre dans vos magnifiques développements, je vois avec plaisir qu’en face du positivisme et de l’évolutionisme de notre temps, il se forme, il s’est déjà formé une vaste gnose qui réunit dans son sein, avec les données de l’ésotérisme juif et chrétien, le bouddhisme, la philosophie d’Alexandrie et le panthéisme métaphysique de plusieurs écoles modernes. Ce réactif est nécessaire contre les déchéances et les dessèchements dont nous sommes les victimes et les témoins. La Mission des Juifs, que vous citez souvent dans votre Revue, est un des grands facteurs de ce mouvement. Je vous recommanderai seulement, dans ma vieille exptrience, de ne pas aller trop loin. Les symboles et les traditions ne doivent pas être négligés comme ils le sont généralement par les philosophes; mais le génie, la vie spontanée de la conscience et de la raison doivent aussi être comptés pour quelque chose, sans cela l’histoire de l'humanité n’est rien qu’une table d’enregistrement. Veuillez agréer, monsieur, l’assurance de mes sentiments les plus distingués. Ad. Franck.
2Nous venons d’exposer la doctrine kabbalistique sans entrer dans aucun détail. Aussi donnons-nous in extenso l’étude suivante pour montrer qu’il — 556 — ♦ % existe encore en plein xix’ siècle d’éminents kahbalistes et que leurs travaux résument au mieux les données de la tradition ésotérique. COMMUNICATION FAITE A LA SOCIÉTÉ PSYCHOLOGIQUE DE MUNICH A LA SÉANCE DU 5 MARS 1887 PAR C. DE LEININGEN. L'AME D'APRÈS LA QABALAH 1. — L' âme pendant la vie. Parmi toutes les questions dont s’occupe la philosophie en tant que science exacte, celle de notre propre essence, de l'immortalité et de la spiritualité de notre Moi interne, n’a jamais cessé de préoccuper l’humanité. Partout et en tout temps les systèmes et les doctrines sur ce sujet se sont succédé rapidement, variés et contradictoires, et le mot « Ame » a servi à désigner les formes d'existences ou les nuances d'êtres les plus variées. De toutes ces doctrines antagonistes, c’est, sans contredit, la plus ancienne — la philosophie transcendante des Juifs — la Qabalah1 qui est aussi la plus rapprochée peut-être de la vérité. Transmise oralement — comme son nom l’indique — elle remonte jusqu’au berceau de l'espèce humaine, et, ainsi, elle est encore peut-être en partie le produit de cette intelligence non encore troublée, de cet esprit pénétrant pour la vérité que, selon l’antique tradition, l’homme possédait dans son état originaire. Si nous admettons la nature humaine comme un tout complexe nous y trouvons, d'après la Qabalah, trois parties bien distinctes : le corps, l'âme et l’esprit. Elles se différencient entre elles comme le concret, le particulier et le général, de sorte que l’une est le reflet
31. Nous avons adopté cette orthographe comme la seule solution authentique de tous les doutes entre les formes vraiment fantaisistes proposées jusqu’ici pour ce mot, telles que Cabbala, Cabala, Kabbala, Kabbalah, etc... C'est un mot hébreu qui se compose des consonnes q, b, l et h. Or la lettre qui dans les noms grecs correspond au k et dans les noms latins au c, paraît être véritablement dans ce mot hébreu la lettre q. Cette orthographe vient aussi d’être introduite récemment dans la littérature anglaise par Mathers dans sa Kabbala denudata parue il y a peu de temps chez George Redway à Londres. — 557 —
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1LETTER FROM M. AD. FRANCK, OF THE INSTITUT To Monsieur Papus, director of l'Initiation . Sir, I am very grateful to you for the manner in which you have reported, in l'Initiation, on my old book on the Kabbalah. I was all the more susceptible to your praise in that it attests a thorough knowledge and a great love of the subject. But what charmed me in your article is not only the personal part you give me in it, it is the manner in which you connect my modest volume to an entire science founded on symbolism and the esoteric method. I could not help, in reading you, thinking of Louis XIV, preserving at Versailles his father's modest hunting lodge by enclosing it within an immense palace. Although my mind, which you call academic, but which merely wishes to remain faithful to the rules of criticism, refuses to follow you into your magnificent developments, I see with pleasure that, in the face of the positivism and evolutionism of our time, there is forming, there has already formed, a vast gnosis which unites within itself, along with the data of Jewish and Christian esotericism, Buddhism, the philosophy of Alexandria and the metaphysical pantheism of several modern schools. This corrective is necessary against the decadences and the aridities of which we are the victims and the witnesses. La Mission des Juifs, which you often cite in your Review, is one of the great factors of this movement. I would only recommend to you, from my long experience, not to go too far. Symbols and traditions must not be neglected as they generally are by philosophers; but genius, the spontaneous life of consciousness and reason, must also be counted for something, without which the history of humanity is nothing but a register of records. Please accept, sir, the assurance of my most distinguished sentiments. Ad. Franck.
2We have just set forth the kabbalistic doctrine without entering into any detail. We therefore give in extenso the following study to show that — 556 — ♦ % there still exist, in the full nineteenth century, eminent kabbalists, and that their works best summarize the data of the esoteric tradition. COMMUNICATION MADE TO THE PSYCHOLOGICAL SOCIETY OF MUNICH AT THE SESSION OF 5 MARCH 1887 BY C. VON LEININGEN. THE SOUL ACCORDING TO THE QABALAH 1. — The soul during life. Among all the questions with which philosophy, as an exact science, concerns itself, that of our own essence, of the immortality and spirituality of our inner Self, has never ceased to preoccupy humanity. Everywhere and at all times systems and doctrines on this subject have succeeded one another rapidly, varied and contradictory, and the word « Soul » has served to designate the most varied forms of existence or shades of being. Of all these antagonistic doctrines, it is, without contradiction, the most ancient — the transcendent philosophy of the Jews — the Qabalah1 which is also, perhaps, the closest to the truth. Transmitted orally — as its name indicates — it goes back to the cradle of the human species, and, thus, it is still perhaps in part the product of that as-yet-untroubled intelligence, of that spirit penetrating to the truth which, according to ancient tradition, man possessed in his original state. If we regard human nature as a complex whole, we find within it, according to the Qabalah, three quite distinct parts: the body, the soul and the spirit. They differ from one another as the concrete, the particular and the general, so that the one is the reflection
31. We have adopted this spelling as the only authentic solution to all the doubts among the truly fanciful forms proposed hitherto for this word, such as Cabbala, Cabala, Kabbala, Kabbalah, etc... It is a Hebrew word composed of the consonants q, b, l and h. Now the letter which in Greek names corresponds to k and in Latin names to c, appears truly to be, in this Hebrew word, the letter q. This spelling has also just been introduced recently into English literature by Mathers in his Kabbala denudata, published a short while ago by George Redway in London. — 557 —
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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