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One moment.
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1ont beau consacrer au spiritisme dans le Dictionnaire encyclopédique des Sciences médicales une étude quelque peu méprisante, ils sont bien forcés de constater que cette « folie épidémique » a gagné à l’heure actuelle plusieurs millions d’adhérents. Les défauts du spiritisme proviennent surtout des exagérations auxquelles se sont livrés ses adeptes. Ne recrutant que peu de croyants dans les milieux scientifiques, cette doctrine s’est rabattue sur la quantité d’adhérents que lui fournirent les classes moyennes et surtout le peuple. Les « groupes d’études », tous plus « scientifiques » les uns que les autres, sont formés de personnes toujours très honnêtes, toujours de grande bonne foi, anciens officiers, petits commerçants ou employés, dont l’instruction scientifique et surtout philosophique laisse beaucoup à désirer. Les instituteurs sont des « lumières » dans ces groupes. Telle est l’origine de ces théories exagérées venant se greffer sur des phénomènes absolument vrais, nous ne saurions trop le répéter. Nous verrons tout à l’heure qu’il semble incontestable que les âmes des morts aimés puissent être évoquées et puissent venir dans certaines conditions. — Partant de ce point vrai, les expérimentateurs à imagination active n’ont pas été longs à prétendre que les âmes de tous les morts, anciens et modernes, étaient capables de subir l'action d’une évocation mentale. C’est alors que l’on imprima des « communications » de Caïphe, de Pilate et d’Hérode discutant contradictoirement avec Jésus-Christ. C’est alors que la « Vierge Marie » vint diriger en personne une série de groupes d’études. C’est aussi de par cette idée qu’on voit Victor Hugo perdre subitement tout sens de la poésie huit jours après sa mort et venir dicter des communications en vers de treize pieds — 332 —
2pleins de hiatus sur l’état actuel de son âme et le bonheur qu’il éprouve à converser avec ses « chers spirites » . Il est dans le monde du spiritisme des hommes sérieux et instruits s’il s’y trouve des sectaires ignorants : ceux-là rougissent de ces exagérations outrées et cherchent à éviter le ridicule dont les couvrent les « frères » trop zélés. Ces hommes ont pour la plupart leur opinion faite et savent bien que l’âme de Platon n’a que faire des évocations d’un représentant de notre industrie nationale, ancien épicier ou concierge en retraite. Les phénomènes spirites seraient-ils susceptibles d’être produits par d’autres influences que les âmes des morts? Si ces influences existent, d’où proviennent-elles? Telles sont les questions auxquelles la Science occulte nous permettra de répondre, lorsque nous aurons à étudier de notre mieux la question de savoir dans quels cas la communication avec les esprits est possible, étant admis que cette communication est possible. Pour bien prouver que nous n’exagérons rien et que c’est dans l’intérêt même du spiritisme que nous signalons les excentricités de certains groupes nous citons in extenso le compte rendu d’une séance dans laquelle saint Jean, Jésus-Christ et Allan Ivardec, sans compter Marceau, firent leur apparition. On verra par cet extrait si nous avons raison ou non. La Vie Posthume n’a cessé dès son premier numéro de crier guerre au mysticisme. Elle persiste plus que jamais à voir dans l’usage des prières à formules cataloguées, une aberration propre à déconsidérer le spiritisme. Vainement nous demandons-nous quels bons fruits peuvent bien attendre les partisans de ce mystique usage qui transforme en chapelles certains groupes spirites dits consolateurs ; quant à ses dangers, le récit suivant suffirait à lui seul à en démontrer l’évidence.
3— 333 — UNE SÉANCE DE SPIRITISME PIÉTISTE Au moment où de l’avis des écrivains spirites les plus autorisés, la nécessité s’impose pour tous de prendre parti pour l’une des deux écoles, dogmatique ou progressiste, il ne sera pas sans intérêt pour ceux des lecteurs de la Vie ' Posthume qui n’ont pas eu à traverser la période mystique des débuts, de lire le compte rendu d’une séance spirite à laquelle j’ai assisté, il y a quelque temps, en pleine ville de Marseille. Il leur sera facile de se faire une idée de ce que peut être le spiritisme piétiste ou consolateur en rapprochant de ce compte rendu les équipées cérébrales de M. Jules-Edouard Bérel, dont notre directeur, M. George, a fait une si juste appréciation dans le dernier numéro. Nous étions réunis au nombre de vingt-deux dans un petit salon dont le milieu était occupé par une table ronde assez massive. Les dames étaient en grande majorité et, pendant les quelques instants qui précédèrent la séance, je remarquai que plusieurs d’entre elles étaient affligées de mouvements convulsifs très prononcés; le lambeau suivant de conversation me fît connaître la cause de cette affection. — Est-ce toujours le même esprit qui vous tourmente? demanda quelqu’un à une jeune fille qui paraissait fort agitée. — Oui, monsieur, j’ai beau prier, il ne veut pas me laisser en repos. — Il ne faut pas vous décourager, mon enfant, il n’y a que la prière qui puisse vous délivrer de lui. La séance ayant été ouverte, M. le Président lut, au milieu d’un silence religieux, une prière dans laquelle on demandait au bon Dieu une foule de choses et principale- — 334 —
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1may well devote to spiritism, in the Dictionnaire encyclopédique des Sciences médicales, a somewhat contemptuous study; they are nonetheless forced to note that this "epidemic madness" has, at the present time, gained several million adherents. The defects of spiritism come chiefly from the exaggerations to which its adepts have given themselves over. Recruiting few believers within scientific circles, this doctrine has fallen back upon the quantity of adherents furnished it by the middle classes, and above all by the common people. The "study groups," each more "scientific" than the next, are formed of persons always very honest, always in the greatest good faith — former officers, small tradesmen, or clerks — whose scientific, and especially philosophical, education leaves much to be desired. Schoolteachers are the "luminaries" within these groups. Such is the origin of these exaggerated theories, grafted onto phenomena absolutely true — we cannot repeat this too often. We shall soon see that it seems beyond dispute that the souls of loved ones who have died may be evoked, and may come, under certain conditions. — Starting from this true point, experimenters of active imagination were not long in claiming that the souls of all the dead, ancient and modern, were capable of undergoing the action of a mental evocation. It was then that "communications" from Caiaphas, from Pilate, and from Herod, arguing back and forth with Jesus Christ, were printed. It was then that the "Virgin Mary" came in person to direct a series of study groups. It is likewise through this idea that Victor Hugo is seen to lose suddenly all sense of poetry, eight days after his death, and to come and dictate communications in thirteen-foot verses — 332 —
2full of hiatuses, on the present state of his soul and the happiness he feels in conversing with his "dear spiritists." There are, within the world of spiritism, serious and educated men, even if ignorant sectarians are found there too: these blush at such excessive exaggerations, and try to avoid the ridicule cast upon them by the "brethren" who are too zealous. These men, for the most part, have their opinion already formed, and know well that the soul of Plato has no use for the evocations of a representative of our national trade, a former grocer or a retired concierge. Might the phenomena of spiritism be susceptible of being produced by influences other than the souls of the dead? If these influences exist, whence do they come? Such are the questions to which Occult Science will allow us to reply, once we come to study, as best we can, the question of knowing in what cases communication with spirits is possible, granted that this communication is possible. To prove clearly that we exaggerate nothing, and that it is in the very interest of spiritism that we point out the eccentricities of certain groups, we quote in full the account of a séance in which Saint John, Jesus Christ, and Allan Kardec, not to mention Marceau, made their appearance. The reader will see, from this extract, whether we are right or not. La Vie Posthume has not ceased, since its very first issue, to cry war upon mysticism. It persists, more than ever, in seeing, within the use of catalogued formula-prayers, an aberration proper to discredit spiritism. In vain do we ask ourselves what good fruits the partisans of this mystical usage — which transforms into chapels certain so-called consoling spiritist groups — can possibly expect; as for its dangers, the following account alone would suffice to demonstrate their evidence.
3— 333 — A SÉANCE OF PIETIST SPIRITISM At the moment when, in the opinion of the most authoritative spiritist writers, the necessity is imposed upon all to take sides for one of the two schools, dogmatic or progressive, it will not be without interest for those readers of la Vie Posthume who have not had to pass through the mystical period of its beginnings, to read the account of a spiritist séance at which I was present, some time ago, right in the city of Marseille. It will be easy for them to form an idea of what pietist or consoling spiritism can be, by comparing this account with the cerebral escapades of M. Jules-Edouard Bérel, of which our director, M. George, gave so just an appraisal in the last issue. We were gathered, twenty-two in number, within a small drawing room whose center was occupied by a rather massive round table. The ladies were in a great majority, and, during the few moments that preceded the séance, I noticed that several of them were afflicted with very pronounced convulsive movements; the following fragment of conversation made known to me the cause of this affliction. — Is it still the same spirit that torments you? someone asked a young girl who seemed quite agitated. — Yes, sir, however much I pray, he will not leave me in peace. — You must not lose heart, my child; only prayer can deliver you from him. The séance having been opened, the President read, amid a religious silence, a prayer in which the good Lord was asked for a host of things, and principally — 334 —
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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