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One moment.
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1intérêt, jusque dans la personne de leurs hauts fonctionnaires, à la science et à la philosophie de leurs ancêtres, ils s’en occuperont au grand jour. Quand il leur sera prouvé que les anciennes manifestations de l’ordre divin n’étaient pas des miracles, dans le sens vulgaire de ce mot, mais des résultats scientifiques d’un ordre transcendant, la superstition tombera d’ellemême. Ainsi, le plus grand mal qui, actuellement, opprime et retarde la résurrection possible de la civilisation indienne, disparaîtra avec le temps. La tendance actuelle de l’instruction publique est de faire des matérialistes et de déraciner tout spiritualisme, et cela dans les Indes comme partout. Mais si Ton arrivait à comprendre ce que nos ancêtres ont vraiment voulu dire dans leurs écrits et dans leurs enseignements, l’instruction deviendrait une bénédiction, tandis qu’aujourd’hui, elle est souvent une malédiction. A l’heure actuelle les Indiens, instruits ou non, considèrent les Anglais comme trop remplis de préjugés par le christianisme d'une part et d’un autre côté, par la science moderne, pour se donner la peine de les comprendre, eux Indiens ou leur tradition. Ils se haïssent mutuellement, ils se détient les uns des autres. Que cette attitude vis-à-vis de notre ancienne intellectualité vienne à changer, les princes de l’Inde et les hommes riches ne manqueront pas de fonder des écoles normales pour l’éducation des Pundits ; les vieux manuscrits jusqu’ici inaccessibles à la recherche des Européens apparaîtront de nouveau à la lumière et on y trouvera la clef de beaucoup de choses qui pendant des siècles ont été
2cachées à l’entendement populaire, choses dont vos philologues sceptiques ne se soucient pas et dont vos missionnaires religieux n’ont pas l’audace d’aborder la compréhension. La science y gagnerait beaucoup, l’humanité tout. Les mêmes causes qui tendent aujourd’hui à abaisser les Indous dans le matérialisme travaillent également toute la pensée occidentale. L’instruction actuelle metle scepticisme sur le trône, mais elle condamne au cachot l’intelligence pure. Vous pouvez faire un bien immense en aidant les nations occidentales à construire sur une base solide leur foi qui s’écroule. Ce dont elles ont besoin, c’est de l’évidence que la psychologie asiatique peut seule donner. Apportez-leur cela et des milliers d’esprits vous devront le bonheur. L’ère de la foi aveugle est passée, et celle de l’examen est arrivée. L’examen qui se contente de démasquer l’erreur sans découvrir aucun principe réel sur lequel l’âme puisse bâtir n’engendrera jamais que des iconoclastes. L’iconoclastisme qui n’a pour principe que la destruction n'engendrera jamais rien, il ne pourra jamais que faire table rase. Mais l’homme ne trouvera jamais de repos dans la négation. L’agnosticisme n’est qu’un relais temporaire et le moment est venu de guider l’impulsion récurrente qui ne peut pas manquer d’advenir bientôt et qui poussera le siècle vers l’extrême athéisme, ou le rejettera dans un cléricalisme extrême, si on ne le ramène pas à l’intellectualité primitive et consolante des Aryas. 76 fi —
3L’observateur qui suit attentivement le cours des choses actuelles voit d’un côté les catholiques produire des miracles, en moins de temps que les fourmis blanches ne pondent leurs œufs, et, de l’autre, les libres penseurs se convertir en masse à l’agnosticisme, c’est-à-dire à l’absence de tout souci intellectuel et vraiment scientifique, à la liberté de ne plus penser du tout. La moyenne de ces deux extrêmes donne le cours moyen des choses. Le siècle marche à une saturnale de phénomènes. Les mêmes merveilles que les spirites opposent au dogme de la perdition éternelle, sont appelées en témoignage par les catholiques, comme une preuve actuelle du bien fondé de leur foi dans les miracles. En dehors de ces deux camps, le scepticisme fait des gorges chaudes de tous deux à la fois. Tous sont aveugles et il n’y a personne pour les guider. Vous et vos collègues pouvez nourrir l’espoir de fournir de solides matériaux à un besoin général de philosophie religieuse, inexpugnable à tout assaut scientifique, parce qu’elle est elle-même la finalité de la science absolue, la religion dans le sens le plus élevé de ce mot, puisqu’elle renferme les rapports de l’homme physique et de l’homme psychique et des deux avec tout ce qui est au-dessus et audessous d’eux. Cela ne vaut-il pas un léger sacrifice? Et si, après réflexion, vous vous décidez à fournir cette nouvelle carrière, que l’on sache bien que votre société n’est pas une boutique à miracles, ni un club gastronomique, ni un simple laboratoire de phénomènes. Son principal but doit être d’extirper d’un côté la superstition, de l’autre le scepticisme et, du fond des anciennes sources longtemps cachées, de tirer la preuve 767 —
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1an interest, even among their high officials, in the science and philosophy of their ancestors, they will take it up openly. When it is proven to them that the ancient manifestations of the divine order were not miracles, in the vulgar sense of the word, but scientific results of a transcendent order, superstition will fall of itself. Thus the greatest evil that presently oppresses and delays the possible resurrection of Indian civilization will disappear with time. The present tendency of public instruction is to make materialists and to uproot all spiritualism, and this in India as everywhere else. But were one to come to understand what our ancestors truly meant to say in their writings and their teachings, instruction would become a blessing, whereas today it is often a curse. At the present hour the Indians, educated or not, regard the English as too filled with prejudice, on the one hand by Christianity, and on the other by modern science, to trouble themselves to understand them, the Indians, or their tradition. They hate one another mutually; they detest one another. Should this attitude toward our ancient intellectuality come to change, the princes of India and the wealthy men will not fail to found normal schools for the education of Pundits; the old manuscripts, until now inaccessible to European research, will reappear in the light, and there will be found in them the key to many things which, for centuries, have been
2hidden from the popular understanding, things your skeptical philologists do not concern themselves with, and which your religious missionaries do not have the audacity to attempt to comprehend. Science would gain much from this, humanity everything. The same causes that today tend to debase the Hindus into materialism are likewise at work upon all Western thought. Present-day instruction enthrones skepticism, but condemns pure intelligence to the dungeon. You can do immense good by helping the Western nations build, upon a solid foundation, their crumbling faith. What they need is the evidence that Asiatic psychology alone can give. Bring them this, and thousands of minds will owe you their happiness. The age of blind faith is past, and that of examination has arrived. Examination that contents itself with unmasking error, without discovering any real principle upon which the soul may build, will never engender anything but iconoclasts. Iconoclasm, whose sole principle is destruction, will never engender anything; it can only ever make a clean sweep. But man will never find rest in negation. Agnosticism is but a temporary relay-station, and the moment has come to guide the recurrent impulse that cannot fail to arise soon and that will push the century toward extreme atheism, or cast it back into an extreme clericalism, if it is not led back to the primitive and consoling intellectuality of the Aryans. 76 fi —
3The observer who attentively follows the course of present-day things sees, on the one hand, Catholics producing miracles faster than white ants lay their eggs, and, on the other, free-thinkers converting en masse to agnosticism, that is to say to the absence of all intellectual and truly scientific concern, to the freedom to no longer think at all. The average of these two extremes gives the mean course of things. The century is marching toward a saturnalia of phenomena. The same wonders that the spiritists set against the dogma of eternal perdition are called into testimony by the Catholics as present-day proof of the soundness of their faith in miracles. Outside these two camps, skepticism makes merry sport of both at once. All are blind, and there is no one to guide them. You and your colleagues may nourish the hope of furnishing solid materials for a general need for a religious philosophy, impregnable to every scientific assault, because it is itself the finality of absolute science, religion in the loftiest sense of that word, since it contains within it the relations of physical man and of psychic man, and of both with all that is above and below them. Is this not worth a slight sacrifice? And if, upon reflection, you decide to embark upon this new career, let it be well understood that your society is not a shop for miracles, nor a gastronomic club, nor a mere laboratory of phenomena. Its principal aim must be to root out, on the one hand, superstition, and, on the other, skepticism, and, from the depths of the ancient, long-hidden sources, to draw the proof 767 —
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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