Fetching
One moment.
Fetching
One moment.
1résista à toutes les instances et se retira en promettant de revenir dans trois semaines. « Tout en causant avec cet homme et en examinant la Pierre Philosophale, Helvétius avait eu l’adresse d’en détacher quelques parcelles et de les tenir cachées sous son ongle. A peine fut-il seul qu’il s’empressa d’en essayer les vertus. Il mit du plomb en fusion dans un creuset et fit la projection. Mais tout se dissipa en fumée ; il ne resta dans le creuset qu’un peu de plomb et de terre vitrifiée. « Jugeant dès lors cet homme comme un imposteur, Helvétius avait à peu près oublié l’aventure lorsque, trois semaines après et au jour marqué, l’étranger reparut. Il refusa encore de faire luimême l’opération ; mais cédant aux prières du médecin il lui fit cadeau d’un peu de sa pierre, à peu près la grosseur d’un grain de millet. Et comme Helvétius exprimait la crainte qu’une si petite quantité de substance ne pût avoir la moindre propriété, l’alchimiste, trouvant encore le cadeau trop magnifique, en enleva la moitié disant que le reste était suffisant pour transmuer une once et demie de plomb. En même temps il eut soin de faire connaître avec détails les précautions nécessaires à la réussite de l’œuvre, et recommanda surtout au moment de la projection d’envelopper la Pierre Philosophale d’un peu de cire afin de la garantir des fumées du plomb. Helvétius comprit en ce moment pourquoi la transmutation qu’il avait essayée avait échoué entre ses mains ; il n’avait pas enveloppé la pierre dans de la cire et négligé par conséquent une précaution indispensable. « L’étranger promettait d’ailleurs de revenir le lendemain pour assister à l’expérience. « Le lendemain Helvétius attendit inutilement, la journée s'écoula tout entière sans que l’on vît paraître personne. Le soir venu, la femme du médecin ne pouvant plus contenir son impatience décida son mari à tenter seul l’opération. L’essai fut exécuté par Helvétius en présence de sa femme et de son fils. « Il fondit une once et demie de plomb, projeta sur le métal en fusion la Pierre enveloppée de cire, couvrit le creuset de son couvercle et le laissa exposé un quart d’heure à l’action du feu. Au bout de ce temps le métal avait acquis la belle couleur verte de l’or en fusion; coulé et refroidi, il devint d’un jaune magnifique. « Tous les orfèvres de la Haye estimèrent très haut le degré de cet or. Povelius, essayeur général des monnaies de la Hollande, le traita sept fois par l’antimoine sans qu’il diminuât de poids. » Telle est la narration qu’Helvétius a faite lui-même de cette aventure. Les termes et les détails minutieux de son récit excluent
2de sa part tout soupçon d’imposture. Il fut tellement émerveillé de ce succès que c’est à cette occasion qu’il écrivit son Vitulus aureus dans lequel il raconte ce fait et défend l’alchimie. : k * ■¥■ Ce fait répond à toutes les conditions requises. Cependant M. Figuier, sentant combien il était difficile à expliquer, ajouta quelques explications dans une édition postérieure (1860). Voulant trouver partout a priori de la fraude, voici son argument principal : L'alchimiste a soudoyé un complice qui est venu mettre dans un des creusets d’Helvétius un composé d’or facilement décomposable par la chaleur. Est-il nécessaire de montrer la naïveté de cette objection? 1° Comment choisir juste le creuset que prendra Helvétius? 2° Comment croire que celui-ci soit assez sot pour ne pas reconnaître un creuset vide d’un plein ou un alliage d’un métal? 3° Pourquoi ne pas se donner la peine de relire le récit des faits ; M. Figuier aurait vu deux points importants : D’abord la phrase suivante: il prit une once et demie de plomb. Ce qui indique qu’il l’a pesé, qu’il l’a manié, ce qui l’aurait mis à même de vérifier facilement si c’était vraiment du plomb. 4° Ensuite ce petit détail : il couvrit le creuset de son couvercle ce qui empêche toute évaporation ultérieure. 5° Supposé même que vraiment Helvétius ait été trompé; que lui, savant expérimenté, ait pris de l’or pour du plomb, la preuve de la transmutation n’en ressort pas moins évidente, car les critiques oublient toujours le fait suivant : S’il existe un alliage cachant l’or en lui, le lingot, après évaporation ou oxydation du métal impur, pèsera beaucoup moins que le métal initialement employé. Si, au contraire, il y a adjonction par un procédé quelconque d’or, le lingot pèsera beaucoup plus que le métal initialement employé. Or la transmutation de Bérigard de Pise, qu’on trouvera ci-après, prouve irréfutablement l’inanité de ces arguments. Enfin pour détruire à tout jamais les affirmations de M. Figuier, il suffit de remarquer que les orfèvres de la Haye ainsi que l’essayeur des monnaies de la Hollande constatent la pureté absolue
3de l’or, ce qui serait impossible s’il y avait eu un alliage quelconque. Ainsi tombe d’elle-même l’explication que le critique donne de ce fait: « Nous ne pouvons guère expliquer aujourd’hui ces faits qu’en admettant que le mercure dont on faisait usage ou le creuset que l’on employait recélait une certaine quantité d’or dissimulée avec une habileté merveilleuse. » (Louis Figuier, ibid., p. 210.) Nous avons dit quun seul fait bien prouvé suffisait pour démontrer l’existence de la Pierre Philosophale, et cependant il en existe trois dans les mêmes conditions. Voyons les deux autres : Voici le récit de Bérigard de Pise, cité de même par Figuier p. 211 : « Je rapporterai, nous dit Bérigard de Pise, ce qui m’est arrivé autrefois lorsque je doutais fortement qu’il fût possible de convertir le mercure en or. Un homme habile, voulant lever mon doute à cet égard, me donna un gros d’une poudre dont la couleur était assez semblable à celle du pavot sauvage, et dont l’odeur rappelait celle du sel marin calciné. Pour détruire tout soupçon de fraude, j’achetai moi-même le creuset, le charbon et le mercure chez divers marchands afin de n’avoir point à craindre qu’il n’y eût de l’or dans aucune de ces matières, ce que font souvent les charlatans alchimiques. Sur dix gros de mercure j’ajoutai un peu de poudre; j’exposai le tout à un feu assez fort, et en peu de temps la masse se trouva toute convertie en près de dix gros d’or, qui fut reconnu comme très pur par les essais de divers orfèvres. Si ce fait ne me fût point arrivé sans témoins, hors de la présence d’arbitres étrangers, j’aurais pu soupçonner quelque fraude; mais je puis assurer avec confiance que la chose s’est passée comme je la raconte. » Ici c’est encore un savant qui opère; mais il connaît les ruses des charlatans et emploie toutes les précautions imaginables pour les éviter. Enfin citons encore la transmutation de Van Helmont pour édifier en tous points le lecteur impartial : En 1618, dans son laboratoire de Vilvorde, près de Bruxelles, Van Helmont reçut d’une main inconnue un quart de grain de Pierre Philosophale. Elle venait d’un adepte, qui, parvenu à la découverte du secret, désirait convaincre de sa réalité le savant illustre dont les travaux honoraient son époque. Van Helmont exécuta lui-même l’expérience seul dans son laboratoire. Avec le quart de grain de poudre qu’il avait reçu de
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1resisted all the entreaties and withdrew, promising to return in three weeks. « While conversing with this man and examining the Philosopher's Stone, Helvétius had had the skill to detach a few particles from it and hold them concealed beneath his nail. Scarcely was he alone than he hastened to test its virtues. He put lead to melt in a crucible and made the projection. But everything dissipated in smoke; there remained in the crucible only a little lead and vitrified earth. « Judging this man from then on to be an impostor, Helvétius had almost forgotten the adventure when, three weeks later and on the appointed day, the stranger reappeared. He again refused to perform the operation himself; but yielding to the physician's entreaties, he made him a gift of a little of his stone, about the size of a millet grain. And as Helvétius expressed the fear that so small a quantity of substance could not have the slightest property, the alchemist, finding the gift still too magnificent, removed half of it, saying that the remainder was sufficient to transmute an ounce and a half of lead. At the same time he took care to make known in detail the precautions necessary for the success of the work, and recommended above all, at the moment of projection, to wrap the Philosopher's Stone in a little wax so as to protect it from the fumes of the lead. Helvétius understood at that moment why the transmutation he had attempted had failed in his hands; he had not wrapped the stone in wax and had consequently neglected an indispensable precaution. « The stranger moreover promised to return the next day to witness the experiment. « The next day Helvétius waited in vain; the entire day passed without anyone appearing. When evening came, the physician's wife, unable any longer to contain her impatience, persuaded her husband to attempt the operation alone. The trial was carried out by Helvétius in the presence of his wife and his son. « He melted an ounce and a half of lead, projected upon the molten metal the Stone wrapped in wax, covered the crucible with its lid and left it exposed for a quarter of an hour to the action of the fire. At the end of this time the metal had acquired the beautiful green color of molten gold; poured out and cooled, it became a magnificent yellow. « All the goldsmiths of The Hague rated the fineness of this gold very highly. Povelius, general assayer of the coinage of Holland, treated it seven times with antimony without its diminishing in weight. » Such is the account that Helvétius himself gave of this adventure. The terms and the minute details of his narrative exclude
2on his part any suspicion of imposture. He was so amazed by this success that it was on this occasion that he wrote his Vitulus aureus, in which he recounts this fact and defends alchemy. This fact answers all the required conditions. However, M. Figuier, feeling how difficult it was to explain, added a few explanations in a later edition (1860). Wishing to find fraud everywhere a priori, here is his main argument: The alchemist bribed an accomplice who came and placed in one of Helvétius's crucibles a compound of gold easily decomposable by heat. Is it necessary to show the naivety of this objection? 1° How would he choose exactly which crucible Helvétius would take? 2° How could one believe that Helvétius would be foolish enough not to recognize an empty crucible from a full one, or an alloy from a pure metal? 3° Why not take the trouble to reread the account of the facts; M. Figuier would have seen two important points: First the following phrase: he took an ounce and a half of lead. This indicates that he weighed it, that he handled it, which would have enabled him easily to verify whether it was truly lead. 4° Then this small detail: he covered the crucible with its lid, which prevents any further evaporation. 5° Supposing even that Helvétius really was deceived; that he, an experienced scholar, mistook gold for lead, the proof of the transmutation is nonetheless just as evident, for the critics always forget the following fact: if there exists an alloy hiding gold within it, the ingot, after evaporation or oxidation of the impure metal, will weigh much less than the metal originally used. If, on the contrary, gold has been added by some process, the ingot will weigh much more than the metal originally used. Now the transmutation of Berigard of Pisa, which will be found below, irrefutably proves the futility of these arguments. Finally, to destroy once and for all M. Figuier's assertions, it suffices to note that the goldsmiths of The Hague, as well as the assayer of the coinage of Holland, established the absolute purity
3of the gold, which would have been impossible had there been any alloy whatsoever. Thus falls of itself the explanation the critic gives of this fact: « We can scarcely explain these facts today except by supposing that the mercury used, or the crucible employed, concealed a certain quantity of gold hidden with marvelous skill. » (Louis Figuier, ibid., p. 210.) We have said that a single well-proven fact sufficed to demonstrate the existence of the Philosopher's Stone, and yet there exist three under the same conditions. Let us see the other two: Here is the account of Berigard of Pisa, likewise cited by Figuier, p. 211: « I shall relate,» Berigard of Pisa tells us, «what happened to me formerly when I strongly doubted that it was possible to convert mercury into gold. A skillful man, wishing to remove my doubt on this point, gave me a dram of a powder whose color was rather similar to that of wild poppy, and whose odor recalled that of calcined sea salt. To destroy all suspicion of fraud, I myself bought the crucible, the charcoal and the mercury from various merchants, so as not to have to fear that there might be gold hidden in any of these materials, as alchemical charlatans often do. To ten drams of mercury I added a little powder; I exposed the whole to a fairly strong fire, and in a short time the mass was found entirely converted into nearly ten drams of gold, which was recognized as very pure by the assays of various goldsmiths. Had this fact not happened to me without witnesses, outside the presence of outside arbiters, I might have suspected some fraud; but I can affirm with confidence that the thing happened just as I relate it. » Here again it is a scholar who performs the operation; but he knows the tricks of charlatans and employs every imaginable precaution to avoid them. Finally let us cite also the transmutation of Van Helmont, to fully convince the impartial reader: In 1618, in his laboratory at Vilvorde, near Brussels, Van Helmont received from an unknown hand a quarter grain of Philosopher's Stone. It came from an adept who, having attained the discovery of the secret, wished to convince of its reality the illustrious scholar whose works honored his age. Van Helmont carried out the experiment himself, alone in his laboratory. With the quarter grain of powder he had received from
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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