Fetching
One moment.
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1la Volonté est si grand que, comme on l’a vu tout à l’heure, il peut aller jusqu’à dominer la Nécessité. De là cette formule qui forme la base de l’astrologie : Astra inclinant, non nécessitant . (Les astres suggèrent, mais ne « nécessitent » pas.) La Nécessité pour l’homme dérive de ses actions antérieures, de ce que les Indous appellent son Karma. Cette idée est aussi celle de Phythagore et par suite de tous les sanctuaires antiques ; voici la génération de ce KARMA : « Nirvana, est-il dit dans Isïs , signifie la certitude de l’immortalité individuelle en ESPRIT, non en AME; celleci étant une émanation finie, ses particules, composées de sensations humaines, de passions et d’aspirations vers quelque forme objective d’existence, doivent nécessairement se désintégrer avant que l’esprit immortel renfermé dans le MOI soit tout à fait affranchi et, par conséquent, assuré contre toute transmigration nouvelle. Et comment Ehonime pourrait-il atteindre cet état, aussi longtemps que l’UPADANA. ce désir de VIVRE et de vivre encore, n’aura pas disparu de l’Etre sentant, de l’AHANCARA revêtu, pourtant, d’un corps éthéré? « C’est T Upadana ou désir intense qui produit la VOLONTÉ, qui développe la FORCE, et c'est cette dernière qui engendre la MATIERE, c’est-à-dire un objet ayant une forme. Ainsi le MOI désincarné, rien que parce qu’il a en lui ce désir qui ne meurt pas, fournit inconsciemment des conditions à ses propres générations successives, sous diverses formes ; ces dernières dépendent de son état mental et de son KARMA, c’est-à-dire des bonnes ou mauvaises actions de sa précédente existence, de ce qu’on appelle communément ses MÉRITES et ses DÉMÉ- RITES. » — 920 —
2C’est donc l’ensemble de ces mérites et de ces démérites qui constitue pour l’homme sa Nécessité. Il en est peu qui sachent mener leur volonté à un développement tel qu’elle influe sur cette destinée; aussi les inclinations des astres « nécessitent-elles » pour la plupart des hommes. « L’avenir se compose du passé; c'est-à-dire que la route que l’homme parcourt dans le temps, et qu'il modifie au moyen de la puissance libre de sa volonté, il l’a déjà parcourue et modifiée; de la même manière, pour me servir d’une image sensible, que la terre décrivant son orbite annuelle autour du soleil, selon le système moderne, parcourt les mêmes espaces, et voit se déployer autour d’elle à peu près les mêmes aspects: en sorte que, suivant de nouveau une route qu’il s’est tracée, l’homme pourrait, non seulement y reconnaître l’empreinte de ses pas, mais prévoir d’avance les objets qu’il va y rencontrer, puisqu’il les a déjà vus, si sa mémoire en conservait l’image et si cette image n’était point effacée par une suite nécessaire de sa nature et des lois providentielles qui la régissent. « Le principe par lequel on posait que l’avenir n’est qu’un retour du passé ne suffisait pas pour en connaître même le canevas : on avait besoin d’un second principe qui était celui par lequel on établissait que la Nature est semblable partout et, par conséquent, que son action étant uniforme dans la plus petite sphère comme dans la plus grande, dans la plus haute comme dans la plus basse, on peut inférer de l’une à l’autre et prononcer par analogie. « Ce principe découlait des dogmes antiques sur l’animation de l’Univers tant en général qu’en particulier: dogme consacré chez toutes les nations et d’après lequel on enseignait que non seulement le Grand Tout, mais les mondes innombrables qui en sont comme les membres, les Cieux et le Ciel des Cieux, les Astres et tous les Êtres
3— 921 — qui les peuplent, jusqu’aux plantes mêmes et aux métaux, sont pénétrés par la même âme et mus parle même esprit. Stanley attribue ce dogme aux Chaldéens, Kircher aux Égyptiens et le savant rabbin Maimonides le fait remonter jusqu’aux Sabéens1. Si nous voulons savoir quelle est l’origine de ces idées sur l’astrologie, nous verrons que, comme toutes les grandes sciences cultivées par l’antiquité, elle était répandue sur toute la surface de la Terre cnmme le prouve l’auteur que je ne puis me lasser d’invoquer : « Laisse les fous agir et sans but et sans cause; Tu dois, clans le présent, contempler l’avenir. « C’est-à-dire, tu dois considérer quels seront les résultats de telle ou telle action, et songer que ces résultats dépendant de ta volonté, tandis qu’ils sont encore à naître, deviendront le domaine de la Nécessité à l’instant où l’action sera exécutée, et croissant dans le passé une fois qu’ils auront pris naissance, concourront à former le canevas d’un nouvel avenir. <( Je prie le lecteur, curieux de ces sortes de rapprochements, de réfléchir un moment sur l’idée de Pythagore. Il y trouvera la véritable source de la science astrologique des anciens. Il n’ignore pas, sans doute, quel empire étendu exerça jadis cette science sur la face de la terre. Les Égyptiens, les Chaldéens, les Phéniciens ne la séparaient pas de celle qui règle le culte des Dieux. Leurs temples n’étaient qu’une image abrégée de l’Univers, et la tour qui servait d’observatoire s’élevait à côté de l’autel des sacrifices. Les Péruviens suivaient à cet égard les mêmes usages que les Grecs et les Romains. Partout le 1. Fabre d'Olivet, Vers dorés, p. 273. Karma, Unité de l’Univers. r»22
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1the Will is so great that, as we have just seen, it can go so far as to dominate Necessity. Hence this formula that forms the basis of astrology: Astra inclinant, non necessitant. (The stars incline, but do not 'necessitate.') Necessity, for man, derives from his previous actions, from what the Hindus call his Karma. This idea is also that of Pythagoras and, in consequence, of all the ancient sanctuaries; here is the genesis of this KARMA: 'Nirvana, it is said in Isis, signifies the certainty of individual immortality in SPIRIT, not in SOUL; the latter being a finite emanation, its particles, composed of human sensations, passions and aspirations toward some objective form of existence, must necessarily disintegrate before the immortal spirit enclosed within the SELF is entirely freed and, consequently, secure against any new transmigration. And how could Ehonime attain this state, so long as UPADANA, that desire to LIVE and to go on living, has not disappeared from the sentient Being, from the AHANKARA, clothed, nonetheless, in an ethereal body? 'It is Upadana, or intense desire, that produces the WILL, which develops the FORCE, and it is this last which engenders MATTER, that is to say, an object having a form. Thus the disembodied SELF, merely because it retains within it this desire that does not die, unconsciously furnishes the conditions for its own successive generations, under diverse forms; these latter depend on its mental state and on its KARMA, that is to say, on the good or bad actions of its previous existence, on what are commonly called its MERITS and its DEMERITS.' — 920 —
2It is thus the sum of these merits and demerits that constitutes man's Necessity. Few there are who know how to bring their will to such a development that it influences this destiny; hence the inclinations of the stars 'necessitate' for most men. 'The future is composed of the past; that is to say, the road that man travels in time, and which he modifies by means of the free power of his will, he has already traveled and modified; in the same way, to use a tangible image, that the earth, describing its yearly orbit around the sun, according to the modern system, travels through the same spaces, and sees displayed around it very nearly the same aspects: so that, following once more a road that he has already traced for himself, man could not only recognize in it the imprint of his own steps, but foresee in advance the objects he will encounter there, since he has already seen them, if his memory retained the image of them, and if this image were not effaced by a necessary consequence of his nature and of the providential laws that govern it. 'The principle by which it was held that the future is only a return of the past did not suffice to know even its outline: a second principle was needed, which was the one by which it was established that Nature is alike everywhere, and, consequently, that its action being uniform in the smallest sphere as in the greatest, in the highest as in the lowest, one can infer from one to the other and pronounce by analogy. 'This principle derived from the ancient dogmas on the animation of the Universe, both in general and in particular: a dogma held sacred among all nations, and according to which it was taught that not only the Great Whole, but the innumerable worlds that are, as it were, its members, the Heavens and the Heaven of Heavens, the Stars and all the Beings
3— 921 — that people them, down to the very plants and metals, are penetrated by the same soul and moved by the same spirit. Stanley attributes this dogma to the Chaldeans, Kircher to the Egyptians, and the learned rabbi Maimonides traces it back to the Sabeans1. If we wish to know what the origin of these ideas on astrology is, we shall see that, like all the great sciences cultivated by antiquity, it was spread over the whole surface of the Earth, as is proved by the author whom I cannot tire of invoking: 'Let fools act without aim and without cause; You must, in the present, contemplate the future.' 'That is to say, you must consider what the results of this or that action will be, and reflect that these results, depending on your will while they are still to come, will become the domain of Necessity the instant the action is carried out, and, growing into the past once they have come into being, will help to form the outline of a new future. I ask the reader, curious about this kind of comparison, to reflect a moment on the idea of Pythagoras. There he will find the true source of the ancients' astrological science. He is not unaware, no doubt, of what a vast empire this science once exercised over the face of the earth. The Egyptians, the Chaldeans, the Phoenicians did not separate it from that which governs the worship of the Gods. Their temples were only an abridged image of the Universe, and the tower that served as an observatory rose beside the altar of sacrifices. The Peruvians followed, in this regard, the same customs as the Greeks and the Romans. Everywhere the 1. Fabre d'Olivet, Vers Dorés, p. 273. Karma, Unity of the Universe. r»22
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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