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1Les philosophes indépendants (pii ont étudié le Gnosticisme ou l’Ecole d’Alexandrie ignorent, pour la plupart, l’unité des doctrines religieuses de l’antiquité, et la fraternité universelle des initiés sortis des grands sanctuaires. De là certaines lacunes impossibles à éviter dans l’histoire de cette évolution toute spéciale. Nous allons établir notre travail d’après le plan suivant : 1° Nous énumérerons de notre mieux les éléments. d’ac - tion existant à cette époque au point de vue de la transmission de l’initiation ; 2° Nous ferons nos efforts pour étudier la création des diverses religions sorties des centres d’initiation et pour chercher l’analogie possible avec la création du christianisme ; 3° Ceci nous amènera à étudier plusieurs des philosophies de cette époque et surtout le Gnosticisme. Résumons ce que nous avons dit précédemment au sujet de l’origine du Seplier. Les prêtres initiés d’Egypte conservaient la tradition d’une science profonde qui n’était livrée aux profanes qu’après de terribles épreuves, et qui ne pouvait être écrite qu’en caractères de la langue sacrée. Moïse, surnom d’un des initiés, prêtre d'Osiris, sélecte un peuple à qui il donne à garder, pour le transmettre de génération en génération, un livre écrit en caractères sacrés : le Seplier. Ce livre renfermait la plus grande partie de la science traditionnelle. Le sens véritable de ce livre est bientôt perdu pour le peuple juif, malgré les versions et les traductions qu’on en fait. — 616 —
2Une seule seele juive conserve encore, a l’époque qui nous occupe (c’est-à-dire vers la naissance du christianisme), la clef secrète du Sepher ou Kabbale. Cette secte est celle des Esse nions. Les deux autres sectes, les Pharisiens et les Saducéens, ne comprennent plus rien à l’œuvre de Moïse et font de la politique plus qu’autre chose. Jésus est juif. Il sortira des Esséniens .Mais n’anticipons pas et notons bien ce premier point: les Esséniens sont, en ce moment, les seuls dépositaires de la tradition ésotérique. Mais ces Esséniens ne sont en somme que les descendants intellectuels d’un prêtre Égyptien, Moïse. L’initiation donnée dans les mystères d’Osiris ou d’isis ne s’est pas arrêtée à Moïse. Elle a continué depuis; Orphée a répandu les enseignements reçus en Egypte dans toute la Grèce. Successivement Pythagore, Platon et tous les grands philosophes ou législateurs de l’Occident sont venus se retremper à la source originelle. Delà l’existence, parallèlement à la tradition juive et au Sepher (conservés dans une petite contrée, par un seul peuple), d’une tradition aussi profonde, quoique plus imagée : celle du Polythéisme grec. L’Egypte et ses mystères dominent encore, au moment de la naissance du christianisme, toute l’intellectualité de l’Occident. Les initiés, se reconnaissant à certains signes secrets, circulent à travers le monde, allant porter le mot d’ordre dansles temples de tous les dieux où enseignent les prêtres savants, représentants régionaux de l’Université d’Égypte désignée mystiquement sous le nom collectif d' Hermès Tri smegiste' . I. C’est-à-dire Hermès (centre scientifique) possédant les trois ordres de Sciences (Université), science des faits, science des lois et science des principes, tandis que les facultés régionales ne possédaient qu’un ou deux de ces ordres de sciences (voy. chap. ier).
3(517 Apulée, vers 140 après Jésus-Christ, pourra encore se faire initier aux mystères d’Osiris, preuve de leur existence à cette époque encore. Si les Esséniens dérivés par Moïse de la souche primitive, possèdent encore la tradition, le centre primitif luimême, l’Université d’Egypte possède aussi cette tradition qu’elle a diffusée de son mieux en Occident, grâce à Orphée et à ses disciples. Tels sont les deux éléments en présence au moment où les Esséniens vont s’efforcer de sauver leur dépôt sacré par la création du christianisme. Ceci nous amène à dire quelques mots de la création d’une religion telle qu’on peut la concevoir d’après les données de la Science occulte. A propos de la méthode de transmission de la tradition, nous avons montré que tout enseignement complet se composait de trois parties : 1° Une partie exotérique en général mythologique ; 2° Une partie ésotérique ; 3° Un culte formant le lien entre ces deux parties. Une source immédiate d’erreurs irréparables, c’est la confusion de ces trois parties. Pour le polythéisme, cette erreur n’est pas à craindre jusqu’à présent, puisqu’on ignore encore l’existence d’un ésotérisme et que le culte est à peine étudié ; l’exotérisme ou la partie mythologique est donc seule connue. Or, l’origine de cette mythologie c’est, nous l’avons vu la matérialisation des principes qu’on habille en bonshommes pour les besoins de la légende. Les anciens écrivaient souvent l’histoire d’après une méthode analogue. Ne faisant aucun cas des individus, ils racontaient l’évolution sociale des principes incarnés par ces individus, écrivant l’histoire du despotisme et l’origine
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1Independent philosophers who have studied Gnosticism or the School of Alexandria are, for the most part, unaware of the unity of the religious doctrines of antiquity, and the universal brotherhood of the initiates who emerged from the great sanctuaries. Hence certain unavoidable gaps in the history of this quite special evolution. We shall carry out our work according to the following plan: 1° We shall enumerate to the best of our ability the operative elements existing at that period from the standpoint of the transmission of initiation; 2° We shall make every effort to study the creation of the various religions issuing from the centers of initiation and to seek the possible analogy with the creation of Christianity; 3° This will lead us to study several of the philosophies of that period and above all Gnosticism. Let us summarize what we have said previously concerning the origin of the Sepher. The initiated priests of Egypt preserved the tradition of a profound science which was delivered to the profane only after terrible trials, and which could only be written in the characters of the sacred language. Moses, the surname of one of the initiates, a priest of Osiris, selected a people to whom he gave it to keep, in order to transmit it from generation to generation, a book written in sacred characters: the Sepher. This book contained the greater part of traditional science. The true meaning of this book was soon lost to the Jewish people, despite the versions and translations made of it. — 616 —
2Only a single Jewish sect still preserves, at the period which concerns us (that is to say, around the birth of Christianity), the secret key of the Sepher or Kabbalah. This sect is that of the Essenes. The two other sects, the Pharisees and the Sadducees, no longer understand anything of the work of Moses and engage in politics more than anything else. Jesus is a Jew. He will emerge from the Essenes. But let us not anticipate, and let us carefully note this first point: the Essenes are, at this moment, the sole depositaries of the esoteric tradition. But these Essenes are, in sum, only the intellectual descendants of an Egyptian priest, Moses. The initiation given in the mysteries of Osiris or of Isis did not stop with Moses. It continued afterward; Orpheus spread the teachings received in Egypt throughout all Greece. Successively Pythagoras, Plato and all the great philosophers or lawgivers of the West came to renew themselves at the original source. Hence the existence, alongside the Jewish tradition and the Sepher (preserved within a small territory, by a single people), of a tradition equally profound, though more figurative: that of Greek Polytheism. Egypt and its mysteries still dominate, at the moment of the birth of Christianity, the entire intellectuality of the West. The initiates, recognizing one another by certain secret signs, travel across the world, carrying the watchword into the temples of all the gods, where the learned priests teach, regional representatives of the University of Egypt, mystically designated under the collective name of Hermes Trismegistus. I. That is to say Hermes (scientific center) possessing the three orders of Sciences (University), the science of facts, the science of laws and the science of principles, whereas the regional faculties possessed only one or two of these orders of sciences (see chap. i).
3(517 Apuleius, around 140 A.D., could still be initiated into the mysteries of Osiris, proof of their existence still at that period. If the Essenes, derived by Moses from the primitive stock, still possess the tradition, the primitive center itself, the University of Egypt, also possesses this tradition, which it has diffused as best it could throughout the West, thanks to Orpheus and his disciples. Such are the two elements in play at the moment when the Essenes set about striving to save their sacred deposit through the creation of Christianity. This brings us to say a few words about the creation of a religion as one may conceive it according to the data of Occult Science. Regarding the method of transmission of tradition, we have shown that every complete teaching was composed of three parts: 1° An exoteric part, generally mythological; 2° An esoteric part; 3° A cult forming the link between these two parts. An immediate source of irreparable errors is the confusion of these three parts. For polytheism, this error need not be feared for the time being, since the existence of an esotericism is still unknown and the cult is barely studied; exotericism, or the mythological part, is thus alone known. Now, the origin of this mythology is, as we have seen, the materialization of principles which are dressed up as human figures for the needs of the legend. The ancients often wrote history according to a similar method. Taking no account of individuals, they recounted the social evolution of the principles embodied by these individuals, writing the history of despotism and the origin
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