Fetching
One moment.
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1945 — corps humain; et c’est la raison de l'efficacité de la pomme : car une partie de la plante allait pour l’autre Dieu ayant envoyé aux cinq villes des Philistins des hémorrhoïdes et des rats, pour les punir d’avoir capturé son arche, ces villes ne purent être délivrées de leurs fléaux qu’après avoir offert à Dieu cinq anus d’or et cinq rats d’or, suivant le nombre des villes qui avaient été affligées. Ici il y a imitation du nombre des villes, des parties passives, et des animaux agissants. Lorsque les Hébreux, à cause de leur désobéissance, furent frappés de ces serpents dont la morsure était mortelle, Moïse fit faire un serpent d'airain , dont la vue guérissait les blessés-. Le serpent de Moïse imitait la figure des serpents meurtriers. S’il y avait eu la figure d’une autre espèce de serpent, il n’y aurait pas eu d’imitation, ni par conséquent de guérison. Lorsque les Israélites, pendant le séjour de Moïse sur le mont Sinaï, demandèrent à Aaron de leur faire un dieu pour les conduire, et que celui-ci résolut de leur donner Je veau d'or, il exigea qu’ils lui remissent tous les, pendants d’oreilles de leurs femmes, de leurs fils et de leurs filles. Pourquoi cette préférence sur tout autre objet d’or? C’est que le veau se dit héçjel en hébreu, et que sa racine kagal désigne tout ce qui est rond ; les boucles d’oreilles, à cause de leur rondeur, s’appellent hégil. Elles ont aussi un autre nom, nézém, par lequel la Bible les désigne en cet endroit, et qui leur est commun avec le collier. Mais ce synonyme, en raison de la circonstance, rappelait l’autre nom hégil, et, par analogie,
21. Le mot mandragore (masculin) vient de l’arménien manragor ; de manr, petit, et de or, ou gor, comme; comme un petit homme. En persan on lui donne le nom d ’isterenk, qui signifie stérile, infécond, d'estar, mulet. Mais isierenk pourrait bien venir d'ist, fesse, et de renk, apparence, parce que la racine de celte plante a, dit-on, une grosseur qu’on pourrait prendre pour une fesse. En arabe, son nom est leffah, qui a de grosses cuisses. Les Allemands donnent à la plante le nom d 'allraun, qui signifie le tout à fait castrat. Elle était employée dans la magie : de là le mot run, qui signifie murmurer, comme faisaient les magiciens; et. les runes, sortes de caractères magiques. Les Hébreux nommaient les pommes dodaim, les aimables, ou qui font aimer ; les Copies, bétukè, pommes d’amour, ou noutem, qui produit du fruit. On voit que la mandragore a pris son nom de l’imitation qu’elle opère. Mandragoras est aussi un surnom de Jupiter. 2. En hébreu NaHaCHe signifie serpent; il signifie aussi augure. -NeHoCIIe qui est d’airain; THaN signifie aussi serpent, dragon; d’où NeHoCh-THaN, le serpent d'airain. Les Hébreux l’ont adoré dans la suite; c'est le serpent de Mercure. 60 — 946 — réveillait 1 idée de rondeur, et en même temps celle du veau. Je parlerai autre part de ce fameux veau d’or, qui, comme on sait, n’est que le veau Apis *. Les Hébreux étant arrivés au lieu nommé Mara ou amertume,
3t. Un des grands inconvénients de la traduction, lorsqu’il s’agit des prophéties et des fables de l’antiquité orientale, passées dans les auteurs grecs et latins, c’esl de préciser toujours le sens d’un mot oriental, et de masquer tous les autres sens qui lui appartiennent. U y a souvent, dans l’Orient, allusion d’un sens à l’autre, tantôt par imitation, tantôt par allégorie ; comme nous venons de le voir par les noms hégil et nezém, des pendants d’oreilles, à l’occasion du veau d’or. Le traducteur ne peut pas faire sentir l'allusion, parce que le mot dont il se sert n’a pas toutes les significations du mot oriental traduit, et que les termes qui expriment dans sa langue les idées représentées par ce mot oriental, diffèrent entre eux totalement; et enfin, que le génie des langues européennes se refuse aux jeux de mots, dans le discours sérieux. Il s’ensuit que, lorsqu’on veut se rendre compte des choses antiques, il faut toujours comparer les mots grecs et latins des traducteurs aux divers synonymes orientaux qui y correspondent. Cette observation est très importante pour l'explication des fables mythologiques : elle l’est souvent aussi pour comprendre la Bible. Je vais en donner la preuve. En hébreu, haroum signifie nu, éclairé, prudent; et dans un sens dépréciatif, rusé. La Cenèse, en parlant du serpent, nous dit « qu’il était le plus nu (haroum) des animaux des champs. » Effectivement il n’a pas de poil, et il avait alors des pieds. Les Septante on traduit haroum par çpovifjuLvaTo;, le plus éclairé, le plus sage, le plus prudent : la Vulgate, par callidior, le plus habile, le plus sagace; Le Maistre de Sacy, par le le jolus rusé : ce dernier sens a prévalu. Voilà donc que le serpent, de nu, est devenu rusé. Or, il est certain que, dans l’antiquité, le serpent ne passait pas pour rusé, mais pour prudent, de cette prudence que donnent la connaissance et l’expérience du monde; car Notre-Seigneur dit à ses disciples : « Soyez prudents, <ppovip.m, comme les serpents, et simples comme les colombes. » La simplicité exclut la ruse. Le serpenl avait mangé du fruit des deux arbres ; il était éclairé et immortel, et il voulait que l’homme participât aux mêmes avantages. Le résultat que l’homme obtint du fruit défendu, fut d’être éclairé, car ses yeux s'ouvrirent ; et de comprendre qu’il était nu. Il était .donc nu el "■éclairé (haroum). L’endroit de la Genèse qui concerne la. chute de l’homme roule donc sur Jes deux sens du mot hébreu. Si nous passons à la fable grecque, nous verrons que Mercure était le messager de Jupiter et le conseiller de Saturne. Or, dans les langues orientales, melak signifie messager, ange, annonciateur et aussi opérateur ; melek signifie conseiller et roi. Si vous considérez le rapport qui existe entre melak et melek, vous comprendrez pourquoi Mercure était un messager et un conseiller; si vous restez dans les termes grecs et latins, vous ignorerez toujours le motif du cumul de ces deux fonctions. De melak, opérateur, nom donné aux divinités qui agissent sur le monde, vous ferez venir Adra-melek et Anna-melek, deux divinités chaldéennes et vous aurez l’origine de tous ces rois, melakim, que la fable mentionne.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1945 — human body; and this is the reason for the efficacy of the apple: for one part of the plant served for the other. God having sent upon the five cities of the Philistines hemorrhoids and rats, to punish them for having captured his ark, these cities could be delivered from their plagues only after having offered to God five golden anuses and five golden rats, according to the number of the cities that had been afflicted. Here there is imitation of the number of cities, of the passive parts, and of the acting animals. When the Hebrews, on account of their disobedience, were struck by those serpents whose bite was mortal, Moses had a bronze serpent made, the sight of which healed the wounded. Moses' serpent imitated the form of the deadly serpents. Had it been the figure of another species of serpent, there would have been no imitation, and consequently no healing. When the Israelites, during Moses' sojourn on Mount Sinai, asked Aaron to make them a god to lead them, and the latter resolved to give them the golden calf, he required that they hand over to him all the earrings of their wives, their sons and their daughters. Why this preference over any other golden object? It is because the calf is called Egel in Hebrew, and its root, agal, designates everything that is round; earrings, because of their roundness, are called agil. They also have another name, nezem, by which the Bible designates them in this passage, and which they share with the necklace. But this synonym, given the circumstance, recalled the other name, agil, and, by analogy,
21. The word mandragore (masculine) comes from the Armenian manragor; from manr, small, and or, or gor, like: like a little man. In Persian it is given the name isterenk, meaning sterile, barren, from istar, mule. But isterenk could well come from ist, buttock, and renk, appearance, because the root of this plant has, it is said, a thickness that could be mistaken for a buttock. In Arabic, its name is leffah, which has thick thighs. The Germans give the plant the name alraun, which signifies the wholly castrated. It was employed in magic: hence the word rune, which means to murmur, as the magicians did; and runes, kinds of magical characters. The Hebrews named the apples dodaim, the lovable ones, or those that make one loved; the Copts, betuke, apples of love, or noutem, which produces fruit. One sees that the mandrake took its name from the imitation it performs. Mandragoras is also a surname of Jupiter. 2. In Hebrew NaHaCHe means serpent; it also means augury. NeHoChe means made of bronze; THaN also means serpent, dragon; whence NeHoCh-THaN, the bronze serpent. The Hebrews later worshipped it; it is the serpent of Mercury. 60 — 946 — reawakened 1 idea of roundness, and at the same time that of the calf. I shall speak elsewhere of this famous golden calf, which, as is known, is only the Apis calf. The Hebrews, having arrived at the place called Mara, or bitterness,
3t. One of the great drawbacks of translation, when it concerns the prophecies and fables of oriental antiquity that passed into the Greek and Latin authors, is that of always fixing the sense of an oriental word, and masking all the other senses that belong to it. There is often, in the Orient, an allusion from one sense to another, sometimes by imitation, sometimes by allegory; as we have just seen through the names agil and nezem, for earrings, on the occasion of the golden calf. The translator cannot make the allusion felt, because the word he uses does not have all the meanings of the translated oriental word, and because the terms that express, in his language, the ideas represented by that oriental word, differ entirely from one another; and finally, because the genius of European languages refuses wordplay in serious discourse. It follows that, when one wishes to give an account of ancient things, one must always compare the Greek and Latin words of the translators with the various oriental synonyms that correspond to them. This observation is very important for the explanation of mythological fables: it is often important too for understanding the Bible. I shall give proof of this. In Hebrew, haroum means naked, enlightened, prudent; and in a pejorative sense, cunning. Genesis, speaking of the serpent, tells us 'that it was the most naked (haroum) of the animals of the fields.' Indeed it has no fur, and it then had feet. The Septuagint translated haroum by phronimotatos, the most enlightened, the wisest, the most prudent: the Vulgate, by callidior, the most skillful, the most sagacious; Le Maistre de Sacy, by the most cunning: this last sense has prevailed. Thus the serpent, from naked, became cunning. Now, it is certain that, in antiquity, the serpent did not pass for cunning, but for prudent, with that prudence given by knowledge and experience of the world; for Our Lord says to his disciples: 'Be prudent, phronimoi, as serpents, and simple as doves.' Simplicity excludes cunning. The serpent had eaten of the fruit of the two trees; it was enlightened and immortal, and it wished that man should share the same advantages. The result that man obtained from the forbidden fruit was to be enlightened, for his eyes were opened; and to understand that he was naked. He was thus naked and enlightened (haroum). The passage of Genesis concerning the fall of man thus turns on the two senses of the Hebrew word. If we pass to the Greek fable, we shall see that Mercury was the messenger of Jupiter and the counselor of Saturn. Now, in the oriental languages, melak means messenger, angel, announcer, and also operator; melek means counselor and king. If you consider the relation that exists between melak and melek, you will understand why Mercury was a messenger and a counselor; if you remain within the Greek and Latin terms, you will always remain ignorant of the reason for the combination of these two functions. From melak, operator, a name given to the divinities that act upon the world, you will derive Adar-melek and Anna-melek, two Chaldean divinities, and you will have the origin of all those kings, melakim, that the fable mentions.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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