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1En 1604 son sépulcre fut découvert orné d’inscriptions diverses dont une prophétique, si l’on en croit le Manifeste de la Confrérie de la Rose-Croix ( Fama fraternitatis Rosæ Crucis) paru vers 1613. M. Louis Figuier a fort bien résumé l’histoire de cette confrérie, aussi lui empruntons-nous les extraits suivants qui montreront que la Gnose est le but secret de la Rose-Croix luttant contre l’ignorance de l’Eglise : La doctrine et les règles de conduite des frères de la Rose-Croix sont contenues dans le Manifeste dont nous avons parlé et dans un autre petit livre intitulé la Confession de foi, qui est annexé au précédent. Bien qu’il n’ait jamais été possible de connaître exactement ce que renfermait le grand secret des Rose-Croix, on pense qu'il portait sur ces quatre points : la Transmutation des métaux; — Y Art de •prolonger la vie pendant plusieurs siècles; — la Connaissance de ce qui se passe dans les lieux éloignés ; — Y Application de la cabale et de la science des nombres à la découverte des choses les plus cachées. Le nombre des frères de la Rose-Croix n’était que de quatre au début de la confrérie, Rosenkreuz n’ayant dévoilé son secret qu’à trois compagnons, ou, selon d’autres, à ses trois fils. Leur nombre s’accrut bientôt jusqu’à huit. Ils étaient tous vierges. Ces adeptes fondateurs se réunissaient dans une chapelle appelée du Saint- Esp?'it, et c’est là qu’ils distribuaient les enseignements et les avis aux nouveaux initiés. Une fois entrés dans le sein de la confrérie, les frères se juraient une fidélité inviolable, et s’engageaient par serment à tenir leur secret impénétrable aux profanes. Ils ne se distinguaient les uns des autres que par des numéros d’ordre; individuellement ou collectivement, ils devaient se contenter de prendre le nom de la confrérie, à l’exemple de leur premier fondateur, qui ne s’était jamais fait connaître que sous le titre de frère illuminé de la R.-C . Cette manière de s’absorber dans la personne de leur maître montre assez dans quelle union étroite ils entendaient vivre avec son esprit, et combien ils étaient résolus à suivre fidèlement la règle qu’il leur avait tracée, et dont voici les articles principaux : « Exercer la médecine charitablement et sans recevoir de personne aucune récompense; « Se vêtir suivant les usages du pays où l’on se trouve; « Se rendre, une fois tous les ans, au lieu de leur assemblée générale, ou fournir par écrit une excuse légitime de son absence; « Choisir chacun, quand il en sentira le besoin, c’est-à-dire
2quand il sera au moment de mourir, un successeur capable de tenir sa place et de le représenter; « Avoir le caractère de la R. -G. pour signe de reconnaissance entre eux et pour symbole de leur congrégation. « Prendre les précautions nécessaires pour que le lieu de leur sépulture soit inconnu, quand il arrivera à quelqu’un d’eux de mourir en pays étranger. « Tenir leur société secrète et cachée pendant cent vingt ans, et croire fermement que, si elle venait à faillir, elle pourrait être réintégrée au sépulcre et monument de leur premier fondateur1. » Avec la. stricte observation de ces préceptes, dont l’application ne présente, comme on le voit, que peu de difficultés, les Rose- Croix se vantent d’obtenir des grâces et des facultés telles que Dieu n’en a jamais communiqué de semblables à aucune de ses créatures. Les Rose-Croix affirment, par exemple : « Qu’ils sont destinés à accomplir le rétablissement de toutes choses en un état meilleur avant que la fin du monde arrive; « Qu’ils ont au suprême degré la piété et la sagesse, et que, pour tout ce qui peut se désirer des grâces de la nature, ils en sont paisibles possesseurs, et peuvent les dispenser selon qu'ils le jugent à propos; « Qu’en quelque lieu qu’ils se trouvent, ils connaissent mieux les choses qui se passent dans le reste du monde que si elles leur étaient présentes; « Qu’ils ne sont sujets ni à la faim, ni à la soif, ni à la vieillesse, ni aux maladies, ni à aucune incommodité de la nature ; « Qu’ils connaissent par révélation ceux qui sont dignes d’être admis dans leur société; « Qu’ils peuvent en tout temps vivre comme s’ils avaient existé dès le commencement du monde, ou s’ils devaient rester jusqu’à la fin des siècles; « Qu’ils ont un livre dans lequel ils peuvent apprendre tout ce qui est dans les autres livres faits ou à faire; « Qu’ils peuvent forcer les esprits et les démons les plus puissants de se mettre à leur service, et attirer à eux, par la vertu de leur chant, les perles et les pierres précieuses; « Que Dieu les a couverts d’un nuage pour les dérober à leurs ennemis, et que personne ne peut les voir, à moins qu’il n’ait les yeux plus perçants que ceux de l’aigle;
3« Que les huit premiers frères de la Rose-Croix avaient le don de guérir toutes les maladies, à ce point qu’ils étaient encombrés par la multitude des affligés qui leur arrivaient, et que l’un d’eux, fort versé dans la cabale, comme le témoigne son livre H , avait guéri de la lèpre le comte de Norfolk, en Angleterre ; « Que Dieu a délibéré de multiplier le nombre de leur compagnie ; « Qu’ils ont trouvé un nouvel idiome pour exprimer la nature de toutes les choses; « Que par leur moyen le triple diadème du pape sera réduit en poudre ; « Qu’ils confessent librement, et publient, sans aucune crainte d’en être repris, que le pape est l’Antéchrist; « Qu’ils condamnent les blasphèmes de l’Orient et de l’Occident, c’est-à-dire de Mahomet et du pape, et ne reconnaissent que deux sacrements, avec les cérémonies de la première Église, renouvelée par leur congrégation ; « Qu’ils reconnaissent la quatrième monarchie, et l’empereur des Romains pour leur chef et celui de tous les chrétiens ; « Qu’ils lui fourniront plus d’or et d’argent que le roi d’Espagne n’en a tiré des Indes, tant orientales qu’occidentales, d’autant plus que leurs trésors sont inépuisables; « Que leur collège, qu’ils nomment College de Saint-Esprit, ne peut souffrir aucune atteinte, quand même cent mille personnes l’auraient vu et remarqué; « Qu’ils ont dans leurs bibliothèques plusieurs livres mystérieux, dont un, celui qui leur est le plus utile après la Bible, est le même que le révérend Père illuminé R. C. tenait en sa main droite après sa mort; « Enfin, qu’ils sont certains et assurés que la vérité de leurs maximes doit durer jusqu’à la dernière période du monde1. » LA RÉFORME Voilà donc une nouvelle fraternité hermétique dont la doctrine est puisée directement aux sources primitives qui vient s’ajouter aux courants déjà existants : 1° Le courant central représenté par les alchimistes. 2° Les restes des Templiers. 1. G. Naudé, Instructions à laFrance sur lavérité de l’histoire des frères de la Rose-Croix.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1In 1604 his sepulcher was discovered, adorned with various inscriptions, one of them prophetic, if we are to believe the Manifesto of the Fraternity of the Rosy Cross (Fama fraternitatis Rosæ Crucis), published around 1613. M. Louis Figuier has very ably summarized the history of this fraternity, and we accordingly borrow from him the following extracts, which will show that the Gnosis is the secret aim of the Rosy Cross in its struggle against the ignorance of the Church: The doctrine and the rules of conduct of the brothers of the Rosy Cross are contained in the Manifesto we have spoken of, and in another small book entitled the Confession of Faith, which is appended to the former. Although it has never been possible to know exactly what the great secret of the Rosicrucians contained, it is thought to have borne on these four points: the Transmutation of metals; — the Art of prolonging life for several centuries; — the Knowledge of what takes place in distant places; — the Application of the cabala and the science of numbers to the discovery of the most hidden things. The number of the brothers of the Rosy Cross was only four at the beginning of the fraternity, Rosenkreuz having unveiled his secret to only three companions, or, according to others, to his three sons. Their number soon grew to eight. They were all virgins. These founding adepts assembled in a chapel called that of the Holy Spirit, and it was there that they distributed teachings and counsel to new initiates. Once admitted into the bosom of the fraternity, the brothers swore an inviolable fidelity, and pledged by oath to keep their secret impenetrable to the profane. They distinguished themselves from one another only by order numbers; individually or collectively, they were to be content with taking the name of the fraternity, following the example of their first founder, who never made himself known except under the title of illumined brother of the R.-C. This manner of absorbing themselves into the person of their master shows well enough in what close union they intended to live with his spirit, and how resolved they were to follow faithfully the rule he had laid down for them, of which here are the principal articles: « To practice medicine charitably and without receiving any recompense from anyone; « To dress according to the customs of the country in which one finds oneself; « To present oneself, once every year, at the place of their general assembly, or to furnish in writing a legitimate excuse for one's absence; « To choose, each of them, when he feels the need, that is to say
2when he is about to die, a successor capable of taking his place and representing him; « To have the character R.-C. as a sign of recognition among themselves and as a symbol of their congregation. « To take the necessary precautions so that the place of their burial remain unknown, should it happen to one of them to die in a foreign land. « To keep their society secret and hidden for a hundred and twenty years, and to believe firmly that, should it come to fail, it could be reintegrated at the sepulcher and monument of their first founder1. » With the strict observance of these precepts, whose application presents, as one sees, but few difficulties, the Rosicrucians boast of obtaining graces and faculties such as God has never communicated the like of to any of His creatures. The Rosicrucians affirm, for example: « That they are destined to accomplish the restoration of all things to a better state before the end of the world arrives; « That they possess piety and wisdom in the highest degree, and that, for all that can be desired of the graces of nature, they are peaceful possessors thereof, and can dispense them as they see fit; « That in whatever place they find themselves, they know better the things that occur in the rest of the world than if these were present before them; « That they are subject neither to hunger, nor to thirst, nor to old age, nor to illness, nor to any inconvenience of nature; « That they know, by revelation, those who are worthy of being admitted into their society; « That they can at all times live as if they had existed since the beginning of the world, or as if they were to remain until the end of the ages; « That they possess a book in which they can learn all that is in other books, made or yet to be made; « That they can compel spirits and the most powerful demons to place themselves in their service, and draw to themselves, by the virtue of their song, pearls and precious stones; « That God has covered them with a cloud to conceal them from their enemies, and that no one can see them unless he has eyes sharper than those of the eagle;
3« That the first eight brothers of the Rosy Cross had the gift of healing every illness, to such a point that they were overwhelmed by the multitude of afflicted persons who came to them, and that one of them, deeply versed in the cabala, as his book H testifies, had cured the Count of Norfolk, in England, of leprosy; « That God has resolved to multiply the number of their company; « That they have found a new idiom for expressing the nature of all things; « That through their means the triple diadem of the pope will be reduced to powder; « That they confess freely, and publish, without any fear of being reproached for it, that the pope is the Antichrist; « That they condemn the blasphemies of the East and of the West, that is to say of Mahomet and of the pope, and recognize only two sacraments, with the ceremonies of the primitive Church, renewed by their congregation; « That they recognize the fourth monarchy, and the Emperor of the Romans as their chief and that of all Christians; « That they will furnish him with more gold and silver than the King of Spain has drawn from the Indies, both eastern and western, all the more so since their treasures are inexhaustible; « That their college, which they call the College of the Holy Spirit, cannot suffer any attack, even were a hundred thousand persons to have seen and noted it; « That they possess in their libraries several mysterious books, one of which, that most useful to them after the Bible, is the same one that the reverend illumined Father R.C. held in his right hand after his death; « Finally, that they are certain and assured that the truth of their maxims must endure until the last period of the world1. » THE REFORMATION Here then is a new hermetic fraternity, whose doctrine is drawn directly from the primitive sources, coming to join the currents already existing: 1° The central current represented by the alchemists. 2° The remnants of the Templars. 1. G. Naudé, Instructions à la France sur la vérité de l'histoire des frères de la Rose-Croix.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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