Fetching
One moment.
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1voyons une grande différence entre les deux qualités de deux quantités égales d’équivalents vitaux dépensés par deux hommes, dont l’un, supposons, s’en va tranquillement à son travail quotidien et dont l’autre se dirige vers nue station de police pour y dénoncer son semblable. Pour vos hommes de science il n’y aura pas de différence. Nous en voyons encore une très grande, très spécifique, dans l’énergie du vent et dans celle d’une turbine. Pourquoi? Parce que dans son évolution invisible, toute pensée humaine passe dans l’endroit dont l’ordre physique est l’envers, et devient une entité active, en s’associant, en s’unifiant avec un élément particulier, c’est-à-dire avec une des forces semi-intellectuelles des royaumes de la vie. Cette pensée survit comme une intelligence active, comme une créature engendrée de l’esprit, pendant une période plus ou moins longue, et proportionnelle à l’intensité de l’action cérébrale qui l’a générée. Ainsi, une bonne pensée se perpétue comme une puissance active et bienfaisante, et une mauvaise comme un pouvoir démoniaque et maléfique. De sorte que l’homme peuple continuellement sa course dans l’espace, d’un monde à son image, rempli des émanations de ses fantaisies, de ses désirs, de ses impulsions et de ses passions. Mais, à son tour, ce milieu invisible de l’homme réagit, par son seul contact sur toute organisation sensitive ou nerveuse, proportionnellement à son intensité dynamique. C’est ce que les bouddhistes appellent Shandba, les Indous Karma. L’adepte crée sciemment ces formes, les autres les génèrent au hasard. L’adepte, pour réussir et conserver son pouvoir, doit -r- 759
2demeurer dans la solitude et plus ou moins dans l’intérieur de sa propre âme. Il y a des choses que la science sensoriale perçoit encore moins. L’industrieuse fourmi, l’active abeille, l’oiseau qui bâtit son nid, accumulent, chacun dans son humble degré, autant d’énergie cosmique dans une forme spécifique, que Hayden, Platon ou un laboureur poussant sa charrue, dans leurs actions spéciales. Mais le chasseur qui tue le gibier pour sou plaisir ou son profit, ou le positiviste qui dépense sa mentalité à prouver que -|- X + = — gaspille et perd l’énergie cosmique ni plus ni moins que le tigre des jungles bondissant sur sa proie. Ce sont tous des voleurs qui frustrent la nature au lieu de l’enrichir, et tous auront à lui rendre des comptes proportionnellement au degré de leur intellectualité. Vos sciences expérimentales n’ont rien à faire avec la moralité, la vertu, l’humanité : c’est pourquoi elles ne peuvent pas compter sur notre secours, jusqu’à ce qu’elles rétablissent leur lien et leur alliance avec l’ordre hyperphysique. Sèche classification de faits extérieurs à l’homme, de ténèbres extra-humaines, existant avant et devant exister après lui, le domaine de leur utilité cesse pour nous, à la frontière même de ces faits. Cette science occidentale se soucie fort peu des suggestions et des résultats qui peuvent entraîner pour l’humanité les accumulations méthodiques ou non des matériaux qu’elle remue. C’est pourquoi, comme notre sphère scientifique échappe entièrement à son domaine et l’enveloppe d'aussi loin que l’orbe d’Uranus entoure celui de la Terre, nous nous refu-
3— 760 — sons à sortir de nos lignes distinctives et à nous laisser broyer sous aucune des roues de l’engrenage occidental. Par ce genre de mentalité la chaleur n’est qu’un mode du mouvement et le mouvement génère la chaleur ; mais pourquoi le mouvement mécanique d’une roue qui tourne, a-t-il dans l’ordre hyperphysique une valeur plus haute que la chaleur dans laquelle il se transforme et s’absorbe graduellement? Vos sciences ont encore à la découvrir. La notion philosophique et transcendante, donc absurde, n’est-ce pas? des tliéosophes du moyen âge que le progrès final du travail de l’humanité aidé parles incessantes découvertes de l’homme aboutirait à imiter l’énergie solaire et sa faculté comme premier mobile et qu’il en résulterait un procédé tirant de la matière inorganique une transformation en aliments nutritifs, une telle idée est inadmissible pour la cervelle de vos hommes de science. Mais si le soleil, si le père et le grand nourricier de notre système planétaire s’avisait de changer en granit les poulets d’une basse-cour, d’une manière accessible cà l’observation et à l’expérience, ces mêmes hommes de science l’accepteraient sans doute comme un fait scientifique, sans exprimer un regret que ces poulets, n’étant plus vivants, ne puissent plus nourrir l’homme qui a faim. Mais qu’un Shaberon , qu’un de nos frères traverse les monts Himalaya en temps de famine , qu’il multiplie des sacs de riz pour empêcher de périr des multitudes humaines, comme il pourrait positivement le faire, que diront vos magistrats et vos collecteurs d’impôts? Ils le jetteront probablement en prison pour lui faire avouer dans quel grenier il aura volé ce riz. Voilà votre science occidentale, voilà votre société positive, pratique.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1we see a great difference between the two qualities of two equal quantities of vital equivalents expended by two men, one of whom, let us suppose, goes calmly to his daily work, while the other heads to a police station to denounce his fellow man. For your men of science there will be no difference. We see yet another very great, very specific difference, in the energy of the wind and in that of a turbine. Why? Because, in its invisible evolution, every human thought passes into the place of which the physical order is the reverse, and becomes an active entity, by associating, by unifying itself with a particular element, that is to say with one of the semi-intellectual forces of the kingdoms of life. This thought survives as an active intelligence, as a creature engendered by the mind, for a more or less lengthy period, proportional to the intensity of the cerebral action that generated it. Thus, a good thought perpetuates itself as an active and beneficent power, and a bad one as a demoniacal and maleficent power. So that man continually peoples his course through space with a world in his own image, filled with the emanations of his fancies, his desires, his impulses and his passions. But, in its turn, this invisible medium of man reacts, by its mere contact, upon every sensitive or nervous organization, proportionally to its dynamic intensity. This is what the Buddhists call Skandha, the Hindus Karma. The adept creates these forms knowingly; others generate them at random. The adept, to succeed and preserve his power, must -r- 759
2remain in solitude and more or less within the interior of his own soul. There are things that sensory science perceives even less. The industrious ant, the active bee, the bird that builds its nest, each accumulates, in its humble degree, as much cosmic energy in a specific form as Haydn, Plato, or a ploughman driving his plow, in their special actions. But the hunter who kills game for his pleasure or his profit, or the positivist who spends his mental effort proving that -|- X + = —, squanders and loses cosmic energy no more and no less than the jungle tiger pouncing on its prey. All are thieves who defraud nature instead of enriching it, and all will have to render account to her in proportion to the degree of their intellectuality. Your experimental sciences have nothing to do with morality, virtue, humanity: this is why they cannot count on our assistance, until they reestablish their bond and their alliance with the hyperphysical order. A dry classification of facts external to man, of extra-human darknesses, existing before and destined to exist after him, the domain of their usefulness ceases for us at the very frontier of these facts. This Western science cares very little for the suggestions and results that the methodical or unmethodical accumulations of the materials it stirs may entail for humanity. This is why, since our scientific sphere entirely escapes its domain and envelops it as far as the orb of Uranus surrounds that of the Earth, we refuse
3— 760 — to step outside our distinctive lines and to let ourselves be ground beneath any of the wheels of the Western gear-train. In this kind of mentality, heat is but a mode of motion, and motion generates heat; but why does the mechanical motion of a turning wheel have, in the hyperphysical order, a higher value than the heat into which it is transformed and gradually absorbed? Your sciences have yet to discover this. The philosophical and transcendent notion, therefore absurd, is it not, of the medieval theosophists that the final progress of humanity's labor, aided by man's incessant discoveries, would end in imitating solar energy and its faculty as prime mover, and that there would result from this a process drawing from inorganic matter a transformation into nutritive foods — such an idea is inadmissible to the brains of your men of science. But should the sun, should the father and great nourisher of our planetary system, take it into his head to change into granite the chickens of a farmyard, in a manner accessible to observation and experience, these same men of science would doubtless accept it as a scientific fact, without expressing regret that these chickens, no longer being alive, can no longer feed the hungry man. But should a Shaberon, one of our brothers, cross the Himalaya mountains in time of famine, should he multiply sacks of rice to prevent human multitudes from perishing, as he positively could do, what would your magistrates and your tax-collectors say? They would probably throw him into prison to make him confess in what granary he had stolen this rice. Such is your Western science, such is your positive, practical society.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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