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1peut le nier'; le meilleur critique qui ait écrit sur cette matière, Richard Simon, ne se lasse point de le répéter'. Ainsi donc, près de six siècles avant Jésus-Christ les Hébreux, devenus des Juifs, 11e parlaient ni n’entendaient plus leur langue originelle. Us se servaient d’un dialecte syriaque, appelé qraméen, formé par la réunion de plusieurs idiomes de l’Assyrie et de la Phénicie, et assez différent du iiabathéen qui, selon d’IIerbelôt, était le pur ehaldaïque1 2 3. A . — LES VERSIONS DU SEPHER. Les Targums. — La version samaritaine. C’est à partir de ce moment que le Sepher fut toujours paraphrasé dans les Synagogues. On sait qu’après la lecture de chaque mot il y avait un interprète chargé de l’expliquer au peuple en langue vulgaire. De là vinrent les Targums , rédaction de ces diverses paraphrases4 5. Trois sectes naquirent alors au sein des Juifs, d’après les différentes valeurs attribuées aux mots. 1° Les Pharisiens se prétendant seuls détenteurs de la loi orale ne voulaient admettre que le sens mystique de l’écriture. Ils croyaient à l’immortalité de l’âme et à la résurrection '. 2° Les Sadducéens ne voulaient admettre que le sens le plus vulgaire et professaient le matérialisme. 3° Entre ces deux sectes, une autre formée par des hommes de la plus haute vertu, vivant en ermites loin des 1. Prolog. III el XII. 2. Hist. crit., 1. I, c. vin, xvi, xvn, etc., etc. 3. Biblioth. ori., p. ai 4. 4. Fabre d’Olivet, Op. cit., p. 35. 5. Fabre d’Olivet, op. cit., p. 3G.
2villes : les Esséniens, retirés autour du mont Moria, admettaient dans l’écriture deux sens, un exotérique poulies profanes, un ésotérique pour les initiés1. « Je prie le lecteur curieux des secrets antiques de faire attention à ce nom (d'Esséniens) ; car s’il est vrai, comme tout l’atteste, que Moïse ait laissé une loi orale, c’est parmi les Esséniens qu elle s’est conservée. Les Pharisiens, qui se flattaient si hautement de la posséder, n’en avaient que les seules apparences, ainsi que Jésus le leur reproche à chaque instant. C’est de ces derniers que descendent les Juifs modernes, à l’exception de quelques vrais savants dont la tradition secrète remonte jusqu’à celle des Esséniens. Les Sadducéens ont produit les lvaraïtes actuels autrement appelés Scripturairès 2 3 . Les Samaritains ne restaient pas inactifs de leur côté. Encore plus incapables que les Juifs d'entendre la langue sacrée, ils avaient fait une version du Sepher en langue vulgaire avant même que les Targums eussent pris naissance. Cette version est, par suite, la première qui ail été faite, nous la possédons aujourd’hui en entier. Après les victoires d’Alexandre le Grand sur Gyrus tout tomba au pouvoir des Grecs. Les Juifs sont placés sous le joug des Selleucides. « La langue grecque, portée en tout lieu par les conquérants, modifie de nouveau l’idiome de Jérusalem et l’éloigne de plus en plus de l’hébreu. Le Sepher de Moïse, déjà défiguré par les paraphrases chaldaïques, va disparaître tout à fait dans la version des Grecs :i. » 1. M. Adolphe Franck (de l’Instilut) a fait dans les n°s 41, 42 et 43 de l' Alliance Scientifique (juin, juillet, août 1890) une fort importante étude sur ces trois sectes. 2. Fabre d’Olivet, 1. 1, § 3, p. 37. 3. Fabre d’Olivet, op. cil., t. I, p. 38. — 438
3ï). — LA VERSION GRECQUE. Les Esséniens. Ptolémée, fils de Lagus, eut l’idée de faire traduire le Seplier pour le placer dans la Bibliothèque d’Alexandrie. Le monarque fit appel au souverain pontife Eléazar qui envoya une copie du Seplier. Mais il fallait trouver des traducteurs. C’est alors qu’on s’adressa aux Esséniens du mont Moria qui jouissaient d’une réputation méritée de science et de sainteté. Ces sectaires (les Esséniens du mont Moria) vivaient en anachorètes, retirés dans des cellules séparées, s’occupant, comme je l’ai déjà dit, de l’étude de la Nature. Le Sepher était, selon eux, composé d’esprit et de corps : par le corps ils entendaient le sens matériel de la langue hébraï- que ; par l’esprit, le sens spirituel perdu pour le vulgaire1. Pressés entre la loi religieuse qui leur défendait la communication des mystères divins, et l’autorité du prince qui leur ordonnait de traduire le Sepher, ils surent se tirer d’un pas si hasardeux; car, en donnant le corps de ce livre, il obéirent à l'autorité civile ; et en retenant l’esprit, à leur conscience. Us firent une version verbale aussi exacte qu’ils purent dans l’expression restreinte et corporelle; et pour se mettre encore plus à l’abri des reproches de profanation, ils se servirent du texte et de la version samaritains en beaucoup d’endroits, et toutes les fois que le texte hébraïque ne leur offrait pas assez d’obscurité2. Les traducteurs furent d’abord, ainsi que l’assure le 1. Josephe, De Bello Jud., 1. II, c. xn. Phil. De vila eontem.pl. Budd. In - Irod. ad phil. hebr. 2. Fabre d’üiivet, op. cit., p. 40.
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1deny it; the best critic who has written on this matter, Richard Simon, never tires of repeating it. Thus, nearly six centuries before Jesus Christ the Hebrews, become Jews, 11e longer spoke nor understood their original language. They used a Syriac dialect, called Aramaic, formed by the union of several idioms of Assyria and Phoenicia, and quite different from the Nabataean, which, according to d'Herbelot, was the pure Chaldaic1 2 3. A. — THE VERSIONS OF THE SEPHER. The Targums. — The Samaritan version. It is from this moment that the Sepher was always paraphrased in the Synagogues. It is known that after the reading of each word there was an interpreter charged with explaining it to the people in the vulgar tongue. Hence came the Targums, a compilation of these various paraphrases4 5. Three sects arose then within the Jews, according to the different values attributed to the words. 1° The Pharisees, claiming to be the sole holders of the oral law, would admit only the mystical sense of the writing. They believed in the immortality of the soul and in the resurrection. 2° The Sadducees would admit only the most common sense and professed materialism. 3° Between these two sects, another formed by men of the highest virtue, living as hermits far from the 1. Prolog. III el XII. 2. Hist. crit., 1. I, c. vin, xvi, xvn, etc., etc. 3. Biblioth. ori., p. ai 4. 4. Fabre d'Olivet, Op. cit., p. 35. 5. Fabre d'Olivet, op. cit., p. 3G.
2cities: the Essenes, withdrawn around Mount Moriah, admitted two senses in the writing, an exoteric one for the profane, an esoteric one for the initiates1. 'I beg the curious reader of ancient secrets to pay attention to this name (Essenes); for if it is true, as everything attests, that Moses left an oral law, it is among the Essenes that it was preserved. The Pharisees, who so highly flattered themselves with possessing it, had only the mere appearances of it, as Jesus reproaches them at every turn. It is from these latter that the modern Jews descend, with the exception of a few true scholars whose secret tradition goes back to that of the Essenes. The Sadducees produced the present-day Karaites, otherwise called Scripturalists 2 3. The Samaritans for their part did not remain inactive. Even less capable than the Jews of understanding the sacred language, they had made a version of the Sepher in the vulgar tongue even before the Targums had come into being. This version is, consequently, the first that was made, and we possess it today in its entirety. After the victories of Alexander the Great over Darius everything fell under the power of the Greeks. The Jews are placed under the yoke of the Seleucids. 'The Greek language, carried everywhere by the conquerors, again modifies the idiom of Jerusalem and estranges it more and more from Hebrew. Moses's Sepher, already disfigured by the Chaldaic paraphrases, is about to disappear entirely in the version of the Greeks :i.' 1. M. Adolphe Franck (of the Institut) made in issues n°s 41, 42 et 43 of l'Alliance Scientifique (June, July, August 1890) a very important study on these three sects. 2. Fabre d'Olivet, 1. 1, § 3, p. 37. 3. Fabre d'Olivet, op. cil., t. I, p. 38. — 438
3Ptolemy, son of Lagus, had the idea of having the Sepher translated in order to place it in the Library of Alexandria. The monarch appealed to the sovereign pontiff Eleazar, who sent a copy of the Sepher. But translators had to be found. It was then that they turned to the Essenes of Mount Moriah, who enjoyed a well-deserved reputation for knowledge and holiness. These sectarians (the Essenes of Mount Moriah) lived as anchorites, withdrawn into separate cells, occupying themselves, as I have already said, with the study of Nature. The Sepher was, according to them, composed of spirit and body: by the body they meant the material sense of the Hebrew language; by the spirit, the spiritual sense lost to the common people1. Pressed between the religious law that forbade them the communication of divine mysteries, and the authority of the prince who commanded them to translate the Sepher, they knew how to extricate themselves from so hazardous a step; for, in giving the body of this book, they obeyed civil authority; and in withholding the spirit, their own conscience. They made a verbal version as exact as they could within the restricted and corporeal expression; and to shelter themselves still further from charges of profanation, they made use of the Samaritan text and version in many places, and whenever the Hebrew text did not offer them enough obscurity2. The translators were at first, as the 1. Josephe, De Bello Jud., 1. II, c. xn. Phil. De vila eontem.pl. Budd. In - Irod. ad phil. hebr. 2. Fabre d'üiivet, op. cit., p. 40.
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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