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1les modifiant, une signification tout à fait étrangère à celle que leur avait attachée le créateur du système. C’est cette signification grecque qui a servi seule jusqu’ici pour expliquer les fables. Selon mon opinion, celte écriture en tableaux, l’écriture des éléments ou lettres symboliques, est la plus ancienne, et a dû précéder de beaucoup l’écriture des textes et l’alphabet. C’est par suite de leur postériorité, que les signes des textes se sont appelés les éléments des éléments, ou les premiers éléments , ou les éléments des lettres, et que l’alphabet qui en est dérivé a pris le même nom. Je demanderai aux savants qui me nieront ce fait, de vouloir bien expliquer l’expression elementa litterarum, appliquée par Ruffin aux signes de textes représentant des mots entiers; et celle à' éléments, appliquée aux grandes images par Sanclioniaton. On voit, par ces deux passages, que les symboles théologiques des Egyptiens étaient imitatifs de l'organisation de l’univers. Ce n’est pas celte imitation sotte et niaise des objets; mais le grand principe de Limitation des choses, principe immense, et qui se reproduit de mille manières diverses dans l’étude de l’antiquité orientale. Ce principe dépendait du lien universel , et en appelait à lui trois autres : le principe de l’ efficacité, celui de la fatalité, et enfin, le principe de la périodicité. Ce dernier était une espèce d’imitation; tout ce qui s’était fait dans une période se reproduisait dans les suivantes, de la même manière et dans le même ordre. Le principe de X imitation était contraire à cette obscurité que nous reprochons mal à propos au symbolisme égyptien, parce que nous ne le comprenons pas. Je suppose que l’explication que nous donne Jamblique
2n’était pas confiée uniquement à !a mémoire des prêtres, mais qu’elle était aussi conservée dans l’écriture imitative : une fois reçue, cette explication était facilement rappelée à la mémoire par la vue des grandes images. Ce sont ces figures complexes qui, souvent réunies à la suite les unes des autres, forment ce que nos savants appellent des scènes, c’est-à-dire des espèces d’actions, dont les objets figurés sont censés être les acteurs. Les savants, ne comprenant rien à cet assemblage, se sont imaginé qu’on leur jouait une pièce de théâtre ; tandis qu’il ne s’agissait en réalité que de certaines idées cosmologiques et fhéologiques reproduites par des symboles, et qui se déduisent de chaque groupe séparé. ¥ ¥ 11 ne faudrait pas croire que de Brière seul se soit élevé contre le système de Champollion. Lacour' combat en passant ce système, mais un auteur très original et très peu connu, Barrois1 2, est parvenu à expliquer couramment non seulement les hiéroglyphes, mais même les cunéiformes en donnant raison à l’une des idées défendues par M. de Brière alors qu’il ne connaît pas cet auteur. Barrois prétend que chaque signe hiéroglyphique représente la première lettre d’un mot qu’il faut deviner. Les hiéroglyphes seraient ainsi de véritables moyens mnémotechniques, servant à aider la mémoire des initiés. Mais où l’auteur est curieux, c’est quand il prétend que les hiéroglyphes doivent se lire en grec prohellénique et que 1. Lacour, Les Æloim ou dieux de Moïse. 2. Barrois, Dactylologie et langage primitif restitués d'après les Monuments. Paris, 1830, in-4° faisant suite aux Lectures littérales des hiéroglyphes et des cunéiformes, in-4° avec fig. Éléments carlovingiens, 1846. Paris, mai 1853, in-foi. - 412
3celle langue dérive elle-même du geste qui a été fixé par l’écriture. De là son idée de la dactylologie , origine de toutes les langues. Nous conseillons vivement l’étude de cet auteur aux chercheurs consciencieux ; personne ne connaît ses travaux pourtant très importants. Voici plusieurs extraits de cet auteur qui viennent confirmer les données de M. de Brière. l’égypte La Sagesse des Égyptiens est proverbiale dans l’antiquité '. Les Pharaons étaient fiers de s’intituler fils des sages* et nourriciers des peuples. Le législateur du Sinaï était initié à la sagesse, aux sciences et aux arts des Égyptiens1 2 3. Macrobe appelle l’Égypte mère des sciences4 et les Égyptiens pères des connaissances philosophiques 5. C’est en Égypte que les hommes les plus illustres puisèrent les connaissances par lesquelles ils se sont immortalisés6. (Barrois, p. 10.) LE MOT SACRÉ Les Indiens et surtout la nation chinoise, stationnaire par excellence, puisqu’elle emploie encore aujourd’hui la 1. Et præcedebal sapientia Salomonis sapientiam omnium crutalium et Ægyptiorum. Regum, iv, 30. 2. Isaias, XXX, il et 12. 3. Et erudilus est Moïses omni sapientia Ægyptiorum, et erat potens in verbis et operibus suis (Acta, VII, 22). 4. Salum , lib. I, c. xv. 5. De Somnio Scipionis, lib. I, c. xix. 6. Dédale, Mélampe, Pythagore, Homère, Solon, Musée, Démocrite, Apollonius de Tyane du Cœlius Rhodiginus, lib. XVI, c. v. — 413 —
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1them, a signification quite foreign to that which the creator of the system had attached to them. It is this Greek signification which has alone served up to now to explain the fables. In my opinion, this writing in tableaux, the writing of elements or symbolic letters, is the most ancient, and must have preceded by far the writing of texts and the alphabet. It is as a result of their posteriority, that the signs of texts have been called the elements of the elements, or the first elements, or the elements of letters, and that the alphabet which is derived from them has taken the same name. I shall ask the scholars who deny me this fact, to be willing to explain the expression elementa litterarum, applied by Ruffinus to the signs of texts representing whole words; and that of elements, applied to the great images by Sanchoniathon. One sees, by these two passages, that the theological symbols of the Egyptians were imitative of the organization of the universe. This is not that foolish and silly imitation of objects; but the great principle of the Imitation of things, an immense principle, which reproduces itself in a thousand diverse ways in the study of oriental antiquity. This principle depended on the universal bond, and called to itself three others: the principle of efficacy, that of fatality, and finally, the principle of periodicity. This latter was a kind of imitation; all that had been done in one period reproduced itself in the following ones, in the same manner and in the same order. The principle of Imitation was contrary to that obscurity which we wrongly reproach in Egyptian symbolism, because we do not understand it. I suppose that the explanation that Iamblichus gives us
2was not entrusted solely to the memory of the priests, but was also preserved in the imitative writing: once received, this explanation was easily recalled to memory by the sight of the great images. These are the complex figures which, often joined one after another, form what our scholars call scenes, that is to say kinds of actions, of which the figured objects are supposed to be the actors. Scholars, understanding nothing of this assemblage, imagined that a theatrical piece was being performed for them; whereas in reality it was only a matter of certain cosmological and theological ideas reproduced through symbols, and which are deduced from each separate group. ¥ ¥ 11 One should not believe that de Brière alone rose up against Champollion's system. Lacour combats this system in passing, but a very original and very little-known author, Barrois1 2, has succeeded in fluently explaining not only the hieroglyphs, but even the cuneiforms, by giving credence to one of the ideas defended by M. de Brière, although he is unaware of this author. Barrois claims that each hieroglyphic sign represents the first letter of a word that must be guessed. The hieroglyphs would thus be true mnemonic devices, serving to aid the memory of the initiates. But where the author becomes curious is when he claims that the hieroglyphs must be read in pre-Hellenic Greek, and that 1. Lacour, Les Æloim ou dieux de Moïse. 2. Barrois, Dactylologie et langage primitif restitués d'après les Monuments. Paris, 1830, in-4° forming a sequel to the Lectures littérales des hiéroglyphes et des cunéiformes, in-4° with figures. Éléments carlovingiens, 1846. Paris, May 1853, in-folio. - 412
3this language itself derives from the gesture that was fixed by writing. Hence his idea of dactylology, origin of all languages. We strongly recommend the study of this author to conscientious researchers; no one knows his work, though it is very important. Here are several extracts from this author which come to confirm the data of M. de Brière. egypt The Wisdom of the Egyptians is proverbial in antiquity. The Pharaohs were proud to style themselves sons of the wise and nurturers of the peoples. The lawgiver of Sinai was initiated into the wisdom, the sciences and the arts of the Egyptians1 2 3. Macrobius calls Egypt the mother of the sciences4 and the Egyptians the fathers of philosophical knowledge 5. It is in Egypt that the most illustrious men drew the knowledge by which they immortalized themselves6. (Barrois, p. 10.) THE SACRED WORD The Indians and above all the Chinese nation, stationary par excellence, since it still employs today the 1. Et præcedebal sapientia Salomonis sapientiam omnium crutalium et Ægyptiorum. Regum, iv, 30. 2. Isaias, XXX, il et 12. 3. Et erudilus est Moïses omni sapientia Ægyptiorum, et erat potens in verbis et operibus suis (Acta, VII, 22). 4. Salum , lib. I, c. xv. 5. De Somnio Scipionis, lib. I, c. xix. 6. Dedalus, Melampus, Pythagoras, Homer, Solon, Musaeus, Democritus, Apollonius of Tyana from Cœlius Rhodiginus, lib. XVI, c. v. — 413 —
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