Fetching
One moment.
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One moment.
1— 752 — que les patriotes ont beau sentir leur cœur éclater d’émotion, si les circonstances sont contre eux. Il est arrivé bien souvent qu’aucune puissance humaine, pas même la furie ni la force du patriotisme le plus passionné, n’a été capable de détourner une destinée de fer de sa course marquée ; et, comme des torches plongées dans l’eau, les nations se sont engouffrées dans les ténèbres de la ruine. C’est pourquoi nous, qui avons le sentiment de la chute de notre pays, bien que nous n’ayons pas le pouvoir de la valeur d’un coup de bride, nous ne pourrons pas agir comme nous le voudrions, soit dans les affaires générales de ce monde, soit dans l’affaire particulière qui est le sujet de cette lettre. Nous sommes prêts, mais nous ne sommes pas autorisés à répondre à vos avances autrement qu’en faisant la moitié du chemin, et force nous est de dire que l'idée caressée par M. Sinnett et par vous-même est en partie impraticable. En un mot, pour moi comme pour n’importe quel frère de notre association, et même pour un néophyte avancé, il est impossible d’être désigné et délégué, comme intelligence dirigeante, comme chef de la branche angloindienne de ce genre d’études. Nous savons que ce serait une bonne chose que vous et un nombre choisi de vos collègues reçussiez régulièrement une instruction et une démonstration expérimentale des phénomènes de cet ordre et de leurs lois. Car, dût la conviction ne se faire qu’en vous et en quelques personnes, ce serait pourtant un profit assuré que d’enrôler, comme étudiants, dans nos facultés de psychologie asiatique, quelques Anglais peu nombreux, mais représentant une élite. Nous savons tout cela et bien d’autres choses encore.
2— 753 — Aussi ne refusons-nous pas de correspondre avec vous et de vous aider autrement de différentes manières. Mais ce que nous refusons, c’est de prendre sur nous aucune autre responsabilité que cette correspondance périodique, que cette assistance de nos conseils et, quand l’occasion s’en présentera, que de vous donner à distance des preuves assez tangibles, assez visibles parfois pour que vous soyez convaincus de notre présence et de notre intérêt. Quant à vous guider, nous ne voulons pas y consentir, quelque capables que nous puissions être de vous diriger. Nous ne pouvons nous permettre qu'une chose, c'est de vous donner la pleine mesure de vos lacunes. Méritez beaucoup et nous saurons nous montrer d’honnêtes débiteurs, peu, et vous n’aurez à attendre qu’un retour proportionnel. Ce que je vous dis n’est pas un simplè texte pris du cahier d’un écolier, quoiqu’il en puisse sembler ainsi, mais l’arrêté même de la loi de notre ordre, et nous ne pouvons transgresser cette loi. Entièrement dégagés des modes de pensée et d action des Occidentaux et spécialement des Anglais, si nous nous fusionnions dans une organisation de ce genre, vous sentiriez toutes vos habitudes, toutes vos traditions s’écrouler à chaque instant, si ce n’est sous vos aspirations nouvelles, du moins sous les conditions de leur réalisation, telles que nous vous les aurions suggérées. Vous n’obtiendriez pas parmi les vôtres de consentement unanime à aller aussi loin que vous pourriez le faire personnellement. J’ai demandé à M. Sinnett de tracer un plan donnant un corps à vos idées, et qui pût être soumis à nos chefs : cette voie m’a semblé la plus courte pour arriver à un agrément mutuel. 48
3— 754 — Sous notre direction notre branche ne pourrait pas vivre, car vous n’êtes pas des hommes susceptibles d’être, en quoi que ce soit, guidés dans ce sens. Aussi une telle société serait-elle une naissance prématurée vouée à la mort, et paraîtrait-elle aussi incongrue qu’un attelage à la Daumonl traîné à Paris par des yacks indiens. Vous nous demandez de vous enseigner la vraie science, l’endroit inconnu de l’envers connu de la nature, et vous croyez 1a, réponse aussi facile que la demande. Vous ne semblez pas vous faire une idée exacte des effrayantes difficultés qu'il y aurait à communiquer, même les plus simples éléments de notre science, à ceux qui ont été pétris cérébralement dans le moule des méthodes familières à vos sciences à vous, Occidentaux. Vous ne voyez pas que, plus vous vous croyez instruits dans les unes, moins vous êtes capables de comprendre l’autre. En effet, un homme ne peut penser que selon la réceptivité de ses catégories, et à moins qu’il n’ait le courage de les remplir et de s’en ouvrir de nouvelles, il doit forcément suivre ses vieux errements. Permettez-m’en quelques exemples ! En conformité avec vos sciences, vous ne reconnaîtrez qu’une seule énergie cosmique. Vous ne verriez aucune différence entre la force vitale, dépensée par un voyageur qui bat les buissons sur son chemin, et le même équivalent dynamique, employé par un savant à mettre une pendule en mouvement. Nous savons faire cette différence ; nous savons qu’il y a un abîme entre ces deux hommes. L’un dissipe et gaspille sa force, sans aucun profit ; l’autre la concentre et l’emmagasine, et ici, veuillez bien comprendre que je ne considère nullement l’utilité relative 4. — 755 —
The source text as printed, transcribed diplomatically. Where the source language uses a non-Latin script that reaches us only through a Victorian romanisation, this layer is labelled transliteration, because that is what we hold.
1— 752 — that patriots may well feel their hearts burst with emotion, if circumstances are against them. It has very often happened that no human power, not even the fury nor the force of the most passionate patriotism, has been able to divert an iron destiny from its marked course; and, like torches plunged into water, nations have been swallowed into the darkness of ruin. This is why we, who feel the fall of our country, though we do not have the power of the value of a bridle's touch, cannot act as we would wish, either in the general affairs of this world, or in the particular matter that is the subject of this letter. We are ready, but we are not authorized to respond to your advances otherwise than by going halfway, and I must say that the idea cherished by M. Sinnett and by yourself is in part impracticable. In a word, for me as for any brother of our association, and even for an advanced neophyte, it is impossible to be designated and delegated, as a directing intelligence, as head of the Anglo-Indian branch of this kind of study. We know that it would be a good thing for you and a chosen number of your colleagues to receive regularly an instruction and an experimental demonstration of the phenomena of this order and of their laws. For, even should conviction take hold only in you and in a few persons, it would nonetheless be an assured gain to enroll, as students, in our faculties of Asiatic psychology, a small number of English, but a select few. We know all this, and many other things besides.
2— 753 — Nor do we refuse to correspond with you and to help you otherwise in different ways. But what we refuse is to take upon ourselves any other responsibility than this periodic correspondence, this assistance of our counsel, and, when the occasion presents itself, to give you at a distance proofs tangible enough, visible enough at times, that you may be convinced of our presence and of our interest. As for guiding you, we do not wish to consent to it, however capable we might be of directing you. We can permit ourselves only one thing: to give you the full measure of your shortcomings. Deserve much, and we shall know how to show ourselves honest debtors; deserve little, and you will have only a proportional return to expect. What I tell you is not a simple text taken from a schoolboy's notebook, however much it may seem so, but the very decree of the law of our order, and we cannot transgress this law. Entirely detached from the modes of thought and action of Westerners, and especially of the English, were we to merge ourselves into an organization of this kind, you would feel all your habits, all your traditions crumbling at every instant, if not beneath your new aspirations, then at least beneath the conditions of their realization, such as we would have suggested to you. You would not obtain, among your own people, unanimous consent to go as far as you personally could go. I have asked M. Sinnett to draw up a plan giving substance to your ideas, which could be submitted to our chiefs: this path seemed to me the shortest to arrive at a mutual agreement. 48
3— 754 — Under our direction our branch could not live, for you are not men capable of being guided in this sense in any way whatsoever. Thus such a society would be a premature birth doomed to death, and would appear as incongruous as a hackney-carriage drawn through Paris by Indian yaks. You ask us to teach you true science, the unknown side of the known reverse of nature, and you believe 1a answer as easy as the question. You do not seem to form an exact idea of the frightful difficulties there would be in communicating even the simplest elements of our science to those who have been molded, cerebrally, in the mold of the methods familiar to your own sciences, Westerners that you are. You do not see that, the more instructed you believe yourselves to be in the one, the less capable you are of understanding the other. Indeed, a man can think only according to the receptivity of his categories, and unless he has the courage to fill them and to open himself to new ones, he must necessarily follow his old ruts. Allow me a few examples! In conformity with your sciences, you recognize but a single cosmic energy. You would see no difference between the vital force expended by a traveler beating the bushes on his path, and the same dynamic equivalent, employed by a scientist to set a pendulum in motion. We know how to make this distinction; we know that there is an abyss between these two men. The one dissipates and squanders his force, without any profit; the other concentrates it and stores it up, and here, be so good as to understand that I am in no way considering the relative usefulness 4. — 755 —
Our translation, period-faithful. Citable as our translation, never as the source.
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